‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 217 sur 453 · H EX · texte numérisé non relu

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un général habile ; car lorsqu'on a eu des succès réitérés, habileté et bonheur sont ordinairemenl synonymes.

Quand on dit heureux scélérat, on n'entend par ce mot que ses succès : /ici/rfwj: Si/lla. Un Alexandre VI, un duc de Borgia, ont heureusement iiiUé, trahi, empoisonné, ravagé, égorgé; il y a ap|)arence qu'ils étaient Uii^-malheureux, quand moine ils n'auraient pas craint leurs semblables. (Extrait des œuvres de Voltaire.)

Heureux se met quelquefois au commencement de la phrase, en forme d'exclamation-, cl alors il est ordinairement suivi de l'adjeclif conjonctif qui, ou de la conjonclion que : Heureux le peuple qui est conduit par un sage roi! (Fén., Telém.yhv, H, t. I, p, 91). Heureux le peuple qui trouve ses modèles dans ses maîtres! Heureuse erreur que celle qui coîitribue à nous rendre meilleurs! Trop heureux si je pouvais vous plaire ?

Heureux qui satisfait de son humble fortune.

(Rac, Iphig., acl. I, se. I, 10.)

Voyez Adjectif.

Heurter. V. a. de la Y" conj. Dans le sens de frapper à une porte, il ne se dit plus. On dit frapper, frapper à vne porte. J'ai frappé trois fois, et l'on ne m'a point ouvert. On no dit plus au ligure qu'u?» homme a heurté, mais qu'ii a frappé à toutes les portes pour faire réussir son affaire. L'Académie ne fait celte observation ni au mot heurter, ni au mot frapper. H semble même qu'en parlant d'une porte, elle préfère heurter à frapper, et qu'elle n'admet ce dernier que lorsciu'on frappe à une porte avec un marteau.— (Cependant elle appelle heurtoir le marteau dont on se sert pour frappera une porte; et elle ajoute qu'on dit plus communément marteau. Si l'on appelle heurtoir le marleaii avec lequel on frappe à une porte, on pourrait donc dire heurtera une porte avec le marteau; et si l'on dit plus communément 7«ar/eat/, c'est que l'on dit plus communément frapper. Heurter et heurtoir sont vieux.

Hexagone. Adj. des deux genres qui se met toujours après son subst. : Plan hexagone, figure hexagone.

Hexamètre. Adj. des deux genres. V.w français, les vers hexamèlrcs sont ceux de six ])icds ou douze syllabes. La Harpe dit dans son Cours de littérature : Noire hexainèlre, nalurellement majestueux, doit se reposer sur lui-même ; il perd toute sa noblesse si on le fait marcher par sauts et par bonds. Si la fin d'un vers se rejoint souvent au commencement de l'aulrc, l'effcl do la rime disparait, cl l'on sait qu'elle est essentielle à notre rhythme poétique. 11 est vrai que, par luimême, il est voisin de runiformité; mais aussi le grand art est de varier la mesure sans la détruire, et de couper le vers sans le briser. Le moyen qu'ont employé nos bons [loëtes, c'csl de placer lie lemps en temps des césures ou des repos à différentes places, en sorte (lu'un vers ne ressemble pas à l'autre; de ne pas toujours procéder j)ar distiques, et de finir quelquefois le sens en faisant altendre la rime, comme dans cet endroit de Racine [Esth., acl. IH, se. j, lUl) :

Il faut des clùtiments dont l'univers frrlmi^se; Qu'on tremble en comparant l'offense et le supplÎM; Que les peuples entiers dans le sang soient noyés. Je veux qu'on dise un jour aux peuples effrayés: // fut dei Juift.

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