‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 223 sur 453 · HOR · texte numérisé non relu

HOR

La Harpe dit au sujet de ce vers : Les exemples de ces abus du mut horreur sont sans nombre dans Voltaire. Quelles phrases que celles-ci: Prendre une force dans l'horreur, et parvenir dune horreur ! [Cours de littérature.)

Horrible. Adj. des deux genres. 11 se met souvent avant son sul)st., I(jrs(iue rharmonieet l'analogie le permettent: Une cruauté horrible, vne horrible cruauté; une méchunceté horrible, une horrible méchanceté ; une laideur horrible, vne horrible laideur ; une dépense horrible , une horrible dépense; une faute horrible, vite horrible faute, etc. On dit il est horrible de voir... et c'est vne chose horrible à voir. "N'oyez Adjectif.

Horriblement. .\dv. On jieut lé meure entre l'auxiliaire et le participe: // avait souffert horriblement, ou il avait horriblement souffert. On le met entre le verbe être et le participe ou l'adjectif: Nous étions horriblement pressés, et non pas nous étions pressés horriblement. Elle ett horrible me 71 1 laide.

Hors. Préposition. La préposition feorj servant à marquer exclusion régit de : Tous les viaux sont depuis longtemps hors de la boite de Pandore ; mais l'espérance est encore dedans. (Marmontel.) — Cette préposition, employée dans le même sens devant un verbe al'infinilif, légitaussi de : Hors de le battre, il ne pouvait pas le traiter plus mal. (Acad.) Devant les autres modes des verbes, on fait usage d'c la conjonciion q7ie : Illuia fait toutes sortes de mauvais traitements, hors.qu'il ne l'a pas battu. (Acad.) Peut-être serait-il mieux de dire ici, hors de le battre.

Mais du moins votre esprit est hors de ses alarmes. (CoBN., Pol., act. II, se. III, 2.)

Voltaire a dit au sujet de ce vers; On dit hors d'alarmes, hors de crainte, hors de danger; mais non Iwrs de ses alarmes, de .va crainte, de sim danger, parce qu'on n'est pas hors de (j[uelque chose qu'on a : // est hors de mesure, mais non pas hors de sa mesure. Ce mot hors, bien employé, peut devenir noble :

Mais le cœur J'Émilie est hors de son pouvoir.

(Corn., Cin., act. UT, se. iv, 58.)

Il nous semble que Voltaire s'est trompé quand il a dit qu'on n'est pas hors de quelque chose rjji'on a; car on dit être /jor.î de sa maison, être hors de son bon scîis. Ce n'est pas jiar cette raison que l'expression de Corneille est r(>[)réhensiblc, mais par une raisou toute contraire. On ne (lit pa? être hors de sa crainte, parce ipi'on ne l)eut pas être hors de la crainle d'un autre; il faut donc supprimer l'adjeclif possessif (pii est inutile, et dire hors de crainte. .Mais ijue l'on dise hors de crainte, OU hors de .m crainte, cela signifie toujours hors de la crainte qu'on a ou qu'on avait. On ne peut pas dire être hors de maison, pour dire être hors de sa viaison, jiai'ce qu'on jieut être hors de la maison d'un autre. De même on dit être hors de son bon sens, parce qu'on peut être hors du bon sens général. Cette proposition est hors du bon sens; cet Ivimuie est hors de.S'U bon .icns. — On objectera qu'on ne peut pas «lire sa crainte, de la crainle (lu'une personne a eue, et qu'elle n'a plus. L'adjectif possessif son, .sa, ses, peut très-bien se dire, et se dit en effet des choses rpie l'on a eues, et que l'on n'a plus. On dit 5<?* craintes, ses inquiétudes se sont dissipées, sa douleur a cessé, etc.

Hors-d'oeuvre. Subsi. m. On écrit au plurirf

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