‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 266 sur 453 · LON · texte numérisé non relu

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Termes ilc lilliTalurc. La longueur d'un discours, c'est son otciuliic. Mais \):\v longueurs, on eiileiid les di'faiils tlu slylc tjiii coiisislcnt à 'lire dos choses inulilos an' dcvcluppiMiienl <1ps iiltos, et qui n'y sont pas natiirollonienl liées. D'aiiréscola, un discours |>eul être long sans avoir des longueurs, cl il peut a\oir des longueurs sans être long.

Dans loul discours, dit Condillac, il y a une idée par où l'on doit coinnicnccr, une par où l'on doit linir, cl d'aulrcs ywv où l'on doit jjasser; la ligne est Iraccc. tout ce qui s'en écarte est superflu. Or, on s'en écarle en insérant des choses élrangcres, enrcpéianl cequia déjà été dit, en s'arrêlant sur des détails inutiles. Ces défauts, s'ils sont IVéqucnls, refroidissent le discours, l'énorvcnt. tiu Miémo rnhscurcisseiit. Le lecteur fatigué perd le (il des idées (pi'on n'a jjassu lui rendre sensible; il n'entend plus, il ne sent plus, et les jilus grandes beautés auraient peine a le tirer de sa léthargie.

On serait court et précis, si l'on concevait bipn, et dans leur ordre, toutes les pensées qui doivent développer le sujet qu'on traite. C'est donc de la manière de concevoir cpie naissent \Q^lnngvc%irs de style, vice contre leiiviel on ne saurait trop se précautionner, et qu'on n'évitera pas, si on s'écarte des règles tirées du principe de la liaison des idées, ^oyez Liaison, Ci nstniction.

L'abbé Dubos veut dire que l'imitation ne nous remue (pie i)arce que les objets imités nous auraient remués; mais que l'impression en est moins durable, parce qu'elle est moins forte. Voici comment il expose celte pensée:

Les peintres et les poètes excitent en ?ious des passions artificielles, en présentant des imitations des objets capables d'exciter en nous des passions véritables. Comvie l'impression que ces imitations font sur nous est du iné nie genre que l'impression que l'objet imité par le peintre ou par le poète ferait sur nous ; comme V impression que l'imitation fait n'est différente de l'impression que l'objet imité ferait, qu'en ce qu'elle est moins forte, elle doit exciter dajis notre âme une passion qui ressemble à celle que l'objet imité aurait pu exciter. La copie de l'objet doit, pour ainsi dire, exciter en nous une copie de la passio?i que l'objet y aurait excitée. Mais comme l'impression que V iinitation fait n'est pas aussi profonde que l'impression que l'objet même aurait faite... cette imprcssvm superficielle, faite par une imitation, disparaît sans avoir des suites duralles, comme en aurait une impres.<;in7i faite par l'objet que le peintre ou le poète a imité. [ lié flexions crit. sur la poésie et sur la peinture, i." parl.,sect. S'.)

L'embarras des conslructions de l'abbé Dubos et SOS répélilions prouvent les efforts qu'il fait pour rendre une i)ensée qu'il v\<. conçoil jias net- Icment. 11 est long dans le dessein d'être plus clair; il en est jilus obscur.

Lorsqu'on veut émouvoir, on peut cl l'on doit même nniiliplicr les images. Ou peut aussi, dans les ouvrages dcslinOsa éclairer, joindre à un lour simple un tour ligure, propre a répandre la lumière. ;Mais il y a des écrivains <iui ont de la peine à quitter une pensée, et qui font un volume de ce dont un autre ferait a peine quelques feuillels. C'esl le style de Taiibé Duguct.

T'out le monde, dit-il, est capable de comprendre quelle serait la ftlicitc d'une nation oii toute la force et toute l'autorité seraient accordée' à la vertu; oit toutes les menaces et tous

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