JOI
a vous voir, h joic existe réellement, cl vnir est rommi' un but ;iu(]uel la joie est ;ilt;Kliée; au lieu que, dans jV n'ai pas eu la joie de le voir, il n'cxisie aucun hut, aucun terme (jui puisse amener la préposition d.
Le ciel s'est fait sans doute une joie inhumaine A rassembler sur moi tous les (rails de sa haine.
(Rac, Iphig., ad. II, se. I, 9t.)
On dit très-bien, dit l'abbé d'Olivet, au sujet de ces vers, j'ai de la jiie à vous voir, et je me suis fait vue j'oie de vous voir. — Il serait en effet plus réçiilier aujourd'hui de mettre de que à, après se faire tme Joie ; mais du temps de Racine cela était indifférent.
Féraud critique ce vers de Racine {Bérénice, act. V, se. V, 13):
Ne l'entendez-Tous pas, cette cruelle joie?
On entend, dit-il, les cris de Joie; mais entendre la Joie est une métaphore forcée, ou une ellipse un peu forte, même en vers. — 11 nous semble qu'il y a un peu de pédanterie dans cette critique, et que la figure est très-bonne dans le cas où elle est employée.
L'.Acadéniie dit qu'on appelle fille de Joie une fille prostituée. — On ne dit plus aujourd'hui c'est vne fille de Joie, mais c'est une fille.
On confond quelquefois le mot de Joie avec celui de gaieté. L'un et l'autre de ces luots marque également une situation agréable de l'âme, causée par le plaisir ou |)ar la possession d'un bien qu'elle éprouve; mais la Joie est plus dans le cœur, et la gaieté dans les manières. La joie consiste dans un scniiment de l'àine plus fort, dans une satisfaction plus pleine; la gaieté dépend davantai.e du caractère, de l'humeur, du tempérament. L'une, sans paraître toujours au dehors, fait une vive impression au dedans; l'autre éclate dans les yeux et sur le visage. On agit par gaieté, on est affecté par la joie. Les degrés de la gaieté ne sont ni bien vifs, ni bien étendus ; mais ceux de h Joie peuvent être portés au plus haut période; ce sont alors des transports, des ravissements, une véritable ivresse.
Joignant, Joignante. Adj. verbal tiré du v. Joindre. On mouille le^«. Une se met qu'après son subst. : Une maison Joignante à la mienne, les maisons joignantes .
Joindre. \ . a. et n. de la 4* conj. Je joins, je joignais. Je Joignis, j'ai jnint, je Joindrai, Je Jdindruis. Que Je Joignisse, Jainnant. Le gn se mouille dans les temps où il se trouve. Joindre, dans lésons d'unir, d'allier, a pour régime quelquefois la préposition «, quelciuofuis la préposition arec. On emploie à, lors(pic les choses qu'il s'agit de Joindre sont de même nature, du uicme ordre de choses : On jnint vtie planche à une autre ■planche, vn morceau de terre à un morceaxL de terre ; Je vous prie de joindre vos prières aux miennes.
Joignant d'un sacré nœud ma maison à la vôtre. (Cork., Cid, act. I, se. Ti, 16.)
Mais quand il s'agit de choses d'une nature différente, ou d'un ordre différent, on emploie avec : Joindre de l'or avec du cuivre ; Zénohie se rendit célèbre par toxite lu terre, pour avoir joint la chasteté avec la beauté, et le savoir avec la valeur. (Bossuel, Discours sur l'hist. univ., i'" Part., X' Epoque, p. 104.) Voyez Jonction.