‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 155 sur 453 · ESS · texte numérisé non relu

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a, et tantôt la préposition A-. Il faut mettre de quand le sons iii(li(|n(> plus particulièrement les eflorts mêmes (juc le but aucpiol ils tendent ; et à, quand le sens a plus de ra|)port au but (ju'aux cl forts : Ua homme faible et va'étudinaire essaie de se lever, de i-iarcher; un musicien essaie a joxier un air difficile.

Perdez un ennemi d'autant plus dangereux, Qu'il esaatra sur vous o combattre contre eux.

(Uac, Àndrom., acl. I, se. Il, 29.) Eeiayex sur ce point à la faire parler.

(Corn., Hor., act. I, se. i, 129.)

"Voltaire a dit au sujet de ce vers, on essaie de, on s'essaie à. Cette remarque parait contraire à ce iiuc nous venons d'avancer; mais nous avons pour nous le vers à." Andromuque que nous venons de citer, et où la jH-cposition à nous semble si bien placée, (jue nous ne croyons |)as qu'on puisse y substituer tfe.— Dans la plupart des éditions de Kacine que nous avons consultées, on trouve qu'il s'cssuîra sur r^iis, et non qu'il cssaîra sur vous. Si cette leçon est la bonne, rexemjjlc cité ne peut servir, selon nous, qu'à prouver la justesse de la remarque de Voltaire.

EssE^TlEL, EssEiVTiELLF.. Adj. Ccl adj. ne se met qu'ai)iès son subst. : Une chose essentielle. Une cause essentielle. Une observation essentielle.

EssENTiELLESiENT. Adv. Il pcut sc mettre entre l'auxiliaire et le participe: // m'a oblvié essentiellement, il vi'a essentiellement oblige dans cette circonstance .

EssELLÉ, Esseulée. Adj. 11 sc dit, selon l'Académie, d'un homme qui est seul et sans compagnie. On ne serait pas compris si l'on s'en servait aujourd'hui.

Essor.. Subst. m. On dit bien prendre son essor; mais je doute qu'on pni.sse dire avec Delille, abattre son essor [Énêid., W, 48) :

Pédale, de Minos fuyant la cruauté.

Osa, se confiant à ses rapides ailes,

Tenter un Vol hardi dans des roules nouvelles;

El, vainqueur fortune des vents glacés du nord,

Sur les remparts de Rome aiattit son essor.

Uessor est l'action de l'oiseau partant librement i>our s'élever dans les airs. Quand il part pour' s'élever dans les airs, il n'est f)as encore élevé; on ne peut donc pas l'abattre. On a transporté ce mot au figuré, et l'on dit d'un auteur qui a débuté hardiment, qu'/Z a pris son es5or; d'un poêle qui commence avec liberlc, (\\\'il prend son essor. On dit aussi /'6*.sô',r(/K ye/i/e, etc.

EssuiE-MAiN. Subst. m.llsemblequel'on devrait écrireau s'mmWev essuie-mains , et non \)asessuiemain ; car l'essuie-inaiii est un linge qui ne sert pas seulement à essuyer la main, maisles mains. Cependant, puisque l'usage veut (| ne l'on écrive au singulier essuie-main sans*, nous ne croyons pas qu'on doive y ajouter un s au pluriel; car plusieurs essuie-main essuient les mains de même qu'un seul , et si main se met au singulier pour mains, il doit s'écrire de même au pluriel, où la signification du mol viain n'est pas changée. Il faut donc écrire Ac?, essuie-main ; la pluralité tombe alors sur linge, qui est sous-entendu, et non sur essuie, ni sur 7/(«i/i. L'Académie ne donne point d'exemple qui puisse faire connaître son opinion sur l'orthographe de ce mot comjiosé.

Essuyer. V. a. de la i" conj. Dans la conjugaison de ce verbe, on conserve l'y de l'infinitif, excepté devant un e muet : J'essuie, tu essuies, ils essuient, j'essuierai, j'essuierais.

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