GAR
il faut convenir qu'au moyen de cet arrangement, aucune partie de la phrase n'est plus s;iillanie que les autres; au lieu que dans la première, le mol incroyable, (jui se présente au comuiencement, parait ne s'y trouver que pour fixer davantage l'attention de l'esprit sur le nombre des vaisseaux, et pour en exagérer en quelque sorte la multitude; c'est une raison d'énergie.
Nousvenons d'arrii-er ; nous allons partir. Ce sontdes gallicismes où l'usage est forcé de dépouiller de leur sens naturel les motsiioMs venons, nom allons, et de les revêtir d'un sens étranger, pour suppléer à des inflexions qu'il n'a pasaulonsées dans les verbes arriver et partir, non plus (juc dans aucun autre. Nous venons d'arriver, c'està-dire nous sonunes arrivés dans le moment ; expression détournée d'un |)assé récent auquel l'usage n'en a point accordé d'analogique. Nous allons partir, c'est-à-dire nous partirons dans le moment; expression é(iuivalenie à un futur prochain (jue l'usage n'a point établi.
Le nombre des gallicismes est prodigieux, el plusieurs habiles gens ont remarqué que, si l'on en excepte les ouvrages didactiques , plus un auteur a de goût, plus on trouve dans son style de ces irrégularités heureuses et souvent pittoresques, (pii ne paraissent violer les lois générales du langage que pour en atteindre plus sûrement le but. Voyez Cor.
Galop. Subst. lu. On ne prononce pas le J>. Gangrène, Gangrener, Gangreneux, On prononce cangrène, cangréner, cangrénciix.
Garde. Dans lessubstantifs composés où garde est pris dans le sens de gardien, l'expression se rapporte à une personne, et alors garde est un substantif susceptible de prendre la marque du pluriel. Il faut donc dire des gardes-chasse, des gardes-marine, des gardes-cote, s'il ne s'agit que d'une seule côte; des gardes-cotes , s'il s'agil de plusieurs. Mais lorsque, dans les mêmes mois, garde est verbe, et qu'il signifie, qui conserve , qui préserve , qui garantit , alors, en sa (jualité de verbe, il ne prend point la marque du i)luriel. Des garde-feu sont des grilles qui garaniissenl du feu ; la pluralité tombe sur grilles. Des gardc-maiigcr sont des lieux où l'on garde le manger; la pluralité tombe sur lieux. L'Académie met un garde-fm au singulier, et des garde-fous au pluriel. La pluralité ne doit i)ii:ni tomber sur fou, mais sur les choses qui servcnl ;i garantir les fous. 11 faut écrire au singulier et au pluriel garde-fou, ou garde-fous Je préfère le dernier. — On doit écrire des garde-meuble ; la pluralité tombe sur le lieu où l'on garde les meubles, et non pas sur les meubles. 11 y a plusieurs meubles dans un garde-meuble, comme dans deux garde-meuble. Le s, dans la seconde exi)ression, n'ajoute donc rien à l'idée singulière, il est donc inutile. Par la même raison on doit dire des garde-robe, et non pas des garde-robes. — L'Académie, en 4835 , écrit dei, garde-vieubles, des garde-robes.
Garde national. Quand ce mot est employé dans un sens individuel, c'est-à-dire pour désigner un ou |)lusieurs citoyens faisant partie de la garde d'un déparlement, d'une ville, il esi masculin. Alors on dit un garde national ci des gardes nationaux. Mais si garde nationale est employé dans un sens collectif, c'est-à-dire pour désigner la totalité des citoyens composant la garde d'un État, il se met au féminin : La garde nationale de Paris, de Lyon, de la France. Les gardes nationales de la France.