MAR
(Montesquieu, XI" lettre persane.) — Activement. Manquer son coup, ne pas réussu" dans son dessein; majiqucr l'occasion, la laisser échapper; manquer quelqu'un, ne jtas le trouver, venir trop tard dans l'endroit où il était; manquer un lièvre, une perdrix, ne pas les tuer, pour n'avoir pas tiré juslc. Ce verbe s'emploie avec le pronom personnel. On dit se manquer à soi-même, pour dire, manquera ce qu'on se doit, se faire ti;rt.
IMansdétdde. Subst. L Corneille n'a-t-il pas grande raison de traduire par déb nnaire le mot grec d'Aristote , si mal traduit par fainéante En effet, le caractèie de la mansuétude est opposé à colère; fainéant est Oppose à laborieux (\'oltaire, Remarques sur le 1 '" discours de Corneille.)
Manuel, Manuelle. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Ouvrage manuel, travail manuel, distribution manuelle.
Manuellement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Donner, recevoir quelque chose manuellement.
Manuschit, Manuschite. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Pièce manuscrite, copie manuscrite.
MAi'.AicHEK. Subst m. On appelle maraîchers, a Paris, des jardiniers ([Ui culiivcnt, dans l'intérieur (le colle ville ou dans les on\irons, des terres tpii n'étaient autrefois que des marais.
Marasme. Subst. m. Mirabeau a dit le marasme politique: Le ministère anglais pourrait espérer, en favorisant la discorde, en laissant de l'esp: ir aux mécontents, de nous voir peu à peu tDiiber dans un dégoût égal du despoiisuie et de la liberté, désespérer de nnus-mèmes, nous consumer lentement dans un marasme /"'/i/î'yj/e. Je iiensc que cette expression mérite d'être accueillie.
iMahatre. Subst. f. Ce mot s'emploie bien dans le siyle noble.
Dangereuse marâtre, à peine elle vous vit
(Rac, Phéd.., acl. I, se. I, 39.)
Périsse la marâtre.
Périsse le cœur dur, de soi-même idolâtie. Qui peutgoûleren paix dans le suprême rang Le barbare plaisir d'Iiëriler de son sang!
(Volt., ife'r., act. I, se. i, 53.)
11 s'emploie au figure, comme nom, et même comme adjectif :
La noture marâtre en ces alTreux climats No produit, au lieu d'or, que du fer, des soldats. (CbebillON, Rhadumiste et Zenotie, acl. II, SC. II, 49.)
Marchander. V. a de la 1"^' conj.
Je sais que les Romains, qui l'avaient en otage, L'ont enlin renvoyé pour un plus digne ouvrage; Que ce don à sj more elail ie prix f.il.il Dont leur Fliminius marchandtit Annibal.
{Cou., Aicom., acl. I, se. i, 19.)
Voltaire dit au sujet de ces vers : Cette expression populaire, marchandait, devient ici trèséner::iiiueet (rés-noble, par l'oiiposiiion du grand nom'd'Annibal, qui inspire du respect. On dirait très-bien, même en prose, cet empereur, après avoir marchandé la couronne, trafiqua du sang des nations. [liemurqiies sur Corneille.) MiRCHEB. V. n. de la 1" conj. Ce verbe, em-