‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 148 sur 453 · ENG · texte numérisé non relu

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enfourche un cheval comme ferait un cavalier. C'est un de ces verbes iiuisilos qu'on ne trouve guère que dans le Diclionnairc dr l'Acadi'mie. On ne serait pas compris si l'on disait, cuinine Y iiViWiA, j'en fourchai mon cheval, et Je partis.

Enfuit, (s'). V. pronom, de la 2* conj. Il se conjugue comme fuir, 51 ce n'est qu'il prend l'auxiliaire être, comme tous les verbes pronominaux.

On dit absolument s'enfuir, et, avec un complément indirctl, s'enfuir de ipiclque endroit. Dans le premier sens, il faut dire il s'est enfui, et non pas il s'en est enfui, ni il s'en est fui. Dans le second, il faut réi)étcr en, pour signifier le comjjlémcnt indirect. Ainsi l'Académie a bien dit : O/i l'a mis en prison, il s'en est enfui; c'est-à-dire, il s'est enfui de prison. Sans ce régime, elle dit il s'est enfui, vous me ferez enfuir. — L'Académie, dans la dernière édition de son Dictionnaire, donne pour exemple ; On l'a mis en prison, mais il s'est enfui. C'est sans doute par euphonie qu'elle emploie de préférence celle manière de s'exprimer.

Les poêles emploient souvent ce mol au figuré ;

Ma raison s'enfuyait de mon &me éperdue.

(Volt., Ore»t., ad. III, se. i, 21 .)

Loin d'Énée, à ces roots, le doux sommeil s'enfuit. (DsLih.,Énéid., IV, 838.)

Sa ïie alors t'enfuit comme une ombre légère. [Idci7i, X, 1124.)

Engageant, Engageante. Adj. verbal tiré du V. engager. On pcul le mettre avant son subst. en consultant l'oreille et l'analogie : Ces caresses engageantes, ces engageantes caresses.

Engager. V. a. de la 1" conj. Dans ce verbe, le second g doii toujours avoir la prononciation duj;et pour la lui conserver lors(iu'il est suivi d'un a ou d'un 0, on met un e muet avant cet a ou cet 0 : J'engageais, engageons, et non pas j'engagais, engagons.

Le père Bouhours dit que, de son temps, on commençait à dire engager de, mais i\n'engager à était toujours plus usilc.

L'Académie, en ne construisant ce verbe qu'avec la préposition à, a contribué à rendre l'usage de de plus rare : Il m'a engagé à cela. On l'a engagé à entrer dans ce parti; cette charge engage à beaucoup de dépenses. 11 est certain (lue la préposition à est bien placée dans tous ces exemples. Mais ne pourrait-on pas dire il m'a engagé de prendre patience, il m'a engagé do fuir, de convenir de ma faute"? La ])réposition de n'a rien de choquant après le verbe engager, |)uisiiue Thomas Corneille et de Wailly en pcrmeltenl l'usage pour éviter la cacophonie, cl tju'ils veulent qu'on dise il s'engagea d'aller, au lieu de il s'engagea à aller. Cependant il i)arail étonnant (pie la seule raison de la cacophonie puisse autoriser après un verbe la substitution de la préposition de à la préposition à, qui marque des rapports si différents.

Concluons de tout ceci que, malgré le silence de l'Académie, on joint et l'on peut 'oindre de au verbe engager; cl cherchons si lo choix ne dépendrait pas du sens que l'on donne à ce verbe. La préposition à, comme nous avons eu souvent occasion de le dire, indi(]ue par sa natiir-. un point, un but hors du sujet qui agit, et auquel tend ce sujet. Or, dans les différents sens que l'on donne au verbe engager, quelquefois ce

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