‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 227 sur 453 · HYP · texte numérisé non relu

HYP

se mot qu'aprc5 son subst. : Description hydrographique, rarte hydrographique.

HïiMF.v 'jii JIïJiÉMiE. SubsL m. le n final se fait sentir dans Aywp«. C'est i)ioi)renicnt le nom d'une divinité des anciens, (jui ])résidail aux noces. Ces mots sont souvent employés en vers pour signilicr le mariage, et on leur donne même <|uel(]Ucfois ce sons en prose : f^ivre sous les lois de rhymeii. Heureux hyménée.

Achille

Ilecherclie votre fille, et d'un hymen si beau Veut dans Troie embrasée allumer la flambeau.

(Ric, Ifhig., act. I, se. I, 22.)

.... Je quille \ regret la rive fortunée

Où je vais allumer les flambeaux à.'hyménte.

(Idem, act. III, se. m, lb.|

Je ne m'attendais pas que do notre hyménée Je dusse voir si lard arriver la journée.

{Rac, ilithrid., act. II, se. iv, 4.)

Fénelon a dit figurément: Toute Vannée n'est qu^un heureux hymen du printemps et de l'automne, qui semblent se donner lamain. (Télém., liv. VIII, t. I, p. 282.)

Hymne. L'Académie dit qu'il s'emploie ordinairement au féminin, en parlant des hymnes qu'on chante dans l'église. Il ne fallait pas dire ordinaire /ne lit, c'est une règle sans exception. Ce mot est masculin lorsqu'il signifie les hymnes que les anciens chantaient en l'honneur dé leurs dieux.

Hypalage. Subst. m. Terme de grammaire.

C'est une espèce de trope qui consiste dans une transposition ou changement de construction. C'est ainsi qu'on dit il n'avait point de souliers dans ses pieds, pour dire il n'avait point ses pieds dans des souliers; enfoncer son chapeau dans sa tête, pour dire enfoncer sa tète dans son chapeau, ('.elle ligure est particulière à la langue latine. On n'en trouve que très-peu d'exemples en français, et il faut les regarder comme des idiolismes.

HYPEr.oATr.. Subst. f. Voyez Inversio?i.

HYPr.iinoLK. Subst. f. Lorsque nous sommes vivement frajjpés de quelcjuc idée que nous voulons représenter, et que les lerincs ordinaires nous paraissent trop faibles pour exprimer ce que nous voulons dire, nous nous servons de mois qui, à les prendre à la icllre, vont au delà de la vérité, et représentent le plus ou le moins pour faire entendre queliiuo excès en gi'and ou en petit. Ceux ([ui nous cnlendent rabattent de notre expression ce cpi'il en faut rabattre, et il se forme dans leur esprit une idée plus conforme à celle que nous voulons y exciter, que si nous nous étions servis des mois propres. Par exemple, si nc"JG voulons faire comprendre la légèreté d'un cheval qui court extrêmement vite, nous disons qu'il va plus vite que le vent. Cette figure s'a|)pelle hyperbole, mcil grec qui signifie excè^. — Au contraire, si l'on veut faire entendre qu'une personne marche avec une extrême lenteur, on dit qu'elle marche plus lentement qu'une tortue. Il y a des hyperboles qui consistent dans la seule diction, comme quand on nomme géa7it un homme de haute taille; pygmée, un petit homiTie. Mais elles sont souvent dans une pensée qui contient une ou [ilusicurs périodes; et l'hyperbole de la pensée se trouve également d-îns la diminution comme dans l'augmcnUition des choses qu'elle décrit, quoique

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cette figure se i)laiso jibis ordinairement dans l'excès (pie dans le difaul.

Lcses|irils vils, pleins de feu, et qu'une vaste imagination emporte hors dos régies et de la justesse, ne i)euvcnt s'assouvir d'hv|)erboles, dit La Bruyère. (Cli. I, I)e.i ourraçe.s- de l'esprit.) Excepté queUiues façons de parier communes et proverbiales, nous usons très-rarement d'hyperboles en français. On en trouve quel<iues exeuq)les dans le style satiri(iue et badin, et (luoiquofojs même dans le style sublime et poéti(iue. riéchier a dit dans YOraison funèbre de Turenne (p. 95) : Des ruisseaux de larmes coulèrent des yeux de tous les habitants. Cette figure est la l'essource des petits esprits qui écrivent pour le bas peuple. Mais quand on a du génie et de l'usage du monde, on ne se sent guère de goût pour les pensées fausses et outrées.

Quant aux hyperboles (pie l'usage a rendues communes, on en saisit la signification du premier coup, sans avoir besoin de penser (pi'il faut les prendre au rabais. Quand on dit, |)ar exemple, qu'w?i homme meurt de faim, tout le monde entend que cela signifie qu'il fait mauvaise chère, ou qu'il a beaucoup de peine à gagner sa vie. On dit encore qu'un homme ne sait rien, pour dire qu'il ne sait pas ce (ju'it lui convient de savoir pour sa i)rol'ossion ou pour son iiiclicr.

Hyperbolique. Adj. des deux genres. Il se met ordinairement après son subst. ; Discours hyperbolique, expressions hyperboliques .

Hyperboliquement. Adv. Il ne se mot point entre l'auxiliaire et le participe: Il s'est exprimé hyperboliquement, et non pas il s'est hyperbuliqueiiient e.vprimé.

Hyperborée. Adj. des deux genres.

J'ai vu de ces brigands la horde hyperborée.

[Orph. de la Chine, act. I, se. H. 10.)

■Voltaire, dit La Harpe, est le premier, ce me semble, qui ail hasardé de franciser l'adjectif latin hyperboreus, et d'en faire hyperborée, mot très-nombreux, et beaucoup plus commode pour la poésie que celui d'hyperboréens, (|ui élail seul en usage : Peuples hyperboréens, pays hyperboréi'ns. [Cours de littérature.)

Hypocondre. Subst. i)ris adjectivement. Il se dit d'une personne bizarre et mélaiicoli(iue: Un homme hypocondre , une femme hypocondre. La Fontaine a dit (liv. II, fable xvm, 16) : Son hypoco7idre de mari.

Hypocondriaque. Adj. des deux genres. Malade dont la maladie vient dos liypocondies : Un homme hypocondriaque. — Affection hypocondriaque. Il ne se met (ju'aprés son subst.

Hypocrite. Adj. des deux genres. Appliqué aux personnes, il ne se met (iu'a|>rès son subst. : Un homme hypocrite, une femme hypocrite. Appliqué aux choses, il peut (juclquefois le précoder : Un air hypocrite, une contenance hypocrite, lin maintien hypocrite. Cet hypocrite maintien, cette hypocrite contenance en impose à tout le monde.

Hypothécaire. Adj. dos deux genres. 11 ne se met qu'après son subst. : Créancier hypothécaire, dette hypothécaire .

Hypothégaikehent. Adv. Il ne se met point entre l'auxiliaireet le participe: Il est Migé hypothécairement, et non pas il esthypotliécairemcnt obligé

Hypothétique. Adj. des deux genres. Il se met toujours après son subst. : Proposition hypothétique.

Hypothétiquement. Adv. Il se met après le verbe : Cela n'est qu'hypnihétiquement vrai.

Hypotypose. Suhst. f. Terme de rhétorii]uo. C'est un mot crée qui signifie image, tableau. L'hypolyposc est une fiçure qui point l'iinngc dont on" parle avec des conlonrs si vives, qu'on croit la voir de ses proj^es yeux, et non siini>lement en enicndro le récit. Tel est le |)orlrait que Boileau fait de la mollesse personnilice ( Lutrin, II, 461) :

La Mollesse, oppressée.

Dans sa bouche, .\ ce mot, sent sa langue glacée, Et lasse de parler, succomhanl sous l'effort. Soupire, clend les bras, ferme l'œil, et s'endort.

Il y a une hypotyposc sublime dans le tableau que i\aeine nous donne, dans Athalie, de la manière dont Josabet sauva Joas du carnage (act. I, se II, 77) :

Hélas ! l'état horrible où le ciel me l'oiïrit lieTient à tout moment effrayer mon esprit. De princes égorgés la chambre était remplie ; Un poijrnard à la main, l'implacable Âtbalie

An carnajre animait ses barbares solàals,

I''t poursuivait le cours de ses assassin&is.

Joas, laisse pour mort, frappa soudain ma v<K .

Je me figure encor sa nourrice éperdue,

Oui devant les bourreaux s'était jetée en rali^

Et faible le tenait Tcnversé sur son sein.

Je le pris tout sançlant; et, baignant son visage.

Mes pleurs du sentiment lui rendirent l'usage:

Et, soit frayeur encore, ou pour me caresser.

De SCS bras innocents je me sentis presser.

On peut aussi citer comme des exemples d'hypotyposc le morceau de la même pièce où Athalie raconlc à Abncr et à Malhan le sonsrc qu'elle a eu (act. II, se. V, 34) :

C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit, etc. ;

et le récit de la mort d'Hippolyte, dans la Phèdre de Racine (act. V, se. vi, 26) :

Cependant sur le dos de la plaine liquide, etc.

La poésie tire son plus beau lustre de l'hypotypose.

I. Subst. m. C'est la neuvième lettre de l'alphabet, et la troisième des voyelles. L'j est de toutes les voyelles celle dont le son est le plus délié et le plus aigu. Sa prononciaiion naturelle est comme dans la première syllabe iVimage. Lorsque, dans une syllabe, elle se joint à la consonne (jui la suit, sans cire précédée d'une autre voyelle, elle conserve su prononciation naturelle, a moins que la consonne avec laquelle elle se trouve jointe ne soit un m ou un n: Illustre, irrégtdier, issue. ]\Iais dans imprimer, imprudent, impassihle, printemps, brin, fin, lin, et autres semblables, le son aigu et délié de Yi se change en un autre qui lient beaucoup de !'e ouvert, tel qu'il se prononce dans le mot lien. Cependant si le m auquel i est joint se trouve redoublé, celle voyelle reprend sa prononciation naturelle, comme dans immédiat, immersion, immense, etc. Il en est de même lorsque le n qui se trouve après \'i est suivi d'une voyelle ou d'un h non aspiré, comme dans inaction , inattention, inexorable, inouï, inusité, inhabile, inhérent, etc.

Les imprimeurs appellent ï tréma celui sur lequel on met deux points disposés horizontalement. Quchiucs grammairiens doimenl à ces deux points le nom de diérèze, qui vaut mieux, parce qu'il signifie division, séparation. Voyez Tréma.

Notre orlhographc assujettit laletlrei à beaucoup d'usages (jiie la raison mcme veut que l'on suive, quoiqu'elle les désapprouve comme inconséquents.

Dans la diphthongue oculaire ai, on n'entend le son d'aucune des voyelles qu'on y voit. Quelquefois ai se prononce de môme que \'e niucl, comme dans faisant, nous faisons, (jue l'on prononce /è«a«<, nous fcsons. Il y a même quelques auteurs qui écrivent ces mots avec l'e muet, de même que je ferai, nous ferions. S'ils s'écartent en cela de l'étymologie latine facere, et de l'analogie des temps qui conservent ai, comme faire, fait, vous faites, etc., ils se l'approchent

de l'analogie de ceux où l'on a adopté universellement l'e muet, et de la vraie prononciation. (Voyez Faire.) — D'autres fois aise prononce de même que l'e ferme, comme dans j'adorai, je commençai, j'adorerai, je commencerai, et les autres temps sembablcs de nos verbes en er. — Dans d'autres mots, ai tient la place d'un è peu ouvert, comme dans les mois plaire, faire, affaire, contraire, vainement. Cl en général partout où la voyelle de la syllabe suivante est un c muet. — Ailleurs, ai présente wné fort ouvert, comme dans Icsmots dais, faix, mais, paix, palais, portraits, souhaits. Au reste, il est très-difficile, pour ne pas dire impossible, d'établir des règles de pro nonciation pour cette diphthongue; parce que, dans des cas tout à fait semblables, elle se prononce diversement. On prononce je sais comme je se, cl je fais, comme je fè. Dans le mot douairière, on prononce ai comme a, do-uarière. — L'Académie n'indique pas celle anomalie de prononciaiion. — C'est encore à peu près le son de l'e plus ou moins ouvert que représente la diphthongue oculaire ai, lorsque, suivie d'un m, ou d'un û, elle doit devenir nasale, comme dans faim, pain, ainsi, maintenant, etc.

La diphthongue oculaire et est a peu prés assujcllic au même usage qucni, si ce n'est qu'elle ne représente jamais l'e muet. Mais elle se prononce (piclquefoisde même que Vé fermé, comme dans reine, peiner, seigneur, et tout autre mot où la syllabe qui suit ei n'a pas pour voyelle un e muet. — D'autres fois, ei se rend par un è peu ouvert, comme dans veine, peine, enseigne, et tout autre mot où la voyelle de la syllabe suivante est un e muet. Il en faut seiiloincnl excepter reine, retire et seize, où ei vaut un ê fort ouvert. — Lnfin, l'ei nasal se prononce comme Vai nasal, plein, sein, éteint.

La voyelle i perd encore sa valeur naturelle dans la diphlhongite oi, qui est quelquefois impropre et oculaire, et quelquefois propre et auriculaire.— Si la diphthongue oi n'est qu'oculaii-e, elle représente quelquefois l'c moins ouvcri,

oomme dans foible, il avmt, que l'on écrit aujourd'iiui faible, il avait; et (iiielquelois !V fort ouvert, comme dans anglais, j'avois, ils avaient, que l'on écrit aujourd'hui ajiglais, j'avais, ils avaient. — Si la diplillionguc i est auriculaire, c'est-à-dire (lu'ellc indiciue deux sons elToctils que l'oreille peut discerner, ce n'est aucun des deux qui est représenté natin-ellcment par les deux voyelles 0 et »■; au lieu do o, on prononce toujours ou, et au lieu de l'j, on prononce un è ouvert qui semble approcher souvent de l'o .• Devoir, sournois, lois, moine, poil, poivre, etc. — Enfin, si la diphthonguc auriculaire oi, au moyen d'un «, doit être nasale, l'i y désigne encore un è ouvert : Loin, fain, témoin, jointure, etc.

Il est donc également contraire à la destina lion primitive dos lettres, et à l'analogie de Torthogi-aphe avec lu prononciation, de représenter le son de l'è ouvert par ai, par et, ou par oi; et l'usage qui a substitué ai à oi, partout où celte diphfhongue oculaire représente l'è ouvert , cominedans anglais, français, je lisais, ilpoui^ rait, connaître, au lieu d'écrire anglais, français, je lisais, il pourrait, connaître, a remplacé un inconvénient par un autre aussi réel. Voyez A et Oi.

Ison-seulement la lettre i est souvent employée à signifier autre chose que le son qu'elle doit primitivement représenter, mais il arrive encore qu'on joint cette lettre à quelipie autre pour exprimer simplement ce son priuiitil. Ainsi, les lettres wi ne représentent que le son simple de Xi dans les mots guide, guider, etc., quitte, quitter, acquitter, etc. , et partout où l'une des deux articulations ^î<e ou qxie précède le son i. De même, les lettres ie représentent simplement le son i dans vianiement, je prierais, nous remercieroiiS, il liera, qui viennent de manier, prier, remercier, lier, et dans tous les mots pareillement dérivés des verbes en ier. Vu qui précède ïi dans le premier cas, et \'e qui le suit dans le second, sont des lettres absolument muettes.

I au milieu d'un mot est remplacé par un y, l» dans les mots où il a son double, comme dans payer, où l'on entend pai-ier, moyen, employer, essuyer, nous payons , nous employons, etc.; 2° dans les mots dérivés du grec, où il exprime l'upsilon de cette langue, comme dans hy mon, qm vient du grec humen; martyr, qui vient de martnr, etc. Voyez Y.

Plusieurs grammairiens voudraient que l'on écrivit to\ijours par un i simple les mots, les syllabes où l'on n'entend que le son simple de cette lettre, comme dans anonime, himen, martir, siuonime, etc., et je pense qu'ils ont raison. Les Italiens se sont débarrassés de cette exactitude pédanlesquc, et leur langue n'en est pas moins claire. Ils écrivent anonimo , imene , martirio, stile, sinonimo, etc. L'usage a déjà aboli en français un grand nombre de signes étymologiques, il abolira sans doute aussi celuici. Déjà l'Académie écrit abîme, asile, au lieu i'abyme, asyle ; mais pourquoi n'écrit-elle pas aussi anonime, himen, sinonime, etc.? Elleaurait bien de la peine à rendre raison de cette préférence , et cette demi-réforme ne fait qu'augmenter l'incertitude et l'embarras.

La lettre i s'élide dans la conjonction si avant le pronom masculin il, tant au singulier qu'au pluriel : Il viendra s'il veut, ils auront tort s'ils ae fichent. Mais cette élision n'a lieu devant aucun

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