‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 24 sur 453 · AMO · texte numérisé non relu

AMO

Ainsi quelquefois encore la ccrix de la natnrt amollit nos cœurs farouches. (J.-J. Uousseau.)

Amoncelkr. V. a. de la l-cunj. On iloiible la lettre l dans les temps de ce verbe ou celle lettre est suivie d'tui e imiet: J'amoncelle, j'umnnceUerai, il iimonccllera, il amoncellerait ; on ne nicl qu'un l lorstpie celle lettre est suivie de toute autre lettre qu'un cmuct: J'amoncelais, j'ai amoncelé, ils amoncelèrent.

Amorckr. V. a. de la d'" conj. Dans ce verbe, le c a la prononciation de se, et pour la lui conserver à tous les temps et à lotîtes les personnes, il faut mcllre une cédille dessous toutes les fois qu'il est suivi d'un a ou d'un o. Ainsi on écrit 7i(ws amorçons, j'amorçais, j'amorçai, cl non pas 710US amorcori.i, etc

Amocr. Subsl. Ce mot est masculin au singulier tpiand il signifie le sentiiuciit par lequel le ctLMir est attaché à un objel : Amour paternel, amour filial, amour conjui/iil 11 clait aulrcfois féminin au singulier, et plusieurs bons auteurs du siècle dernier et de ce siècle lui ont donne ce genre. Les poètes surtout n'ont suivi sur je iwint aucune résic certaine; cl, n l'exception de l'amourde Dieu, qui s'est conservé masculin, toutes les autres espèces d'amour ont pris au singulier, tantôt un genre, tantôt un autre.

On lit dans Voltaire :

Renferme cette amour et si sainte et si pure.

{Orcst., acl. IV, se. I, 25.)

Je crus tes dieuT, seigneur, et, saintement cruelle, J'éloulTai pour mon fils mon amonr maternelle.

{OEd., acl. IV, se. I, 93.)

Si d'une égale amour votre cœur est cpri<.

[Zaïre, acl. I, «c. il, b5.)

Dans tous ces vers, A'ollairc fait omo«r féminin. En voici d'autres où il le fait masculin :

Cet amour malheureux n'eut de témoin que moi. (OEd., acl. m, se. I, 22.)

Et l'amour n'est puissant que par notra faiblesse. [Brut., acl. II, se. l, 88.)

Cerl.iin de ma faililesse, il retourne h sa cour. Insulter aux projets d'un téméraire amour.

(Brut., act. 11, se. m, 7.)

En vain de cet amour l'impérieuse voiv.

(OEd., act. IV, se. I, 95.)

Ne crois pas que mon cœur De cet amour funeste ait pu nourrir Pardeur.

(OEd., act. Il, se. il, 16.)

Racine a dit aussi au masculin :

J'ai fait l'indigne aveu d'un amour qui l'oulraje. [Phéd., act. III, se. m, 9.)

Poiil-êlrc le récit d'un amour si sauv.ige.

(Phcd., acl. II, se. II, 90.)

D'un amour éleriie^ Nous irons confirmer le serment solennel.

[Phéd., acl. V, se. I, 71.)

Après que le transport d'un amour plein d'horreur» Jusqu'au lit de Ion père a porlù les fureurs.

[l'héd., acl. IV, se. Il, 15.)

Surtout si vous m'aime?., par cet Amour de mère.

[Iphig., acl. V, se. m, 57.)

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Et il a dit aussi au féminin :

El soudain, renonçaml à l'ainour maternelle.

(Phéd.. acl. V, se. V, 15.)

Four parvenir an but de ses noir» amours.

[PMd., acl. IV, se. I, 7.)

Il est inutile do multiplier los exemples; on en trouve de seiiiblablos dans presque tous les autres poètes.

Les L'rammairiens veulent qu'au pluriel amours ne s'eiiipli>ie (|u'.iu féuiiniii. les pucU's ont un peu plus l'cspecié celle règle que la procodente. Cependant Molière a dit [Fer/nues savanlcs, acl. IV, se. n, 85) :

. . . Ces amours pour moi sont trop subtilises.

Et Vollairc [OEd., act. II, se. u, 30) :

r fallut outiller dans ses embrassemenls.

Et mes premier» amours et mes premiers serments.

Mais laissons les poètes violer les rOigles qui les gênent ; cl si nous voulons écrire l'.ureinciit en prose, imilons les bons auteurs en ce L'cnre, qui font loujoiM-s amour masculin au singulier, cl féminin au pluriel. I.a raison de ccûe excepijon pour le pluriel vient sans doute de la nocessilé de distinguer les amours prises pour les sentimenls qui réunissent les deux sexes, des auiours personniliés. En elTet, sans celle règle, il faudrait dire également, en parlant des uns'et des autres, de beaux amours, do laids amours, ce qui ne distinguerait pas assez les deux idées, et lornieiait souven. équivcMpie. Disons donc en pariant des sentimenls de l'amour, do balles amours, de Inides amours, et disons de beaux amours, de laids amours, en parlant de ces petits dieux ipie h mythologie nous peint si jolis, et que les mauv.iis peintres nous repiésenlent si laids. — u Cette raison nous paraît peu plausible, car il y a aussi au singulier Icdieu Amour. El d'ailleurs nos huiis auteurs, même en prose, ont enqiloyé le masculin au pliM'iel H faut donc rcconnaiti'e (pie cel emploi est arbitraire, c'esl-à-dirc livre au eoi'it, au lad, a la sensibilité de l'écrivain, (]i:i, scbtn les circonstances et l'inspiration du taleiil, preri'rer.i l'un ou l'autre genre. « (Lemaire, Grammaire des Graviiiiuires, \i. US.)

AMocr.i.LSK.MKNT. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Soupirer amoureusement, regarder amoureusement.

A.MOLi!K(ix, Amoupel'se. Adj. On dit sans régime, être amoureux, et a\ec un régime, être amoureux d'wr personne, cire amoureux d'une chose. H peut se mettre avant son subsl.: Transports umourcii.r, uvioui-eux tru nsports . Cependant on ne dirait pas un amoureux liomme, une amourcu.se femme. A'oyez-en la raison au mot Adjcrlif.

.\MoviBLF.. Adj des deux genres, qui suit toujouis son subst. : Un emploi amovible, une place amorible.

AiirniBiE. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'apiésson snbst. : Un animal umpliihie.

Ami- oi.ociK. Subsl. f. On dit ipi'il y a amphibologie d:ms une phrase, lorsiprclle est susceptible de deux inierprélalions dillerentes; et cela vent dire tiu'elle est é()uivo(|ne, ambiguë.

L'amphibologie vient de la tournure de la phrase, c'est-a-dire, de l'arrangement des mots,

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