‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 25 sur 453 · MP · texte numérisé non relu

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plutôt que de ce que les termes sont équivoques.

Quoiipie la langue rnineaise s'('iionce communément dans un ordre (pii semble picvonir toute am|)hibologie, eependanl nous n'en avons que troj) d'exemfiies. Olui (jui compose une phrase amjiliibologiiinc s'cnlcntl, el par cela seul ilcroil qu'il sera cniondii; mais celui qui lit n'est pas dans la même disposition d'esprit, l! faut que l'arrangement des mots le forcea ne pouvoir donner à la phrase que lesensi|uc celui qui a écrit a voulu lui faire entendre On ne s.iiiraii trop ré- |»éler aux jeunes gens, (pi'on ne doit parler et écrire que |iuur être enlentlu, et ipic l:i clarté est la première el la jibis essentielle iiualitc du discours. (l)umarsais.)

Les ainpliiliologies sont orcasionnécs par les pronoms il, elle, lui, eu.r, elles, leurs, le, la; |)ar lesailjeclifs possessifs son, sa, ses. et par des noms (jui ne sont pas dans la place ipic marque la liî'ison des idées.

Les pronoms il, clic, etc., peuvent donner lieu a des ampliib logics , parce que les objets (ju'ils ex|)riment étant de l;i troisième personne, dès qu'il y a dans le discours plusieurs noms du mémo genre el du même nomlire, on ne s;iil souvent auquel doivent se npptjrier ces pronoms. Excmphï : Sumucl offrit .ion fi'lncausle à Dieu, et il lui fut si agréable, qu'il Imiça au mêiiie moment de grands tonnerres contre les J'iiitistins. Le ra|)i)orl de ces |ironoms n'est pas sensible. L-ii peut se rapporter également à Sauuiel ou à Dieu. On aurait pu dire : Samuel offrit son holucausle, et Dieu le trouva si agréor ble, qu'il, etc.

le principe de la plus grande liaison des idées apprendra comment on ])put éviter ces défauts. Il sul'lira de faire des observations sur (pielques exemples. Dans le roi fit venir le maréchal, il lui dit, il est évidemment le roi, et lui le maréchnl. Or, il l'aiit remanpier que, dims la seconde pro])()silion, les in-unoms suivent l;i même subordination qui existe entre les noms de la première. y?^/j étant le premier sunsianlif dans la |iieiniéic proposition, z/, qui est le premier pronom de la seconde, doit se rapiiorler a nd ; maréchal étant le sc'cond subslantil' de la iiremicre jiroposiliuii, lui, ijui esl h; second pronom de la seccnulc proposition, doit se raiipoiler a maréchal. La régie est donc, en pareil cas, de conserver dans la seconde |iroposiiion l.i snboi-dination (pli esl dans ia piemièie. Multiplions les noms el les pronoms, el nous verrons ce prmcipc se conlirnier.

Le comte dit an mi que le maréchal voulait attaquer l'ennemi, et il l'assura qu'il le forcerail dans .ses rctrunche/iienls. Il n'y n point d'é- (piivoipie dans celle iiériode, (juoitpie le premier mend)re renferme quatre noms. La suiior.linatioD esl exacte, ii.irce «pie les |iroi:oms d'iui<; proposition se rappoitenl aux nomsd'tuie pro|)osjlion de même genre; cai- le rapport se lait de la |)rincipalc à la princip;ile, el de la subordonnée a la subordonnée. // l'assura c-l la principiile du second membi'c, el les i)ronoms se i apportent à la princi[ialc du premier, il à comte, le a roi. De même qu'il le forcerait esl la subordomiée du second membre, el les jdonoms se rapportent à la subordonnée du iiremicr; il timarèchal, le t ennemi.

Mais toutes les périodes n'ont pas celte symétrie; car un des membres prnl avoir deux propositions, tandis que l'autre n'en a ipi'une. Dans le maréchal rit que l'ennemi voulait nous atta-

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qtur , il le prvrint , la subordination marque •ncorc sciisildcmi'iil lo i-np|)ort ; /e est \\q\\v l'envemi, |i;ii((< i|iic rc iimt a|i|iai'lient à la phrase suborduiiiitT; U est [luiir le marcclial, qui est le sujet de il idiiasc iirincipale.

Ainsi, rcL-JL' ircnrralc, toutes les fois que Jans te preiiiiiT niciiituc d'une période, il y a des noms ^uliordi'inirs, les [jrunoins doivent suivre dans le >oiund le mémo oi'die de suboi-dinaiidu. Dans tout .iiilie e;is, la reirlc sera de rapporter le pronom suiiordomie au |iremier nom qui sera offert dans le diseours : Le comte ('lait à quelques lù'in's ; le tniirèchiil djiprit qxie l'ciiiieini voulait l'uttiiqiicr ; e'esl-a-dircr, voulait aitaipier le comte. ^-J /n'iue (irait-on cmifié cette plitce au comte, que le iniirei iuil opprit que l'ennemi voulait l'attaque r ; c'esi-.i-diro, altaiiucr eetie plaee. Or, puisipiodaiis le premier excnq)lc le prunom se rapivorle a a. mie, et a cette place d;ms le second, il se rapporte tlone, en pareil cas, au nom qui a été enoneé le premier. Par conséipient, il se rapporterait à maréchal si le diseuurs commençait Jiar celle piirasc : le maréchal apprit que Venneii'i rotiln il l'attaquer. Aï\\?,\, lorsipi il n'y a pas de snlKjrdiii.itidU de noms, le j>ronum sul)«rdonné tient toujours la place du nom qui a été énonce le premier

Je dis le pronom subordonné; car lorsqu'un pronom est le sujet d'une [iroposiiion, il se rapporte toujours au derniei' nom : Le comte était à quelques lieues, le maréciial dit qu'il voulait \% joindre. Il, sujet delà pro|n)silior., est visiblement poiu' le maréciial, connne le, pronom sul)ordonné, est pour le comte. Ce soldat croit qu'W est l'homme que vous demandez, isi une phrase correele dans le casoù le soldat parlerait de luimême. Dans lout autrs cas il faudrait dire, cm< que c'est l'homme que vous demandes.

Il suit de lout ec (]u'un vient de dire que, dans une sniie l'c proposiiions, le pronom ne peut se rapportera un même n(/m, qu'autant (juil est toujours dans la même subordination. On s'exprimera claircmeni en disant : Loutre ami a rencontré l'homme qui s'est fait cette a //litre ; il lui a dit qu'il tenait de hnnne part qu'on menaçait de Varréter, et qu'il avait méiue ouï dire qu'on le traiterait en criminel d'Etat. Il est priwr votre ami, connue le est pour Vhomme qui s'est fait cette a//'airc; et la subordination est Irés-bien observc'C. Si l'on deiiui>ait cette suboi'dination, le discours serait lout a l'ait louche, l'^otre ami a rencontré l'homme qui s'eut fait celle a//'nire ; il lui a dit qu'\\ tenait de bonne part qu'\\ était menacé d'être arrêté, et qu'W avait même ouï dire qu'il serait traité en criminel d'Etat. Le rapport de tous ces il n'est plus sensible, et le lecteur est obliui- de deviner quels sont ceux(]ui tiennent la plaïc de votre ami, cl ceux (]ui tiennent celle de l'homme qui s'est fait cette a/faire.

On se sert aussi du genre cl du noudue pour inarquer le rapinnl des pronoms, mais il ne faut pas, pour cela, nét:li:-'cr la subordination des idées : Paris était renfermé dans une île; il ne s'étendait pus au delà de la Cité. Il signifie Paris, et celte consiruciion est correcte, parce que le rapport est tout à la fois rendu sensible par le gcmc et par la subordination ; car il est sujet de la seconde proposition, comme Paris l'est de la prcmiéie. Si l'on disait. Pans était renfermé dans une île; elle... le genre parait rapporter le (iionoin elle à ilc; mais cette construction clioiiuerail la subordination des idées. Ainsi, lorsque l'abbé de Vertot dit [Révolutions

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romaines, liv. I, t. T, p. 7^ : Rome, bâtie sur un fond étrançjer, n'amit qu'un territoire firt borné; on prétend qu'il... \:\ construelion ne sotirfrc poini (fcqiiivn.pie, [.arec (pic le rapiKirt du pronom il a territoire est marqué par le L'enre; elle serait meilleure s'il élail encore uiar.pH' par la subordination. En eiïei, en sultsiiiuant Paris à Rome, il ne se rapportciail plus a territoire mais à Paris. '

'J'ovt ce que l'œil peut apercevoir, dil l'abbé Dubois, .yp trouve dans un tableau comme dans la nature; elle... I.e genre du pronom ne permet ici aucune méprise. Mais si a 1'(cj7 on substituait la vue, la phrase deviendrail eipiivoqiie. Cel écrivain n'a donc pas suivi la suboidinalion des idées.

Il en est du nombre comme du genre; il ne doit pas dis|)cnser de se conformer aux rètilcs que nous avons données. L^es Romains n'avaient qu'un territoire fort borné , il.s l'avaient conquis, doit Cire [iréfcré a les Romains n'avaient qu'un territoire fort borné, il avait été conquis ; car, dans la seconde construelion , le nombre seul force à rapporter le pronom il à territoire. L'ordre des idées le ferait, au coiuraire, rapporter au nom, si ce nom était au singulier. Pour !e comprendre, il n'y aurait qu'a dire ; Purii n'avait qu'un territoire fort borné, il... car alors le pronom se i-apporlerail visiblement à Paris.

Une autre suite des règles que nous avons exposées, c'est qu'un pronom doit nrcment se rapporter à un nom d'une proposition incidente; car le pro|iie de celte espèce de imiposilion est de n'attirer l'attention ipi'eii passant, en sorte que l'espril se reporte toujours sur un des noms (jui la précédent, et dont il est préoccupé. Des excmpli's rendront la chose sensible.

'J'éiémaque, quis'était abandonne trop promptement ii la joie d'être si bien traité par Calijpso, reconnut la sagesse des con.ieils que Mentor venait de LUI donner. (Fénel., Télém., liv. I, t. I, p. 7(5.) Calypso a|tparlient à la pro[)osition incidente ; par consi-qucnt l'espril ne s'y arrête pas, et il revient à Télémaque, auquel il rap[)orte le pronom lui. Cette phrase est donc bien construite. Un auteur sérieux n'est pas obligé de remplir son esprit de toutes les ineptes applications que l'on peut faire au sujet de quelques endroits de ses ourrages, et encore moins de les supprimer. [Des Ouvrages de l'esprit, p. 2. S.) La Bruyère l'ait là une construelion forcée, eu rapportant le pronom les à quelques endroits; car si le sens le pouvait permeltrc, on le rapporterait à ineptes applications.

Cette régie que le pronom se rapporte à l'idée dont i'e>prit est préoccupé, a donni- lieu à des tours éléga'.it-s. Quand le peuple hibreu entra dans la terre promise, tout y célébra leurs ancêtres. (Uossuct.) Sescùi été plus lie avei- peuple, leurs l'est plus avec l'idée dont l'esprit est rempli; et, parcelle raison, il a di'i être |irefêré. Une feîiiine infidèle, si elle est connue pour telle de la personne intéressée, n'est qu'une infidèle; s'il lu croit fidèle, elle est perfide. (La liruyèrc. des Ecmmes, p. 2:3 ; Il <'Si lurl bien, jiaice (juc ce n'est pas le mot personne qui reste a l'esprit, c'est l'itlce d hnînme, de mari.

Il faut remarquer aussi ipi'cn s'écnrtant de la subordinnlion, on en lie quelipiefois mieux les idées. On dira il aime cette femme, mais elle ne l'aime pas; plulôl que il aime cette femme, mais il n'en est pus aimé. tC renversement a bonne grâce toutes les fois que les membres tlunc pc«

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riode expriment des idées qui sonl en opposition.

Une dcriiiprc ohservalion sur ces pronoms, c'est qu'ils ne doivent jam:iis cire employés pour un nom (]ui a été pris vaguement, (^omme ilssunt originaiicment dans la classe de ces adjeclifs (|ue nous avons nummés articles, ils doivent toujours se rappurlcr à des noms déterminés. Ne dites donc pas avec La Bruyère : Tout est illusion quand il passe par Viina(]ination; ni ceux qui écfircnt par humeur sont sujets à retiucher leurs ouvrages; comme elle n'est pas toujours fixe... (Des Ouvrages de l'esprit, p. 257.) // ne peut se rapporter à tout, ni elle à humeur.

Les adjeclifs son, sa, ses, leur, ne sont pas propres à marquer exactement les rapports, et il faut de Padrosse pour y suppléer, f^alère alla chez Lt'andrc, il y trouva son fils. 11 y a ici une équivoi|uc qui devrait être Icvce par ce qui précède ; elle serait levée trop tard, si le lecteur était obligé de lire ce qui suit : On uvaitassuréà fraiera que son fils avait péri clans vu naufrage; cependant il veut en douter : ilpurcourt les ports de mer, dans l'espérance d'en apprendre quelques nouvelles; et, arrivé à Marseille, il descend chez Léandrc : jugez, de son ravissement, il y trouve son fils. C'est visiblement le ravissement et le fils de Valère. (Condillac, Art d'écrire, chap. XI.) Voyez Louche.

Amphibologiqde. Adj. des deux genres. Qui contient une amphibologie. Cet adjTsuit ordinairement son subst. : Discours amphibologique, phrase amphibologique.

.Amphibologiqcement. Adv. 11 ne se met qu'a- I)rès le verbe : Il a parlé amphibulogiquement, et non pas il a amphibulogiquement parlé.

A.MPHIG0UHI. Subst. m. Discours sans ordre, sans suite, sans liaison, et qui ne présente aucun sens raisoimiible.

AjiPHiGouRiQCE. Adj. des deux genres. 11 se dit en littérature d'un style obscur, entortillé, précieux, où il entre du galimatias, des prétentions et de raffélcric. Il se met ordinairement après son subst.

* Amphioodriquement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : H s'est expliqué amphigourique-

Ample. Aùj. des deux genres. 11 précède ordinairement son subst., surtout quand il est employé seul : Ample repas , ample récit , ample matière; un manteau très-ample , un recueil fort ample.

Amplkmf.nt. Adj. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe. Il s'est expliqué amplement, ou il s'est amplement expliqué.^

Ampliatif, Ampli ative. Adj. il ne se met qu'après son subst. : Bref ampliatif. Bulle ampliative.

Amplificateur. Subst. m. Qui amplifie, qui fait des amplifications. 11 se prend toujours en mauvaise part. On ne dit pas amplificatrice. Les dames amplifient assez souvent, mais c'est pour l'intcrêl de leurs passions. Filles ne s'imposent pas de sang-froid, comme certains hommes, la lâche de bavarder des heures entières sur des matières qu'on peut éclaircir par une suite de raisonnements simples, et d'éiouffer la vérité sous un amas de paroles sonores. Celte manie d'amplifier, que 1 on remarque encore quehjuefois au barreau, est un reste de barbarie cpii disparaîtra comme les autres devant les lumières du siècle.

Amplification. Subst. f. On prétend, dit Voltaire, que c'est une belle figure de rhétorique ; peut-être aurait-on plus de raison si on l'appe-

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lait un défaut. Quand on dit tout ce qu'on doit dire, on n'amplifie pas ; et (juand on l'a dit, si on amplifie, on dit irop.

J'ai vu auircfois dans les collèges donner des prix d'amplification. Celait réellement enseigner l'art d'cire diffus. Il eût mieux valu pcut-^lre donner des prix à celui qui aurait resserré ses pensées, et qui par la aurait appris à i)arleravec plus d'énergie et de force. Mais, en évitant l'amplification, craignez la sécheresse.

J'ai entendu des professeurs enseigner que certains morceaux de Virgile sont une amplification, par exemple celui dont voici la traduction {f^. 523 et suiv. du If^' liv. de l'Enéide) :

Las aslres de la nuit roui lienl dans le silence;

Kolc a suspendu les haleines des vents;

Tuiit se t.iit sur les eaux, dans les bots, dans les champs;

Fatigué des travaux qui vontijientot renaître.

Le tranquille taureau s'eudurt avec sun maître ;

Les malheureux humains ont oublié leurs maux;

Tout dort, tout s'abandonne au charme du repos:

Phéuisse veille et pleure.

Si la longue description du règne du sommeil dans toute la nature ne faisait pas un contraste admirable avec la cruelle inquiétude de Uidon, ce morceau ne serait qu'une amplification puérile ; c'est le mot Phénisse veille et pleure qui en fait le charme.

La description delà tempête au premier livre de l'Enéide n'est point une amplification ; c'est une image ornée de tout ce qui arrive dans une tempête ; il n'y a aucune idée répéiée, et la répétition est le vice de tout ce qui n'est qu'amplification.

Le plus beau rôle qu'on ait jamais mis sur le théâtre dans aucune langue, esl celui de Phèdre ; presque tout ce qu'elle dit serait une amplification fatigante, si c'était un autre qui parlât de la passion de Phèdre.

Parmi nous aujourd'hui, continue Voltaire, la plupart des sermons, des oraisons funèbres, des discours d'appareil, des harangues dans de certaines cérémonies, sonl des amplifications ennuyeuses, des lieux communs cent et cent fois répétés. 11 faudrait que tous ces discours fussent très-rares pour être un peu supportables. Pourquoi parler quand on n'a rien a dire de nouveau ? Il est temps de meure un frein à celte extrême inlempcrancc. [Dictionn. philosophique )

Ampoii.:':, Ampoulée. Adj. Il ne se dit qu'au figuré, en parlant des expressions du style, du discours. On appelle style ampotdé, vers ampoulé, discours ampoulé, un style, un vers, un discours où l'on cnq)loic de grands mots a exprimer de petites choses, où la force de l'expression se déploie mal à propos, où la parole excède la pensée, exagère le sentiment. Le style ampoulé est un style élevé outre mesure.

Mais c'est une erreur de penser que les degrés d'élévation du style soient inarqués pour les divers genres. Le naturel et la vérité sont de l'ussence de tous les gein-es, il n'en est aucun qui n'admette le haut style, quand le sujet l'élève et le soutient: il n'en est aucun où de grands mots vides de sens, des figures exagérées, des images qui donnent un corps giganles<iue à de petites pensées, ne fassent de l'enflure, et ne forment ce qu'on appelle un slyle ampoulé.

Rien n'est si froid, dit Voltaire, que le style ampoulé. Un héros, dans une tragédie, dit qu'il a essuyé une tempête, qu'il a vu périr son ami dans cet orage. 11 touche, il intéresse, s'il parle avec douleur de sa perte, s'il esl plus

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occupe de son ami que de tout le reste. 11 ne touche point, il devient froid, s'il fait une description de la lenipcte, s'il parle de source de feu houiUonnunt sur les eaux, et de la f.udrer/ui gronde et qui frappe à sillons redoublés la terre et l'onde.

La ilarpe a dit de Ronsard : Ce n'est pas non plus par les idées qu'il peut être grand ; elles sont ordiniiirement chez lui communes OU ampoulées, ((^ours de litt., t. 1\', p. 78.)

On dit un vers ampoulé, un style ampoulé, un discours ampoulé; mais je ne pense pas ([u'on puisse dire une idée ampoulée, j-înipaulé suppose toujours de iriands mots. Le Pmjicit ampuUus et sesquipedalia verha d'Horace, d'où ce mol parait être tiré, nionlre assez, (pi'il ne i)eut se dire ipic de l'enllurc du slylc et tics ijrands mots vides de sens et d'idées. Lon4.'in compare Clilaniue, (pii n'avait que du vent dans ses écrits, à un homme qui ou vie une grande houche pour soufllcr dans une petite flùle. Cet adj. ne se met iju'aprésson suhst.

Ajilsxrle. Adj. des deux genres. Qui peut élre amuse. On attribue ce mot à madame de Mainlenon. Quel supplice, disait-elle, d'amuser un homme qui n'est plus amusable! Ce mol doit consoler de n'éire pas roi, et de n'être pas la favorite d'un grand roi. Cet adj. ne se met (lu'après sonsubst.

Amusant, A.mdsante. Adj. verbal, tire du v. amuser. 11 ne se met qu'après son suhst. : Un homme amusant, une conversation amu.'ianle.

AjiusEMr.>T. Subst. m. L'Académie dit (jue ce mot se prend dans le sens de promesses Ironqicuses. C'est une erreur. On no dit pas tout ce que vous me dites là ?i'est qu'un amusement, pour dire n'e>l (ju'un moyen employé pour me tromper. 11 est vrai que le verbe awi/Acr se prend en ce sens, et (]u'on dit, vous voulez m'umu.^cr jxir ces paroles, pour dire, vous vouiez me tromper. ISIais le subs'anlifn'a pas toujours les mêmes significations tp:e le verbe d'où il est tiré.

Aîiu>E«. V. a. de la 1'" conj. Amuser quelqu'un ; amuser quelqu'un par des saillies, par des contes, etc. ; cela m'amuse. Monlesipiieu a dit dans les Lettres persanes: Ils amusent leurs talents à des choses puériles.

S'ai/iuscr de quelque chose, s'amuser de quelqu'un. — S'amuser à quelque chose, s'amuser à faire quelque chose.

A.MLso!i;K. Subst. f. Moyen d'amuser. Je ne sais ou l'Académie a puisé ce mot. Elle nous le dira probablement dans la nouvclii; édition qu'elle prépare. — Dans celte nouvelle édition, elle dit seulement qu'il est trés-peu usilé.

An, Annke. An est masculin, nwww est féminin. 11 me temble que l'on n'a pas établi d'une maniéie claire la dilTérciscc que l'usage a mise entre ces deux expressions.

An et année se disent également d'un espace de tcuqis composé de douze mois; mais i).ii' le premiei' on coiisid.M-ecel espace, ou comme un tout indivisible, absli-aciioii l'aile de la durée et de tout ce qui ]icul y avoir rappoit; ou comme une durée simple, absliaclion faiie des rapports «pTclle a ou tpi'elle peul avoir avec des effets, des événeriiculs, ik's ré-ull;ils.

Année i\n contraire exprime la durée de douze mois, rclalivcmcnl aux cirels,aux évéïiemcnlsqui sont joints ou peuvent cire joinls à celle durée, cl dont celle durée est ou peut cire la cause ou l'occasion.

Je puis dire l'an passé, ou Vannéepassée ; dans

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Ac premier cas, je considère les douze mois comme un point, connue un tout indivisible; dans le second, je les considère sous un i>oinl de viu> de durée susceptible de produire tel ou tel effet. L'an passé on craignait la guerre ;\\ n'y a dans cette expression aucune idée de durée ;'la crainte de la guerre existait à cette é|)0(pio. L'année passée on a fait marcher sans cesse des In^upcs de province en province. Ici on voit l'idée de durée; car ce mouvement successif de troupes n'a pu se faireque dans une durée de lemps divisible. L'année dernière a été fertile, ahnndanle ; \r\ l'on voil la durée présentée sous le rajjport des effets (lu'elle a produits.

On dit la première année, la seconde année, et non \ïws, le premier an, le second an, parce que les ail cclifs premier cl second supposent nécessairement unedun-e conqxisée, ipii, pou\;mt être considérée relativement a des cITcîs, ne peut s'allier avec le mot an, qui en fait toujours abstraction.

Pouniuoi ne peut-on pas dire ce/ a«, et qu'on ilil bien cette année? C'est (pie an élanl la réunion de douze mois en un point indivisible, il ne lient pas se dire d'une é|)oipie où ce> douze mois ne sont pas écoulés, ou considi'ri's couuiic écoulés; au lieu (lu'a/iwc'e exprimant une durée conlinue, et par conséquent divisible, on peut ilirc cette année, depuis le ronmienccmeiit du mois de janvier jus(]u'a la lin ilu mois de dcicmbre, parce que l'année dure pendant tout ce leuqis-la. L'année commence bien , Cl non pas l'an couunence bien; l'année finit bien, et non pas l'an linit bien. L'année est composée de douze mois Ct non pas l'un est composé de douze mois.

On m'objectera (pTon dit le premier jour de l'an; mais celle expression consacrée ne se dit que relativement a l'usage de se faire des visites et des comiilimenlsau commcncemcnl de l'année. C'esl un rcsic de l'ancien langage. Cela esl si vrai (pi'on ne dit \y.\'i le dernier jaur de /'«;j,miisi« dernier jour de l'année. Ou en peul dire autant des expressions l'an 1819, le premier janvier ; l'an dS20, le trente mars, qui sont icslées dans le Style des notaires ct des praiiciens, cl qui remonleiil a un ancien usage. D'ailleurs ces expressions Indiipieni une époque imlivisible dans une dur'éc, mais dans une dni'éc qui n'a aucun rapport a un effet; ee qui rentre dans nos prineipcs.

Ou dit l'an quinzième, parce qu'iei les douze mois sont considérés comme nue époipu-, comme un point indivisible; el l'on dit la quinzième année, parce qu'ici quinzième exprime une suite, une série, et par conséipienl une durée ilont cette ipiinzièuic année fait iiariic. C'esl par la même raison qu'on dit il est dans sa quinzième année, la quinzième année a été heureuse, malheureuse, etc. \'oilît pourcpioi aussi un soiihailc la biinne année, el non pas le b m an liiri jour, bon an, est une csp.'ce de dit Ion populaire (lui ne [jroiive rien contre noue observaiion.

On dit il ij a deux ans (juc je vis dans cette attente; et non jias, H. ij a deu.v ann.cs que je vis dans celte attente, \nurci\uci\:\i\<.ccHi: phrase, an exprime a la vcriié une dur-c, ni.iis iiik; durée simple, ipii n'a aucun rappori à un cfl'el, qui n'est susceptible d'aucune (pialilicaiion. .Si Ion voulail exprimer une durée siisrcpiblc d'elfeis, on dirait, par exemple, j'ai reçu nujnurd'h'ii une année de mon revenu. C'esl une durée iiroductivc.

Une preuve évidente que le mot an n'exprime qu'une durée siiniilc, el fait abstraction de toute

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qualilc de cette durée, c'est que ce mot ne prend | jaiiKiisde i|iijlili(':ilirs |)ru|irt<ineiil dits. On no dit pas lin biin (tn, un mutiruis an, un bel an, un an d'u//nnJ(uit c, un un de di.sette, vu un fertile, niais tiiio tienne unnec, une niaiivuise u/iiice, une belle anntx\ une année l'iiirieuse, vue année fertile, une unnie d'iibundunee, vue uiime de disette, etc. On dil ;ilpMSivenicnl le imurel an, cuniine on dil le premier jour de l'an. Bun an, Tnu/ a», est une espace d'expression adverbiale, qui est clrinij-vrc a la (piesiion

On dit viuiit itnii de guerre, si l'on vent seulement Midiiii.er la durx' de la çnerrc. Il y a eu dans ce siècle ring l ans de guerre. On dil rintjt années de guerre, non [las, cunmic le dil îMaimuntel, pnur api)iiyer davanla^'e sur la circonstance du li'uips, mais poui' fane sentir les ellels produits par la durée île la iiuerre : Celle province a été ruinic par vingt années do guerre. Cl non pas ]>ur vingt ans de guerre, car les ajis ne ruini'iii pas.

Voltaire n dil dans son inlroduclion au Siècle de Liiuis XJf^: l'endant neuf cents années, le génie des /''rancuis a trie presque toujaurs rétréci sous un gcinemeincnt ynthiiiue. Il s'agit dans cette pinase d'une durée t|ui a proiluil un elïet, qui a réiii'ci le iri'iiio delà nation: le mot année était le seul couvenuble.

Ce n'est ipie pnr une licence poétiipic (iue]Raciuc a pu dire [Ipkig., act. I, se. ii, SD) :

Je puis choisir, dit-on, ou beaucoup d'ans fans glaire, Ou peu (Id jours ïuivis il'uiie luDgue iiiêmuire.

Ce ne sont pas les ans (pii ont de la gloire ou qui en sont privés, ce sont les années.

Et La Foulaine,

Je suit sourd, les ans en sont la cause.

Les ans ne sont la cause de rien, ils ne prcsontenttpi'nne diuéesiinple,sai!S énergieel sanselfel.

* A^A^Al••. iMiK, Anabaptiste. Le p ne se prononce [njinl dans ces mots.

Anacuokiitk , ANAcnr.oMSME. Substanlifs mascu'iins. Dans ces deux, mots le h ne se prononce point.

AN*cRro>Tioi'E. Adj. des deux genres. Cet adjectif se dit des pièces de poésie cuiuposées dans le çoùt d'AiiacirDii et du style qui esl propre à ceire sorte d<! poi-sie. I.'ode aiiaciéuntiipie cliante les plaisiis, li!s ieii.\ folâtres. Les tableaux les plus rianls île la naïuii', les mouveinenls les |)lus ingénus du coMir iiuinain, renjouemenl, le jilaisir, la moll(?sst', la n^sliiicnie de l'avenir, le doux emploi du présent, les iblires d'une vie <légasoe d'iiiquii-'.uile: vdiI.i les sujets <iue choisit la muse d'Anancun, et que doivent clioisir ceux <pii veulent s'exercer dans le genre (jui a illustre ce poêle aimable.

Le genre anacréontiqiic exige le sentiment, la naïveté, l air île la négligence, et une certaine mollesse viibipiueuse dans le style. 11 nijelie la sublilile des n IleXioiiS, la prol'oiiileiir des id'jcs, et les tiiurs trop rc<-lii'rcl)és. L'espiil cl l'art ne doivent point y paraître. C'est nn badlnage élcçani, lei:rr, dont la naïveté cl la délicatesse font fe cliaruie. I.'ode anacréoiilique |»eut peimlre la |)assioii de l'anionr dans toute sa vinlcncc, mais loujouis avec it!s couleurs île la volnplé, et en écartant ce que celli,' passion peut avoir de sinistre. Nos bon iicsc lia iisniis sont di'si'desanacreoiiiiipies. ÀNAor.AJiMK. .Subsl. f. Tiansposilion des lettres <i'uh ix'iii, A>cL. ni. arrniiçciiicitv uU vùHibinaison de ccsuiOincs lettres, d'où il résulte un sens avan-

ANA

tageux ou désavantageux a la personne a (jui aj»parlient ce nom.

L'anagramme est une pénible bagatelle dont la mode est passi-e depuis longtemps.

Anu.ocie. Subsl r. Ce mol esl enlièrcmenl grec, analiigiri. Il signiRe, en geni'ivil, la relation, le rapport o*i l;i |)ro|)ortion qui: plusieurs choses ont les unes avec les autres, quoique d'ailleurs dil'fi'rcnles jtar des qualités qui leur sont propres.

l'ii grammaire, l'analogie esi un cerlain rai»port de ressendilance ou d'ap|iri)\iinaiioii entre une lettre et une autre lettre, ou bien entre un motet un autre mot, ou enliii entre une expression, un tour, une plirase, et une antre expression, un autre tour, une autre phrase, l'ar exemple, il y a de l'analogie entre le b el le p. Leur ddlerenoe ne vieil! que de ce que les lèvres sont moins serrées l'une contre l'autre dans la pioiionciaiion du b, et qu'on les serre davanlago lorsqu'on veut piononcer le/). Jl y a de l'analogie entre le substantif abijmc, et l'adjeclif pri>fnnd; parce que l'idée d'tibymecumpiend celle de profondeur.

On donne, par analogie, diverses sigiiilicalions au même mot, lorstpic, le détournant de sa signilicalion propre ou primitive, on l'api^lique à des idées qui ont quelque analogie avec cette signification |)rcmière. Dur se dit dans le sons propre, d un corps dont les parties resislcnl aux efforts (juGn fait pour les séparer, cl celte idée de résistance l'a fait étendre à bien d'autres usages. — Souvent le fil de l'analogie est si lin, qu'il échappe si l'on n'a pas de la vivacité dans l'imagination, delà finesse dans l'esprit. Un des devoirs de l'écrivain, c'est de rendre ce lil facile à saisir, et pour cela, il doit se faire une loi de tirer ses figures des objets familiers à ceux pour qui ii écrit. Tels sont les arts, les coutumes, les connaissances communes, les préjugés, toutes les choses que l'usage met dans le coinincrce.

L'analogie est d'un grand usage en grammaire pour tirer des inductions touchant les accidents des verbes.

La |)reinicre règle de l'art de parler et d'écrire, c'est l'accord de la parole et de la iiensée, et cet accord suppose une analogie. 11 y a l'analogie du style, et on entend par là l'unité de ton cl de couleur.

Analogique. Adj. des deux genres. Il suil toujours son subst. : Ternies analogiques.

Analogiquement. Adv. qui se niel ordinairement après le verbe.

Analogue Adj. des deux genres, ijui a de l'analogie. On distingue les termes en univoques, équivoipies el analogues. Les termes analogues sonl ceux qui varient leur signilicalion, selon les sujets auxquels on les aiiplique, c'est-a-dirc, qui n'cxjtriment pas dans tous les sujets |irciiséinenl la inéiiie idée, mais du moins quelque idée qui a un rajiporl de cause, ou d'effet, ou de ressemblance à la première, (pii est principalement attachée au mot analogue, l'ar exemple, ipiaml le mol iat/j s'attribue à ranimai, a l'air et aux viandes, l'idée jointe à ce mot est principalement la sauté qui ne convient (pi'a l'animal; maison y joint une autre idée aji(»rochanlc de lelle-la, qui esl d'cli*e cause de la santé, laquelle fait qu'on dit qu'«/j air est sain, qu'une viande esl saine, parce qu'ils contribuent à conserver la santé. Ce que nous voyons dans les objets <]ui frappent nos sens étant une image de ceipii se passe dans l'intérieur de l'âme, nous avons donné les mêmes noms aux propriétés des corps et des esprits. Ainsi ayant . toujours aperçu du mouvciucni cl du repos dans la

ANA

tnaticrc; ay;in[ remarqué le pciuhnnt ou l'inclinalion des cdiiis; a\;iiii vu <]ii(> l'air s'a^ilo, se trouble, s'i'<-laiiril, (lue li's pliiUos se cleveli)|>- [leiit, se loi lilieiii cl s'alï.iilil'.ssciil, nous avons dil le mourciiiPiit, le rcjm.s, l'iticliiiatian el le penchant de /'i//;/f, iiiiiis avons liil (|uc /V.s73/-t/ a-'u- ^ile, se Innililc, s'ichiirvit, se dircli.ppcse foilifie,s^a/f(ii/ilil Tciiis ces mois sunl analogues, [kw le rappocl i|iii se tioiivc cuire une aclion de l'àmc el une action du corps.

L'abbe Ciiaid a diviM> l'-s lan;;ucs en lanf/i/es analogues, et Innoues Irautpi.siUres. Jl appelle analogues eellis donl la syntaxe csl souniise a l'ordre analviiiiue, paire tpie la suecessiijn des mots dans le discouii» y suit la iiradaiion analytique (les idiM's. l.îi niarcliede cc> lan^'iies csl elfeetivenicnl mntligi/e, el en ipieNiue sorte parallèle à celle del'e.-in' t i:iéine,doiit elle suit pas a pas les oiiéralioMs. les lan^'iics transpo^ilivcs sont eeUes qui, dans l'clocnlinn, doiiiieiil aux mots des leiminaisons n-litivcs a l'oidic analyiiipic, cl qui acquièrent aiusi le dioii de leur l'aire suivre dans le discoui-s une inaielic libieet tout à l'ail indépeudaïUc de la ^uic(>ssiiin naturelle des idées. Le français, I italien, l'espa^-nol, etc., soiU des langues aiiulogui's; le iriec, le lalin, ralleia;uid, elc, sont des lanu-ues lianspt)silives.

Les ctran|:ers se servent souvent d'expressions, de tours ou de |ilirases doul les m>oIs, a la vérité, sont des mots l'raii<;ais, mais l'enseudtle ou la conslriKliiin de ces mois n'est poiiil anulugve iwi tour, à h manière de parlcj" de ceux (pii savent la luni:ue. Dans la plii|)art des auteurs (|ui ont écrit en grec ou eu laim, ou trouve des jibrascs qui sont uniili,,;vrs au loiu- de lein- langue naturelle, mais i|iii ne sont pas conformes au tour propre à la laiii:ue originale iju'ils ont voulu imiter. Cet adj. ne se UjcI (ju'aprés son subsl.

Analyse. Subsl. L Ce mot, qui csl grec, signifie, à proprcuKMil p rler, la résululinu ou le de\cloppement d'iu, loiil en ses parties. On appelle analyse d'un livre, d'un ouvrage, un précis, un extrait fidèle d'un ouvrage, tel «lu'cn donnenl ou qu'en doivent iloimcr le.-- journali>lcs. L'art d'une analyse imiianialc consiste à bien saisir le biil de l'aulcur, a c\|)u^cr ses principes, ses divisions, le progrés île sa marche; à écai'ler ce qui peut être élrangcr a son sujet; cl, sans lui déroljcr rien de ce qu'il a de bon et d'e.vccllenl, à ne pas dissimuler scsflcraiils.

Onapi>clle,cn grammaire, analyse d'une phrase, d'une i>ériodc, d'un disi-uui-s, la décomposilion en toutes ses parties, d'une jilirasc, d'une période, d'un discours, [>our en distinguer les éléments, cl comiaiirc loiis les rapports qu'ils oui entre eux. A'oyez Qinsiruciiun.

Analyser. V. a. île la i"^ conj. En termes de grammaire, analyner vue phrase, v ne période, un discours, i:'C'X h-s decomp;)Scr en toutes leurs parties [KUir en mieux connailic l'ordre et la suite. On «lit aussi faire l'unulgse d'une phrase, d'une péi^ii 'de, elc.

Analvtii.iuk. .\dj. des deux genres, qui se met toujours aj..'os smi subsl.

Analytiquk>ik.m Adv. ]] ne se met qu'après le verbe: Piticéd^er uniilgliquement.

Ahabcmik. Subst. f. Le c/tt se prononce comme dans chit-ane.

ANARciiiot'F.. Adj. des deux genres. Le chi se prononce comme dans chicane. Cet adj. suit toujours son subsl. : Discours anarchiqiies.

Anatomiqle. Adj des deux genres, qui semet foujoursayrésson subst.

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