‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 195 sur 453 · GAI · texte numérisé non relu

GAI

avant cet a ou cet o : Je gageais, gageons, et non pas/e gagais. ga<jons.

Ce vorho, lorsiiu'il est sans ncçalion, exige que le verbe de la phrase subordonnée soit mis à l'indicatif : y<; j7a^p (/i/'t'Z a dit cela;e[ lorsqu'il est joint à une négation, que le verbe de la proposition subordonnée soit njis au subjonctif: Je ne gage pas qu'il ait dit cela.

Nous pensons qu'on peut dire je parie de gagner cette partie, el non jtas je gage de gagner cette partie. I.a raison en est que gager se dit (juand il s'agit d'événements que l'on croit cer- Ijiins ; el parier, quand il s';igil d'événements incertains, douteux, dépendants de causes étranfOrcs. Or, il est de la nature de la préposition de, Iriise avant un verbe, d'indiquer ce doute, cette jjticertilude, celte dé|)endance. Madame dcSévi- |çn('' a dit : f^oudriez-vous que Pauline fût parifiaite; avail-elle gagé de l'être au sortir du couvrent? [Lettre du 23 février 1689.) Mais madame jde Sévigné n'est pas ime autorité irréfragable. On j peut même dire que les phrases des auteurs les ' plus purs ne sont pas toujours les preuves de la régularité d'une expression, surtout dans des cas qui n'avaient été ni examinés, ni discutés, ni décidés de leur temps. Combien ne trouve-t-on pas d'expressions et de phrases dans Racine, qu'une criti(|ue postérieure à ce grand homme a justement condamnées?

GiGECRE. Subst. f. On prononce ^o/wrc.

Gagnage, Gagnant, Gagne, Gagner. Dans ces quatre mots, gn se prononce mouillé.

Gagne-denier. Subst. m. On entend par ce mot un homme qui gagne sa vie par le travail de son corps, sans savoir de métier. On écrit au pluriel des gagne-denier ; la pluralité tombe sur homme, qui est sous-entendu, el non pas sur denier. — L'Académie écrit des gagne-deniers.

Gagne-pain. Subst. m. Des outils, des objets avec lesquels on gagne son pain. On écrit au pluriel des gagne-pain; la pluralité tombe sur outil ou objet, qui est sous-entendu.

Gagne-petit. Subst. m. Qui gagne peu, qui se contente d'un petit gain. On écrit au pluriel des gagne-petit ; la pluralité tombe sur les ouvriers auxquels on donne ce nom.

Gagnek. V. a. de la 1" conj. Voltaire remarque, au sujet d'un vers de Corneille, qu'on ne dit point gagner des diadèmes, et il ajoute que c'est peut-être une bizarrerie. (Bemarqves sur Cvrneûle.) — On a blâmé Corneille d'avoir employé dans le Cid l'expression gagner des combats. Aboyez Combat.

Gai, Gaie. Adj. Une se met qu'après son subsl. : Un homme pai, vne femme gaie, itn visage gai, ■un air gui. V^oyez Gaillard.

Gaiement ou GaIment. Adv. Pourquoi deux manières d'écrire ce mol ? Si l'Académie adoptait l'une uu l'autre, on écrirait comme elle. Cet adverbe se met après le verbe : Il a tovjours vécu gaiement.

Gaieté ou Gaîté. Subst. f. L'Académie devrait se décider pour l'un ou pour l'autre. Yollaire dépeint ainsi la gaieté {EpitreXXXl, 58) :

C'est là qu'on IrouTe la Gaîté Cette sœur de la Liberté, Jamais aigre dans la satire, Toujours vire dans les bons mots, Se moquant quelquefois des sots, Et très-souvent, mais à propos.

Permettant au sape de rire.

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