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but est indiqué, c'est-à-dire quand l'action doU être terminée hors du sujet (jui doit la faire. Par excini)lc, quand on dit je vous engage à l'aller voir, on indique clairement une action qui doit être terminée hors du sujet qui doit la faire, une action qui est comme un but qu'on lui indique, qu'on lui montre. L'indication de ce but exige la préposition o. Mais quand on dit je vous engage de vous taire, de vous reposer, de prendre patience, etc., il n'y a point de but indiqué hors du sujet (|ui doit faire l'action; et c'est alors «lue la piéposition à serait déplacée, et qu'il faut employer de.
Racine a dit :
Sur les pas des tyrans veus-tu que je m'engage ? (Britan., act. IV, se. iv, 38.)
A peine au fils d'Egée Sous Us lois de l'hymen je 'étais engagée.
(PAey.., act. I, se. III, 117.1
L'Académie ne donne iVoint d'exemples analogues à ces constructions.
Engendrer. V. a de la l" conj. Selon l'Académie, il se dit de l'homme et des animaux, mais on ne l'applique guère qu'aux mâles. D'après cela on pourrait dire monsieur un tel a engendré trois fils; tel roi engendra deux enfants. Ces phrases, conformes à la définition de l'Académie, ne le seraient ni à l'usage ni au bon goiit. Bouhours a remarqué il y a longtemps qu'au propre, engendrer ne se dit point des personnes.
Engendrer, au propre, ne se dit point des personnes, si ce n'est dans certaines phi ises de l'Ecriture sainte , comme Abraham engendra Isaac, Isaac cîigendra, etc., ou dans quelques autres phrases du style dogmatique, conme le père engendre le fils de toute éternité-
Englodtir. V. a. de la 2' conj. Dclille a dit [Enéid., I, 175) :
... Si les flots ennemis Ont englouti tes jours et les jours de ton fils.
L'Académie prétend qn' engloutir, en parlant d'une succession, signifie la consumer, la dissiper : Il a englouti en peu de temps toute cette riche swcession. Voltaire emploie ce mot dans un autre sens [Enf.prod., act. IV, se. m, 414) :
S'ilenjioulii à jamais l'Iiérllage
Dont la nature avait fait mon partage...
ENGoncER. V. a. de la 1'^ conj. Dans la conjug:iison de ce verbe, le second g se prononce toujours comme j; et pour lui conserver celte prononciation lorsqu'il est suivi d'un a ^u d'un 0, on met un e muet avant cet a ou cet o: J'engorgeais, engorgeons , et non pas j'engorgais , engorgons.
Engranger. V. a. de la 1" conj. Dans la con-^ jugaison de ce verbe, le second g se prononce comme toujours, comme j; et pour lui conserver celle prononciation lorsqu'il est suivi d'un a ou d'un o, on mol un e muet avant cet a ou cet o: J'engrangeais , j'engrangeai, et non pas j'engrangais,j'engrangai.
Engri.ner. V. n. de la 1" conj. Selon l'Aca demie, C. se ilit d'une roue dont les dents entrenX dans rel'.os d'une autre roue, en sorte que l'una fait tourner l'autre: Cette petite roue engrène-
1 bien dans cette autre. VoUaire a api)li(iué ce m» à l'arrangement nécessaire de toutes les chose*
I de ce inonde... Les corps graves tendent versk
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centre de la terre, sans pouvoir tendre à se reposer en l'air. Les poiriers ne peuvent jamais porter d'ananas. L' instinct d'un i'pugneul ne peut être l'instinct d'une autruche; tout est arrangé, engrené et limité. (Dict. philos.)
ÈMiARDin. V. a. de la ■i'conj.
ENHAnNAciiEii. V. a. de lal"conj. Dans ces deux veibes le h s'aspire, el en se prononce comme dans engourdir.
ÊMCMATiQUE. Adj. dcs dcux gcnrcs. En prose , il ne se met guère qu'après son subst. : Pandes étiigmatiqucs. Discours énigmatiques. Bt'ponse énigmatique.
ÊNiGMATiQUEMENT. A(Iv. 11 so uict loujours après le verbe : Il a parle éniginatiquement, el non pas ila énigmatiqucmcnt parlé.
Emvraîxt, Enivrante. Adj. verbal tiré du verbe enivrer. On prononce comme s'il y avait deux n, ennivrant. Féraud remarque avec laison qu'on devrait écrire avec dor «, ennivrant, ennivrev, eiinivrement. L'orlbogr"'nlie ordinaire, dil-il, peut induire en erreur pour u prononciation. Eu écrivant enivrant, enivrer, Qlc, il semble qu'on doive prononcer enivrant, enivrer, comme un prononce dans énigme, ènigmaligue . Si l'on écrivait ennivrer comme ennuyer, l'orthographe serait conforme à la prononciation. En prose, cet adjectif se met ordinairement après son subsl. : Liqueur enivrante, louanges enivrantes.
Enivrement. Subst. m. Aoyez Enivrant. Voltaire a dit l'enivrement de la joie [Mort de César, act. II, se. iv, 28) ;
Alors tuut est en proie Au !o\ enivrement d'une indiicrèle joie.
Enivr ;r. y. a. de la 4" conj. L'Académie ne donne p:« assez d'exemples de l'emploi de ce mot au figure, pour faire connaître toute l'étendue de sa signification. En voici quelques-uns qui pourront paraître utiles :
Rends-loi compte du sang dont tu t'es enivré».
(Rac, Ath., act. V, se. r, 31.)
Des Tolonlés de Rome alors mal assuré, Néron de sa grandL'ur n'étali point enivré.
(Hac, Britan., ad. I, se. I, 97.1
Le coeur onllé d'orgueil et de haine enivré,
(Volt., Oreate, act. III, se. ri, 72.)
De la foreur commune avec zèle enivré...
(YOLT., Mahom., acl. V, se. m, 16.)
Déjà plein d'espérance et de gloire enivré, kuK teilles de Valois il avait pénétré.
(Volt., Henr., IV, 49.)
Des spectateurs joyeui Longtemps leurs traits cliéris ont enivré les yeux.
(Delil., Énéiéi., V, 785.) Qui s'enivre à tos yeux de l'encens des humains.
(Volt., Brut., act. III, se. vu, 23.)
Filé sur ces tableaux qu'il contemple à loisir. Le héros s'enivrait d'un douloureux plaisir.
(Ublil., Énéid., I, 675.)
Voyez Enivrant.
ENJA.MBEMENT. Subst. m. Tcrme de littérature. Construction vicieuse, principalement dans les vers alexandrins. On dit qu'un vers enjambe sur un tutre, dit le chevalier de Jaucourt, lorsque la pensée du poète n'est point achevée dans le même vers, et ne finit qu'au commencement ou au milieu du vers suivant. Ainsi ce défaut existe
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toutes les fois qu'on ne peut point s'arrêter naturellement à la fin du vers al.'xandrin pour en faire sentir la rime et la i)euséc, mais qu'on est obligé de lire de suite et prompteiuent l'autre vers, à cause du sens qui est demeuré suspendu Les exemples n'en sont pas rares; en voici un seul :
Craignons qu'un Dieu Tengeur ne lanco sur nos létes La foudre inévitable.
Il y a ici un enjambement, parce que le sens ne permet pas qu'on se repose à la fin du premier vers.
Ce n'est pas assez d'éviter l'enjambement d'un vers à l'autre, il faut de plus éviter d'enjamber du premier hémistiche au second; c'est-à-dire que si l'on porte un sens au delà de i;i moitié du vers, il ne faut pas rinteriompre avant la fin, parce qu'alors le vers parait avoir deux repos eî deux césures, ce qui est trè^désagréa!)le. Il est encore bien moins permis d'enjamber d'une slance à l'autre.
Maissi lenjambement est défendu dans les vers alexandrins, comme nous venons de le dire, il est autorisé dans les vers de dix syllabes, et il y produit même quchiuefois un agrément, parce que cette espèce de \cvi, faite pour la poésie familière, souffre quelques licences, et ne veut pas être assujettie à une trop grande eénc. Autrefois les poêles ne s'embarrassaient "cuére de laisser enjamber leurs vers les uns sur les autres; c'est à Malherbe le premier que l'on doit la correction de ce défaut de la versilicalion. Par ce sage écrivain, par ce guide fidèle, dit Despréaux [A. P., I, 137),
Les stances arec grâce apprirent à tomber , El le vers sur le vers n'osa plus enjamber
Quoiijue ce soit une faute, en général, de terminer au milieu du vers le sens qui a commencé dans le vers précédent, il y a à cette règle des exceptions permises au génie. C'est ainsi que Despréaux fait dire à celui qui l'invite à dîner {Sut. III, 21) :
Vy manquer pas au moins; j'ai quatorze bouteilles D'un lin vieux... Buucingo n'en a point de pareille!.
La poésie dramatique permet que la passion suspende riiémistichc, comme quand Ciéopatre dit dans Rodogune (act. V, se. iv, ItJl) :
Où, seule et sans appui contre mes aileotalt, Je verrais
L'exception a encore lieu dans le dialogue dramatique, lorsque '.elui qui parlait est coupé par quelqu'un, comme dans la même trai-'édie de Rodog. Elle dit à Antiochus (acl. IV, se. i, 3) :
Est-ce au frère, est-ce tous dont Utémériié S'imagine...
antiociivs, Apaisez ce oourroui emportf.
Voyez Coupe.
Quand le dialogue est sur la scène, chaque nv cit doit finir par un vcr.> entier, à mrins q'j'il n'y ail occasion de couper celui qui parle, ou que le tronçon de vers par où l'on finit ne comprenne un sens entier cl séparé jiar un point de tout ce qui a précédé. Ainsi, dans Andromaque, Oreste achève un récit de cette sorte (act. IV, se. m 14) :