JOU
puer, etc. — Se jouer, dit I.n Ilarpc, peut entrer dans le style le plus oratoire et le plus [lOélique : La Fortune se joue des grandeurs, le Zéphyr se joue ddiis le feuillage, etc. Tout cela est bon ; mais yoi/er peut cire dinicilcment au-dessus du familier, parce qu'il rappelle trop l'idée des amusements i)ucrils.
Jouet. Subst. m. Ce mot s'emploie frétpiemment dans le style noble : Un homme est le jouet de la fortune. Il est le jouet de ses passions.
El nous, tristes ;'ouef« d'iino si longue attente.
(Delil., É,xéid., III, 656.)
Misérables jouetê de notre vanité.
{BoiL., ÉptlrelU, 3t.)
Triste jouet d'un sort impitoyable...
(Raciwb, Phéd., acl. Il, se. i, 25.)
JoDFFLu, JooFFLDp. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Un homme Joufflu, vne femme joufflue.
Joug. Subst. m. Le g final se fait sentir légèrement comme gue. 1,'emploi de ce mot, au figure, est fréquent dans le style noble :
Tu voudras t'aiïranchir du joug de mes bienfaits. (Rac, Britann., act. Y, se. vl, 31.)
Heureux qui, satisfait de son humble fortune. Libre du joug superbe où je suis attaché. Vit dans l'éLit obscur où les dieux l'ont caché.
(RiC, Iphig., act. I, SJ. I, 10.)
Jouir. V. n. de la 2' conj. L'Académie ne le dit que des choses avantageuses et agréables. Massillon l'a employé avec succès dans un sens contraire; IL ne croit rien avoir sHl n'a tout; son âme est toujours avide et altérée, et il ne jouit de rien que de ses malheurs ei cie sun inquiétude.
11 ne faut pas conclure de là qu'on puisse dire jouir d'une mauvaise santé, jouir d'une mauvaise répuiiition. Dans cette i)lirase de Massillon, jouir est pris dans un sens détourné. Cela veut dire, il est avide et altéré de jouissances, et ces jouissances, au moment où il croit les saisir, ne sont que dos luallieurs et des iniiuiétudes.
JotissAM, JouissA.ME. Adj. Verbal tiré du v. jouir. 11 ne se dit qu'au palais, et se met toujours après son subst. : Majeur usant et jouissant de ses droits. Fille usante et jouissante de ses droits.
Jour. Subst. m. Dans le sens de lumière, on l'emploie dans le style noble : Vastre du jour.
Peut-être votre époux voit encore le jour ?
(Rac, Phéd., act. II, se. v, 39.)
Lasse enfin d'elle-même et du jour qui l'écIaire. [Idem, act. I, se. I, 46.)
On a critiqué le vers suivant de Racine {Britan., act. I, se. 1, 15) :
Quoi ! vous à qui Néron doit le jour qu'il respire!
On respire l'air, a-l-on dit, mais 07i ne respire pas le jour. Nous ne croyons pas que cette critique soit juste. Voyez Respirer.
Dans le sens de vie, le mot jour paraît parti-