‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 150 sur 453 · ENN · texte numérisé non relu

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De Troie en ce pafs rércillons les miserai. Et qu'on parle de nous ainsi ijue de nos pères.

(Encycl.pcdie.)

Emolument. Subsl. ni. Ce mol n'a point de liluiiel.

Enlacep.. V. a. de la i" conj. Nous ajoulerons les exemples suivants à ceux (juc donne l'Aca- •lémio :

Cent serpents sur son casque enlacent leurs replis. (Delil., Enéide, VII, 923.)

Tels jouaient ces guerriers; tels, dans ces doux combats, /(< enlaçaient leurs course et confondaient leurs pas. Ildcm, Y, 805.)

Ennemi. Subst. m. Ennemie. Subst. f. Oji prononce comme s'il y avait ènemi, avec le promier eun peu uuvert. Ce mot s'emploie souvent comme ndjeciif, et alors il se met toujours après son subst., même en vcts : Un voisin ciinemj,. Des peuples ennemis. Une nation ctiiiernie. Etre en pays ennemi. Les poètes disent les destins ennemis, la fortune ennemie, les vents ennemis :

Je fuis; ainsi le veut la fortune ennemie.

(Rac, Mithrid., ad. III, se. 1, 5.)

Mais/'e ne vois partout que des yeux ennemi».

(lUc, Tphig., acl. II, se. TU, 20.)

Ennoblir. V. a. de la 2* conj. Voyez Anoblir.

Ennui. Subst. m. Ce mot se prenait autrefois pour peines, chagrins, douleur, tourments de l'àme; et les poêles l'emploient encore en ce sens:

Si d'une mère en pleurs tous plaignez les ennuis. (lUc, Iphig., act. lY, se. iv, 20.)

Pour comble de malheur, les dieux, toutes les nuits, Dèiqa'on léger sommeil suspendait mes ennuis,

[Idem, act. I, se. i, 83.1

Et sans vouloir vous-même augmenter vos ennuis. (Rac, Phéd., act. lY, se. ii, 57.)

Ah! que dis-lu ? pourquoi rappalermcs ennui»? (Volt., Zaïre, act. I, se. i, 87.)

Ennuyawt, Ennuyante. Adj. verbal tiré du v. ennuyer. Ce mot doit être appliqué à une action ; la lorminnisdn active «/// indiipie celte action. Ennrdjcvs \ny\\(\\\Q par la terminaison cj/j: unequalilé inlicrenle au sujet. Ainsi on pourra dire, selon les i irconslances, ennuyant ou enntiyetiT, des personnes et des ch<)ses. Un homme ennvyetix esi u\\ homme i|ui, par sa siiiiidicilc, par sa sottise, p;ir l'habiludc de bavarder ou (l'imporluncr de toute autre manière, a tout ce qu'il faut pour ennuyer. Un discours ennuyeux est un discours long et diffus, qui, n'ayant ni suite, ni liaison, ni inlèrêl, ne peut ôtre lu ou entendu sans causer de l'ennui. Un homme ennuyant cs{ unhoii.me qui ennuie aclucUcmcnl \)'jr sa présence, ses discours, ou de quebpic autre manière. Un discours ennuyant est un discours qui ennuie :.ctuelleinent, soit parce qu'il est mal fait, soit parce qu'd est mal dél)ilc. Un homme neut être ennuyant sans être ennuyeux; c'est-àdire qu'il jieut, par défaut d'attention ou de jugement, faire (les choses qui ennuient, quoique en général il ait toujours les qualités nécessaires oour *'Te agréable, et qu'il le soit ordinaire-

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ment. Un jeune homme amoureux est ennuyant s'il p;u'le sans cesse de son amour aux personnes qui ne s'y intéressent pas. .Mais si d'ailleurs il a de l'esprit et de l'amabilité, on ne peut pas dire qu'il est ennuyeux, à moins qu'on ne considère comme une <|ualilé ou comme une habitude ses discours continuels sur l'amour qu'il éprouve. Une autre preuve qn'ennui'eux se dil d'une qualité particulière au sujet "amiucl on l'aijpliqae, c'est qu'on fait ennuyeux substaniif, et qu'e/inuyant ne l'est jamais.

Le plus souvent ici l'on parle sans rien dire; Et les plus ennuyeux savent s'y mieux conduire.

(Volt., Indiscret, se. I, 41.)

Cet adjectif se met ordinairement après son substantif.

Ennuyer. "V. a. de la d" conj. Dans la conjugaison de ce verbe on conserve l'y à l'inlinitif, excepté avant un e muet : J'ennuie, tu ennuies, ils ennuient, j'annuieru i, j'enn nierais.

Ennlyelsement. Adv. On peut quelquefois le meure entre l'auxiliaire et le participe : // vi'a ennuyeusement raconté tous ses faits d'armes. Ordinairement il se met après le verbe : Passer la journée ennuyeusement.

Ennuyeux, Ennuyeuse. Adj. 11 peut se mettre avant son subst. On ne dit pas vn ennuyeux homme, -une ennuyeuse femme. Mais OU peut àvct c'est un ennuyeux personnage, c':st un ennuyeux rabâchage. Il faut pour le placer ainsi consulter l'oreille et l'analogie. Voyez Ennuyant.

Énoncer. V. a. de la \" conj. Dans ce verbe, le c a la prononciation de se ; et pour la lui conserver à tous les temps et à toutes les i)ersonnes, il faut mettre une cédille dessous toutes les fois qu'il est suivi d'un a ou d'un o. Ainsi l'on écrit nous énonçons, j'énonçais, j'énonçai ; et non pas nous énonçons, (i{c.

1,'Académie le confond avec exprimer. C'est, dit-elle, exprimer ce qu'on a dans la pensée. On énonce sti pensée en la rendant d'une manière intelligible; on l'exprime en la rendant d'une manière sensible. On Vénonce avec facilité, avec netteté, avec pureté, avec régularité, en bons termes, en termes choisis. On l'exprime de toutes ces manières, mais surtout avec force, avec chaleur, avec énergie. Énonrer demande plutôt les qualités de l'élocution; son mérite est dans la diction et le langage choisi. ExpHmer demande les qualités de l'éloiiuonce; son principal mérite consiste dans le parfait rapport des ternies avec les idées, et de l'image avec la chose. Le peupk s'exprime quelquefois mieux qu'il ne s'énonce, parce qu'il sent vivement et qu'il sait peu. (Roubaud.)

ENor.GUF.ii.Lin. On prononce comme s'il y avait deux n. On mouille lesZ.

Énorme. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant rorcillc.ci l'analogie : Une faute énorme, une énorme faute.

Énormément. Adv. On peut le mettre entru l'auxiliaire et le participe : lia été énormémeni lésé.

Enqoérant, Ewquébante. Adj. verbal tiré du v. enquénr. L'Académie dit qu'il signifie qui s'en- (luiert avec Iroj) de curiosiié, et (juil est familier. Nous pensons (juc cet adjectif n'est usité dans aucun style, et (lu'on ne dit pas w« liomme enquérant, une femme enquérante.

Enquérir (s'). V. pronom, et irrégulier de la

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