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poëme hérorque, il ne sérail pas bien reçu si ce n'est en r.iill.int. Thomas Corneille disa'il i|iril pouvait cnrorc liaurcr avec grâce, non-seulonient dans une c|ngramnic ou dans un conte, mais encore dans un pocmc héroïque, surtout quand on le répète comme dans ce vers :
Dans maint» el maints combats sa valeur éprouvée.
On ne le souffre que dans le style marotique, et dans renjouçniem de la conversation.
jf/u«/i/si^'nilie |iiusiours; mn'i-, plusieurs indique injrcmcni et siini)lciiipiil le nombre, tandis que 7itai,it réduit la pluralité a une sorte d'unité, comme si les objets formaient une exception, un tout séparé du reste, un corjisà pnrt. La locution maint auteur, semiile annoncer un nombre d'auteurs (]ui forment une sorte de classe, el comme s ils faisaient cause i:omimmc; plusieurs n'annonce (pic le nomlire sans désigner aucun rap- 1)01 1 particulier entre eux, si ce n'est qu'ils ont la Miome opinion. la même marche, le même titre, queKiuc chose île semblable. Ces mots disent plus tH[cqueli]ues-u/is et moins (]uoief/f/c up. — —Miiiiit a le i)riviléçe rare de se répéter et d exprimer iKir sa répétition un assez grand nombre. On dit maint et tnaint, conune tant et tant. Ces sortes de licences contribuent beaucoup à donner aux langues des formes distinctives qui les rendent intraduisibles quant à la grâce et au génie; et par la, elles ont (iuel.]ue chose de précieux. \ji locution maint et maint est si conunode, qu'on ne peut, en (luelque manière, s'empêcher de s'en servir de temjis en temps, et de dire inainte et mainte fuis.
Maintenir. V. a. et irrég. de la 2"^ conj. Il se conjugue comme Unir. A'oyez Irréguliir.
Ce mot signifie, à la lettre, tenir la main à une chose, la tenu- dans le même état. On maintient ce qui était déjà tenu, et qu'il faut tenir encore pour qu'il subsiste dans le même état.
M.tiNTiETi. Subst. m. Ce moi se jirend dans deux sens tout a fait différents. Dans le premier, il a rapport au verbe juaintenir, et se dit des moyens que l'on emploie afin de conserver une chose dans son intégrité, dans l'état où elle est. G est ainsi que l'on dit le maintien des lois, le maijUien de la religion, le viaintien des institutions.
Dans l'autre sens, maintien se dit de l'habitude extérieure de tout le corps. Il diffère de contenance en ce qu'il sert à manpier des égards aux autres hommes, et que la contenance est destuii'c a leur imposer. 11 y a une infinité de contenances, parce qu'il y a des états différents et que les positions varient; il n'v a qu'un bon maintien, parce que l'honnêteté civile est une et invariable.
Mais. Conionction adversative. Elle sert à marinier ou une opposition entre deux membres de jilirascs: Elte est belle, mais elle est méchante; ou à lier deux membres de phrases dont ' le dernier ex|>osc la raison de ce (jui est exprimé par le pn-mier Je l'ai puni, viais il l'avait mente. — Joint aux mots encore, de plus, bien plus, i\ sert à lier deux membres d'une phrase dont le second désigne une addition à la chose î exprunen par le premier, ou une augmentation de cette chose : Non-seulemetU il est bon, mais ' encore il est brave ; il l'a insulté, mais de plus H l a battu — Mais, employé seul, sert à lier i deux membres d'une phrase dont le second exprime la diminution d'une qualité exprimée dans
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le premier : Elle est bien faite, mais elle n'est
pas rjrandc.
Dans la conversation, mais se met quelquefois au commencement d'une phrase, et alors d sert a appuyer fortement sur ce ipii suit : Mais pourquoi n'arcz-vous pas répondu? — Ouelquefois Il ne marque qu'une transition d'iin sujet dé conversation ou d'entietien à un autre : Mais parlons maintenant de ivs afuùes; mais revenons à ce que nous disions.
lorsque de deux membres de phrases réunis par la conjonction mais, l'un est affinnalif et l'autre néi;atif, il n'est pas nécessaire de répéter le verbe dans le second ineinlue, parce que la conjonction mais servant à marquer opposition ou icstriction, annonce assez par elle-même si le membre qui la suit doit éirc pris dans un sens alfinn itif ou négatif : Z,'/mn/i(;/a'e w? frappe pas simplement l'rellle, mais l'esprit. (Boii., Traité du sublime, chap. XXXII.) Ce ne sont pas les places qui honorent les hounnes, 7nais les hommes qui honorent les places. — C'est vu homme qui a de fesprit. i/iais peu d'inslrur/ion. Voyez Ellipse. — Mais sejircnd quelquefois substantivement : ridlà bien des si, des mais.
Ondit familiéremeiil je n'en puis mais, en puis-je Tnais? pour dire ce n est pas ma faute est-ce ma faute? '
Maison. Subst. f. Ce mot désiirne au propre un bâtiment destiné au loixeinont'des hommes. 11 se dit pariiciiliércment de' celles qui sont destinées à des particuliers. Les bourgeois, les iiégo(-i;ints, les artisans, les cultivateurs ont des mai.ions; les grands à la ville occupent des liàtels; les rois et les princes ont des palais; les seigneurs ont des châteaux dans leurs terres.
Féraud dit que maison de campagne et maison des champs c'est la même chose. Bouhours le dit aussi , fondé sur ce qu'une maison de campagne convient aux gens de qualité, vu que leur état suppose de l'aisance; et iiu'une maison des champs convient à la liour-'co'sie, dont l'état semble exiger plus d'économie' dans la dépense. Cette distinction n'est pas juste. L'idée des champs réveille celle de culluie, et l'idée de campagne réveille celle d'agrément. Une maison des champs est une habitation avec les accessoires nécessaires aux vues éionomiques fiui l'ont lait construire ou acheter, loinine un verger, un potager, une basse-cour, des éruries jiour toute sorte de bétail, etc. Une maison de campagne est une habitation avec les arcessoircs nécessaires aux vues de liherié, d'indcpendance et de plaisir (jui en ont sugircre l'acipiisition, comme avenues, remises, jardins, bosquets, parterre, etc.
Dans les sociétés civiles où il y a une grande inégalité de condiiimi, uuiisnu se dit au'fiu'uré des familles illustres ou ircs-nobles : Une maison souveraine, une muùon illustre. En parlant des personnes d'une condition infrneure, maison se prend iioiir fortune : Cei lioiiiiiie. à force de travail et d'économie, a fait uj,e bonne inalton.
MaItresse. Subst. f. Dans le sens d'amante, il est banni du style noble. Voltaire dit dans ses Remarques sur Corneille, ipie jamais ce mot n'a été employé par Racine dans ses bonnes pièces
Majesté. Subst. f. Quand ce mot est joint à un adjcclifou à un participe, on met au féminin cet adjectif ou ce particijie; il n'y a point de difficulté sur ce cas Ou dit votre majesté est vie-
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torieuse, votre majesté est satisfaite. Mais il en est aiiirciiiciit quand ce mol csl juiiil à des subslaniifs cmploycs adjcclivemenl. l-"aul-il dire, par cxemiile , depuis que mire majesté est maîtresse ou est m;iilrc de cette province. Sclun le |)ère Bouhours, il faul dire sa vitijeslé est le père et le protecteur de ses sujets, ei non pas la mère el la pruleclricc; el il i'aiit dire de inèine sa majesté est maître, et non pas maîtresse de cclto province.
Il est hors de doute, dit Th. Corneille, que quand il s'agit de doinicr aux rois un titre qui les distinçuc iiarliculicrcmont, on doit toujours se servir de mus, cl qu'il faul dire vous êtes, sire, le plus grand des rois.Ow dira bien, wtre majesté est très-cclairée; mais on ne peut pas dire votre majesté est le plus éclairé, ou la plus éclairée de tous les rois.
Majkstui.lx, Majestceuse. Adj. On pont le mettre avant son subst., en consultant roreille et l'analoçic : Un port majestueux, un air 7na~ jestueux, une taille majestueuse, un temple majestueux ; cette majestueuse démarche était accompagnée, etc.
Majeur, Majkuhe. Adj. Une fille majeure. — Utie force majeure, un intérêt majeur. — On dit la majeure partie. Parloul ailleurs cet adjectif suit son s\ibst. —On dit au piquet tierce majeure, quinte majeure; on disait autrefois tierce major, quinte major :
Sur mes cinq cœars portés ta dame arrire encor, Qui me fait justtment une quinte major.
(3l0L., Fdchi'ux, acl. II, se. il, 13.)
L'Académie prétend qu'on emploie encore (juclquefois cette expression. Nous pensons que cela arrive bien rarcuient.
M.uuscuLR. Adj. qui se prend quelquefois substantivenicnl. On appelle lettres majuscules ou grandes lettres, certaines lettres qui ont une figure différente de celles des lettres qu'on a\)peWc minuscules ou petites lettres. On met une lettre majuscule au coinmcnccnient d'un discours, et a\i cominenccnient d'une phrase dont la précédente est terminée par un point. Tous les noms profircs doivent commencer par une majuscule : Tibère, César, Socrate , Pierre, Paul, la Seine.
On <loil regarder comme de vrais noms pn.»pres Champs Élysées, Mer Rouge, Mer Méditerranée ; car c'est sous ces noms qu'en a -zj^wéralemenl coutume de désigner ces lieux. 11 fnul donc les commeneor par une majuscule, <>i il f lul commencer de même lu second mot, autr'>incnt on croirait que Champs et Mer forment sci;ls le nom propre. Par la même raison, il nesuflinit pas non plus de mettre une majuscule au so^-ond mol. — t'.epcndant cpiand ces mo<s sont unis par un tiret, et ijue !e second n'est pas un nom proi>re, ce second mot ne [)rend [wint de majuscule: Pori-ri>ijal,les Paijs-bas. — «L'Académie écrit sans majuscule au premier mot, vier Rmige, mer Méditerranée, et avec majuscule au second, Pays-Bas, Port-Boyal, ce qui nous parait préférable, parce (pie, dans le premier cas, l'adjectif seul est caractcristi(iue, et que dans le second, malgré le tiret, il ne sert pas moins à former le nom propre. « (A. l.emajre, Grammaire des Grammaires, p. 'Jlj';.) — Les champs thessalicns, les monts idaliens, ne sonlpas de vrais noms propres: ce sont des tournures poétiques pour dire la Thcssalie, l'Idalie.
Le nom de Dieu, quand il désigne individuellement l'Èlic suprême, doit coinmcncei' par une majuscule, parce qualurs il est considéré comme un nom i)ropre : ('roire en Dieu, la crainte de Dieu. .Mais le moi dieu ne l'uinmcnce |)oinl par une majuscule, s'il est a|)pliqué aux divinités du paganisme, s'il est [nis dans un sens figuré, «u s'il est regardé comme le sujet de <iuelque qualilic.iiion de l'P.lrc suprême : Les dieux de In Grèce et de Home; on appelle quelquefnis Ici mis, lis dieux de la terre. Le dieu des miséricordes, Zedieii des ven eances, le i\\c\xd\lhruham.
Les noms des sciences, des arts, des métiers, s'ils sont pris dans un sens individuel qui disii"\guc la science, l'art, le métier, de toute autre science, de tout autre art, de tout autre inéiier, doivent prendre une initiale majuscule : La Grammaire est une science indispensable, la Musique est un art enchanteur', il est honteux d'ignorer les principes de V Orthographe; la Menuiserie emprunte le secours de la Géométrie et du Dessin, pour fournir des embellissements à l'.4rchitccture. — .Mais ces noms rentrent dans l'ordre commun quand ils sont présentés cousme sujets d'une qualification déterminativc, et on les écrit sans majuscule : La grammaire latine, la grammaire française , la viusique italienne, etc.
Les noms des êtres abstraits personnifiés prennent une majuscule. Ainsi, on écrit la f^ertn, la Fortune, les Grâces, (piand on regarde «."es êtres comme des i^ersonncs.
On commence par des lettres majuscules les noms appellatifs des tribunaux, des compagnies, des corps, et ceux qui déterminent par l'idée d'une profession ou d'une ilignité, soit ci\ilc, soit ccdésiasticiue, lorsque ces mots sont employés sans com()lement délerminatif, pour désigner individuellement leur -olijet : On comptait autrefois douze Parlements en France. L'Académie n'a pas donné de drcision sur cet article. Le Roi des rois.
Mais CCS mêmes mots s'écrivent sans majuscule s'ils sont présentés dans le discours sans application individuelle, oi: si l'application est dé^ignée par un complément déterminatif : La fermeté des 7nemhres du parlement, l'union des églises, le roi des animaux.
Les adjectifs saint, grand, et semblables, doivent prendre une initiale majuscule, lorsqu'ils entrent dans la composition d'un nom propre et en font partie : Saint Pierre, Henri le Grand.
Quand on adresse la parole a une personne, ou à un être quelconque, le nom tpii déï,igne cette personne ou cet être, fùi-il appellatif, iloit avoir une initiale majuscule: O Ciel! (' Terre! — C'est par la même raison (pi'on écrit avec une initiale majuscule Motiseigneur, Monsieur, Madame, Mademoiselle, en adressant la parole aux personnes. Hors ce cas, on n'emploie point la majuscule, et on écrit j'ai remis votre lettre à monsieur, à madame, a sa majesté.
Quand un mol a p!u>ieurs signiQcalions différentes, il est assez convenable d'employer une initiale majuscule jiour ilésigncr la signification la plus considérable. Cette attention est propre à prévenir liicn îles équivo<|ues et à faciliter au îecleur l'inielligencc de ce qu'il lit , ea lui faisant apercevoir sur-lc-cliamp clans quelle acception il doit prendre les mots doat l'auteur fait usage. Ainsi Ion écrira avec une initiale majusfule, la Jeunesse, pour désigner les jeunes gens; et avec une minuscule la jeunesse,
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pour signifier le plus bel âge de la vie. On écrira aussi avec une in;ijuscule les Grands, i)Oiir designer les personnes les plus c'onsidéral)les d'un État, el les granis himimcs, pour signifier les hommes distingués jiar leurs talents. Le nml justice s"ccrira"par un grand J lorsqu'il exprimera celle vertu morale qui fait qu'on accorde à chacun ce qui lui appartient : La Justice csl la première vertu d' un prince ; ou bien encore lorsipi'il s'agira des ol'liciers on magistrats qui rendent la justice. Mais le mot deyr/s/ice s'écrira par un petit j, lors(]u'il signifiera bon droit, raison : Il ne /nui pus se faire justice sni-mcme.
Cette (listinciion doit même avoir lieu entre deux sens individuels d'un nom appellatif. Il se rendit an sénat, en ])arlant du lieu; il fut blâmé par le Si'nat, en parlant du corps.
On écrira avec une initiale majuscule tout nom comnuin dérivé d'un nom propre, pourvu qu'il soil pris pour désigner la (jualité principale qui caractérise le nom propre : Les Césars, les Alexandrcs, les Pradons, les Corneilles.
Il convient également de distinguer le litre d'un livre ou d'une pièce (juclcouquo par une initiale majuscule. Il en est de même lorsipi'on le cite : L'Histoire de France. On lit dans un conte de Voltaire {Gerlrude, 16, :
Toujours sur sa loileUc est la Sainte Écriture, £t le Petit Carême est surtout sa lecture.
Enfin, dans la poésie, il est reçu de mettre une majuscule au commencement de chaciue vers, grand ou petit, soil qu'il commence un sens, soit (pi'il lasse i>artie d'un sens commencé.
Toutes les règles que nous venons d'cîjjoscr se trouvent dans les grammaires, mais il s'en faut bien que l'usage soit uniforme à l'égard de «juclques-uncs. Plusieurs personnes, par exemple, ne mettent une majuscule aux no.ms des sciences, arts, métiers, etc., que lorsque ces noms expriment le sujet, la matière dont il est particulièrement (luestion dans un discours, dans un' traité, dans un mémoiie. Ainsi, dans un l'ailé d'architecture, dans un mémoire sur l'architecture, le mot archi.ecture sera toujours écrit avec une majuscule; mais dans tout autre cas, ils écrivent ces noms sans uiaju.scule. — D'autres n'indiquent point par l'orthographe les différents sens à.QS mois justice, etc., (pic nous avons indiqué plus haut. Il n'y a rien de bien tiv;e sur ce point.
Nous ne partageons pas l'indignation de Beauzée contre ceux (]ui s'affrancrussont des vieilles règles de la giammaire, en supprimant plusieurs majuscules initiales: «C'est, du-il, une entreprise qui doit récolter la raison, autant qu'elle clioipie les yeux. C'est une pratiipje contraire à un usage trcs-rédechi de la nation. Elle tend à bannir de noire écriture la netteté de l'expression, (]ui dépend toujours de la distinction précise des objets. Ajoutons que l'œil mémo a intérêt à la conseivalion des lettres majuscules; il s'égarerait et so lasserait de l'uniformité d'une page où tomes les lettres seraient constannnent égales. Les grandes lettres, répandues avec intelligence pimni les peiiles, sont des points de repos pour I'omI, autpiel elles offrent en même temps le plaisir do la variété. » [Grammaire des Grammaires, p. •.i62.)
Nous conv(>noi!s (jue, quand les majuscules sont nécessaires pour prévenir une équivoque, on fait fort bien de les employer; mais nous pensons qu excepté ces cas, qui n'ont lieu que
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dans un très-petit nombre de mots, et ceux où ces lettres sont prescrites jiar un usage uniforme et constant, on fait foit bien de les sup|)rimer, el qu'il n'y a rien dans celte snjjpression ipii puisse révolter la ruisun Si les majuscules soiu nécessaires à l'teil pour l'empêcher d& "garer el de se lasser de runiformiié des pages; si les majuscules ont l'avantage d'offrir en même temps a l'icil et des points de repos et les plaisirs de la variété, il nous semble «pi'on évitera ces inconvénients, et qu'on procurera ces plaisirs, en mellant des majuscules au commencement de chaiiue phrase, cl dans tous les cas oii elles sont prescrites par un usage constant. Si, d'un côté, l'œil se lasse d'ime trop grande uniformité de caractères, de l'autre , il est choqué à la vue d'une page hérissée de majuscules; et l'on sait combien sont choquantes à la vue ces cojjies où des inaitres d'écriture ignorants s'efforcent de nuilliplier les majuscules, pour faire briller l'adresse de leur main et la hardiesse des traits de i)luinc.
Mal. Subst. m. Quebiues ijcrsonnes disent J'ai cherché lonr/teiiips ce lirr(',j'ai eu ii'e/i du mal o le trouver; on a lien du mal à gagner su vie ; j'ai eu bien du mal à vie procurer votre adresse. (!cs manières de parler ne sont autorisées que dans le discours familier. Partout ailleurs il faut dire, j'ai eu bien de la peine.
Mai,. Adv. Dans les temps simples, il se met ordinairement après le v(;!be : Celte affaire va mal. Dans les temps composés, on le inel entre l'auxiliaire el le parliciiie : // a viol agi. il en a vialnsé. On le met quelqucluis avant linliniiif, et queli]uefois après : Je ne croyais pas vial faire, je ne croyais pas faire mal. — Se mal trouver de (jtielqne chose ne se dit qu'au figuré, et seulement à l'inlinilif el aux tenqts composés; il signilie éprouver un mauvais effel d'une action, d'une démarche que l'on a faite. Se trouver mal se dit au propre, dans un sens absolu, et signifie ressentir subitement delà faiblesse : 5« senhr défaillir. Voyex Langue française.
Malade. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subsi. ; Un homme malade, une femme malade, un enfant malade. On dit être malade à mourir, et être malade d'un mal incurable.
Maladii:. Subst. f. L'Académie dit les maladies de Vâme. On dit aussi les maladies du cœur.
Hélas ! combien le cœur a-l-il de matadies ?
(Volt., 2e dise.tur l'homme, 106.)
Maladif, Maladive. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Un homme inaladif, une femme maladive.
L'Académie le définit valétudinaire, qui est bujet à être malade, f^alétudinaire n'exprime pas la même chose que maladif. L'ne personne valétudinaire csl une personne dont la santé est ou chancelante, ou délicate, ou souvent altérée par differenies maladies qui lui arrivent [lar intervalles; elle est d'une sanlé ciuincclanie. Lue personne maladive est sujette à être souvent malade, non par la délicatesse de sa couslitnlion, mais par «luelipie alTeclion particulière, par un| principe morbiliqne donl elle est affectée.
Maladroit, .Mai.api;oite. .idj. qui ne se me qu'après son subst. : Un homme viuladroit, un ouvrier maladroit.
11 V a la même différence entre ce mot et malhabile, (ju onue i.iuladresse Ct mulhabilett,
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Maladresse se dit, dnnslc sens propre, du peu d';i|ililiiilc aux rxcivit'cs du (•or[)s. Malluilileté iicscdil (jucdu manque d'.ijjliludo aux foiuliuns do l'cspril. Un joueur de l)dlard est vtaladioit ; un nciiocialcur est mulliubilc. Ou nouiine (jnel- (jucfuis au figure maladresse, le m.iiii]uc dinlel- Ii^eufC cl de ca|)acilc pour des o|iéialions (jui de|)endeiit des vues de l'esprit; mais il n'y a pas rociprocilc; el l'on ne nommera jamais mulhahileté le dcf.iul d'aplilude aux exercices corporels. On pcui donc dire (|u'un néi^ociateur est mahidioit, mais on ne dira pas ([u'un joueur de billard soit malliahile.
Maisiiuelle dilTcrcncey a-l-il entre un nogocialcur maludruit et un néçociaicur malhabile? La voici ; on peut distinguer dans les négociations <icux choses : les moyens <|ne l'esprit invente dans le dessein de réussir, et l'emploi de ces moyens, l'exécution du plan projeté par l'esprit. Si un néjrocialcur invente de mauvais moyens, propres à éloigner du but, au lieu d'en rapprochci', il est malhabile ; si, lors de l'exécutiou, il propose, dans une circonstance défavorable, ce qu'il a dessein de faire agréer, ou s'il le propose mai, s'il irrite les ppr^on^es qui |)()urraieni le servir, et met sa conliancc en celles qui ont intérêt à le trahir, il est maladroit.
MALADEtoiTEME>T. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // s'est excusé maladruiletnent, il s'est maladroitement excusé.
Malaise. Subst. m. Manque de choses nécessaires aux besoins de la vie. On dit en ce sens : Cet homme est dans le malaise. On dit aussi cet homme est pauvre et malaisé. Mais l'adjectif malaisé a une acception (pie n'a iioint le substantif/«aZatsc. 11 est synonyme de diflicile: Cette affaire est malaisée. De l'adjectif ///«/(( tW, pris en ce sens, on a fait l'adverbe malaisément.
Malaisé, Malaisée. Adj. qui ne se met qu'après sou subst. : Une chose malaisée. — Un riche malaisé. Voyez Malaise.
Malaisément. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : yous réussirez inalaisément. Voyez Malaise.
Malavisé, INIalavisée. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Un homme malavisé, une femme ■malavisée .
Malbati, Malbatie. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Un homme mulhâli, une femme malhûtie.
Malcontfnt, Malcontente. Adj. qui ne se rael qu'après son subst. : Un homme malcnntent, une femme malcnntenle. Voyez Mécontent.
Mai.e. Adj. des deux genres: Enfant mâle, perdrix mâle. — En ce sens, il se met toujours .■;)ros son subst. — Dans le sens figuré, on peut ieukittre avant, lorsque l analogie et l'iiarmniiie l'i pertoel'.enl : Couraye mâle, résolution mule, vertu mdle. — Son mâle courage, cette mâle résu(u tien.
C'est li ce qn'allendiienl ma liaine et ma colère De la mMe vertu qui fait ton caractère.
(Volt., Mort de Cétar, acl. II, se. IT, 76.)
Voyez Adjectif.
Malédiction. Subst. f. Imprécation qu'on prononce Contre tpielque objet malfaisant. Un |ière irrite maudit son enfant ; un homme violent maudit la pierre qui le blesse; le peuple maudit le souverain qui le vexe; le philosophe qui admet la nécessité dans les événements, s'y
MAL
1 soumet et ne maudit personne. — On croit que la malédiction assise sur un cire est une espèce de caractère; un ouvrier croit que la matière
! qui ne se prête pas a ses vues est maudite; un
! joueur, que l'argent iiui ne lui proiile pas est
j maudit.
Malencontreux, MALF.NCONTr.ErsE. Adj. Il se dit des iiersonnes et descllo^es. Un homme malencontreux, sujet à rciicoiiirer des choses fâcheuses. Un événement matencuntrevx , qui [loito malheur. En parlant des jM-rsonnes, il ne
j se mel(iu'a|irèssoii siibsi. ; en pail.uit des choses, on peut (inelqucfcis le mettre avant : Ce malen-
I conireux événement.
I Malfaihe. V. n. et dcfeclueux de la 4* conj.
! Il n'est usité qu'à l'infiiiitir, mal faire, et au participe passé, iiialfiit. 11 jireiid l'auxiliaire avoir. — L'Académie n'admet ijuc l'iiifiiiitif.
j Malfaisant, Malfaisante. Adj. H ne se mel
j guère (ju'uprès son f iibst. : Un homme malfaisant, un esprit malfaisant. — U ne humeur Tnal
I faisante. — Une nourriture malfaisante.
\ Malcracieux , Malgracielse. Adj. Disgra-
! deux a une teinte plus forte.
Malgré. Préposition. Elle régit les noms sans le secours d'une autre préjtosition : Malgré son père, malgré ses supérieurs. — Malgré la pluie, mulgié lu grêle. Ou ne peut dire malgré que, que dans ces sortes de jibrases : Malgré que vous en ayez, malgré qu'il en ait, c'esl-a-dire »/ja?^re Vos efforts, malgré ses elforis. En effet, malgré que veut {ï\ïc mauvais gré que, quelque mauvais gré que ; on ne doit donc pas dire, malgré i\\ï'\\ ait fait cela, malgré ipie je fusse, malgré quej'c sois; il faut dire, (pioiipiil ait fait cela, quoique je fasse, t\uou\ncj'e sois.
Malhabile. Adj. des deux genres. On dit un homme malhahile, et un vialhabde homme. Voy. Maladroit.
Maliiabilehent. Adv. On peut le mettre entre l'aiixiliairc et le parlici|)e : // .t'y est pris malhabilement, il s'y est malhubileuient pris.
Malheureusement. Ailv. 11 se met quelquefois au commencement de la phrase : Malheureusement il tomba de cheval. On le met aussi après le verbe : Il a vécu maiheureusejnent; ou entre l'auxiliaire et le participe : Il a malheureusement vécu.
Malheureux, MALnEOREDSE. Adj. Il peut précéder son subst., lorsque l'analoirie et l'harinonie le permettent : Un Itomme malheureux, un malheureux enfant, un ami malheureux, mon malheureux ami; un choix malheureux , un malheureux choix; un jour malheureux, un malheureux Jour; une rencontre malheureuse, une malheureuse rencontre ; une circonstance midheureuse, une malheureuse circonstance. — En parlant des personnes, lorscpi'il signifie mauvais en son genre, il doit toujours précéder son subst. : Un malheureux auteur, un malheureux écrivain. \'oycz AJjectif.
On dit indilTéreminenl une rie malheureuse,
une vie misérable ; c'est un malheureux , c'est un
j homme tnisérable. Mais il y a des cas où l'un de
ces deux mots convient, et ou l'autre neconvicnl
' pas. On est malheureux au jeu, on n'y est pas
J misérable, mais on deviciu misérable en perdant beaucoup au jeu. Misérable semble mar- I qiier un état fâcheux, soittpi'.jn y soit né, soi? j que l'on y soit loinliè. Malheureux semble mar- 1 quer un accident qui arrive tout à coup, et qui
MAL
mine iino forliinc naissante ou ptaWic. On pininf pi'0|irein(MU los luallieureux, on assiste les mtséraiies. AOici deux vers de Uac-ino qui expriment fort bien la différence de ces deux mots [Esth., ad. 11F, se. i, 41) :
Haï, craînt, enTié, souvent plu? miscrabU
Uue lousles mjlheiireux que mon pouvoir accable.
De plus, viiséralle a d'autres sens que malheureux n'a pas; car on dit d'un mrcliant auteur et d'un niéciiant ouvrage : Cest v» auteur 7nisérable, cela est luisèrable. On dit encore a peu près dans le uièinesens : f"^«us me traitez comme un misérable , c'esl-;i-dirc vous n'avez nulle considération, nul c^'ard pour moi. On dit encore c'est vil vtisérable, en pariant d un iiomme méprisable par sa bassesse et par ses vices. — On emploie (puhpiofois malheureux dans le même sens : C'est vu iinilheureuT que les honiicles gens ne peuvent plus vnir. (Acad.) — Enfin, misérable s"appli(iue aux choses inanimées, au tctnps, aux saisons, etc. \ oyez Gueux.
Malhonnête. Adj. des deux genres. En parlant des clioses, il ne se met qu'après son subst. : Une action luulhonnètc, une conduite malhonnête, un procédé mtilhniincle. — Ou dit vn malhonnête luimme, pour diie un homme ipii manque d'honneur et de probité. Un liouime malhonnête se dit d'un liomme qui manque à la civilité, à la iioliiessc, aux égards que les hommes se doivent les uns aux autres dans la société. Voyez Adjectif.
Il ne faut pas confondre ce mot avec déshonnête. Déshonnète est contre la pureié, contre la pudeur, contre la bienséance. Malhonncie est contre la civilité, et quelquefois contre la bonne foi, contre '. i droiture. Le premier ne se dit que des choses; le second se dit également des choses et des personnes.
jNIauce , Malignité , Méchanceté. Substantifs féminins. La malice est une inclination à nuire adroitement et finement; la malignité, une malice sccrélc et profonde; la méchanceté, un penchant a faire du mal. En effet, le propre de la wiaZt'cc est l'aiiresse et la finesse; le |)ropre de la malignité, la dissimulation et la profondeur : le propre delà méchanceté, l'audace et lairocité. — Le substantif malignité a une tout autre force que son adjectif malin. On permet aux enfants d'ôire malins, on ne leur passe la malignité en quoi que ce soit, parce (pie c'est l'état d'une âme qui a perdu l'instinct de la bienveillance, qui désire le maliieur de ses semblables, e! souvent en jouit On leur passe des malices, on va même (juciquefois jusqu'à les y encourager, parce que, sans tenir à rien de révoltant, la mulice suppose une sorte d'esprit dont on peut tirer parti par la suite. Celte sorte d'indulgence est pourtant dangereuse; car la ruse que suppose la malice dispose insensiblement à la malignité, parce que rien ne coiiie a l'amour-propre pour réussir; et de la ■malignité à la méchanceté, il y a si peu de distance, (ju'il n'est pas difficile âe prendre lune pour l'autre.
Il y a dans la malignité plus de suite, plus de profondeur, ])lus de dissiuuilation, plus d'activité »iue dans la malice. La malignité n'est pas aussi dure, ni aussi atroce que la méchanceté. Elle fait verser des larmes, mais elle s'attendrirait peut-être si elle les voyait couler.
L'Académie ne dit malice que des personnes et
MAL
du péché. Racine a dit la malice du sort [Esth., act. IV, se. I, 73) :
Aux malices du tort enfa c^crctei-vous.
On dit être exposé à la malice de quelqu'un, se garantir de la wvaWcc ào. quel qu'u n Je reslaist toujours exposé à la malice <le mes cnunmis, et je m'étais presque àté les in'ujcus de m'en garantir. (Montesquieu, WIV lettre persane.)
Maliciel'skment. Adv. On peut 'e mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a dit ce/a malicieusement. Il a malicieusement interprété celte réponse.
Malicieux, Malicieuse. Adj. Un homme malicieux, une femme malicieuse, un enfant malicieux. — Un dessein malicieux. On |ieut le mettre avant son sulist. : Un mtdicieux dessein, une malicieuse intrigue
Malignkment. Adv. On iicut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a dit cela malignement il a malignement interprété ce passage.
Malin, Maligne. Adj. Un homme malin, un esprit malin. — Disrrurs malin. On peut le mettre avant son subst., lorsijue l'analogie et riKirm>>nie le |)crmettent : Une inaligne bêle, une malii/ne interprétation, une maligne joie, un malin Vouloir; l'esprit malin, le malin esprit. Voyez Adjectif.
Klle avait évilé la perfide machine.
Lorsque se rencontrant sous la main de l'oiseau, Elle sent son onaU maline.
(La l'oNT., liv. VI, fable XYl, 10.)
Remarquez qu'on ne dit pas la main de rotseau, qWongle est masculin, et qu'il n'est pas permis de prononcer maline, ce qui est toiUefois très-commun dans nos provinces. (Cb. Nodier, Examen crit. des Dict.)
Malingre. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Un homme viulingi-e, une femme malingre, un enfant vialingre.
Malintentionné, Malintentionnée. A<lj. Cet adj. ne se met qu'après son subst. : Un homme malintentionné, une personne malintentionnée.
11 y a des mécontents dans les temps de troubles; il y a en tout temps des rialintenlionnés. Le mécontcnteiuenl cl la mauvaise intention peuvent être bien ou mal fondes. Le mécontentement ne se prend pas toujours en mauvaise part ; il est rare que la mauvaise intention soit excusable; elle n'est presque jamais sans la dissimulation et l'hypocrisie.
Malpuopre. Adj. des deux genres. Sale. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme malpropre, une femme malpropre. — Des meubles malpropres, un habit malpropre, une chambre malpropre.
Autrefois on disait malpropre, pour signifier qui n'a pas les dispositions nécessaires pour réussir à une chose. Corneille a dit [Rodogune, act. I, se. VI, 85) :
Vous me trouvei malpropre à celle confidence.
Malpropre, dit Voltaire à l'occasion de ce vers, ne doit i>as entrer dans le style noble. Il ne doit entrer dans aucun style, à cause de l'équivoque. On (lit aujourd'hui peu propre; mais Corneille et Molière ont toujours dit malpropre en ce sens.
MALPnopRE.MENT. Adv. Ou pcul quclqucfols Ic mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il tra-
MAN
raille inalprrprement, il a malproprement traruillc.
Malsain, Malsaine. Adj. qui se met toujours nprèsson sul)Sl. : Un homme malsain, une femme malsaine. Un air malsain, une nourrilure malsaine.
Malséant, Malséante, Adj. qui ne se met qu'après son subsl. : Un air mulsiiunt, une conduite malséante.
Maltraitkr. V. a. de la 1" conj. Selon Ccaulée, maltraiter iisniùc fuire outrui^'e ù queli|u'iiii, soit de paroles, soit de coups de main; traiter mal, signilie faire mauvaise clière à quelqu'un, ou n'en pas user à son gré. Il observe que, dans les temps cuinposes du verbe traiter mal, le gi;nie de noire lani^ue exige (jue l'ailverhc 7nal |)asse avant le pariicipe traité, il m'a mal traité, ce qui semble le rajjprocher du verbe maltraiter; mais alors la dilTcrcnce des sens que l'on vient d'indiquer doit toujours avoir lieu, et elle se remarque jusque dans l'orlhograplie. Maltraite, en un scnl mot, vient d(i?naltraiter; mal traité, en deux mots, vient de traiter mal. Psous ajouterons que cette différence n'éiant pas sensible dans la prononeialion, il est bon, pour jjrévonir Téquivo pie, d'ajouter lien ou fort a înal; car alors on pourra le mettre aijfès le participe : Il m'a mal traité, il m'a traité fort mal.
Malveillant, Malveillante. Adj. On mouille les /. On l'emploie plus ordinairement comme subslanlif : Les malveillants. Prisadjecliveiiionl, on pe'.ii 1(; mettre avant son subsl., lorsque l'analogie et riiarmonie le permettent : Un caractère ma Ive /liant, avoir de malveillantes intentions.
Mami-.ld, Mamelue. Adj. qui ne se met qu'après son subsl. : Un homme mamelv, une femme inamelue.
M'asiie, M'amodr. Substantifs féminins. Termes de mignardise et de tendresse qui ne s'emploient que familièrement. On dit aussi i|uelquefois m'amie, en parlant à une femme dune basse classe. On le dit aussi dans un sens de dénigrement cl de mépris, en i)arlaiil a une femme que l'on regarde cummo fort au-dessous de soi: Apprenez wi'aniie que je ne suis point disposée à souffrir vos impertinences. — I/Àcadémie, au mot amour, dit que m'amour est une expression (|ui s'employait anciennement pour won «wioM?-; mais elle écrit 7/m mie, et non pas /«'a/Hze.
MA>f;H0T , Manchotte. Adj. qui ne se met qu'après son subsl. : Un homme manchot, une femme manchotte.
Mamdille. Subst. f. On mouille les l.
Manes. Subst. m. plur.
Et Thésée a rejoint les m )ne« de tos frères.
(Hac, Pbcd., acl. U, se. I, VZ.)
Il se met toujours au pluriel, même en parlant d'une seule personne : Les viûncs d'Jchille.
Mangeable. Adj. des deux genres. L'<?(iui suit le 5 est entièrement muet. 11 n'est là que pour donner au g un son doux, cpi'il n'a pas devant Va. Il se dit le plus souvent avec la négative: Cela n'fst pas mangeable, et nc sc met qu'après son subst.
Ma.ngeant, Mangeante. Adj. verbal tiré du v. meîiger. Ve n'est là que pour donner au g un son doux, qu'il n'a pas devant l'a. Il ne se met (lu'api'ès son subsl. : Un homme qui est bien buvant et bien manr/eani.
Manger. V. a. de la 1" conj. Dansée verbe, le g a la i)rononciaiion du j, de sorte qu'il faut mel-
MAN
tre à la suite de cette leilre un e muet, lorsqu'elle est suivie d'un « ou d'un o, ce qui lui donne la prononciation u\i j : Je mangeai, mangeons, et non |)as, je mangai, mangons.
1\Iani\uli;. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Du cuir maniable, du fer maniable, un marteau qui n'est pas maniable. — Un e.iprit maniable.
Maniaque. Aiij. des deux genres q\ii ne se met qu'après son subst.
-Manie. Subst. f. L'Académie ne l'indique point dans le sens que lui donne Kacine dans les vers suivants (/jd/jj>., act. IV, sc. i, 1) :
Quelle étrange manie Vous peut faire envier le sort d'Ipliigénieî
Ce mot entre dans la composition de i>lusieurj autres mots, |)our signitier une passion déréglée, un goùl dérègle pour (pielque chose : L'anglomanie est un goùl déiéglé pour les mœurs et les usages des Anglais. La b ihlioma nie c^l une passion déréglée pour les livres, etc. De là on a fait anglomaiie, hibliomane, etc.
Maniement. Subst. m. On prononce maniment. L'e ne sert ([u'à rendre longue la syllabe ni.
Manière. Subst. f. Moyen particulier de faire une chose. —En termes de peinlure, lai dit avoir une manière, ou avoir de la manière , deux expressions qui ne signifient pas la même chose. <,>iioique la nature n'ait point de manii-re, on appelle belle manière, luie grande manière, le faire de ceux «jui l'imitent dans un si y le sjvant. C'est un éloge que la manière prise en ce sens; elle n'est (ju'une élégante exagèralinn de la vérité. Mais lorsqu'on dit iju'uii dessinateur met de la manière dans tout ce (]n'il fait, (pi'il '^ a de la munière dans son trail, dans sa manœuvre, dans ses effets, c'est un reproi he. Ou fait eniendrepar là qu'il sort en tout du ton de la nature, ([ue ses contours ne sont point justes, que son clair-obscur est altéré, etc.
Le style et la manière nc sont que la même chose Sous des noms dilïérents. L'usage a assigné le terme de manière à la peinture, et celui de stylo à l'art d'écrire. Ainsi l'on dit, ce tableau est dans lu manière de liiiphac!, comme on dit ce plaidoyer est dans le style de Cicémn. — Depuis <]uelque temps, cependant, on parle de style en peinture, et de /«az/tc/'e dans les belles-lettres.
De manière est suivi, ou de que, ou de la préposition à : lùiiics les choses de manière que tout le monde soit content, OU de munière à contenter tout le monde.
Maméi'.é, Maniérée. Adj. 11 ne se met qu'après son subst. : Un homme maniéré, un auteur maniéré, un style maniéré. — En peinture, ,^^M/'e5 maniérées , composition maniérée, couleur maniérée, draperies maniérées.
Manieur. Subst. m. La Bruyère a employé ce mol fort à [jropos dans la phrase suivante : Le manieur d'argent, V homme d'affaires, est un ours qu'on ne saurait apprivoiser. (Cliap. VI, Des biens de fortune, p. 2/8.)
Manifeste. Adj. des deux genres. Il ncse met (piaprès son subst. : Une erreur manifeste, un crime manifeste.
Manifestkjient. Adv. Il ne se met qu'après le verbe ; On lui a fait voir manifestement, et non pas, on lui a manifestement fait voir.
Manigance, .Manigancer. Ces deux mots ne peuvent être employés dans le style noble.
Manme. Subst. "f. Drogue. L'Académie dit
MAN
qu'on prononce mîine. Férarnl observe, avec raison, qu'il faudrait l'écrire de niêuic, et qu'on ne de\rail pas craindre do le confondre avec les mânes, parce que ce dernier se dit toujours au pluriel, et la manne toujours au singulier. — Celle oribograi>lie aurait encore ravania;:e de distinguer ce mot du mot manne, panier, dont la première syllabe est brève, (pioiqu'oM l'écrive comme l'Académie veut qu'on écrive manne, drogue.
]Ma>oeuvre. Suhst. m. II signide littéralement celui fjui travaille de ses mains; mais on ne s'en sert (]ue pour signifier un homme qui sert au compagnon niac^'im, pour lui gàclier le plaire, pour nettoyer les régies, pour apporter sur son ccbafaud les moellons et autres choses n<'cessaires.
On appelle ^ussi figurément et j)ar mépris, manœiirie, un homme (\'.i\ exécute un ouvrage d'art grossièrement et par routine.
Il y a cette diffén-nce entre manœuvre et manœtivricr, que ce dernier ne se dit que de l'art de la manœuvre dans la navigation. — L'Académie remarque (pi'il se dit aussi en parlant de la manœuvre des iroupes de ti'rre.
Manque. Subsi. m. Ce qui manque à une chose pour qu'elle soii complète, entière, jiour qu'elle soit telle qu elle doit être, telle qu'elle est ordinairement. 11 ne faut pas confondre ce mot avec manquement. Manque a rapport à la chose à laquelle il manipic (]ueU]\\e i-hose\ manquement ;i rappori à la personne qui fait (luc la chose n'a pas ce qu'clU doit avoir. Manque de parole est ce qui nîan(|uc à la parole pour être tenue, pour être elïci'luèe; manqiiernent de purole est l'action de celui qui cause le manque de parole, en ne tenant |)as parole: Ce inanque de parole me mil dans l'embarras. Son manquement de parole •m'irrita contre lui.
Manquement est synonyme de faute. Le manquement e»i une faute d'omission, tandis ipje la faute e^l lanlôl de conuiieilrc ce qui n'est pas permis, tantôt d'omettre ce qui était prescrit. Par la faute on fait mal, par le manquement on n'observe pas la règle. Dans la fuite, il y a toujours une omission qui forme le manquement proprement dit. Le manquement est fait â la règle; ainsi on dit vn manquement de fà, de respect, de parole ; on ne dit pas une faute de parole, de respect, de fui. Ce terme marque l'ojiposilion au bien, le mal.
Manquement. Subst. m. Voyez Manque.
Manquep,. V. n.dc la l""con . Ce verbe a divers sens, suivant ([u'il c>t neutre ou aclif. On dit abaoluraenl manquer, dans le sens de faillir, tomber en faute : "Fous les hommes sont sujets à manquer. On dit qu'une arme à feu a manqué, lorsqu'elle n'a pas pris feu, qu'elle n'a pas fait explosion, quoiqu'on ait fait tout ce (ju'il fallait pour lui faire produire cel effet. Manquer dans le sens de faute de, régit la prèp'osition de: Manquer i argent, de mvnilinns, de cœur, de résolution, d'occasion. — On dit aussi inanquer de foi, di- parole, [lour dire, n'avoir ])oint de Itonne foi, no pas tenir sa parole. — Manquer à, c'est ne pas faire ce qu'on doit : Manquer à la règle, manquer à son devoir, à ses amis, à ce qu'on a promis, à son honneur, à sa parole. Une maison manque par les fondements, un cheval manque par les jambes. — On dii les vignes ont manqué, les fruits ont manque, ces terres ont manqué. Cette année la sécheresse, fut très-grande, de vianière que les terres qui étaient dans les lieua; élevés manquèrent absolument, tandis que relies qui purent être arrosées furent très- fertiles.