ÉCR
nous écrivions, vous écriviez, ils écrivaient. — Passé simple. J'écrivis, tu écrivis, il écrivit ; nous écrivîmes, vous éiri\ iies, ils écrivirent. — Futur. J'écrirai, tu écriras, il écrira; nous écrirons, vous écrirez, ils écriront.
Conditionnel. — Présent. J'écrirais, tu écrirais, il écrirait; nous écririons, vous écririez, ils écriraient.
Impératif — Présent. Ecris, qu'il écrive; écrivons, écrivez, qu'ils écrivent.
Subjonctif. — Présent. Que j'écrive, que lu écrives, qu'il écrive; (juc nous écrivions, que vous écriviez, qu'ils écrivent. —Imparfait. Que j'écrivisse, que lu écrivisses, qu'il écrivît; que nous écrivissions, que vous écrivissiez, qu'ils écrivissent.
Participe. — Présent. Ecrivant. — Passé. Écrit, écrite.
Les temps composés se formenl avec l'auxiliaire avoir.
écrire, son jiom, écrire U7ie phra/ie , écrire des lettres. Ecrire en prose, en vers. Ecrire à quelqu'un. Je lui ai écrit (lue.. . Je vous ai écrit dc Pa) is.
Ce verbe, quand il est pris dans un sens aflirmatif, veut l'indicatif dans la phrase subordonnée : Je vous ai écrit que j'étais malade. Dans le sens négatif, il exige le subjonctif : Je ne vous ai pas écrit que je fusse rétabli.
J'écrivis en Argot pour hâter ce voyage.
(Rac, Iphig., act. 1, se. i, 94.)
On écrit à Londres, et l'on écrit en Angleterre. Si, comme le pense l'abbé Uesfontainos, en Argos signifie dans le pays d'Argos, l'expression esl juste. Mais si, comme le croient l'abbé d'Olivel et Marmontel, il s'agissait de la ville d'Argos, il fallait dire/e'crm* o Argos; et il faudrait regarder cette expression comme une licence poétique que Racine aurait prise pour éviter l'hiatus désagréable des deux a. Voyez Écrivain.
ÉCRIVAIN, Auteur. Substantifs masculins. Ces deux mots s'appliquent aux gens dc lettres qui donnent au public des ouvrages de leur composition. Le premier ne se dit que de ceux qui ont donné des ouvrages dc belles-lettres, ou du moins il ne se dit que par rapport au style. Le second s'applique à tout genre d'écrire indifféremment; il a plus de rapport au fond de l'ouvrage qu'à la forme; de plus, il peut se joindre par la préposition rfe au nom des ouvrages. Racine, Voltaire, sont d'excellents écrivains; Corneille est un exccUenl auteur. Descaries et Newlon sont des auteurs célèbres; V auteur de la Hecherche de la vérité est un écrivain du premier ordre.
Je ne puis m'empccher de remarquer, à cette occasion, un abus de notre langue. Le mot écrire ne s'emploie presfjuc plus, dans un grand nombre d'occasions, que pour désigner le style; le sens propre de ce mot est alors proscrit.
On dit <iu'une lettre est bien écrite, pour dire qu'elle est d'un très-bon style. Si on veut dire que le caractère de l'écriture est net el agréable à la vue, on dit qu'elle est bien peinte. Cet usage parait ridicule, mais il a prévalu. Cependant, il faut avouer que du moins, dans le cas dont nous venons de parler, on a un mut, très-impropre à la vérité, pour exprimer le sens propre. Mais il est d'autres cas où il n'y a plus de mot pour exprimer le sens propre, et où le sens li^-urc seul est employé. Par exein|)le, dans les mots bassesse, aveuglement, etc. (D'Alembert.)
EFF
EcuEiL. Subst. m. On prononce ékeuil, en muiiillaiil le /.
KcLELLE. Subst. f. t/ et e forment une diphtlioiigue.
EcoELLÉE. Subst. f. U c\. e forment une di|)li-
llinlliîUC.
Êcu>!A^T, ÊCOMANTE. Adj. Verbal tiré du v. éciimer : La mer écumante. Un vent favorable remplissait déjà nos voiles; les rameurs fendaient les ondes écumanlcs. (Fcnel., Tt'lcmagve, liv. III, t. 1, 119.) Il se met ordinairement après son subst.
ÊcuMEux, ÊcDMETJSE. Adj. Qui H'cst gucrc usité qu'en poésie. :
Alors nous nous courbons sous les flol.-: e'cumetix. (Dblil., Énéid., III, 262.|
Lne ile est au milieu des ondes écumeusee. (Idem, 159.)
1! se met rarement avant son subst.
Edifiait, Édifiante. Adj. verbal tiré du v. édifier. Il ne se dit que dans le sens de porter à la piété, à la vertu, ou par l'exemple ou par le discours. Il se met ordinairement après son subst. : Livre édifiant, sermon édifiant, discours édifiant, vie édifiante. Voyez Adjectif.
Edificatelr. Subst. m. Celui qui élève, qui construit un édifice. Ce mot, que met l' Académie, n'est point usité. On dit architecte ou constructeur.
ÉDiT. Subst. m On ne prononce point le t.
*Eduqder. V. a. de la 1" conj. Ce mot n'est plus usité, on dit élever. L'Académie ne le met point. Il a été employé par Buffon : M. de la Brosse ne dit pas si le nègre les avait éduqués. {Des orangs-outangs, t. XVI, p. 532^.)
Effaçable. Adj. des deux genres. Il est bien moins usité que son contraire, incffaçahle. On le met après son subst. : Écriture effaçable.
Effaroucher. V. a. de la 1"' conj. Racine a dit dans .B(yaz-e< (act. I, se. iv, 59) :
Je connais sa vertu prompte à s'effaroucher.
Cette acception n'a point d'exemple dans le Dictionnaire de l'Académie.
Effectif, Effective. Adj. qui se met toujours après son subsl. : Une armée de trente mille hommes effectifs. Dis mille francs effectifs.
Effectivement. Adv. 11 se met ou après le verbe, ou au commencement de la phrase, ou entre l'auxiliaire cl le participe : Effectivement, il est arrivé. Il est arrivé effectivement. Il est effectivement arrivé.
Effeuiller. V. a. de lad'" conj. Ou mouille les^
Efficace. Adj. des deux genres. En prose, il se met toujours après son subst. : Reinède efficace, discours efficace, la grâce efficace. Il se dit des choses, et jamais des personnes.
Efficace. Subst. f. :
Et je n'ai point appris qu'elle eût tant d'efficace.
(ConH., Menteur, act. IV, se. m, 18.1
A'oUaire dit, au sujet de ce vers : Efficace, pris comme subst., n'est plus d'usago. On dit efficacité, ou plutôt on se sert d'un autre mot. [Bemarques sur Corneille.)
L'Académie dit ([ue ce mol signiPie la même chose i\u' efficacité , mais qu'il est beaucoup moins en usage.
Efficacement. Adv. Il se met après le verbe,
EFF
et peut aussi se mettre entre l'auxiliaire cl le partici[(C : // a travaillé efficacement à lapais, ou il a efficacement traruillé à la paix.
Efficient, Efficik.nte Adj. qui se met après son subst. : Cause efficiente.
Effleurer. V. a. de la 1" conj. Delille dit, en parlant d'un baiser tiuc Jupiter prend sur Ir bouche de Vénus [Enéide, I, 355) ;
Sur sa bouche de rose effleure un doux baiser.
Féraud dit qu'on emploie ordinairement ce mot avec ne faire que, et qu'on peut lui associer aussi à peine : Il effleure d peine les matières. On rendrait l'idée de Delille bien ridicule si l'on disait : Sur sa bouche de rose il effleure à peine un doux baiser, ou il ne fuit qu'effleurer vn dous baiser; ou |)lutôt on changerait tout à fait la nature de celte idée.
Effokcer (s'). V. pronom. Ce verbe régit tantôt la préposition à, tantôt la préposition de. Lorsque les efforts tendent à faire une action déterminée dont le sujet du verbe est l'agent imméj diat, il fau-l employer la préposition à, parce que le sujet, j)ar ses efforts, tend vers un but qu'il veut atteindre, et que la [irépositiou à maïque cette tendance. Dans il ^efforce à crier, l'action est déterminée, le sujet du verbe en est l'agent immédial, il y a un but auquel il tend, savoir, crier. La préposition à marque convenablement la tendance à ce but. On dira de même il s'efforce il parler, à marcher; il s'efforce à porter ce fardeau ; il faut s'efforcer à gagner la vie éternelle; ce jeune horloger s'efforce à faire une montre
Laissez-moi m'efforccr, cruel, à vous lia'ir.
(Volt., /nd>«orst, se. xiii, 7.)
Mais, si l'action est indéterminée, on emploiera de, jiarce que à suppose toujours un point fixe et déterminé : // s'efforce d'agir, il s'efforce de parvenir, il s'efforce de paraître indifférent. Il en est de même si le sujet du verbe n'est pas l'agent immédiat de la totalité de l'action a laquelle tendent les efforts. Alors de est la seule i)réposilion que l'on puisse employer, parce que à, indiquant le but des ei'forts, annoncerait le sujet comme l'agent immédiat de l'action totale.
Quand je disje m'efforce à crier, à indi<pie que c'est moi qui dois faire imuiédiatemcnl l'action indiquée par le verbe qui va suivre, c'est-àdire l'action de crier. Mais si je disais je m'efforce ii gagner votre amitié, à annoncera-it que je SUIS l'agent immédiat de la totalité de l'action qui va être indiquée, tandis que je n'en suis en effet que la cause occasionnelle. Je m'efforce non à l'aire une action déterminée, mais à attirer sur moi un effet déterminé qui dépend de vous, savoir, votre amitié. Il faul donc dire je m'efforce de gagner votre auritié, à'obtenir la faveur du . prince, le suffrage du public; et non jias, je vi'ef force à gagner votre amitié., a obtenir la faveur du prince, le suffrage du public. On dira de même qu'i/M homine s'efforce tï être plaisant, à'ètre gai; qu'î//(e femme s'efforce de plaire, etc.
Effort. Subsl. m. Le i ne se prononce point. Il se dit du corps et de l'esprit : Effort de corps, d'esprit, d'imagination, etc. Faire des efforts pour... On ne dit pas fah'e des efforts à, ni faire effort à. Celte expression ne p(!Ul être tolérée dans le vers suivant de Corneille {Toison d'or, act. IV, se. i, 8'i) :
EFF
Faites effort à plaire autant que l'on ïous plaît.
On dit défendre de toutes ses forces, mais on ne dit pas défendre do tovs ses efforts. I.;i rnison en est sensible; Veffort tend toujours vers un hiii; la défense n'avance pas vers un but, elle lâche d'éviter, d'arrclor, de repousser une attaque. On fait des efforts pour exécuter une action; on emploie ses forces ou pour exéc\Ucr une action, ou pour enipôrher (lu'une action ne soit exécutée. On fait tous ses efforts dans l'attaque, on emploie toutes SCS forces daiis la défense ou dans t'attaque.
Effraction. Subst. f. C'est un terme de prati- " que qui signilic fracUire, rupture que font les voleurs pour pénétrer dans (juclquc endroit. Il ne faut pas le conlondre avec fraction, qui n'est d'usage qu'en quelques phrases consacrées, coniuie la fraction de l'hostie. On dit un vcl avec effraction, et non pas fuit arec fraction.
Effraya>t, Effi.a^ante. Adj. verbal tiré du v. effrayer. On peut le mcltre avant son subst., en consultant l'analogie et l'harmonie : Un exemple effrayant, un effrayant exemple. Une pensée effrayante, une effrayante pensée. On ne dirait pas un effrayant homme. Voyez Adjectif.
Effrayer. V. a. de la 1" conj. Il se conjugue comme payer. Dans la conjugaison de ce verbe, on conserve Vy de l'infinitif, excepté devant un e muet : J'effraie, tu effraies, ils effraient. J'effraierai. Effrayer quelqu'un, l'effrayer par quelque chose. S'effrayer ou cii-e effrayé de.
Effréné, Effrénée. Adj. Qui est sans frein, sans retenue. L'Académie remarque avec raison qu'il ne se dit qu'au figuré. Mais je crois que Féraud se trompe quand il prétend qu'il ne se dit point des personnes. On dit très-bien, ce me semble, «w jeune homme effréné. Cet adj. ne se met qu'après son subst.
Effroi. Subst. m. L'Académie dit porter l'effroi, trembler d'effroi, pâlir d'effroi. Mais on dit aussi être glacé d'effroi :
Quel trouble tous agite, et quel effroi vous glace ? '^(fUc, Âth., act. II, se. V, 1.)
Effronté, Effrontée. Adj. Il se dit des personnes et des choses qui ont rapport aux personnes ; Un homme effronté, une femme effrontée, un air effronté, une mine effrontée.
EtouSe dans son sang ses désirs effrontés,
(Rac, Phèd., act. IV, se. u, 41.)
Ces douces Ménades
Se font des mois entiers, sur un lit effronté. Traiter d'une Tisible et parfaite santé.
(BoiL., Sat.X, 393.)
Etmille autres encor, effrontés ornement». Serpentent sur son sein, pendent à ses oreilles.
(Gilbert, Le Dix-Huitième Siècle, 122.)
Cet adj. ne se met qu'après son subst.
Effrontément. Adv. Il se met ordinairement après le verbe : Il a parlé effrontément, et non pas il a effrontément parlé. Je crois cependant qu'no pourrait dire il a effrontémerit soutenu ce mensonge. La raison de celle différence, c'est (\\i& parler n'a pas une analogie directe avec effrontément; au lieu que celte analogie existe entre effrontément et soutenir un mejisonge ; de sorte que effrontément, placé après l'auxiliaire, annonce un pariicipe avec lequel il se lie naturellement par le caractère commun des idées .