‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 231 sur 453 · INA · texte numérisé non relu

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peu de fondcmcnl d'une chose, le vide des cspctances qu'on peut iiiellre sur celte chose ; en vin mot, sa Irivolilé : Le sage à son heure dernière est bien canvuincu de /'inanité des choses hvmaines. Ce mot me parait utile cl expressit".

Inaperçu, Inaperçue. Adj. L'Académie le dc!i- DÏt qui n'est point aperçu : Le hasard n'est que l'effet de causes inurperçues. Delille l'a dit dans le sens de qu'on n'a pas encore aperçu :

II s'élance, il saisit sa pesante massue, Cherche du noir séjour la porte inaperçue.

[Énéid., YIII, 28S.)

Derrière le palais il était une issue.

Une porte «les Grecs eacore inaperçue,

{Idem, II, 605.)

Inappliqué, Inappliquée. Adj, Il ne se met qu'api'ès son subst. : Un hovime inappliqué, un esprit inappliqué.

l . "pRÉciABLE. Adj. des deu.Y genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Quantité inappréciable, valeur inappréciable. — Une faveur inappréciable, cette inappréciable faveur.

* iNAPPRivoisàBLE. Adj. dcsdcux gcnfcs. Qui ne peut être apprivoisé. Mot nouveau que quelques écrivains ont employé. Le pinson, l'alouette, la linotte, le serin, jasent et babillent tant que le Jour dure; le soleil couché, ils fourrent leur tête sous Vaile, et les voilà endormis. C'est alors que le génie prend la lampe et l'allume, et que l'oiseau solitaire, sauvage, inapprivoisable, brun et triste de plumage, ouvre son gosier, commence son chant, fait retentir le bocage, et rompt mélodie use me nt le sileiice et les ténèbres de la nuit. ^Diderot.)

* Inapte. Adj. des deux genres. Mot nouveau proposé par Mercier d'après Yolney, (jui s'en est servi ; Devenu inapte aus affaires, il en a jeté le fardeau sur des mercenaires, et les mercenaires Vont trompé Ou demandera peut-être pourquoi inapte, lorsqu'on a inepte'i — Je pense que ces deux mots pourraient étreenq)loyés pour exprimer deux nuances différentes. 11 me semble que l'on est inepte par nature , par mauvaise constitution; et qu'on est inapte par accident, par négligence, faute d'exercice. Celui (jui est inepte lest toujours; on devient inapte, cuuxuiQ l'indiipic \'ohiey dans la phrase citée.

Inarticulé, Inarticulée. Adj. (jui ne se met qu'apiés son subst. : Des sons inarticulés.

* Inassorti, Inassortie. Adj. Mot nouveau que l'usage a adopté. On dirait bien, dit La Harj)c, en disant un composé de choses inassorties, ce qui est fort différent de mal assorties.

* Inassoupi, Inassoupie. Adj. Qui n'est point assoupi. Mot nouveau que f usage n'a point adopté. Un poète, dit La Harpe, s'emparera volontiers des xjcux inassoupis, pour peu qu'il ail à parler d'Argus.

Inattaquable. Adj. des deux genres. Qui ne peut être atiauué. On ne peut guère '.e mettre qu'après son subst. : Poste inattaquable , droit inattaquable.

Inattendu, Inattendue. Adj. Auquel on ne s'attend point. Il ne se met qu'après son subst. : P^isite inattendue, mulheur inattendu , disgrâce inattendue .

* Inattente. Subst. f. Mot inusité dont Mercier nropose l'usage. La Harpe a dit : Serait-ce

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un tort de dire l'inattente de tout secours força les assiégés ii capituler?

Inattentif, Inattentive. Adj. qui ne se met qu'aitrès son subst. : Un enfant inattentif, un esprit inuitentif.

Incaguer. V. a. de la 1" conj. L'Académie dit qu'il signifie délier (]uelipi'un, le braver, en lui témoignant beaucoup de mépris. — Incaguer est un terme du vieux langage, ipic personne ne comprend aujourd'hui, et dont personne ne fait usage.

Incapable. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Un homme incapable ; j//t homme incapable de raison, incapable inapplication.

Incendie. Subst. m. L'Académie le définit grand embrasement. Cette définition est trèsfautive. l'Ile paraît indiquer qu'i/zce/icfte dit plus (\\\'embrasement, ce qui n'est pas exact; car, au contraire, embrasement, sans y ajouter l'adjectif grand, dit plus i\\x' incendie. On dit Vincendie d'une grange, d'une maison, et Veuibrasement de Troie. Un incendie n'est pas un grand embrasement, mais un grand feu allumé par méchanceté ou par accident. Veinbrasement est un feu général; Vincendie a des progrès successifs. Une éliiiccile allume un incendie, et Vincendie produit un vus^-C embrasement. L'incendie porte, lance de toutes parts des flammes ; dans l'embrasement le feu est partout, tout briile, tout se consume. Voyez Embrasé.

Incertain , Incertaine. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Chose incertaine, événement incertain. — Un luwime incertain, être incertain de ce qui arrivera.

Ilacine a dit dans Phèdre (act. Il, se. ii, 22) :

Du choix d'un successeur Athènes incertaine.

Et dans Bajazet (act. II, se. i, 63) :

Infortuné, proscrit, incertain de régner.

Incertainement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Il ne parle qu'incertainemcnt.

Incessamment. Adv. Sans délai, au plus tôt. H ne se met (lu'apiés le verbe: On l'attend incessamment.

L'Académie dit qu'il signifie plus ordinairement, continuellement, sans cesse : Il travaille incessamment. On ne le dit plus en ce sens.

Incestueux, Incestueuse. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un Iwmme incestueux, un commerce incestueux , un mariage incestueux, un amour incestueux, un incestueux amour.

Inchoatif. Adj. m. On prononce inkoatif. V.n termes de grammaire, on appelle rerie* inchoatif s, les verbes (jui expriment le commencement d'une action. Tels sont les verbes blanchir, jaunir, vieillir, grandir, et plusieurs autres terminés en ir. On devrait plutôt les appeler verbes progressifs, car ils expriment moins un commencoment qu'une progression d'action.

Incidemment. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : On n'a traité cette question qu'incidemment.

Incident, Incidente. Adj. qui ne se met qu aprés son subst. : Demandij incidente, requête incidente, question incidente.

En grammaire, on distingue la proposition principale et la proposition incidente. La propo-

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sition incidente est toujours partielle à l'égard de lu principale; cl l'on peut dire que c'est une proposition particulière, liée à un mot dont elle est snp|)léi)icnt explicatif ou détenninatif. Par exemple, quand on dit : Les saranis, gui sont plus instruits que le commun des hommes, devraient aussi les surpasser en saijesse, c'est une proposition totale; qui sont plus inslruils que le commun des huvimes, c'est une |)roposilion partielle liée au mot savant, dont elle est un supplément explicatif, parce qu'elle scn à en développer l'idée, puur y trouver un motif qui justKie l'énoncé do la proposition princijjale, /es savants devraient surpasser les autres hommes en sagesse ; \d proposition partielle, (7miot«< /)/m5 instruits r/ue le commun des hommes, est donc une proposition incidente. — Pareillement quand on dit : La gloire qui vient de la vertu a vn éclat immortel, c'cii une proposition totale ; qui vient de la vertu, est une proposition parliclio, liée au mol i/lo ire ; mais elle en est un supplément déterminaiif, parce qu'elle sert à restreindre la signification trop générale du mot gloire, par l'idée de la cause particulière (jui la procure, savoir, la vertu. Ainsi la proposition partielle, qui vient de la vertu, est une proposition incidente.

Il y a donc deux sortes de propositions incidentes. La première est explicative, et elle sert a développer la compréhension de l'idée du mol auquel elle est liée, pour en faire sortir, pour ou contre la proposition principale, une preuve, si elle est spuculative, ou un motif, si elle esl pratique. La seconde esl déierminalive, et elle ajoute à l'idée du mol auquel elle est liée, une idée particulière qui la restreint à une étendue moins générale.

Lorsque la proposition incidente est explicative, on peut la retrancher de la principale sans en altérer le sens, i)arce que, laissant dans toute l'étendue de sa valeur le mot sur lecjuel elle tombe, elle peut en être séparée sans qu'il cesse d'expiimer la même idée. Mais si la proposition incidente est déterminalive, on ne peut la retrancher de la principale sans en altérer le sens, parce que, restreignant l'étendue delà valeur du mot auquel elle esl liée, elle ne peut en être séparée sans qu'il recouvre sa première généralité par la suppression de l'idée particulière exprimée dans la proposition incidente. Ainsi, dans le premier exemple, les savants, qui sont plus instruits que le commun des hommes, devraient aussi les surpasser en sagesse, si l'on supprime la proposition incidente, la principale conservera toujours le même sens dans loute son intégrité, parce «prcUc aura toujours le même sujetet le même altriljut, les savants devraient surpasser en sagesse le commun des hommes. Mais dans le second exemple, la gloire qui vient de la vertu a un éclat immortel, si l'on supjjrime la proposition incidente, rintégrité de la principale cstaltC'Fée au point que ce n'est plus la même, parce que ce n'est plus le même sujel et le même attribut; la gloire a un éclat immortel, il s'agit ici de la gloire en général, d'une gloire quclcomiue, ayant une cause quelconque; de manière iju'il en résulte une proposition fausse, au lieu de la première qui est vraie.

Quand la proposiiton incidente est explicative, elle est toujours liée au mot sur lequel elle tombe, par l'tm des mots conjoiiclifs qui, que , dont, lequel, etc.

Le mol expliqué par la proposition incidente

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est appelé Vuntécédcnt du conjonctif, et de la proposition incidente même, et c'est toujours un nom ou ré(piivalcnl d'un nom. Dans ce «as, on peut, sans altérer la vérité, substituer l'aniécédcnt au conjonctif, pour transformer la proposition incidente en primi|);i!c, en noumeltant l'antécédent à la méine syntaxe (jnc le conjonctiL Ainsi, lorsqu'on a la proposition totale, les swi^ants, qui sont plus instruite que le commun des hommes, etc., on peut dire les savants sont plus instruits que le commun des liOmmes ; et cette proposition, devenue priniipale, a encore la même vérité que quand elle étail incidente. Ce serait la même chose de ces autres propositions incidentes : L'homme que Dieu a doué de raison ; la Providence par qui tout est gouverné ; la religion chrétienne dont les preuves sont invincibles. Après la substitution de l'antécédent à la place «lu conjonctif, selon la même syntaxe, on aura autant de propositions jirincipales également vraies : Dieu a doué l'homme de raison ; tout est gouverné par la Providence ; les preuves de la religioîi chrétienne sont invincibles.

Mais quand la proposition incidente est déterminalive, quoi(iu'elle soit amenée par l'un dos adjectifs conjonctifs qui, que, dont, lequel, etc., on ne peut pas la rendre [irincipale en substituant l'antécédent à l'adjectif conjonctif, sans en altérer la vérité. Ainsi, dans la proposition totale, la gloire qui vient de la vertu a un éclat immortel, on ne peut pas dire la gloire vient de la vertu, parce que ce serait afiirmer en général que toute gloire a sa source dans la vertu, ce que ne disait point la proposition incidente, et qui est faux en soi.

Il est essentiel d'observer que la proposition incidente, soit explicative, soit déterminalive, forme, avec son antécédent, un tout (]ui est une partie logique de la proposition principale; l'antécédent en est la partie grammaticale correspondante. La religion que nous professons e.'t divine ; dans celle phrase, la religion est le sujet grammatical de la proposition principale, lu religion que nous professons est le sujet logique, parce que c'est l'expression totale de l'idée unique dont la proposition principale énonce un jugement, assure qu'elle est divine.

îl faut reconnaître dans toute proposition incidente les mêmes parties essentielles que dans la principale, le sujet, l'attribut, les divers compléments, etc. Par exemple. César fut le tyran d'une république dont il derait être le défenseur, c'est une proposition totale et principale; doutU devait être le défenseur, est incidente; il (César) sujel de l'incidente; (ferai/, verbe qui renferme l'altribul grammatical, devant, {élixil devant) ; devant être le défenseur dont ou de laquelle, attribut logique; dent (de laquelle), complément déterminatif du uom-.ippeWidii le défenseur. Telles sont les parties de la proposition incidente, déterminalive de rantécédent , d'une république Dans la proposition |)i'inci|)ale, d'une république est le complément termiriatif grannnatical du nom appellatif le luvun; d'une république dont il devait être le dejenic,,:., ^;iribul logique, César, sujet de la proposition totale.

Le mot conjonciif, (jui sert à lier la proposition incidente à son anlccédent, doit toujours être à la ictc de la proposition incidente, et immédiatement après l'antécédent, soit granomalical, soit logiipie; sans cela, le rapport de liaison ne serait pas assez sensible, et l'énoncialion en

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serait moins claire. — Cependant le conjonclif peut cire après une préposition dont il est conip\C'mcM : Les (unis sur qui vous comptez; ou même après le complément grammatical d'une proj)osiijon, s'il est délerminatif do ce complément : Les amis sur le secours desquels vous wmptez.

Eu conséquence de la distinction des propositions incidentes en exiilicalives et déterminatives, l'abbé Girard établit une régie de ponctuation qui est très- raisonnable: c'est de mettre entre deux virgules la proposition incidente explicative, et démettre de suite, sans virgule, la déterminative. En eiïct , l'explicative est une espèce de remarque intcrjeclive mise en parenthèse, que l'en peut ajouter ou retrancher à la proposition principale, sans en altérer le sens. Elle n'a donc pas avec l'antécédent une liaison logique bien nécessaire. Mais la déterminative est une partie essentielle du tout logique qu'elle constitue avec son antécédent. Si on la retrancbe, on change le sens de la principale au \mn\. d'en altérer la vérité; ainsi il ne faut pas même la séparer de rantécédcnt par une virgule, qui indiquerait faussement la séparabililé des deux idées. 11 faut donc écrire avec la virgule, les savants,qui sont plus instruits que le cnmntun des hommes, devraient aussi les surpasser en sagesse ; et sans virgule, la gloire qui vient delà vertu a un éclat immortel. [Encyclop.) Voyez Ponctuation.

Ikcidekt. Subst. m. Événement, circonstance particulière. On entend par incident dans un poëme , un épisode ou une action particulière liée à ractioii principale, ou qui en est indépendante.

Incirconcis, I\circoncise. Adj. qui se met toujours ajirés son subst. : Peuple incirconcis.

Incise. Subst. f. On donne ce nom, en grammaire, à tout sens détaché, quand il a peu d'étendue. Dans le style coupé, il y a presque autant d'incises que de propositions. Dans ces vers de La Fontaine (liv. I, fable i, 19) :

Nuit et jour, à tout venant, Je chantais, ne yous déplaise : Yous chantiez, j'en suis fort aise; Hé bien ! dansez maintenant ;

les trois derniers vers contiennent cinq propositions qui sont autant d'incises: Je chantais, ne vous déplaise ; vous chauliez, j'en suis fort aise : dansez maintenant. Dumarsais le fait masculin.

Incisif, Incisive. Adj. qui ne se met qu'après son subst. ; Remèdes incisifs, dents incisives.

Ikcivu,, Incivile. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un homme incivil, une personne incivile , une demande incivile, cette incivile demande ; xin procédé incivil, cet incivil procédé.

Incivilement Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Parler incivilement.

Incivilité. Subst. f. Corneille a dit dans Polyeucte (act. IV, se. iv, 6) :

Je TOUS ai fait, seigneur, une incivilité.

Incivilité, dit Voltaire, au sujet de ce vers, ne doit jamais être employé dans la tragédie. {Hemarqves sur Corneille.)

Inclémence. Subst. f. Voltaire a dit dans son Dictionnaire philosophique, au mot Dictionnaire : J'observerais que Vinclénienco des airs

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est ndiculo dans une histoire, parce que ce terme à'incltmencc a son oriçinc dans la colère du ciel qu'on suppose manifestée par l'intempérie, les dérangenu'iils, les rigueurs des saisons, la violence du froid, la corruption de l'air, les tempêtes, les orages, les vapeurs pestilentielles, etc. Ainsi donc inclémence étant une métaphore, est consacré à la poésie.

Quoique cette observation soit fort juste, il n'en faut pas conclure que toute métaphore soi' exclusivement consacrée à la poésie.

Voici (|uelques exemples de l'emploi de et mot en poésie :

Tandis que, pour fléchir l'i'ncWmence des dieux. (Uac, Iphig., act. I, se. ii, 27.)

Je supporte avec toi Vinclémence des airs.

(Volt., Mahom., ad. II, se. iv, 34.)

Prclexlcz ses périls, les rigueurs de l'hiver. Ses nefs à réparer, ^inclémence de l'air.

(Dblil., £;ieid., IV, 85.)

Il vaut raieuj. l'éloigner...

Que d'aller, de Charybde affrontant Vinclémence, Braver les lourbiflons, les gouffres écumantj.

[Idem, III, 567.)

Jevais,jevais moi-même, accusant leur silence (des dieux), Par mes vœux redoublés fléchir leur inclémence.

(Volt., OEd., act. II, se. v, 37.)

Inclination. Subst. f. Penchant, disposition de l'âme à une chose par goût et par préférence. Les inclinations différent des appétits que la nature a établis dans tous les hommes, tels que la faim et la soif, lesquels appétits ne tendent qu'à notre conservation, et cessent lorsqu'on a satisfait les besoins corporels ; au lieu que les inclinatiojts ont pour objet le bonheur de l'âme, qui a sa source dans les sensations agréables, et dans la continuation de ces sensations. — j.es inclinations d\((èrcr\\. aussi licspassions, qui consistent dans des affections violentes, actuelles et habituelles; car les inclinations existent avant même que nous ayons été affectés par les sensations ou i)erceptions qu'elles nous rendent agréables ou désagréables. — Les inclinations diffèrent de ['instinct, q\i\ tient lieu, dans les animaux, de connaissance, d'ex|)éricnce, de raisonnement et d'art, pour leur utilité et leur conservation.

l'inclination diffère du penchant. Elle s'acquiert, le penchant est inné. Le penchant est violent, \ inclination al douce. On sui son zhclination, le jjenchant entrainc. Ils se prennent l'un et l'autre en bonne et en mauvaise i-art. On a des penchants honnêtes et des inclinations droites, des inclinations perverses et des penchants honteux.

Inclus, Incluse. Part, passé du v. inclure, qui n'est plus usité. — Inclus, placé avant un nom dont lé sens est vague, est invariable : f^ous trouverez ci -inclus copie de ce que vous me demandez. .Mais quand le sens est précis, inclus prend le genre et le nombre du substantif : f^ous trouverez ci-incluse la copie que vous m'avez demandée. — Inclus, placé après un nom, quel qu'il soit, se rapporte nécessairement à ce nom, et doit en adopter le genre et le nombre : Une copie de ma lettre, une prornesse de mariage est ci-incluse.

Inclusivement. Adv. Il est opposé à exclusivement, et signifie que la chose dont on parle est comprise dans la convention ou disnosiuon. Par

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exemple, quand on dit depuis le lundi jusqu'au dimanche suivant inclusivement, OU veut dire que le dimanche est compris dans cet espace de temps.

Incognito. Adv. On mouille gn. Il ne se met qu'après le verbe : Foyager incognito. Il a gardé l'incognito. Dans ce dernier exemple, il est pris substantivement.

Incohkkknt, Incohérente. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Parties incohérentes, idées incohérenles; ces incohérentes idées. Voyez Adjectif.

I>coMBCSTiDLE. Adj. dcs dcux genres. 11 ne se met qu'ai)rès son subst. : Mèche incombustible, totle incomhuslâle.

Incommode. Adj. des deux genres. Il se dit de tout ce qui nous eêne, de quelque manière que ce soit : Un forgeron, est un voisin incommode. • Ily a des vertus incommodes . Il ne se met guère au'aprés son subst. : Une maison incommode, un bruis i>icommude. — Un homme incommode , une femme incy/iimode.

Incommodément. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le verbe : Jl est logé incommodément, il est incoMTnodément logé.

Inco.mmunk AELE. Adj. des deux genres. On ne le met qu'après son subst. : Bie?i incommunicable, droits incomvi unicables.

Incomparable. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son siibsl., en consultant l'oreille et l'analogie : Une beauté incomparable, une incomparable beauté, une modestie incomparable, une incomparable modestie.

Incomparablement. Adv. 11 est toujours suivi d'un adverbe de comparaison, tel que plus , moins, mieux, etc. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Elle est incomparablement plus belle que sa sœur, il s'est incomparablement mieux conduit aujourd'hui qu'hier.

Incompatible. Adj. des deux genres. Qui ne

[leut subsister ou demeurer avec u^^ autre sans e détruire : Le froid et le chaud sont incompatibles dans vn viême sujet. Le mouvement et le repos sont incompaiihles dans le même corps. Ce mot, ayant un sens relatif, ne doit point s'employer au singulier absolument, et sans la préposition avec. Pour (ju'il puisse élre employé sans régime , il faut qu'on exprime les deux termes de la relation, les deux choses qui ne peuvent pas compatir ensemble. On ne dit pas plus incompatible absolument, tjue compatible : Ces deua, caractères sont incompatiiles. L'amour de Dieu et l'amour des richesses sont incompatihler. Son humeur est incompatible avec celle de son frère. Nous pensons qu'on peut quelquefois le mettre avant les substantifs auxquels il se rapporte, et qu'on dirait bien, dans certains cas: Leurs incompatibles humeurs. Voyez Adjectif.

* Incomplaisance Subst. f. Voltaire a enq)loyé ce mot [Dict. philos., au mot Impuissance). L'Académie ne le met point. Il nous semble de nature à être adopté.

Incovplet, Incomplète. Adj. Au propre, il ne se met qu'après son subst. : Un recueil incomplet, un ouvraçie incnviplel. — Au figuré, on pourrait dire: Cette incomplète satisfaction ne éer ait point agréée. \'oyez Adjectif.

Incomplexe. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son suhst. : Une grandeur incom ptexc.

Incompréhensible. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie

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et l'harmonie le permettent : Un homme incompréhensible. Les incompréhensibles voies de Dieu.

Inconcevable. Adj. des deux genres. Il se dit d'une manière absolue ou d'une manière relative. Dans le premier sens, il est synonyme <\'incompréhensible. Dans le second on a égard au cours ordinaire des choses, et c'est sous ce point de vue qu'on dit d'une chose (ju'elle est inconcevable. Par exemple, si un honmie fait une action qui le déshonore, qui renverse sa fortune, qui soit contraire à ses penchants, en un m.ol, dans laquelle on n'aperçoive rien (jui ait pu l'annoncer ou la faire prévoir, on dit qu'elle est inconcevable.— /?jcoHccraiZe est encore une expression d'exagération, comme nous en avons une inlinilé d'autres qui ont perdu toute leur énergie par l'application qu'on en fait dans des circonstances puériles et communes. Ainsi nous disons d'un poêle, qu'il a une peine ou une facilité inconcevable à faire des vers. — Cet adj. peut se mettre avant son subst., en consultant l'harmonie et l'analogie : Oest une étourderie inconcevable^ c^est une incnjicevable étourderie.

Il régit quelquefois la préposition à : Cela est inconcevable à des esprits bornés.

Inconciliable. Adj. des deux genres. Au singulier, il exige la préposition avec: Il est inconciliable avec son frère. Ce fait est inconciliable avec les principes, L'Académie ne le met point avec celle construction. Au pluriel, les deux termes de la relation étant exprimés, la préposition avec devient inutile : Des maximes inconciliables, des faits inconciliables; on sous-enlend entre elles, entre eux. — On pourrait quelquefois, dans ce sens, le mettre avant les substantifs (ju'il modifie: Ces inconciliables înaxime- nepeitvei.t être adoptées. Voyez Incompatible.

Incongru, Incongrue. Adj. Il ne se met qu'aprés son subst. : Une façon de parler incongrue Une réponse incongrue.

Incongrdment. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Il a parlé incongrûment.

Inconno, Inconnue. Adj. Il ne se dit point des choses qu'on ne connaît point; car on ne dit rien de ce qu'on ne connaît pas, mais des choses qu'on connaît et des qualités qu'on y soupçonne. Ainsi nous voyons dos effets dans la nature; nous ne doutons point qu'ils ne soient liés, mais la liaison nous en est inconnue. Nous voyons agir un de nos semblables, nous lui supposons un motif bon ou mauvais, mais il nous est inconnu. L'épilhète inconnu se joint toujours à quelque chose qu'on connaît.- — Cet adj. ne se met qu'après son subst. : Un homme inconnu, des terres inconnues. Il régit quelquefois la préposition à : L'ennui, qui dévore les autres hommes, est inconnu à ceux qui savent s'occuper par quelque lecture (Fénclon, Télémaque, liv. VII, 670.)

Inconséquence. Subst. f. Y o^ez Incoîiséquent.

Inconséquent, Inconséqdente. Adj. Il y a inconséquence dans les idées, dans les discours et dans les actions. Si un homme conclut de ce qu'il pense ou de ce qu'il énonce le contraire de ce qu'il devrait faire, il est inconséquent dans son discours et dans ses idées. S'il tient une conduite contraire à celle qu'il a déjà tenue, ou contraire à ses inlérêis, il est inconséquent dans ses actions. 11 y a encore une troisième inconséquence, c'est celle des pensées et des actions, et c'est la plus commune. Il y a mille fois plus d'inconséquences dans la vie ipie dans lec jugements. Il ne faut cependant pas dire d'un homme qui tremble dans

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les ténèbres, et qui ne croit point aux revenants, qu'il est inconséquent. Sa frayeur n'esl pas libre; c'est un mouveiuenl habituel dans ses organes qu'il ne peut empêcher, et contre lequel la raison réclame iuulileuient. On peut niellre cet adjectif avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un raisonnement inconséquent, une conduite inconséquente; cette inconséquente conduite, cet inconséquent procédé.

Inconsidéré, Inconsidérée. Adj. Il se dit ou des actions ou des discours, lorsqu'on n'en a pas pesé les conséquencas : On se perd par un propos inconsidéré, on s^embarrassc par une promesse inconsidérée, on se ruine pa, xine largesse inconsidérée. Il ne se met qu'après son subst. : Hcmrne inconsidéré, action inconsidérée, distours inconsidéré.

Inconsidéeément. Adv. Il ne se met qu'après le verbe ; // a agi inconsidérément.

* Inconsistance. Subst. f. Mot nouveau peu usité. L'inconsistance des idées, du caractère, dit La Harpe, V inconsistance d'un ministre, d'un gouvernement, sont des expressions trèsclaires : elles présentent avec précision ce qu'il faudrait appeler autrement le défaut de consistance. Il y a tout a gagner pour l'élégaDce du style.

Inconsol.\ble. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un homme inconsolable, une femme inconsolable. Il est inconsolable de cette mort. Vimage de mon inconsolable ami était toujours présente à ma pensée. Voyez Adjectif

* Inconsolé, Inconsolée. Adj. Mot nouveau qui est peu usité. Nous avons inconsolable, dit La Harpe; inconsolé peut être utile, surtout en poésie, parce qu'il est sonore Ne dirait-on pas bien, même ei: prose : Cette femme, abandonnée de tout le monde, géinit inconsolée dans la retraite obscure où, ses malheurs l'ont forcée de se cacher ?

I.^coNSTANT , Inconstante. Adj. On le met souvent avant son subst. : Unhomme inconstant, une femme inconstante ; la fortune inconstante, l'inconstante fortune; lu renommée inconstante , ïinconstunte renommée ; un amour inconstant, un inconstant amour. \ oyez Adjectif.

Incontestable. Adj. des deux genres. H ne se dit que des choses, cl peut se mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Une vérité incontestable, un principe incontestable, un fait incontestable , cette incontestable vérité. Voyez Adjectif.

Incontestablement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il vous a incontestablement trompé.

iKCONxnENT, Incontinente. Adj. qui ne se met qu'après san subst. : Un homme incontinent.

Incontinent. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe ; Je lui ai parlé incontinent, je lui ai incontinent parlé de son affaire.

Incobporel, Incorporelle. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le pcrinellent : Substance incorporelle. Cette incurporeUe stihstance. Voyez Adjectif.

Incorrect, Incorrecte. Adj. Si le style s'écarte souvent des lois de la grammaire, on dit qu'il est incorrect, qu'il est plein d'incorrections. Si une figure dessinée pèche contre les proportions reçues, on dit qu'elle est incorrecte. Le reproche

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d'incorrection suppose un modèle connu auquel on compare l'imitation. On peut mellre cet adj. avant son subst., lorsque l'analogie cl l'hannonie le permettent : Style incorrect, ouvrage incorrect, auteur incorrect. Oscrez-vous faire imprimer cette incorrecte rapsodie?

Incorrigible. Adj. des deux genres. On peut le meltreavanl son subst., en consuUant l'analogie et l'harmonie : Un défaut incorrigible, un incorrigible défaut.

Incorruptible. Adj. des deux genres. On peut le nicilrc avant son subst., lorsque l'analogie cl l'harmonie le pcrmollent : Juge incorruptible, ■magistrat incorruptible , vertu incorruptible , probité incorruptible . Cet incorruptible magistrat,cette incorruptible probité. \ oyez Adjectif.

Incrédule. Adj. des deux genres. On peut le 1: Jttie avant son subst., lorsque l'analogie et riianuonie le porinettent : Un ho?nme incrédule, un esprit incrédule ; ces incrédules esprits refusent de se soumettre aux décisions de l'Église. Voyez Adjectif. On l'emploie aussi substantivement : Un incrédule.

Incroyable. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Une chose incroyable, une merveille incroyable. Il nous raconte d'incroyables merveilles.

Inculte. Adj. des deux genres. On ne le mci. qu'après son subst. : Une terre inculte, — Un esprit inculte, des mœurs incultes.

L'Académie ne dit ce mot que de l'esprit, des mœurs, du naturel, et Féraud pense qu'il ne se dit point des personnes. Cependant Bourdaloue a dit : Car il n'était pas, si j'ose me servir de ce terme, de ces héros incultes qui de labravoure se font un droit d'ig norancc pour tout le reste. [Oraison fun. de Louis de Bourbon, prince de Conde.) On lit aussi dans Trévoux, jeune homjne inculte. Malgré Bourdaloue el le Dictionnaire de Trévoux, qui n'est plus une autorité, on ne dit pas un homme inculte, une femme inculte.

Inculte ne peut se joindre qu'à des mots qui ont une analogie étroite avec la culture, c'est-àdire avec la préparation nécessaire pour produire, ou pour bien iiroduire: Une terre inculte, une vigne inculte, qui n'esl pas disposée, préparée pour produire. Riais quoiqu'on dise cultiver une fleur, Cl lu culture des fleurs, on ne dit pas une fleur inculte, parce qu'on ne dispose pas, qu'on ne prépare pas une fleur pour produire une fleur. De uièiue, on ne dit pas un homme inculte, parce qu'on ne cultive pas un homme dans le sens de préparation à produire, parce que l'idée d'homme est trop éloignée de l'idée du mot culture pris en ce sens. Mais on dit un esprit inculte, un talent inculte, etc., parce qu'on prépare l'esprit, le talent à produire, et qu'il y a une analogie étroite entre ces mots et celui de culture, pris dans le scuf de préparation.

Inculture. Subsl. f. Inculture des terres^ est un mot nécessaire, dit La Harpe. Incultivé est inutile au propre comme au figuré, puisque nous disons également des terrains incultes, des esprits incultes.

Incurable. Adj. des deux genres. On peul le inetU'c avant son suiisl., en consuluml roreille et l'analogie : Un mal incurable, une maladie incurable. — Un caractère incurable, une passion incurable, un défaut incurable. — Cette incurable maladie, cette incurable passion, cet incurable défaut. Un incurable amour. Voyez Adjectif

IND

Le mot incvralle, dil Yoliaire, n'a élé encore çnchâssé dnns un vers que [wir l'industrieux llacine [Phèd., aci. I, se. m, 13j :

D'un incurable amour, rcmcdes impuissants.

* Tncuriedx, Incdrieuse. Adj. Mot inusité proposé par Mercier. Il signifie qui n'est pas curieux : Coinhien, et aux lois de la religion, et aux lois politiques, se trouvent plus drci/es et aisés à mener, les esprits sii/iples et iiicurieux, que ces esprits survciUanls et pédagogues des choses divines et humaines. (Mont.) — Ce mot peut éire uiile.

Indédholillable. Adj. des deux genres. On peut le nielire avant son subst., lorsque l'analogie et riiannunic le permellcnl : Un point d'histoire indébrouillahlc, vne affaire indéhrouillable. Je ne sais quel parti prendre dans cette indi'brouillable aff'aire. On mouille les l.

Indécemment. Adv. [Owyvownwcindéçament.) On peut le uiellrc entre 1 auxiliaire et le participe : Agir indécemmejit. Il s'est indécemment comporté dans celte affaire.

Indécence. Sulisl. f. Ce mot n'a point de pluriel lorst]u'il siL'nilie le vice; il en a un lorsqu'il signifie des actions indécentes : Il a commis plusieurs indécences.

Indécent, Indécente. Adj. Qui est contre le devoir, la bienséance et rhonnéleté. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreillo et l'analogie : Action indécente, discours indécents, conduite indécente. Cette indécente conduite lui attira le hlâine de tous les hnnnêtes gens.

Indéchiffrable. Adj. des deux genres. 11 ne se met qu'après son subst. : Écriture indéchiff[rable . — Cou duiie indéchiff'rahle .

Indécis, Indécise. On ne le met qu'après son subst. : Un point indécis. — Un homme indécis. Indéclinable. Ad,, des deux genres. Tenue de grammaire. Il se dil des mots qui gardent dans le discours une forme immuable, parce que l'idée principale de leur signification y est touj')urs ^nvisagce sous le même aspect Dans toutes les langues, les prépositions, les adi -ibes, les conjonctions et les interjections sont indéclinables. Dans la langue française, les noms sont indéclinables : on se sert de prépositions pour exprimer les rapports qui, dans d'autres langues, s'exiirimeni par différentes terminaisons que l'on donne aux noms. Cet adj. ne peut se mettre qu'aprcs son subst.

Indéfini, Indéfinie. Adj. Terme de grammaire. Il signifie la même chose qu'indéterminé, et ne se met qu'après son subst. On dit sens indéfini. Chaque mot, dit Dumarsais, a une certaine signification dans le discours : autrement il ne signifierait rien ; mais ce sens, quoique déterminé, c'est-à-dire quoique fixé à cire tel, ne marque pas toujours précisément un tel individu, un tel objet particulier. On appelle sens indéterminé ou indéfini celui qui marque une idée vague, une pensée générale qu'on ne fait point tomber sur un objet particulier.

Les adjectifs et les verbes, considérés en eux-

inémcs, n'ont qu'un sens indéfini par rapport à

l'objet auquel leur signification est applicable.

Gra7id, durable, expriment à la vérité (juclquc

tre grand, quelque objet durable; mais cet élie,

et objet, est-ce un esprit ou un corps? est-ce un

orps animé ou inanimé? est-ce un homme ou

ne brute? etc. La nature de l'être est indcfi-

e, et ce n'est que par des applications pariicu-

IND

liéres que ces mots sortiront de leur indétermination pour jirendrc un sens défini, du moins a quelques égards : Un grand homme, vne grande entreprise, un ouvrage durable, une estime durable. Il en est de même des verbes considérés hors de toute application.

Toute application (]ui n'est pas absolument individuelle ou spécifique , c'est-à-dire qui ne tombe pas précisément sur un individu ou sur toute une espèce, laisse toujours quelque chose d'indéfini dans le sens. Ainsi, quand on dit un grand homme, le mot^raniest défini par son application à l'espèce humaine; mais ce n'est pas à . toute l'espèce, ni à tel individu de rc<i)éce; ainsi le sens demeure encore indéfini à quelqueségards, quoicju'a d'autres il soit déterminé.

Les nomsappeliatifs sont pareillement indéfinis en eux-mêmes. Himnnc, cheval, agrément, désignent, à la vérité, telle ou telle nature; mais si l'on veut qu'ils désignent tel individu, ou la totalité des individus auxquels cette nature i)eut convenir, il faut y ajouter d'autres mots qui en fassent disparaître le sens indéfini : par exemple, cet homme est savant, l'homme est sujet à Verreiir, etc.

Cet adj. ne se met qu'après son subst. Indéfiniment. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : // m'a promis indéfiniment.

Indéfinissable. Adj. des deux genres. On ne le met qu'après son subst. : Un homuie indéfinissable, un caractère indéfinissable.

Indélébile. Adj. des deux genres. Qui ne se peut effacer. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Caractère indélébile. Cet indélébile caractère que confère le sacrement, etc.

Indélibéré, Indélibéhée. Adj. Qui se fait sans intention, sans examen, sans délibération, presque machinalement. Il ne se met qu'après son subst. ; Mouvement indélibéré, acte indélibéré. Indemne. Adj. des deux genres. Em se prononce comme dans Jérusalem. 11 ne se met point avant son subst.

Indemnises, Indemnité. Dans ces deux mots, on prononce c?e?« comme dam.

Indépendamment. Adv. Cet adv. est toujours suivi d'un régime; de sorte qu'on ne peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Je vous servirai indépendamment de tout événement. Quelquefois un le met au commencement de la phrase: Indépendauunent de tout ce qui pourrait arriver, vous pouvez compter sur moi.

Indépendant, Indépendante. Adj. qui ne se met qu'après son subst. . Un homme indépendant, un esprit indépendant.— \\ régit quelquefois la préposition de : Cela est iîidépendant des événements.

Indestrcctible. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Germe indestructible, opinion indestructible.— Cet indestructible germe, cette indestructible opinion. A' oyez Adjectif.

Indéterminé, Indéterminée. Adj. On ne peut le mettre qu'après son subst. : Un espace indéterminé, un temps indéterminé, un nombre indéterminé. — Un homme ifidéterminé.

Indéterminément. Adv. 11 ne se met qu'après le verbe : Promettre indélerminément, il a promis indéterminémcnt.

Indévot, Indévote. Adj. On ne le met qu'après son subst. : Un homme indévot, une femme indévoie.

Ikdévotement. Adv. Il ne se met qu'après la

wrbc : n a assisté à la me.ise indvvctemcnt.

Index. Sulisl. m. Le x se prononce fortement. ("e mot ne clianço point au pluriel : Des index.

i'.\r"CATEiR. Siil)Sl. m. (pic Ton eini)loic aussi a(i)ti':>-:;>-i:t. L'.Vcadéinio ne dit point citmmcnt il taui ^iro vj. itL-mn, mais il nous semble (\\\' indicatrice n'a rien lie conliairc à l'analogie de la langue, et qu'on peut fort bien l'eniployci'.

Indicatif. Adj. (jui se prend aussi substanlivement. Terme de granunaire : Le mode indicatif, ou Vindicatif.

fsous avons dit à l'article F'erbe, que l'indicatif est un modo dont tous les temps aillnncnt la Coexistence du sujet avec l'attribut d'une manière positive, co\umc je fais. Je faisais, je fis, Ole; et à l'article Temps, nous avons fait cotynaitre tous les temps de ce mode.

Nous ajouterons ici quelques remarques. Il y a des expressions qui veulent le verbe qui les suit à l'indicatif, comme bien entendu que, a la charge que, à condition que, de même que, ainsi que, aussi bien que, autant que , non plus que, outre que, parce que, à cause q7te, attendu que, vu que, puisque, c'est pour cela que, dans le temps que, pendant que, tandis que, durant que, tant que, depuis que, dès que, aussitôt que, à ce que, à mesure que, peut-être que, comme si, quand, pourquoi, tant que.

11 existe deux différences principales entre l'indicatif et le subjonctif. La iiremiére, c'est que le subjonctif n'exprime l'aflirmation que d'une manière indirecte et suliordonnce à quelques mots qui précèdent; au lieu que l'indicatif l'exprime absolument et indépendamment de tout autre mot qui pourrait précéder. La seconde, c'est que le subjonctif n'a pas de sens déterminé lorsiju'ilcst sépare de ce qui le précède; au lieu que l'indicatif, s'il se trouve précédé de quelques 'lots, n'en forme pas moins, sansces mots, un sens clairet déterminé, et par conséquent une affirmation directe.

C'est une règle certaine que dans deux phrases dont l'une est principale et l'autre subordonnée, le verbe de la proposition subordonnée doit se mettre a l'indica;if (juand le verbe de la proposition principale exprime l'affirmation d'une manière directe , positive et indépendante ; et qu'il doit se mettre au subjonctif (juand le verbe de la proposition principale n'exprime pas l'affirmation de cette manière. — On dira donc, en faisant usage de l'indicatif, je crois qu'il ne \)c\\\. y avoir d'amitiébien sincère entre les personnes qui ne sont pas vertueuses. Je cherche quelqu'un qui m'ai rendu service, et à qui je veux témoir;/ter ma reconnaissance. Je savais bien que Vdus avez étudié les mathématiques, parce que, dans chacune de ces phrases, le verbe de la proposition principale exprime l'affirmation d'une manière directe et positive. — Mais on dira atec le subjonctif, je suis surpris ou étonné que les chrétiens ne soient pas plur respectueux dans les églises. Je cherche quelq-^un qui N'euille bien m'obliger. Montrez-moi quelqu'un qui se dise parfaitement heureux. Je veux épouser une femme qui ait plus de vertu que de beauté, parce qu'ici le verbe de la proposition principale n'exprime pas l'affirmation d'une manière directe et positive.

C'est d'après cette règle que Voltaire a critiqué ce vers de Corneille {Menteur, act. I, se. IV, 12) :

La phij belle des deux, je crois que ca toit l'autre.

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