‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 164 sur 453 · FAL · texte numérisé non relu

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sent de ce soin. Les hommes de lettres, dit Mercier, ont été les faiseurs de tout ce que le clergé, la cour, la finance et les parlements ont dit d* mieux. On jirononce feseur, et plusieurs l'écrivent. Voyez Faire.

En |)arlant de modes et d'ouvrages recherchés, on dit cet ouvrage est du bon faiseur, de la bonne faiseuse, c'est-à-dire de l'ouvrier, de l'ouvrière qui est en réputation. — On dit par mépris d'un mauvais poète, d'un mauvais auteur, c'est un faiseur de re7's, un faiseur de livres.

Faite. Subst. m. L'Académie dit au figuré ie faîte des grandeurs , le faîte des honneurs, le faîte de la gloire. — Dû dit aussi le faîte du pouvoir :

Viiicennes, tu n'es plus qu'un séjour détestable Q'une prison d'ÉUt, qu'un lieu de désespoir, Où tombent si souvent, du fritte du pouvoir, Ces ministres, ces grands qui tonnent sur nos t^tes. (YoLT., //fiir., VI, 376.)

Fallacieux, Fallacieuse. Adj. Corneille a dit dans Rodogune (act. II, se. i, 1) : Serments fullacieu.v ; et Vollaire dit à celle occasion : L'éloquent Bossuel est le seul qui se soit servi, après Corneille , de celte belle épilhùle, fullacieus. Pourquoi appauvrir la langue'/ Un mot consacré |>ar Corneille et Bossuel peut41 être abandonné? [Remarques sur Corneille.) J.-J. Rousseau j aussi employé ce mot, et Roubaud pense qu'il est beau et nécessaire. Une politique fallacieuse est tout autre chose qu'une politique trompeuse. — L'Académie, dans sa dernière édition, reinar que qu'il ne s'emploie guère que dans le style élevé.

Falloir. V. n. impersonnel de la 3'-' conj. Il faut, il fallait, il fallut, il a fillu, il faudra, il faudrait; qn'il faille, qu'il fallût. L'mfinitif n'est point usité. On mouille les l dans qu'ii faille.

Falloir, dans le sens de manquer , ne s'emploie qu'avec la particule en et le pronom de !a troisième personne : Il s'en faut beaucoup, il s'en faut de beaucoup. On dit il s'en faut de beaucoup, quand il est question d'ex{jrimer qu'une quaniité n'existe pas à beaucoup prés : F'ous croyez vi'avolr payé tout ce que vous me devez, il s'en faut de beaucoup; mais quand on veut exprimer une grande différence entre deux personnes ou deux choses, on dil simplement U s'en faut beaucoup: Il s'en faut beaucoup que l'un soit du mérite de l'autre. (Acad.) fl s'en fallait beaucoup aidant Pierre le Grand que la Russie fût aussi puissante, qu'elle dît nitant de (erres cultivées, autant de sujets, autant de revenus que de nos jours. (Volt., Histoire de Russie, part. T, chaii. ii.)

Il s'en faut exprime dans toute sa conjugaison une absence, une privation dont le sens négatif se porte sur la proposition subordonnée, \lors, quand ce verbe n'est accompagné ni d'une négalion, ni de quelque mot qui ait un sens négatif, tels que peu, guère, presque, rien, elc, la proposition subordonnée ne jirend pas la négative ne : Il s'en faut de beaucoup que la somme y soit. Il s'en faut beaucoup que l'un ait autant de mérite que l'autre. Mais lorsqu'il s'en faut est précédé de la négation, ou accompagn- des molspeu, ^i/è7-e, etc., qui ont un sens négatif; ou bien encore si la phrase marque mterrogation ou doute, la proposition subordonnée prend la négative ne : Il ne s'en faut pas de beaucoup que la somme n'y soit, lls'en faulpeuque l'un h'ait

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