‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 138 sur 453 · ECH · texte numérisé non relu

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Il existe sur l'emploi de ce mot une autre diiiiculté : c'est celle do s.ivoir quand il doit prendre l'auxiliaire être. Il est aise de la résoudre avec le principe (pic nous avens établi, et souvent apiiliipié dans ce Dictionnaire. L'auxiliaire avoir indiciuc une action, l'auxiliaire être inditjue un état. (^>uand on dit il a échappé à la vwrt, on exjirime l'actiun que l'on a laiiepour éviter la mort, pour s'y soustraire. Ouand on dit il est échappé à la mort, on désigne l'ét<it où l'on se trouve après le succès de celte action. Le cerf a échappé aux c/iicns, c'est-à-dire, le cerf, par ses ruses, par ses détours, par la légèreté de Si) course, en un mol par son action, a évité d'élre pris ou saisi par les chiens. Le cerf est échappé aux chiens, c'csl-à-dire, le cerf, par suite lie l'action qui l'a soustrait à la poursuite des chiens, est dans un état où il ne craint plus cette poursuite. En agissant il a échappé, et de- I)uis qu'jY a échappé, il est échappé. Voyez Auxiliaire.

ËciiAssE. Subst. f. L'Académie dit qu'il n'est guère d'usage qu'au pluriel, cl Féraud ne le met qu'à ce nombre. 11 est vrai cependant qu'au propre il se dit au singulier : Je n'avais qu'une échassc, une échasse cassée, etc.

ÉcH^DFFA^T, ÉCHACFFA^TE. Adj. verbal tiré du V. échauffer. Il se dit, selon l'Académie, des aliments, des remèdes, et de tout ce (jui augmente ou peut augmenter la chaleur animale. Féraud dit que ce mot a été forgé peu heureusmnent. Il aurait raison d'après les deux premiers exemples qu'il en donne : la grâce éclairante et échauffante, l'astre lumineux et échuvffltnt. Mais il a tort de blâmer Tissol d'avoir dit des boissons échauffantes. Ce mot s'employait dans le sens indiqué par l'Académie, longtemps avant que Féraud songeât à faire son Dictionnaire. Cet adjectif se met après son subst. : Des aliments échaufflints, un remède échauffant.

ÉcH£c. Subst. m. Le dernier c se prononce au singulier, écheck. 11 ne se prononce point au pluriel lorsiiu'il s'agit d'un jeu : Jouer aux échecs.

ÉcuENiLLER. V. a. dc la 1" conj. On mouille les l.

ÉCHINE. Subst. f. Il est familier, et ne peut être employé dans le style noble.

Ëciio. Subst. in. et L On prononce c'co. Lorsqu'il signifie la nymphe qui porte ce nom, il est féminin. Partout ailleurs il est masculin : U/i écho, des échos. La plaintive Échu. On appelle écho une sorlc de poésie dont le dernier mot ou les dernières syllabes formel l en rime un sens (jui répond à chaque vers; exemple :

Nos yeux par ton éclat sont si fort éblouis,

Louis, Que lorsque ton canon, qui tout le monde étonne,

tonne, etc.

Cela s'appelle un écho. Nous ne sommes point les inventeurs de cette sorte de poésie. Les anciens poêles grecs cl latins l'onl imaginée, et la richesse ainsi que la prosodie de leur langue s'y prêtait avec moins d affectation. (Jaucoiirt.)

ÉcHom. V. n., irrég. el défectueux de la 3' conj. Au présent de l'indicatif, il ne se dit qu'a la troisième persoimc du singulier, il échoit, (pic l'on prononce quelquefois il l'-chèt. 11 n'a point d'imparfait. Passé simple, j'échus^, tu échus, il échut; nous échûmes, vous échûtes, ils échurent. Futur, j'éckcrrai, etc. Conditionnel présent, j'écherruis, etc. Subjonctif présent, qu'U

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échée, qu'ils échéent. Lcs .Tuircs personnes ne .sont pas usiucs. — Ce présent n'est ])oint reconnu par l'Académie. — Imparfait du subjonctif, (jii'il échût, qu'ils éclnisse/it. Participe prisent, échéant. Partici] c passe, icZ/w, échue. Un billet a échu lorsqu'il a passé de l'état où le paiement n'en était pas exigible, à l'état où ce paiement était exigible. Un billet est échu lorsqu'il est dans ce dernier état : Mon billet a échu le trente du mois dernier, il y a un mois qu'il est échu.

Echouer. V.n. de lal"conj. L',\cadcmienc lui donne que l'auxiliaire avoir; cependant, comme Il peut signitier ou l'action d'échouer ou l'état qui résulte de cette action, on peut dire dans le premier sens le vaisseau a échoué , et dans le second le vaisseau est échoué. On dit de même au iiguré l'affaire a échoué ou est échouée.

Eclair. Subst. m. Ce mot s'emploie au figuré dans différents sens:

Hélas, sans frissonner quel cœur audacieux Soutiendrait les éclairs qui partaient de vos veux?... (Rac, Eeth., act. III, se. Tli, 20.)

Des éclair» de ses yeux l'œil était ébloui.

[Idem, act. III, sc.ix, 7.)

Leurs yeui, rouges de sang, lancent d'affreux éclairt. (Delil., Ènéid, II, 272.)

... Le rapide éclair des amoureux transports Pénètre chaque veine et court partout son corps. [Idem, VIII, 536.1

Nous nous acharnotis les uns contre les autres pour vn éclair de réputation, etc. (Volt., Discours préliminaire d' Alzire .) Si le sujet n'est pas intéi-essant, les vers de f^irgile et de Racine, les éclairs et les raisonnements de Corneille, ne feraient pas réussir V ouvrage, (^^oll., Correspondance .^

EcLAiRciR. V.'a. de la 2* conj. Racine a dit {Esth., act. IV, se. i,7) :

Eclaircitiez ce front où la tristesse est peinte.

L'Académie n'indique point celte acception.

Ce mot est pris ici dans une acception figurée. Mais en parlant des personnes, il ne peut s'employer sans régime indirect. On dit éclaircir quelqti'un de quelque chose, et non pas éclaircir quelqu'un. Dans ce cas il faut dire éclairer. — En parlant des choses, il suffit du régime direct : Eclaircir un doute, une difficulté. On a reproché avec raison à Racine d'avoir dit dans Baj'azel (act. II, se. v, 83) :

0 ciel, combien de fois je l'aurais éclaircie. Si je n'eusse à sa haine exposé que ma vie !

et à Voltaire d'avoir dit dans Zaïre (act. IV, se. VI, 3) :

Eh bien ! madame, il faut que vous m' éclairciitiex.

Éclaircissement. Subst. m. Il n'embrasse pas tous les sens du verbe éclaircir. Il sic;nilie explication d'une chose obscure. On dit Véclaircissement du temps, de la voix, de la vue, etc.

Il y a une autre signilication qui lui est propre, et qui a peu de rapport avec le verbe. 11 signifie, en matière de querellé, une explication que l'on demande à un homme, pour savoir si, dans ce qu'il a dit ou fait, il a eu l'intention d'offeuser, ou même s'il a dit ou fait ce qu'on lui

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