‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 174 sur 453 · FER · texte numérisé non relu

FER

j phrase, sans coup férir, pour dire, sans en venir aux mains, sans rien hasarder.

FiiR.MA>T, Fermante. Adj. verbal tiré du v. fermer. 11 ne se met qu'après sou subst. : A portes fermantes.

Ferme. Adj. des deux genres. L'Académie ne dit pas un cœur ferm.e :

Toi, conserve un cccur ferme au milieu du danger. (Delil., Éneid., VI, 130.)

Cet adj. pnut se mettre avant son subst., en consultanl l'harmonie et l'analogie. On ne dit pas «a ferme homme, une ferme femme, etc. , mais on dit une ferme résolution, un ferme soutien, et non pas !/« soutien ferme. Un ferme propos, et non pas rtn propos ferme. On dit cti-e ferme en ses résolutions, et être ferme à faire quelque chose. Us so7it labnneujc, adonnés au commerce, fermes à conserver la pureté des anciennes lois.

Ferme. Adv. Il se met toujours après le verbe : Frapper ferme, parler ferme.

Fermeairnt. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : FI est fermement attaché à son parti.

Fermer. V. a. et n. de la l'' conj. Les poètes emploient souvent ce mot dans des acceptions qui ne sont pas toutes indiquées dans le Dic~ tionnaire de l'Académie.

Tandis qu'à nos vaisseaux la mer toujours fermée. (Ric, Iphig., act. I, se. Il, 25.)

Ces vents depuis trois mois enchaînés sur nos tèles, D'Ilion trop longtemps nous ferment le chemin.

[Idem, acL I, se. I, 30.)

0 ciel! pourquoi faut-il que la secrète envie Ferme à de tels héros le chemin de l'.\sie?

{Idem, acl. I, se. il, 49.)

Déjà même au secours toute voie est fermée.

(Rac, Âth., act. IV, se. y. S.)

A tout autre désir mon cœur était fermé

(RiC, Baj., act. V, se. ir, 28.)

Approuvez le respect qui me ferme la bouche.

[RiC, Phéd., acl. IV, se. II, 56.)

Il tf.vpire, et ses yeux, où la mort peint ses traits. D'un repos sans réveil sont fermés pour jamais.

(Delil., Énéid., XII, 469.)

On|)ourrait criliciuer tie* yeus fmnùs d'un repos.

Ses yeux sont pour jamais fermés à la lumière.

(Volt., Henr., VIII, 237.;

Fermeté. Subst. m. Fermeté vient de fenne, et signifie autre chose tjue solidité et dureté. Une toile serrée, un sable battu, ont de la fennelé, sans élre durs ni solides. 11 faut toujours se souvenir que les modifications de l'àroe ne peuvent s'exprimer que par des images physiques. On dit la fermeté de l'âme, de l'esprit, ce (pii ne signifie pas plus solidité ou dureté qu'au propre. La fermeté est l'exercice de l'esprit; elle suppose une résolution éclairée. L'opiniâtreté, au contraire, sup|)ose de l'aveugleincnt. Ceux qui ont loué la fermeté du style de Tacite, n'ont pas tant de tort (|iie le prétend le |)ére Ijouhours; c'est un terme hasarde, mais bitMi placé, (jui e\'[)rime léiieigie et la force des pensées et du siyle. On f)eut dire que La Bruyère a un style tenue, et que d'autres écrivains n'ont qu'un style dur (Volt., Dici. philos.)

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