‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 243 sur 453 · JOI · texte numérisé non relu

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Voltaire dit à ce sujet : Mettre hors est bien moins énergique que jeter, et n'est pa^ même une expression noble. BoihurseAi dur à l'oreille. Pourquoi ne dirait-on pus jeter du irùne? o\\ dit bien jeter du haut du Irànn. En tout cas, chasser eùl été mieux (lUC mettre hors. {Remarques sur Corneille.)

Tant qu'on ne s'est choqué qu'en de légers combats, Trop faibles pour jeter un des partis à bua.

(Corn., Hor., acl. I, se. i,69.)

Jeter à bas, dit A''oltairc, est une expression familière, cpii ne serait pas même admise dans la prose. {Remarques sur Corneille.)

Un même instant conclut notre hymen et la guerre. Fit naître notre espoir et te jota par terre.

(ConN., Hor., act. I, se. m, 4t.)

Un espoir jeté par terre, dit encore Voltaire, est une expression vicieuse.

Jeu. Subst. m. En littérature, on appelle j'cm de mots une espèce d'é(iuivoque dont la finesse l'ail le prix, et dont l'usage doit être fort modéré. On peut la définir, une pointe d'esprit fondée sur l'emploi de deux mois qui s'accordent pour le son, mais qui diffèrent à l'égard du sens.

Les jeux de mois, quand ils sont spirituels, se placent à merveille dans les cris de guerre, dans les devises et les symboles. Ils peuvent encore avoir lieu, lorsqu'ils sont délicats, dans la conversation, dans les lettres, dans les épigrammes, les madrigaux, les impromi)lu, et autres petites pièces de ce genre. Voltaire pouvait dire a Deslouches {lettre 96* du recueil des lettres en vers et en prose) :

Auteur solide, ingénieux,

Qui du Ihcàtre êtes le maître.

Voua qui fîtes le Glorieux,

Il no tiendrait qu'à vous de l'èlre.

Ces sortes de jeux mots ne sont point interdits, lorsqu'on les donne pour un badinage qui exprime un sentiment, ou pour une idée passagère; car si coite idée paraissait le fruit d'une réflexion sérieuse, si on la débitait d'un ton dogmatique, on la regarderait avec raison comme une petitesse frivole. {Encyclopédie.)

Jeune. Adj. des deux genres. Quand jeMne est précédé de l'article, il a des sens différents, suivant qu'il est placi" avant ou après son subst. Le jeune Scipion signifierait que Scipion n'était pas âgé; Scipion le jeune sc dit pour le distinguer de l'ancien. — Quand cet adjectif est sans modificatif, il se met toujours avant son subsl. ; Un jeune médecin, un jeune garçon, une jeune file. Quand il est modifié par quelque adverbe de comparaison, comme très, fort, lien, etc., il peut se mettre avant ou après : C'est un garçon trèsjeune, c'est un très-jeune garçon. Un médecin flirt jeune, un fort jeune médecin.

Joie. Subsl. f. Barthélémy a dit : Ne pouvant assouvir sa joie, {f^oyage duj'etnie Anâcharsis.) Vollaire a d'il: Ivre de joie {Épitre XXXV, 96) :

J'ai vu son peuple aux nouveautés en proie, Ivre de vin, de folie et de joie, etc.

On dit j'ai de la joie à vous voir, elje n'ai pas eu la joie de le voir. Pourquoi la préposition à dans le premier exemple, el la préposiliontfe dans le second? C'est que, dans j'ai de lajoia

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