‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 209 sur 453 · HAB · texte numérisé non relu

HAB

pable par la loi; et alors capable veut dire ayant droit, ou pouvant avoir droit. On est hahùs à succéder. (Volt., Dict. philos.)

Ce mot régit les prépositions à, dans et en, et la première n'est pas bornée à la jurisprudence. On dit habile dans vn art, habile et manier le ciseau, habile en mathématiques. "N'oltaire a dit i\iinsBrutus (act. II, sc.iv, 22) :

Plus je dois espérer Qu'habile à le conduire, et non à régarer...

On dit aussi il est habile h profiter de tous ses avantages.

Habile, quand il est sans modification, se place Souvent avant son subst. : Un habile homme, une habile femme, vn habile peintre, un hahile musicien. Quand il est modifié par des adverbes de quantité, il peut se placer avant ou après : Un fort Itabile homme, un homme fort habile. Avec d'autres adverbes, il se met toujours après : Un homme extrêmement habile.

Habilement. Adv. Il se dit dans les mômes acceptions qu'habileté : Il travaille, il joue, il enseigne habilement. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a habilement surmonté rette difficulté. Il s'est tiré habilement d'affaire, ou Ù s'est habilemeiit tiré d'affaire.

Habileté. Subst. f. Ce mot est à capacité ce qu'habile est à capable : Habileté datis U7ie science, dans vn art, dans la conduite. On exprime une qualité acquise en disant il a de l'habileté; ou on exprime une action en disant il a conduit cette affaire avec habileté.

Habiller. V. a. de la \" conj. Selon l'Académie, on dit habiller un co7ite, pour dire couvrir, parla manière de conter, ce qu'il peut y avoir d'indécent dans le fond. — Dans cette acception, le verbe liabiller a une signification beaucoup plus étendue. J.-J. Rousseau a dit habiller galamment la raison, et Boileau (sat. VII, 61) :

Souvent j'?ia6t7ie en vers une maligne prose.

Habit. Subst. m. Ce mot est banni du style noble, et l'on ne dirait pas aujourd'hui comme du temps de Racine :

Quelles traces de sang vois-je sur tos habits ?

(Frères ennemis, act. I, se. m, 5.)

HABrrABLE. Adj. des deux genres. Il ne se met au'après son subst. : Un bâtiment habitable, VM logement habitable.

Habitant, Habitante. Adj. verbal tiré du v. habiter. L'Académie ne le donne en ce sens que pour un terme de pratique. Voltaire l'a employé autrement dans le i)oëme sur la Loi naturelle (l"' partie, 27) :

Dans lesplisdu cerveau la mémoire haliitante Y peint de la nature une image vivante.

Habitude. Subst. f. L'Académie dit : habitude au bien, habitude au mal; mais elle ne dit pas (lue ce mot régit aussi la préposition à et la préposition de devant un verbe a l'inlinitif .; ///;«6(ivde à vivre de peu est le plus précieux héritage. (Marmontel.) J'ai déjà vieilli dans l habitude de ne dire jamais mon secret, et encore plus de ne trahir jamais, sous aucun prétexte, le .secret d' autrui. (Fénel., Télém., Ww. III, t. i, p. 'J2!.)

Il est aisé de saisir la différence de sens qui I exige l'une ou l'autre de ces prépositions. L'*a-

UÂL

bitude à a rapport à des actes successifs doni la répétition foriilie île plus eu plus l'iiabituds. L'hahitadc à rirre de peu est furuiée il'acles successifs (pii se iépi.-leiil forinellemciit. Uhulilrde de se dit d'une habitude formée, sans rapi)ort aux actes subséciucnls qui la fortilicnt : L'hubitude de se taire. C'est dans ce sens (ju'on dit c'est une habitude de vingt uns.

Habitude se dit d'une sorte de timidité naturelle qui donne de l'aversion ponr les objets nouveaux. C'est dans ce sens ([u'on dit c'est un homme d'habitude ; je suis femme d'habitude, j" n aime point les visages nouveaux.

llABncKL. HABiTtKLLE. Adj. Il HC sc met qu'après S'in subst. : Mal habituel , livre habituel, péché habituel; — grâce habituelle.

HABiTLELLEJiEvr. Adv. Il SC mct après le verbe : Il s'enivre habituellement, mentir habituellement.

Habitue;;. \ . a. de la \." conj. Il régit à devant les noms et les verbes : Habituer ses enfants à la paresse; les habituer à supporter le froid et le chaud.

L'esprit à la Irouvcr aisément s'habitue.

(BoiL., A. P., l, 32.)

Hagard, Hagarde. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : L'œil kayard, les yeux hagards, l'air hagard.

Hagiographe. Adj. Il est aussi subst. On donne ce nom aux auteurs de certains livres de l'Ecriture, et à ceux qui ont écrit sur la vie et les actions des saints.

Haillon. Subst. m. Ce terme est proscrit du style noble.

Haine. Subst. f. Haine n'a point de pluriel ■juand il signifie la passion en général ; il en a un quand il signifie les sentiments de haine qui ont quelque objet particulier en vue; et ce pluriel s'emploie non-seulement en vers et dans le style élevé, mais aussi dans le style simple. Voltaire a dit en prose simple : Les liaines particulières cédaient à la haine générale ; j'aigrissais mon cœur, j'y nourrissais avec plaisir les défiances et les haines; et Barthélémy : Comment se garantir aujourd'hui de ces cruautés réfléchies, de ces haines froides et assez patientes pour attendre le moment de la vengeance?

Haineux, Haineuse. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Uu homme haineux, une femme haineuse. Un caractère haineux. Ce haineux caractère fera votre malheur. Voy. Ad/ectif.

Haïk. V. a. de la 2' conj. 11 est irrcgulier aux trois premières personnes du présent de l'indicatif, qu'on écrit/e hais, tu hais, il hait, et à la seconde personne de l'imiiératif, hais. L'a et l'i ne font qu'une seule syllabe, qui se prononce comme un è ouvert. Partout ailleurs «.es deux lettres forment deux syllabes, et l'on met deux points sur l'i, nous haïssons, nous haïrons:

Hais le roi qui le hait veut que je le ha>$$f.

[Iphig., acl. Y, sc. i, 17.)

Haïssable. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme haïssable, une femme haïssable.

Halage. Subst. f. L'Académie dit que le h s'aspire; Féraud dit qu'il est muet. Si ce mot vient du lalin halitare, Féraud prononce d'après la règle géni raie, qui dit que dans les mots français qui vieimcnl des mots latins commençant

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