FAU
Faussement. Adv. On peut le mettre entre 'auxiliaire el le participe : On l'a accusé faussement , on on Vu faussement accusé.
Fausseté. SuIjsI. f. C'est, en morale, le contraire de la vérité, (le n'est pas propi-eincnt le mensonge, dans lequel il entre toujours du dessein. On dit (pi'il yaeu cent mille hommes écrasésdans le treiidjlement de terre de Lisbonne; ce n'est ])<is un mensonge, c'est une fausseté. La fausseté est. presque toujours encore plus ([ue l'er-reur. \.i\ fausseté tombe plus sui' les laits; Verreur sur les npinions. C'est une erreur de croire ijuc le soleil tourne autour de la terre; c'est une fausseté d'avancer que Louis XIV dicta Iclostainentde CliarleslI. — Un homme a de la fausseté dnw'i l'esprit quand il prend prestpic toujours a gauche; (juand, ne considérant pas l'objet entier, il attribue a un côté de l'objet ce (pii apiiarlient a l'autre, et que ce vice de jugement est tourné chez lui en habitude. Il a de la fausseté dans le cœur, quand il s'est accoutumé a llatler et à se parer des sentiments qu'il n'a pas. Celle fausseté est pire que la dissimulation. 11 y a beaucoup de fausseté tiuns les historiens, des erreurs chez les philosophes, des mensonges dans presque tous les écrits polémiques, et encore plus dans les satiriques. Les e*prits faux sont insuiiporlablcs, el les cœurs faux sont en horreur. (Volt., Dict. philos.)
Faute. Subsl. f. ^Manquement contre le devoir, contre la loi, contre les régies de quelque art : U a frit cette Wmle par inattention. (Acad.,art. Inattention.) Faute de, locution prépositive qui signifie /)ar manque de, à défaut de : C'est faute d'attention qu'il n'a pas relei'é cette erreur. (Acad., art. Attention.) Ainsi l'on ne peut pas dire, en parlant d'une erreur commise par quelqu'un, c'est une faute d'attention; il faut dire dans ce cas, c't?s< une faute commise par inattention. (A. Lcmaire, Grammaire des Grammaires, p. 1151.)
Sans faute. Façon de parler adverbiale. Elle se met toujours après le verbe : Il arrivera sans faute, il sera arrivé sans faute.
Fauteui;. Subsl. m. En parlant d'une femme, on dit fautrice.
Fautif, Fautive. Adj. Il se dit des personnes et des choses, el ne se met qu'après son subst. : Un auteur fautif, un ouvrage fautif.
Fauve. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Poil fauve, bêtes fauves.
Faux. Subst. f. Instrument dont on se sert pour couper l'herbe des prés ou les avoines. Autrefois on écrivait fuulx avec un l, ce qui était conforme à l'élymologie, et distinguait ce mol de l'adjectif faux. On ne sait trop pouniuoi il a plu à l'Académie de retrancher ce l, elle qui, dans tant d'auires mots, a conservé des lettres inutiles. Les poètes emploient souvent ce mot :
Trudaine sait assez que le cultivateur
Des ressorts de l'Élal est le premier moteur,
El qu'on né doit pas moins, pour le soutien du trône,
À la faux de Cérès qu'au sabre de Bellone.
(Volt., Épttre LXXXIII, 57.)
Déjà près de mon lit la Mort inexorable Avait levé sur moi sa faux épouvantable,
(Volt., ÈpUre XXII, 8.)
Faux, Fausse. Adj. Il se met souvent avant son subsl. 11 est vrai qu'on dit homme faux, el non pas faux homme ; esprit faux, et non pas faux esprit; mais on dit faux avis, faux rapport, fausse doctrine, fausse gloire, fausse nouvelle.
FAV
fausse monnaie, faux raisonnement, faux tévioin, faux prophète, faux testament, etc. On peut aussi, dans pres(pie tous ces cas, mettre cet adj. après son subsl., et c'est ce (ineftint les poë- Icsquandilsy Iroiivenl leur commodité : Unavis faux, un rapport faux, une doctrine fausse, ClC. Voyez Adjectif.
Faux est aussi adverbe. Il ne se met qu'après le verbe : Il chante faux, accuser faux.
A faux. Façon de parler adverbiale qui ne se met qu'après le verbe :
Lui qu'Apollon jamais n'a fait parler à faux.
(CoRX., i/or., act. I, se. III, 59.)
Parler à faux, dit Voltaire au sujet de ce vers, n'est ni assez noble, ni même assez juste. On dit un coup porté à faux, on est accusé à faux, dans le style faindier; mais on ne peut dire il parle d faux dans un discours tant soit peu relevé. {Remarques sur Corneille.)
Faveur. Subst. f. Faveur, du latin fuvor, suppose plutôt un bienfait qu'une récompense. On hrigue sourdement la faveur, on mérite et ou demande hautement des récompenses. Le dieu Faveur, chez les mythologistes romains, était fils de la Beauté et de la Foriunc. Toute faveur porte l'idée de (juelque chose de gratuit : Il m'a fait la faveur de m'inlroduire, de me présenter, de recommande r mon ami, de corriger tnoji ouvrage. La faveur des princes est l'effet de leur goût et de la complaisance assidue ; la faveur du peuple suppose quelquefois du mérite, et plus souvent un hasard heureux. Faveur diffère beaucoup de grâce. Cet homme est en faveur auprès du roi, et cependant il n'en a point encore obtenu de grâces. On dit il a été reçu en grâces; on ne dit point il a été reçu en faveur, <iuoi(]u'on dise être en faveur, parce que la faveur suppose un goût habituel; el (\ue faire grâce, recevoir en grâce, c'est pardonner, c'est moins que donner sa faveur. Obtenir grâce, c'est l'effet d'un moment; obtenir la faveur, c'csl l'effet du temps. Cependant on dit également faites moi la grâce, faites-moi la faveur de recommander mon ami. Des lellres de recommandation s'appelaient autrefois des lettres de faveur. Sévère dit dans Iq tragédie de Polyeucte (act. II, se. i, 15) :
Car je voudrais mourir plutôt que d'abuser Des lettres de faveur que j'ai pour l'épouser.
On a la faveur, la bicnveillam^c, non la grâce <\.y, prince et du public. On obtient la faveur de son auditoire par la modestie; mais il ne vous fail [)as grâce si vous êtes trop long. (\'olt , Dict. philos.)
Favorable. Adj. des deux genres. On peu; Je mellre avant son subst. lorsiiue l'analogie el l'harmonie le permettent ; Un accueil favorable, un favorable accueil; sous des auspices favorables, sous de favorables auspices. On dit être favorable à :
Si jamais à mes vœu.x vous fûtes favorable....
(Rac, E$th., act. III, se. VII, 62.)
Voyez Adjectif.
FAvonABLEMENT. Adv. On petit le mettre entre l'auxiliaire et le participe ; On l'a écouté favorablement, on l'a favorablement écouté.
Favori, Favorite. Adj. Il ne se met (lu'après son sub>l. : jMoi favori, auteur favori, sultane favorite, passion favorite.