EGA
Effrovable. Adj. des deux genres. Il peut s« mettre avant soii subst., selon les fircoiislances : Des abîmes effroyables, d'effroyables abîmes; U7ie race effroyable, une effroyable race.
Un effroyable cri, sorti du fond des flots. Des airs en ce moment a troublé le repos.
(Rlc, Phéd., act. Y, se. vi, ÏQ.)
Gel adjectif s'emploie ordinairement sans régime, surtout en prose. Crébillon a dit en vers :
Monument effroyable à la race future.
Effroyablement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire cl le participe : [l a dépensé effroyablement, ou il a effroyablement di-pensé depuis quelque temps. On ne dirait pas il s'est effroyablement conduit.
Effusion. Subst. f. La signification de ce mot est bien marquée dans ce vers de Hacine \Britan., act. V, se. v, 9) :
Ma main de cette coupe épanche les prémices. Dit-il, dieux que j'appelle à cette effusion...
On l'emploie aussi au figuré : L'effusion du cœur.
Égal, Égale. Adj. Quand il est sans régime, on peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille el l'analogie : Une conduite égale, une égale conduite ; un embarras égal, u-n égal embarras.
Mais quand il a un régime, il doit toujours être placé après. Il ne faut pas imiter en cela Gresset, lorsqu'il a dit (égl. Y, 128):
Je goûte à vous entendre une égale douceur A celle que ressent l'aride voyageur, etc.
Voltaire a dit : Les citoyens de Paris... voyaient dans le parlement un corps auguste... qui marchait d'un pas égal entre le roi et le peuple. {Siècle de Louis XIV, ohaj). iv.)
Il se prend quelquefois substantivement. On dit il marche mon égal. Gresset a dit (égl. iv, 60) :
Vous marcherez égal aux dieux de votre rang.
Cette expression n'a pas plu à Féraud, qui a dit : « Je crois qu'on dit toujours marcher l'égal de, el non pas marcher égal à. Voltaire et Deliile n'étaient pas de cet avis. Le premier a dil dans Mahomet (act. I, se. ii, 39) :
Et vous semble/ d'un sang fait pour donner des lois A l'Arabe insolent qui marche égal aux rois.
El le second fait dire à Junon, dans le premier livre de V Enéide (79) :
Et moi qui marche égale au souverain des cieux.
Girault-Duviviercst d'avis que ces deux locutions : Marcher l'égal de, et marcher égal à, sont régulières, parce que dans le premier cas, eya? est substantif, et dans le second, ydjeclif. (Grammaire d^s Grammaires, p. ir2'S)
Êg.aleuent. Adv. Il peut se mettre enlre lauxiliaire el le participe : // les a traités également, ou il les a également traités.
Égaler, Egaliser. Verbes actifs de la 1" conj. L'Académie dit que l'un et l'autre signifie rendre égal. FUc donne pour exemples du premier, égaler les paris et les portions ; la mort égale tous les hommes, égale tous les rangs; et pour