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rendu ce fondement plus se.nsible, on ne pourrait pas employer la préposition de. Par exemple, tout Ip monde dm j'espère bien le revoir; et personne j'espère bien iie le revoir
Ce (]ui confirme encore mon opinion, c'est que, \ lorscp-ie le verbe espérer est à l'infinitif, el que le \ verbe suivant est au même nitide, on ne peut pas \ supprimer la préposition de. La raison en esl que l'iidiniiif exprime quelque chose de vague et ] d'incertain. Peut-on espérer de vous revoir? Je ; crois pouvoir espérer de le revoir. On m'a fait espérer de le revoir ; espérance vague , incertaine
EspoiB. Subst. m. Ce mot n'a point de pluriel. L'Académie dit : Je n'ai d'espoir qu'en vous. Racine a dit dans Iphigénie (act. V, se. ii, 15) :
Aussi tout mon rtpoir N'est plus qu'au coup mortel que je vais recevoir.
Le sens propre d'espoir ne regarde que les choses (jui sont à venir. C'est avec raison que d'Olivet a reproché à Racine de l'avoir appliqué à des choses présentes :
Me cherchiei-Tous, madame?
Un f«poir si charraanl me serail-il permis?
(/Inrfrom., act I, se. IT, 1.)
Qu'on mette celle phrase en prose, et on sentira le faux emploi de ce terme. C'est comme s'il y avait: Madame, me serait-il permis d'espérer que votts vie cherchiez ? X oyez Espérer.
Esprit. Subst. m. Le t final r.e se prononce qu'avant une voyelle ou un h muet.
Ce mot, en lant qu'il signifie une qualité de l'àme, est, dit Voltaire, un de ces termes vagues auxquels tous ceux qui les prononcent altaclienl presque toujours des sens difl'érenls. Il exprime autre chose que jugement, génie, goût, talent, pénétration, étendue, grâce, finesse; et il doit tenir de tous ces mérites: on pourrai! le définir raison ingénieuse. C'est un mot géniTique qui a toujours besoin d'un aulrc mot qui le delerjnine; et (piand on dit voilà un ouvrage plein d'esprit, un homme qui a de l'esprit, on a grande raison de demander, duquel ? L'esprit sublime de Corneille n'est ni Y esprit exact de Boileau, ni Vesprit naïf de La Fontaine; el Vesprit de La Bruyère, qui est l'art de jieindre singulièrement, n'est point celui de Malebrsnchc, qui est de l'imaginalion avec de la profondeur. — Quand on dit qu'un homme a nu esprit judicieux, on entend moins qu'il ace qu'on appelle de X'esprit, qu'une raison épurée. \}n esprit ferme , mâle, courageux, gra7id, petit, faible, léger, dou.r, emporté, signifie le caraclére cl lu trempe de l'àme, et n'a point de rapport à ce qu'on entend dans la société par celte expiession, avoir de l'esprit.
L'e.'iprit,dAn?, l'acception ordinaire de ce mol, lient beaucoup du bel esprit, et cependant ne signifie pas précisément la même chose; car jamais ce terme, homme d'esprit, ne peut être pris en mauvaise part, el bel esprit est quelquefois prononcé ironiiiuemeni. D'où vient celle différence? C'est (\\i'homme d'esprit ne signifie pas esprit supérieur, et que bel esprit le signifie. Ce mol homme d'esprit n'annonce point de prétention, et le bel esprit esl une affiche. C'est un art qui demande de la culture; c'est une espèce de profession, el qui par là expose à l'envie et au ridicule. C'est en ce sens que le père Bouhours aurait eu raison de faire entendre, d'après le cardinal du Perron, que les Allemands ne prétendaient pas à Vesprit; parce qu'alors leurs sa-