‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 245 sur 453 · JOU · texte numérisé non relu

JOU

Ci-joint, Ci-jointe. Façons de parler adverbiales. L'usage veut (]u'on écrive : f-''ous trouverez ci-Joint Copie de ce que vous demandez; et vous trouverez ci-jointe la copie que vous me demandez. — Joint, jdacè devant un nom dont le sens est vague, comme copie, etc., parait s'accorder avec ceci, sous-enlendu. Mais quand renonciation est précise, comme la copie, mu prowjeiie, etc., l'esprit, plus allentif, voit mieux le rapport qui est gw^tq Joint et le nom, et l'accord a lieu. Le vague de l'énoncialion n'empêche pas d'écrire, " copie de ma lettre est ci- Jointe. Joint, placé après un nom, quel qu'il soit, se rapporte nécessairement à ce nom, et doit en adopter le genre et les inflexions. "Voyez Compris, Excepté, Inclus.

Joli, Jolie. Adj. Il précède ordinairement son subst. : Un joli enfant, une jolie fille, un joli cheval, une Jolie maison. Ouand il est modifié par quelque adverbe de quantité, on peut le mettre avant ou après : C'est une très-Jolie personne, c'est une personne très-jnlie.

Joliment. Adv. On peut le ineitre entre l'auxiliaire et le parlici|)e : // a répondu joliment, ou il u joliment répondu.

JoLivETÊ. Subsi. f. Vieux mot conservé par l'Académie, mais qui ne se dit plus en aucun sens.

Joncher. V. a. de la 1" conj. L'abbé d'Olivet a critiqué avec raison ce vers de Racine [Alexandre, act. H, se. ii, 10) :

Et de sang et de morts vos campagnes jonchée».

On dit bien, avec l'Académie , uiie campagne Jonchée de morts; mais on ne dit pas des campagnes jonchées de sang. Le mot joncher ne convient point aux choses liquides.

Jonction. Subst. f. Il signifie, comme union, la liaison de deux choses ensemble. Mais Injonction regarde proprement deux choses éloignées qu'on rapproche ou qui se rapprochent l'une de l'autre; et V union regarde i)arliculièrement deux différonlcs choses qui sont bien ensemble. Le mot de Jonction semble supposer une marche ou queUiue mouvement; celui d'u- ■nion renferme une idée d'accord ou de convenance : on dit la jonction des armées, et Vunion des couleurs ; la jonction de deux rivières , et Vunii'n de deux voisins. Ce qui n'est [tas Joint est sépare, ce qui n'est pas uni est divisé. — Union s'emploie souvent au figuré, et toujours avec grtàce ; mais on ne se sert de jonction que dans le sens littéral. La Jonction des ruisseaux forme les rivières ; Vunion soutient les familles et la puissance des États.

JouAiLLER. V. a. de la l'« conj. Jouer à petit jeu et seulement pour s'amuser. Il est familier.

Jouer. V. n. et a. delà 1" conj. On écrit au futur simple, Je jouerai, et au conditionnel. Je Jouerais; mais en poésie on écrit quehpiefois, Je joûrai. Je Joûrais. A la première et à la seconde personne du pluriel de l'imparfait de l'indicatif, et du présent du subjonctif, on met un tréma sur Vi: twus Jouions, vous Jouiez ; que nous Jouions, que vous Joutez. Ce qui s'observe dans tous les verbes dont le participe présent se termine en uant.

Ces observations peuvent s'aiipliquer aux verbes avouer, clouer, déclouer, nouer, dénoue} contribuer, distribuer, échouer, secouer, trouer.

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