‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 267 sur 453 · LOU · texte numérisé non relu

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les châtiments ne seraietit que coïitre le vice; dont le prince ne serait terrible qu'à quiconque ferait le mal, et jamais à ceux qui aiuient et font le bien ; oii Vépér que Dieu, lui a confiée serait la protection des justes, et ne frait trembler que leurs ennemis; où la rérité et la clémeîice s'uniraient ; oii la justice et la paix se donneraient un mutuel baiser, et oii l'on verrait accomplir ce qu'a dit l'apôtre : la vertu respectée et comblée d'honneurs , et le vice humilié et couvert d'ignominie.

Voilà bien îles mots povu- répéter une même chose, l es derniers tours n'ajoutent aux premiers ni lumière, ni image. On voit seulcmenl qvic l'écrivain s'applaudit d'une fécondité qui ne produit que des sons. (Extrait de V Art d'écrire de Condillac.)

loocvcîTi';. Subst. f. On prononce loîcnuacilé. Habilude de parler beaucoup. Il se prend toujours en mauvaise part.

Lons. Ce mot joint avec que est une conjonction. Dans lorsque, on fait sentir le s de lors. Mais dans dès hirs et pour lors, lors csi adverbe, et on no fait point enlcudi'o le s.

Lorsque régit ordinairement l'indicatif, lorsqu'il veut, lorsqu'il voulait, lorsqu'il apprit, etc. Dès lors que ne se dit point. Des qu'il fut arrivé, et non pas dès lors qu'il fut arrivé. On peut dire, il est vrai, je vis bien dès lors (\uc j'étais perdu ; mais là, que se rapporte à je vis, et non i)as à dès /o?-5 ; et danscot exemiile, dès Inrs est adverbe, et non conjonction. (Vaugelas.)

Louable, .^dj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst. , lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Une action louable, une conduite louable, une louable conduite.

LooASGF.R. V. a. de !a1"conj. Dans ce verbe, g doit toujours se prononcer comme^ ; et pour lui conserver cette prononciation lorsqu'il est suivi d'uu a ou d'un o, on met un e muet avant cet a ou cet o : je louangeais, louangeons ; cl non pas /e louangnfs, louangons.

Louche. Adj. <lcs deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme louche , une femme louche, du vin louche, une expression hniche.

Une phrase c^i louche lorsque les mots qui la composent semblent, au premier coup d'œil, avoir un certain rajiport, quoique véritablement ils en aient un autre; de telle façon que les idées ne sont ni claires, ni intelligibles.

La Bruyère a dit : Les femmes ne se sont-elles pas au contraire établies elles-mêmes dans cet usage de ?ie rien savoir, ou par la faiblesse de leur comple.vii:n, ou pur la paresse de leur esprit, ou par le talent et le génie qu'elles ont seulement pour les ouvrages de lu tnain^ (ch. HT, Des femmes, p. 200.) — Par le talent et le (jénic qu'elles ont, fait d'abord avec ce qui précède un sons absurde, et ces tours sont à éviter.

Voici des exemples que Rouhours tire de Vaugelas, et où il trouve de l'èlèg;mcc : Ces gens faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour lui per suader de rebrousser chemin, ou du moins (pi'it séparât cette multitude. Les ambassadeurs demandaient la paix, et qu'W lui plùt... — Il fallait lïwp pcr.suader de rebrou s.';er chemin, ou du moins de séparer. C'est pécher contre la plus grande liaison des idée? que de marquer dans une phrase le morne rapport par deux prépositions différentes. Demandaient la paix et <\\\' il lui plût n'est pas non plus assez correct. On remarquera la même faute dans l'exemple suivant : Il croyait

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le ramener par la douceur, et que ses remontrances...

Si c'est une faute d'expriuicr les mônies rapports par des uioyeiis (lilïéreuts, c'en serait une plus i;ranile d'exprimer des rapports différents par la même préposition. Ne dites donc pas l'ontragc que v>ous m'avez fait de ine croire capable d'approuver et de me réjouir d'une action sidtiestable. On approuve une action, et non pas d'une action. — Il serait mal encore dédire, ils n'ont plus ni affection ni créance pour elles; car on n'a pas de la créance pour qucUprun, mais en quelqu'un. 11 faut toujours consulter la syntaxe, et ne lier les idées que par les moyens iju'elle fournit.

l'ne phrase peut être louche lors(iue, par sa construction, on semble sujjposer connue réel ce qu'on a pourtant intention de nier, ou comme faux ce qu'au contraire on prétend allirmer : Si je ne vais pas vous vuir, ce n^ est pas parce que j'ai du refroidissement pour vous ; le VGvhc: j'ai a l'indicaiif, à cause de parce que, est un aveu réel du refroidissement dont ou veut pourtant se défendre. Mais en disant, ce n'est point que j'aie du refroidissement pour vous ; j'aie au subjonctif, à cause du que après la négation, est un désaveu formel et sans ambiguïté du refroidissement dont on se défend. Voyez Sens.

Lour.D, Lourde. Adj. On le met souvent avant son subsl., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un fardeau bien lourd, un lourd fardeau. — Un esprit lourd. — Une lourde chute, une lourde fauti', une lourde besogne, une lourde tâche. On ne dit pas un lourd esprit, ^'oyez Jdjectif.

LounDE.iiENT. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il est tombé lourdement, il est lourdement tombé. — Il s'est trompé lourdement, il s'est lourdement trompé.

Loyal, Loyale. Adj. Il se dit des personnes et des choses, et peut se mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un homme loyal, un procédé loyal. — Une marchandise bonne et loyale. — Cette loyale conduite, ce loyal procédé. — Des procédés loyaux.

LoYALi;.MENT. Adv. On peut quelquefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il s'est conduit loyalement, il s'est loyalement conduit.

LiBr.iQUE. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie; Homme lubrique, femme lubrique. — Des regards lubriques, ces lubriques regards. A' oyez AJjectif.

LusniQUE-MENT. Adv. Il ne se met qu'après le verbe.

Ldcide. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'analogie cl l'harmonie : Avoir des intervalles lucides, une expression lucide, un raisonnement lucide, ce lucide raisonnement. Yoyez Adjectif.

Lucratif, Ll'ckative. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un métier lucratif, un emploi lucratif. — Ce lucratif métier, ce lucratif emploi. On ne dirait pas cette lucrative charge. Voyez Adjectif.

Ldgubke. Adj. des deu.x genres. Il semblerait, par les exemples que donne l'Académie, que ce mol ne peut se dire que des choses; cependant on dit un homme lugubre, pour dire un homme dont l'air, la contenance, la démarche, les vêtements, les discours, marquent une tristesse profonde. On le met souvent avant son subst. : F'oix lugubre, une lugubre voix se fit entendre;

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