‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 157 sur 453 · ETE · texte numérisé non relu

ETE

n'est pas assez riche pour bannir tant de termes dont Corneille s'est servi heureusement. (/îemarques sur Corneille.)

ÉTAiER. y. a. de la 4"oonj. Il se conjugue isommo payer. Voyez ce mut.

Éteindre. V. a. de la 4' conj. Voltaire a dit {OEd., act. I, se. m, 30) :

Vous éteignez l'encens que tous brùliei pour eux.

On dit éteindre la tendresse , éteindre la haine :

Et les soins de la guerre auraient-ils en un jour Eteint dans tous les cœurs la tendresse et l'amour? UaC, Iphig., act. H, se. iii, 36.)

Ettignex dans mon sang votre inhumanité. (Volt., Orphelin de la Chine, act, V, se. iv, 12.j

La Harpe dit au sujet de ce vers : On ne peut, en aucun sens, éteindre l inhumanité. On n'éteint que ce (jui offre des rapports avec l'éclat, le feu, la lainière, etc. [fours de littérature.) Cependant Racine a dit éteindre la tendresse, et la tendresse n'a de nijjport ni avec éclat, ni avec feu, ni avec luiiiicrc. Nous croyons qu'on peut dire éteindre l'inhumanité , comme on dit éteindre la tendresse, ctcindre la haine.

Etendard. Subsl. m. L'Académie dit au figuré, suivre les étendard.',- de quelqu'un ; se ranger sous les étendards, comhuttre sous les étendards de quelqu'un, pour dire embrasser son parti. On dit aussi dans le même sens, porter les étendu rds :

Le Dieu don! j'ai porté les sacrés étendard».

(Volt., ifahom., act. II, se. I, 47.)

Étendre. V. a. de la 4' conj. Voici des acceptions du verbe étendre, que l'on cherche en vain dans le Dictionnaire de l'Académie :

Quand la mort sur le trône étend ses rudes coups. (Volt., Henr., VI, 2.)

Je yais, sur les vaincus étendant mes secours, Consoler leur misère et veiller sur leurs jours.

(Volt., Alz., act IV, se. i, 7.)

Et sa bonté s'étend sur toute la nature.

(Rac, Ath., act. II, se. vu, 32.)

Sur la face des eaux t'élend la nuit profonde.

(Delil., ÉneïcJ., I, 133.)

D'un peuple d'assassins les troupes effrénées. Par devoir et par zèle au carnage acharnées. Marchaient le fer en main, les yeux élincelants. Sur les corps étendus de nos frères sanglants.

(Volt., Ilenr., II, 249.)

Éternel, Éternelle. Adj.Cetadjcclifest un de ceii.x qui, exprimant une qualité absolue, ne sont pas susceptibles dccomparaison soit en plus, soit en moins. Une chose ne peut pas èirc plu s éternelle ou moins éternelle (pj'une aulre. — Cet adj. peut se mettre avant son subst., même en prose : Un bonheur éternel, un éternel bonheur; vn amour éternel, vn éternel amour. Voyez Adjectif.

Eternellement. Adv. Il se jilace toujours après le verl)e, et jamais entre l'auxiliaire et le participe : Cela durera éternellement.

ÉTERNISER. V. a. de la i" conj. Voltaire a dit éteriiiser l'enfance de quelqu'un, pour dire la prolonger :

ETO

D'abord sa politique, assurant sa puissance. Semblait d'un Gis docile éterniser l'enfance.

(Volt., Henr., II, 77.)

Éternité. Subst. f. Il n'a point de pluriel. Corneille lui en a donné un dans ces vers d'//eraclius (act. III, se. i, 429) :

Ah! combien ces moments de quoi vous me llatlei. Alors pour mon supplice auraient d'ctemitéi !

On n'a jamais vu dans aucune langue, dit à ce sujet Auliaire, mettre le mot d'éternité au pluriel, excepté dans le dogmaiitpic, (|uand on distingue mal à propos l'érernité [>;isséc et l'éternité a venir, comme lorsque Platon dit que notre vie est vn point entre deux éternités. Ilemarquez encore (pi'on ne peut dire les moments de quoi vous me flattez, cela n'est pas français : il faut iVirc. dont vous me flattez. (Remarques sur Corneille.)

Étincelant, Étincelante. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Des yeux élincelants.

Rapporter à mes yeux son image sanglante. D'amour et de fureur encore étincelante.

(Corn., Rodog., act. III, se. m, 17.)

VoltP.ire dit au sujet de ce vers, on dirait bien je crois le voir étincelant de courroux; mais ce n'est pas l'image (jui est encore animée. De plus, on n'étincelle point d'amour. {Remarques sur Corneille.)

Étinceler. V. n. de la 1" conj. On double la lettre l dans les temps de ce verbe où cette lettre est suivie d'une n\uci,j'étincelle,j'étinccllcrai, il étincellera, il étincellerait ; on ne met (]u'un / lorsque celte lettre est suivie de toute autre lettre qu'un e muc[, j'étincelais, j'ai étincelé, ils étincelèrent.

Etincelle. Subst. f. Selon l'Académie, il se dit figurément, surtout en parlant de l'esprit, de 1 âme : Il n'a pas une étincelle d'esprit, de courage. — Il a au figuré une signification plus étendue :

De la divinité les vives étincelles

Étalent sur son front des beautés immortelles.

(Volt., Henr., IV, 523.)

Ah', si jcimais ta nation cruelle Avait de tes vertus montié quelque étincelle.

(Volt., Alz., act. II, se. il, 41.)

Étoile, Etoilée. Adj. Il ne se met qu'après son subsl.

Etonnant, Étonnante. Adj. verbal tiré du v. étonner. On peut le ineitre avant son substantif lorsque l'analogie et rbarinoiiic le permettent : Des succès étonnants, d'étonnants succès.

ÉTONNER. V. a. de la !■''' conj. \ oltaire a dit dans Sémiramis (act. \ , se. i, 3) :

La nature étonnée à ce danger funeste. . . .

La Harpe a dit à l'occasion de celle expression, on dit étonné de, et non pas étonné it, si ce n'est dans cette phrase, étonné ci la vue, à l'aspect; et il est évident qu'étonné ci ce danger fi\ami\c étonné à lu vue de ce danger. Ici la précision |»oétiquc est dans tous ses droits. {Cours de littérature.) Voltaire a dit dans la Mort de César (act. Il, se. m, 5) :

Notre àme incorruptible étonne ses desseins.

I Ce verbe demande le subjonctif à la proposi-

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