‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 175 sur 453 · FES · texte numérisé non relu

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FÉROCE. Aiij. (les deux genres. On peut le meltrc avant son subsl. en consultant l'ureille et l'analogie : On dit vite bête féroce, les bêtes féroces, la nature fémce, vue joie féroce et une féroce joie ; un regard féroce cl un féroce regard; un vainqueur féroce, et 1//1 féroce vainqueur. — J.-J. llousscaii a dit le ftroce amour des conquêtes. Voyez Adjectif.

Ferré, FKnnÉE. Adj. qni ne se met qu'après son suhst : Eau ferrée, chemin ferré.

Ferrer. \ a. de la 1" conj. Ce vcrlie signifie, dans son acception piimilive, garnir de Ter; mais on dit, par une espèce de métaphore, ferrer d'or, ferrer d'arpent, pour dire garnir d'or ou d'argent. Voyez Catachrèse.

Ferrlginelx, FEnRUGl^EDSE. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Terre ferrugineuse, eaux ferrugineuses.

Fertile. Adj. des deux genres. On dit champ fertile , terre fertile, esprit fertile, sujet fertile, viutière fertile; mais on peut dire aussi nous parcourions ces fertiles campagnes. Ainsi cet adj. peut se mctlre avant son subst. lors(]ue l'Iiarmoiiie et l'analogie ne s'y opposent point. Voyez Adjectif.

Fertile rcgil la préposition en au propre comme au figuré : Une terre fertile en blé, un esprit fertile en expédients.

El quel temps fut jamais si fertile en miracles!

(Rac, Àth., acl. I, se. I, 104.)

Voyez Fécond.

Fertileme^it. Adv. Il se met après le verbe.

'* Fertilisation. Subst. f. Action de fertiliser, de rendre fertile : La fertilisation des ter- es. Ce mot, dont l'usage est bien établi, ne se '.ouve point &àn%\(i Dictionnaire de VAcadéi> te : f^oltaire a proposé des vues générales s',r la fertilisation. Voyez ce mot dans son i)ictionnaire philosophique.

Fervemment. Adv. Si l'on pe'.t se servir de cet v,.'verbe, auquel on substitue ordinairement arec ferveur, on |)eut le placer entre l'auxiliaire elle .participe : Il s'est fervemment acquitté de ce devoir religieux.

Fervent, Fervente. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un homme fervent, vn zèle fervent, une dévotion fervente, une prière fervente, une fervente dévotion, une fervente prière. Voyez Adjectif.

Fesse-cahier, Fesse-mathied. Ces deux substantifs composes ne prennent point de « au pluriel. La pluralité tombe sur les personnes que l'on désigne par ces mots, et non sur les mois cahier ou muthieu. Ainsi l'on dit des fesse-cahier , des fesse-mathieu . — L'Académie écril des fesse- 7na/Aie»/x,- elle n'indique pas le pluriel du mot fesse-cahi^r.

Festin. Subst. m. Ordinairement, ce mot de festin emporte l'idée de pompe, de magnificence, de joie, d'allégresse. C'est ainsi que l'Acailéinie le présente dans tous les exemples qu'elle en donne, et qu'on le voit souvent employé par les poêles :

Il veut que d'un festin la pompe et l'allégresse

(Rac, Dritan., acl. V, se. 1, 4.)

Hélas ! durant ces jours de joie el de feitins.

(Rac, Esth:, acl. I, se. i, 81.)

Et que le chef des Grecs, irritant les destins, PréparSt d'un hymen la pompe et les ,'V«(in(.

(Rac, Iphig., art. I, se. iî, 31.)

Fie

Mais ce mot peut s'allier aussi à des idées de tristesse et d'iiorreur :

Bourreau de votre fille, il ne tous reste enfin Que d'en faire à sa mère un horrible fettin.

{Idem, acl. IV, se. IV, Si.;

Et toi, si.leil

Toi qui n'osas du père éclairer le feitin.

[Idem, act. V, se. IV, 20.)

FÉTIDE. Adj. des deux genres, (lui se met ordinairement après son subst. : Huile fétide. Nous I)cnsoiis qu'il y a tels cas où l'on pourrait dire cette fétide odeur. Voyez Adjectif.

Fétoyer. V. a. de la 1"^ conj. On écrivait autrefois festoyer. Il se conjugue comme employer. Voyez ce mol.

Feu. Subst. m. Outre les acceptions physique-de ce mot, on l'applique aussi au moral. Feu. surloul en poésie, signifie souvent amour, el on l'emploie plus dégammenl au pluriel qu'au singulier. Corneille dit souvent un beau feu pour un amour vertueux et noble. Un homme a du feu dans la conversation, cela ne veut pas dire qu'il a des idées brillantes el lumineuses, mais des expressions vives, animées par les gestes. Le feu, dans Icsécrils, ne suppose pas non plus nécessairement de la lumière cl de la beauté, mais de la vivacité, des figures muliii)liées, des idées pressées. Le feu n'est un mérite dans le discours et dans les ouvrages que quand il est bien conduit. On a dit que les pué'lcs étaient animés d'un feu divin quand ils étaient sublimes. On n'a point de génie sans feu, mais on peut avoir du feu sans génie.

Feu, Fece. Adj. Il se dit, selon Ménage, des personnes que nous avons vues ou (]ue nous avons pu voir. Le père Bouliours prétend que ce mot n'a ni pluriel ni féminin, et que par conséquent on doit dire feu mes oncles, et ma feu mère. L'Académie dit : Cet adjectif n'a point de pluriel, el il ne prend pas la terminaison féminine lorsqu'il est placé avant l'ariiclc ou avant l'adjectif possessif. — Ainsi, quoiciu'on dise /a feu£ reine, il faut dire feu la reine. Pourquoi ces difliculiés bizarres el ces exceptions sans motif et sans nécessité? Nous pensons que cet adjectif doit avoir les mêmes accidents i|ue les autres adjectifs, cl que l'un ne fait point de faute en disant feus mes oncles et feue la reine. Ce serait mal s'exprimer que de dire la feue reine dans un pays où il n'y aurait pas une reine vivante ; il faudrait dire alors feu» la reine.

Feuillet, Feuilletage. On mouille les l.

Feuilleter. V. a. de la 1" conj. Il se conjugue comme cacheter. Les l se mouillent.

Fi;lilleton, Feuillette, Fitjillu, Feuillcre. Dans tous ces mots on mouille les l.

Fiancer. V. a. de la i" conj. L'Académie ne dit pas se fiancer à quelqu'un; Voltaire l'a dii ds^ns l'Enfant prod. (acl. I, se. i, 90) :

Quand l'étourdi dut, en face d'église, So fiancer à ma petite Lise.

Fibreux, Fibredse. Adj. qui ne se met qu'aprés son subsl.

Ficeler. V. a. de la 1" conj. Il se conjugue comme atteler.

Fichu, Fichue. Adj. L'Académie dit que c'est un terme bas el de méi^is dont on se sert pour dire malfait, impertinent. — C'est plus que cela, c'est un terme iiiq)oli et grossier dont les honnêtes gens ne se servent jamais.

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