‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 261 sur 453 · LIN · texte numérisé non relu

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Voltaire dit au sujet de ce vers : Sans me laisser lieu est une expression de prose rampante. [Bemarques sur Corneille.)

Au lieu, prciiosilion qui régit de : Av lieu de lui, au lieu de faire. Il se met au commencement de la phrase : Ju lieu de venir, il s'est enfui ; ou au second membre: Il s'est enfui au lieu de venir.

Ligneux, I.igm.use. Adj. Du h['\nlignum, buis, de la nature du bois. On mouille ^/i •• Plantes ligneuses.

* Liminaire. Adj. des deux genres. On disait autrefois une épître liminaire , au lieu d'une épttre préliminaire. On ne le dit plus aujourd'hui.

LiMiTROPnK. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Pays limitrophe, province limitrophe.

LiMONEDX, LiMONEOSE. Adj. qui ne se mot qu'après son subsl. : Terre limoneuse, terrain limoneux.

LiJiPiDE. Adj. des deux genres. On peul li; mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Une eau limpide, les limpide.'; eaux de ce ruisseau.

Lingual, Linguai,e. Adj. L'!< se prononce ou. iSerf lingual. — Consonne linguale. Il ne se met qu'après son subst., et n'a point de pluriel liiasculin.

Ce mot vient du latin lingua, langue, et signifie qui a rapport à l;i langue, qui en dépend. On appelle en grammaire, articulations linguales, celles qui dépendent principalement du mouvement do la langue; et consonnes linguales, les lettres ([ui représentent ces articulations. Dans notre langue, comme dans toiMcs les autres, les articulations linguales sont les i)lns nombreuses, parce que la langue est la principale des parties organiques nécessaires à la production de la parole. Nousenûvons en français jusqu'à treize, que les uns classifient d'une manière et les autres d'une autre. Beauzée divise les consonnes linguales en quatre classes, qui sont les dentales, les sifflantes, les liquides el les mouillées.

11 appelle d!e7j/a/e.y, celles qui paraissent exiger, -l'une iinanière plus marquée, que la langue s'appuie contre les dents pour les produire. Nous en avnnscinq, n^d, t, g, q. Les trois premières, ?;, d, t, exigent que la pointe de la langue se porte vers les dents supérieures, comme pour retenir le son. L'articulation n, puisqu'elle en repousse une partie par le nez, est une articulation nasale. Les deux autres, d et t, sont purement orales, et ne diffèrent entre elles que par le degré d'exl)losion plus ou moins fort que reçoit le son quand la langue se sépare des dents supérieures, vers lesquelles elle est d'abord portée; ce qui fait que l'une de ces articulations est faible et l'autre forte.

Les deux autres articulations,^ et 7, ont entre idles la même différence, la première étant faibli^, et la seconde forte; et elles diffèrent des trois premières, en ce qu'elles exigent que la pointe de la langue s'appuie contre les dents inférieures, quoique le mouvement explosif s'opère vers la racine de la langue. Ce lieu du mouvement organique a fait regarder ces articulations comme gutturales par plusieurs auteurs. Mais elles ont de commun avec les trois autres articulations dentales, de procurer l'explosion au son, en augmentant la vitesse par la résistance, et d'appuyer la langue contrôles dents, ce qui semble leur assigner plus d'analogie avec celles-là qu'avec l'ar-

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