‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 154 sur 453 · ESS · texte numérisé non relu

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vants ne s'occupaient guère que d'ouvrages laborieux et de ])énibles recherches, (jui ne pormetlaieiil p;is qu'on y icpandit des fleiiis, (pi'on s'efforçât de briller, et que le bel esprit se uièlât au savant.

Ceux qui nié|U'isent le ci'nied'AristoIe, au lieu de s'en tenir a coiukunner sa pliysique, (pii ne jtouvail être iwiuie, étant privée d'ex|>ctienccs, seraient bien étonnés de voir qu'Arislote a enseigné i)arfaitenient danssa rliétoritiue la manièie de dire les choses avec esprit. Il dit que cet art consiste a ne i)as se servir siniplenient du mot propre, qui ne dit rien de nouveau ; mais qu'il faut eini)loyer une métaphore, une figure, dont le sens soit chiir et l'expression énergique. 11 en rapporte plusieurs exemples, et entre autres ce que dit Périclcs d'une bataille ou la plus florissante jeunesse d'Athènes avait péri: L'année a été dépouillée de soti pt-i/itemps. Aristotc a bien raison de dire (lu'il faut du nouveau. Le premier qui, pour exprimer que les plaisirs sont mêlés d'amertume, les regarda comme des roses accompagnées d'cpines, eut de Vesprii. Ceux qui le répéîèreiil n'en neurenl point.

Ce qu'on appelle esprit, dit encore Voltaire, est tantôt une comi)araison nouvelle, tantôt une allusiou fine; ici l'abus d'un mot qu'on présente dans un sens, et qu'on laisse entendre dans un autre; la un rapport délicat entre deux idées peu conuuuncs; c'est une métaphore singulière ; c'est une recherche de ce qu'un objet ne présente pas d'abord, mais qui est en effet dans lui ; c'est l'art ou de réunir deux choses éloignées, ou de diviser deux choses qui paraissent se joindre, ou de les opposer l'une à l'autre; c'est celui de ne dire qu'a moitié sa pensée pour la laisser deviner. Mais tous ces brillants ne conviennent point ou conviennent fort rarement à uu ouvrage sérieux et qui doit iiitéresscr. La raison en est qu'alors c'est ''auteur qui paraît, et que le public ne veut voir (pie le héros. Or, ce héros est toujours ou dans la passion, ou en danger I.e danger et les passions ne cherchent point l'esjn'it. Priam et Hccubc ne font point d'épigramuies, quand leurs enfants sont égorgés dans Troie cml)rasée; Didon ne soupire point en madrigaux, en volant au bûcher sur lequel elle va s'immoler; Démosiîiénes n'a point de jolies pensées, quand il anime les Athéniens à la guerre; s'il en avait, il serait rluUeur, et il est homme d'Étal. {Dict. philosophique) A'oyez Clarté.

Essai. Subst. m. Voyez Épreuve. En littérature, ce mot, employé dans le titre de plusieurs ouvrages, a différentes acceptions. 11 se dit ou des ouvr.^es dans lesquels l'auteur traite ou effleure diiîérents sujets, tels que les Essais de Moiituigne, ou des ouvrages dans lesquels l'auteur traite un sujet particulier, mais sans iirétendrerapi)rofondir, ni l'épuiser, ni enfin le traiter en forme et avec tout le détail et toute la discussion (lu'il peut exiger.

Essaim. Sjibst. m. Delille a dit un essaim de colombes {Enéid., 11, 697) :

Ainsi qu'aux sifflements des tempêtes rapides S'attroupe un [aible ettaim de colombes timides.

Il a dit aussi au figuré [Géorg., III, 89) :

L'n esiiiim de douleurs bientôt nous environne, La tieillessc nous glace et la mort nous moissonne.

Essayer. V. a. et n. de lai" conj. 11 se conjugue comme payer. Essayer. A^n?, le sens de tâcher, faire ses efforts, régit tantôt la préposition

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