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sens vague et indéfini, et la seconde quand on veut lui donner un sens défini.
Mer basse et ia.f.se mer ne signifient pas tout à fait la mèine chose. La mer est basse en cet <';i</ro«7, c'est-à-dire il n'y a pas beaucoup d'CaU. La basse mer, c'est la mer vers la lin de son reflux. On appelle pleine mer ou haute mer, la mer éloignée des rivages. Il semble que hatte mer indique un eloignemcnt plus considérable.
AIehcantile. Atlj. des deux genres, qui ne se met cpi'aprés son subst. : Contrat mercuntiic, profession mercantile, esprit mercantile. Ce'. te dernière locution ne se prend qu'en mauvaise pan.
Mercenaire. .\dj. des deux genres, qui ne se met qu'après son subst. : Travail mcrccnuin-, un homme mercenaire , une âme mercenaire. Des troupes mercenaires. Si ce mot est pris comme une modification de l'âme, il signifie un caractère inspiré par an intérêt sordide C'est dans le même sens qu'on dit des actions, des discours, des amitiés, des amours mercenaires.
Mercenairement, Adv. On ne le met point entre l'auxiliaire et le participe: Il a agi mercenairement.
Merci. Subst. f. (jui n'a point de pluriel.
Méridional, Méridionale. Adj. qui ne se met qu'après son sub>t. : Pays méridional, peuples méridionaux, cadran rnéridional.
Merveille. Subst. f. On mouille les l. Il ne faut pas confondre faire inervcille, où ce mot est employé indéfiniment et sans article, et faire des merveilles, où il s'emploie avec l'article. L'un signifie /"«ire très-bien, faire y est neutre, et il ne se dit que des choses. L'autre signifie faire des choses merveilleuses , le verbe faire y est actif, et il ne se dit que des personnes : Cette figure fait merveille dans ce discours; cet orateur a fait aujourd'hui des merveilles. — Dans le iliscours familier, on dit qucliuefois faire merveilles, dans ce dernier sens, on parlant des personnes, et en supprimant l'article et mettant merveilles au pluriel. L'Académie met sans remarque: // fil des merveilles ce jour-là. Mais faire des merveilles ne se dit jamais des choses. — L'Académie, dans sa dernière édition, écrit faire merveilles, et n'admet point faire merveille en donn.int au verbe un sens neutre. Aussi n'eniiiloie-t-elle cette locution qu'en parlant des personnes.
Merveilleusement. Adv. On mouille les l. On peut quchpiefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a travaillé merveilleusement, OU il a mcrveilleu sèment travaillé. Cet ouvrage est merveilleusement fait, ou est fait merveilleusement.
Merveilleux, Merveilleuse. Adj. On peut le mettre avant son subst. lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un homme merveilleux, c'est une chose merveilleuse, c'est U7ie merveilleuse chose que... — Ironiquement, roî/,ç«?/t« un merveilleux homme.
Merveilleux est un de ces mots que l'on emploie souvent par exagérati(m. Pour certaines gens, et surtout pour certaines femme*, tout est merveilleux, ou tout est affreux. Celte exagération est un riilicule pour les gens sensés.
Mes. 'V'oyez Mon.
MÉsANCE. Subst. f. Trévoux le marque masculin et féminin. Ou ne le fait que féminin : Ujte mésange.
MÉSESTIMER. V. a. de la l'^conj. Il dit moins que mépriser. Mésestimer, en [larlant des choses,
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se prend toujours en mauvaise part, et signifie app.vcicr les i hoscs au-ilcbsous de leur ju^le valei:r. AJcil esiimir se dit, soit en bien, soil en rn;il, ei c est csiiincr ou au-dessus ou au-dessous de la jiîsic valeur.
* >iÉsiMrr.i'BÉTER. V. a. de la J" coiij. Ce mot, ijue l'ou ne trouve point dims le Dictionnaire de l'^hadéiine, a clé employé p;ir J.-J. Eousseau. H si^nilic inlcr|)réler delavoiablomcnt : Je ne suis pus si prompt que rous à iiicsiiiterpri'ter les inulifs de mes amis. (J.-J. Roussea"!.)
•MÉsoFmiR. V. a. et irrcg. delà 2"" Lujnj. Il se conjugue couime ouvrir. \ oyez IrréguUer.
Mesquin, .Mesqui>r. Adj. (fui ne se met qu'après sou subsl. : Un homme mesquin, vue femme mesquine. — Un air mesquin, une dépense mesquine.
Mesquinement. Adv. On pe.il quelquefois le mcllieeiiire l'auxiliaire ei le parlicqic : Il nous a traitis mestjuinemcnt, il ?i/us a mesquinement traités.
Messé.vnt, Messéante. Adj. qui ne se met qu'après son subsl. : Une chose messéante.
Messeomi. V. n. de la 3« conj. Ce verbe, qui signilie ne pas convenir, ne pas éirc séanl, n'est plus d'usaij'e à l'inlinitif, cl s'emploie aux mêmes temps que seoir dans le sens d'élre convenable.
Mesdue. Subsl. f. On dit rompre les viesures de quelqu'un, il a rompu toutes mes mesures, c'esl-à due il a rendu inuliliîs tous mes projets. On joint aussi ii celle expression la prcposiliou avec: Les /''^audois, quoiq uc condu mnés , n'acuient pas encore rompu toutes mesures avec l'Eglise romaine. [boS^i. , JJist. des variations des églises protestantes, liv. Al, § 7S.) La Bruyère a dit être jetés hors des mesures : L'on est né quelquefois avec des mœurs faciles, de la complaisance et tout le désir de plaire ; mais par les traitements de ceux arec qui l'on vil ou de qui l'on dépend, on est jelé hors de ses mesures, et même de si>n natuntl.
A mesure que, expression conjonctive qui régit l'indicalil' : A mesure que l'un avançait, l'autre reculait. — L'Académie dit qu'on le mcl aussi quelquefois absolument sans que, et qu'alors on le met toujours à la fin de la plira-^e : Travaillez, et l'on vous paiera à mesure. — Elle donne aussi maintenant l'expression à mesure de, dont (juclques bons auteurs se sont servis: L'Allemagne est la seule puissance qui se fortifie à mesure de sesper/es. (Montes(]uieu.) Les Romains augmentaient toujours leurs prétentions à mesure de leurs défaites. (Munlcsiiuieu, Grandeur et décad. des /{uni. ,ch. i.j J.-J. Rousseau A liii devenant de jour en jour plus puissant, il devenait plus odieux en même mesure.
Méslser. V. n. de la 1^' conj. Il dit moins qu'abuser. On mésuse de la chose qu'on emploie mal, on abuse de la chose qu'on emploie à faire du vud.
* MÉTAiL. Subsl. m. Voyez Métal.
Métal. Subst. m. 11 fait au pluriel métaux. Les noms des métaux et des aromates ne s'emploienl point au jiluriel, i)arce qu'ils désignent comme iniliviiluelle la masse de chacun de ces métaux et de ces aromates. Leur nom est. à la vériié, celui d une cs|>èce, mais d'une espèce considérée individuellement , et (pii ne renferme point d'individus distincts. En eflet, quand on les considère comme mis en œuvre, divises en plusieurs parties, et qu'on y distingue do,> qualités qui permettent de les ranger dansdifférenies
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classes, alors ils |)rcnnent un |iluricl, et le noir devient un nom commun ou appcllat if: Des cuivres de différentes couleurs, lesplombs d'un bâtiment.
Métal, Mitnil. Il ne fiut pas confondre ces deux substantifs. 1 e premier se dit d'un corps minéral qui se forme dans les entrailles tle la terre, cl (pii csl fusible et iniiKéable. l.e second est une conqujsiliun de métaux, ou un mélange de métaux, avec ce qu'on appelle des demiinélaux. L'or est un métal, te sirnilor un métuil. L'Académie a omis ce mol, que l'on trouve dans Buffon et dans d'autres lioii-> auteurs.
MÊiALKi'SE. Subst. f. C'est une ligure parla- . quelle on explique ce qui suii |tuur f;iire entendre ce qui précède, ou ce ijui piéccde pour faire entendre ce qui suit; c'est-a-dire une espèce de méionyinie où l'on prend l'aniéccdent pour lconséquent, ou le conséiiuent pour l'anlécédciit.
On croit avant que de parler; ^'e crois, dH\c prophète, et c'est pour cela que je parle. Il n'y a point là de méialepse; mais il y a une mélalepse (juand on se sert de parler ou de dire pour signifier croire : Direz-rous après cela que je ne suis pus de vos amis? c'esl-a-dire croirez-vous^ aurcz-vous sujet de croire?
On rapporte de même à la mélalepsc ces façons de parler : Il oublie les bienfuits, c'est-à-dire il n'est jias reconnaissant. Som-enez-vous de notre convention, c'csl-à-dire observez notre convention Seigneur, ne vous ressouvenez point de nos fautes, cest-à-dire ne nous en punissez point, accordez-nous-cn le panlon. Je ne vous connais pas, c'esl-à-dire je ne lais aucun cas de vous, je vous méprise, vous clés à jnon égard comme n'étant point. — Il a été, il a vécu, veut dire souvent, il est mort; c'est l'antécédent pour le conséquent.
. . . C'eu est fait, madame, et j'ai vteu ;
(lUc, ^ithr., act. V, se. ▼, 52.)
c'est-à-dire, je me meurs.
La métalcpse se fait lorsqu'on passe, comme par degrés, d'une signification à une autre. Par exemple, les poètes prennent les hivers, les étés, les moissons, les automnes, et tout ce qui n'arrive qu'une fois en une année pour l'année même. Nous disons dans le discours ordinaire, c'est un vin de quatre feuilles, pour dire c'est un vin de quatre ans; et, en termes d'eaux et forcis, on dit bois de quatre feuilles, pour dire bois de quatre années.
Ainsi le nom des différentes opérations de l'agriculiure se prend pour le temjis de ces opérations, c'est le consé(iuenl pour l'antécédent. La moisson se prend pour le leiufts de la moisson ; lu vendange |>our le temps de la vendange. // est murt pendant la moisson, c'esl-a'dire dans le temps de la moisson. La moisson se fait ordinairement dans le mois d'août ; ainsi, par métonymie ou méUilepse, on appelle la moisson [août, qu'on prononce Voût; alors le temps dans lequel une chose se fait se prend pour la chose même, et toujours à cause de la liaison que les idées accessoires ont entre elles. (Extrait de Dumarsais.)
Métallique. Adj. des deux genres, qui ne se metiju'aprésson subst. : Corps métallique, partie métallique, couleur métallique. — Science ?iiétullique, histoire métultique.
Métaphore. Subst. f. C'est, dit DumarsaiSj une figure par laquelle on transporte, pour ainsi
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dire, la sianificalion pri)prc d'un nom (ou |)liilôt d'i/« mol) il une iiuiio t-ignilicalion qui ne lui ronvicMl qu'en vcilu d'une couipaniison qui csl dans l'espril. Un mot pris dans un sens niiHapliorique pciti sa signiricalion propre, et en prend une nuuvollc ipii ne se présente à l'esprit (|uc par la roni|)araison cpie l'on fait entre le sens propre de ce mot, et ce ([u'on lui compare. Par exemple, i|uand on dit tpie le mensonge se pare souvent des cmilcurs de la vérité, dans celle phrase, couleurs n'a jilus de signilicatioii |)ro|>re et primitive; ce mot ne uiar(iue plus celle iumit'i'e inodiliée ipii nous l'ail voir les objets, ou iilancs, ou rouges, ou jaunes, etc. ; il signiiie les dehors, les ai)pareiices, et ("ela par comparaison cnlrc le sens |)ropre ilc covleurs, el les dehors (juc jircnd un hounnc (pii nous en impose sous le masque de la sinccriié. Les couleurs font connaître les objets sensiiiles; elles en l'ont voir les dehors el les apparences. Un huinme qui ment imite (juelquefois si bien la contenance et le discours de celui (jui ne ment jias, *iue, lui trouvant le même dehors, et, pour ainsi dire, les mêmes couleurs, nous croyons ipj'il nous dit la vérité. Ainsi, comme nous jugeons qu'un objet qui nous parait blanc est blanc, de même nous sommes souvent la du|)e d'une sincérité apparente; el dans le temps qu'un inqjosleur ne fait que prendre les dehors d'homme sincère, nous croyons qu'il nous parle sincèrement.
Quand on dit la lumière de l'esprit, ce mot de lumière est pris métaphori(]uement. Car, comme la lumière, dans le sens propre, nous fait voir les objeis corporels, de même la faculté de connaiire et d'apercevoir éclaire l'esprit et le met en étal de porter des juKemenls sains.
La mélaphore est donc une espèce de tiope. Le mot dont on se seri dans la métaphore est pris dans un auire sens que dans le sens propre ; il est, pour ainsi dire, dans une demeure empruntée, dit un ancien; ce qui est commun el essentiel à tous les iropes.
De |)lus, il y a une sorte de comi)araison, ou (juelipie rapi)orl éipiivalenl, entre lemotampiel on donne un sens méta|)liori(pie, et l'oljjct à (pioi un \eut l'appliquer. Par exemple, (]uand on dit d'un lionune en colère que c'est un lion, lion est jiris alors dans un sens niélaphoriipic; on compare l'homme en colère au lion, el voilà ce qui distingue la métaphore des autres figures.
Il y a celle dil'ièrence entre la métaphore el la comparaison, que, dans la comparaison , on se sert de lermos ([ui font connaiire que l'on compare une chose à une auire; par exemple, si l'on dit d'un homme en colère qu'il est comme unliun, (l'ai une comparaison ; mais quand ou dit simiilement, c'est vnlwn, la comiiaraison n'est alors (jne dans l'esiiril, et non dans les termes : c'est une mêlapiiorc.
Mesurer, dans le sens propre, c'est juger dune quantité incoimue par une quantité coimue, soit par le secours du compas, de la règle, ou de quelque autre instrument ([u'on appelle mesure. Ceux «jui pretmenl bien toutes leurs [)récaulions pour arriver à leurs lins, sont comparés a ceux qui mesurent (piehiue quanlité : ainsi on dit par métaphore, cpi'i/* 0/1/ lien pris leurs mesures. Par la môme raison, on dit (lue les personnes d une condition médiocre ne doivent pas se mesurer avec les grands, c'est-à-dire vivre comme les grands, se comparer à eux comme on compare une mesure avec ce qu'on veut mesurer. Oh doit mesurer sa dépense avec son revenu
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c'est-à-dire qu'il faut régler sa dépense sur son revenu; la (pianlilè du re\enu doii être comme la mesure de la (luanlité de la dé|)ense.
Comme une clef ouvre la porte d'un api)arlemcnl et nous en domie l'entrée, de même il y a des connaissauies préliminaires (pii ouvrent, pour ainsi dire, l'entrée aux sciences plus profondes, txs connaissances des principes sont appelées clefs par métaphore. La grammaire est la clef des sciences, la logii/ve est la clef de la philosophie. On dit aussi d'une ville forliliée (pii est sur la frontière, (iu'('//<; est lu clef du royaume, e'est-à-dire que l'cimemi (jui se rendrait maitrc de celle ville serait a portée d'entrer ensuite avec moins de peine dans le royaume dont on pai'le.
f^tie ?,c (lit au propre de la faculté de voir, et par extension , de la manière de regarder les objets; ensuite on donne, par métaphore, le nom de vue aux pensées, aux projets, aux desseins. Avilir de grandes vues, perdre de vue une entreprise, n'y plus jienser.
G lût se dit au propre du sens par lequel nous recevons les impressions des saveurs. La langue est l'organe du goût. Avoir le goût dépravé, c'est-à-dire trouver bon ce que communément les autres trouvent mauvais, et trouver mauvais ce (pie les autres trouvent bon. Ensuite on se sert du terme de guûi par métaphore, pour mar- (picr le sentiment intérieur dont l'esprit est aflcclé à l'occasion de quelque ouvrage de la nature ou de l'art. L'ouvrage plail ou dé[)lait, on l'approuve ou on ledésapprouve; c'est lecerveau qui est l'organe de ce goùl-là : le goût de Paris s'est trouvé conforme au goût d'Athènes, dit Racine dans sa |)rèrace d'//)/ii^(;/ife; c'est-à-dire, comme il le dit lui-même, (pie les s|)eclaleurs ont été émus à Paris des mêmes choses qui ont misautrefoisen larmes le jjIus savant peupledela Grèce.
La mélaphore esl de sa natuic une source d'agrément, et rien ne flatte peut-être plus l'esprit que la reprêsenlaiion d'un objet sous une image étrangère. La métaphore, assujettie aux lois (|ue la raison el l'usage de la langue lui prescrivent, est non-seulement le plus beau et le plus usité des Iropes, c'en est aussi le plus utile. Il reinl le discours plus abondant, par la facilité descliangemcnls el des emprunts, et il prévient la plus grande de toutes les difficultés en désignant chaiiue chose |)ar une dénomination caractéristique. Ajoutez à cela que le piopre des métaphores csl d'agiter l'esprit, de le transporter tout (l'un coup d'un objet à un autre; de le presser, de comparer soudainement les deux idées qu'elles présentenl, el de lui causer, par ces vives et jjromiiles émotions, un plaisir inexprimable.
Mais, pour (pie les métaiihores produisent ces effets, il faut qu'elles soient justes cl naturelles. Les métaphores sont défectueuses:
•]" Quand elles sont tirées de sujets bas. Il ne faut pas imiter cet auteur qui dit (lue le déliioe universel fut la lessive de la nature, ni celui (pii i\'\li]\\e le gourmand fait de son ventre unégout incomuiode d'aliments et de breuvages; que l'esprit est unchampqui languit s'il n'est f u?né, elc.
2'! Quand elles sont forcées, prises de loin, et que le rapport n'est point assez naturel, ni la comparaison assez sensible, comme quand Théophile a dit [La Solitude, ode v, 145) :
Je baignerai mes mains fol.Ures Dans les ondes de tes cheveux;
et dans un autre endroit {Le Mutin, ode v. 33.V
La cliarrue nciirclie la plaine.
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On peut rapporter à la incinc espèce les métnphores tirées de sujets peu connus.
S" Il faut aussi avoir é'z:m\ aux convenances des différents styles. Il y à des métaphores (lui conviennent au style |)Oéti<jue, qui seraient d»-piacées dans le style oratoire. Boileau a dit {ode sur la pnse de I\ami/v, 5) :
Aeconrei, Ironpc savante; Des sons que ma lyre enfante Ces arbres sont rejouis.
On ne dirait pas en prose (]u'une lyre enfante des si'7t$.
4" On peut quelquefois adoucir une métaphore, en la changeant en comparaison, ou bien en ajoutant quel<iue correctif; par exemple, en disant pour ainsi dire, si l'on pcvl parler ainsi, etc. : L'art doit être pour ainsi dire enié sur la nature. La nature soutient l'art, et lui sert de base; et l'art embellit et perfectionne la nature.
5" Lorsqu'il y a plusieurs métaphores de suite, il n'est pas toujours nécessaire qu'elles soient tirées exactement du même sujet, comme on ' v-icnl de le voir dans un des exemples précédents. .£«/e est pris de la culture des arbres; soutien, 6a 5c, sont pris de l'archilecture. Mais il ne faut pas qu'on les prenne de sujets opposés, ni (jue les termes métaphoriques dont l'un est dit de l'autre, excitent des idées qui ne puissent point être liées, comme oi l'on disait d'un orateur, c'est vn torrent qui s'allume, au lieu de dire c'est un torrent qui entraîne. On a reproché à Malherbe d'avoir dit (liv. II, ode pour le roi, 2);
Prends ta foodre, Louis, et Ta comme un lion.
îi fallait plutôt dire comme Jupiter. Dans les premières éditionsduCid.Chimène disait (acl. III, se. IV, 133) :
Malgré des feux si beaux qui rompent nia colère.
Feux Ci rompent ne vont point ensemble. C'est une observation de l'Académie sur les vers du Cid. Dans les éditions suivantes, on a mis troublent au lieu de rompent, et celte correction ne parait pas réparer la première faute.
Écorce, dans le sens propre, est la partie extérieure des arbres et des fruits; c'est leur couverture. Ce mol se dit fort bien dans un sens métaphorique pour marquer les dehors, l'apparence des choses. Ainsi l'on dit ^\\\g tes ignorants ^arrêtent à l'écorce ; qu'il* s'attachent, qu'/7* s'amusent à l'écorce. Remarquez que tous ces verbes, s'arrêtent, s'attachent, s'amusent, conviennent fort bien avec écorce pris au propre; mais vous ne diriez pas au j)ropre, fondre l'écorce. Fondre se dit de la glace ou du métal; vous ne devez donc pas dire au figuré, fondre Vécorce. Cette expression, que l'on trouve dans une ode de Rousseau, doit donc [)asser pour trop hardie.
L'hiver, qui si longtemps a fait blanchir nos plaines, ITcnchaine plus le cours des paisibles ruisseaux; Bt les jeunes zéphyrs de leurs chaudes haleines Ont fondu I Vcorce des eaux.
(Ode VIII, lir m, 1.)
©> Chaque langue a des métaphores particulières qui ne sont point en usage dans les autres langues. Par exemple, les Lapins disaient d'une ixmdft: Dextrum et sinistrum cornu; et nous disons ïaile droite et l'aile gauche.
Il est SI vrai (juc chaque langue a ses méta-
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phores propres et consacrées par l'usage, que, si vous en changez les termes par les équivalents mêmes «pii en approchent le plus, vous vous rendez ridicule. Un étranger écrivant à son protecteur, lui disait : Monseigneur, vous avez pour moi des boyaux de père; il voulait dire des entrailles. On dit mettre la himière sous le boisseau, pour dire, cacher ses talents, les rendre inutdes; l'auieur du poiine de la Mudclaine ne devait donc pas dire (liv. vu), mettre le flambeau sous le muid.
A ces six remarques de Dumarsais sur le mauvais usage des métaphores, Beauzce ajoute un septième principe qu'il tire de Ouintilicn. C'est que l'on donne a un mol un sens mélaplioritiue, ou par nécessité, (juand on mantpie de terme propre, ou par raison de préférence pour présenter une idée avec plus d'énergie ou avec |)lus de décence. Toute méiapiiore <|ui n'est pas fondée sur une de ces conhidéralions est déplacée. Voyez Comparaison.
MÉTAPnoRiQLE. Adj. des deux genres. Il ne se met (|u'après son subst. : Sens métaphorique, expression métaphorique.
Métapuoriquejiem. .\dv. Il ne se met point entre l'auxiliaire et le participe. : Cela est dit métaphoriquement, et non pas cela est métaphoriquement dit.
Métaphysique. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Science métaphysique, connaissances métaphysiques, principes métaphysiques.
Météoroi.ociqde. Adj. des deux genres, qui ne se met qu'après son subst. : Observations météorologiques.
MÉxnoDE. Subst. f. C'est l'art de conciUcr la plus arande clarté et la plus grande précision avec toutes les beautés dont un sujet est susceptible. — On méprise la méthode ou on l'e.xalte. Bien des écrivains legardcnl les règles comme U's entraves du génie. D autres les croient d'un grand secours; mais ils les choisissent si mal, et les mullipliont si fort, qu'ils les reiulcnl inutiles, ou même nuisibles. Tous oui également tort, ceux-là de blâmer la méthode, parce qu'ils n'en connaissent pas de bonne; ceux-ci de la croire nécessaire lorsqu'ils n'en connaissent que de fort défectueuses. — Un ouvrage sans ordre peut réussir par les détails, et placer son auieur parmi les bons écrivains; mais plus d'ordre le rendrait digne de plus de succès. Dans les matières de ralstmnement, il est impossible ipie la lumière se répande également sur toutes les parties, si la méthode mancjue; dans les choses d'agrément, il est au moins certain (juetoutcc qui n'est pas à sa place perd de sa beauté.
Pour ne point s'égarer dans îe cours d'un ouvrage, pour dire chaque chose à sa place, et pour l'exprimer convenablement, il est absolument nécessaire d'embrasser son objet d'une vue générale. L'obscurité, lorsqu'elle est rare, peut naître d'une distraction ; mais lors(pi'elle est frc(]uente, elle vient certainement de la manière cimfusc dont on saisit la matière qu'on traite. On ne juge bien des proportions de chaque partie, ([ue loisqu'on voit le tout <à la fois.
ouaiid on commença à faire des poëmes, on sentit combien il était important d'mtcresscr. On remarqua que l'intérêt augmenie a porportion (|u'il est moins partagé, et on reconnut combien l'unité d'action est nécessaire. D'autres obscivations découvrirent d'autres règles, et les poètes eurent, sur la méthode, des idées si exactes, que
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c'eût été à eux à en donner des leçons aux philosophes. — I.a niclliodc csl pour les génies ce que les lois sont jniur les hommes libres. les iwiëmos ne plairont (iu';uilant qu'on s'écartera moins des régies. Si l'on trouve de l'agicmcnt dans les écarts, c'est que chacun d'euK est un, et que, par cou séqu en l, séparé de l'ouvrage amiucl il ne tient pas, il a sa l>caulé. Tous ensemble ils font un poëine où il y a de belles choses, et lu; l'ont pas un heau poëme. En cITci, si, descendant de détails en détails, on ne voyait l'iinili; nulle part, l'ouvrage entier ne serait i]u'un chaos. Toutes les parties doivent donc former un seul tout.
La méthode, qui apprend à faire un tout, est commune a tous les genres. Elle est surtout nécessaire dans les ouvrages de raisonneineni; car rallcnlion diminue à mesure qu'on la partage, et l'esprit ne saisit plus rien lorsqu'il est distrait par un trop grand nonibre d'objets. — Or, l'unité d'action dans les ouvrages faits pour intéresser, et l'unité d'objet dans les ouvrages faits pour instruire, demandent également (juc toutes les parties soient entre elles dans des proportions exactes, et que, subordonnées les unes aux autres, elles se rapportent toutes à une même fin. Par là, l'unité nous ramène au principe de la plus grande liaison des idées; elle en dépend. En effet, cette liaison étant trouvée, le commencement, la lin et les parties intermédiaires sont déterminés : tout ce qui altère les proportions est élagué; et on ne peut jdus rien retrancher ni déplacer sans nuire à la lumière ou à l'agrément.
Pour découvrir cette liaison, il faut fixer son objet jusqu'à ce qu'on puisse en déterminer les principales parties, et tout comprendre dans la division générale. Il faut éviter les divisions purement arbitraires, el même les divisions préliminaires où )'on décompose un objet dans toutes ses parties; l'esprit du lecteur se fatiguerait dès l'entrée de l'ouvrage; les choses (ju'il lui serait le plus essentiel de retenir lui échapperaient, el les précautions ([ue l'auteur aurait prises pour se faire entendre le rendraient souvent inintelligible. Commencer [Tir des divisions sans nombre, pour afficher beaucoup de méthode, c'es'. s'égarer dans un labyrinthe obscur pour arriver à la lumière : la méthode ne s'unnoncc jamais moins que lors(|u'il y en a davantage.
Le début d'un ouvrage ne saurait donc être trop simple id trop dégagé de tout ce (pu peut souffrir quelque dilliculié. La division générale étant faite, on doit chercher l'ordre où les parties contribuent devantagc à se prêter mutuellement de la lumière et de l'agrément. Parla tout sera dans la plus grande liaison. — Ensuite chaque partie peut êir^ considérée en particulier, et sous-divisée autant de fois qu'elle renferuH! d'objets qui peuvent faire chacun un tout. Rien ne doit entrer dans ces sous-divisions (jui jiuisse en altérer l'unité, el le's parties ne connaissent d'autre ordre que celui ([ui est indique par la gradation la plus sensible. Dans les ouvrages faits pour intéresser, c'est la gradation de sentiment; dans les autres, c'est la gradation de lumière.
Mais afin de se conduire sûrement, il faut savoir choisir parmi les idées qui se présentent ; le choix est nécessaire [lournerien adopter (pii ne contribue à la plus grande liaison. Tout ce qui n'est pas lié au sujet qu'on traite doit être rejeté ; les choses mêmes qui ont avec lui quelque liaison ne méritent pas toujours qu'on en fasse usage. Ce droit n'appartient qu'à ce qui peut
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se lierplus sensiblement à la fin qu'on se propose.
Le sujet et la fin, voilà donc les deux points de vue qui dnivenl nous régler. Ainsi, (|uand une idée se présente, nous avons à considérer si , étant liée à notre sujet , elle le développe relativement à la fin pour lacpielle nous le traitons, et si elle nous conduit par le chemin le plus court.
En prenant notre sujet pour un seul point fixe, nous pouvons nous étendre indifféremment de tous côtés. .41ors plus nous nous écartons, moins les détails où notre esprit s'égare ont de rapport entre eux; nous ne savons plus où nous arrêter, et nous paraissons entreprendi'c plusieurs ouvrages, sans en achever aucun. — Mais lorsqu'on a pour second point fixe une lin bien déterminée, la route est tracée; chaque pas contribue à un plus grand dév(!loi)peinent , et l'on arrive à la conclusion sans avoir fait d'écarts. — .Si l'ouvrage entier a un sujet et une fin, chaque chapitre a également l'un et l'autre, chaque article, chaque phrase. Il faut donc tenir la même conduite dans les détails. Par la l'ouvrage sera un dans son tout, un dans chaque partie, et tout y sera dans la plus grande liaison possible.
En se confiirmant au principe de la plus grande liaison, un ouvrage scia donc réduit au plus petit nombre de chapitres, ses chapitres au plus petit nombre d'articles, les articles au plus i)elit nombre de phrases, et les phrases au jibis [)etit nombre de mots. — Dans la nature, tous les objets sont liés pour ne former qu'un seul tout. C'est pourquoi il nous est si naturel de passer légèrement des uns aux autres. Nous souunes, jusque dans nos plus grands écarts, conduits par quelque sorte de liaison. Il faut donc continuellement veiller sur nous pour ne pas sortir du sujet que nous a\ons choisi. Il y faut donner d'autant plus d'attention, (]ue, toujours en combat avec nous-mêmes pour nous prescrire des limites ou y)0ur les franchir, nous nous croyons, sur le moindre prétexte, autorisés dans nos plus grands écarts. Il semble souvent (jue nous soyons plus curieux de montrer «lue nous savons beaucoup de choses, que de faire voir que nous savons bien celles que nous traitons.
Les digressions ne sont permises que lorsque nous ne trouvons pas dans le sujet sur lequel nous écrivons, de quoi le présenter avec tous les avantages (pi'on y désire. Alurs nous cherchons ailleurs ce ipi'il ne fournit pas; mais c'est dans la vue d'y revenir bientôt, et dans l'espérance d'y répandre plus de lumière ou plus d'agrément. Les digressions ne doivent donc jamais faire oublier le sujet principal; il faut •lu'elles aient en lui leur commencement, leur fin, el (ju'elles y ramènent sans cesse. Un bon écrivain est comme un voyageur qui a la prudence de ne s'écarter de sa route que pour y lentrer avec des commodités propres à la lu faire continuer plus heureusement.
On peut travailler aux difléreiitcs parties d'u. ouvrage suivant l'ordre dans leciuel on les t distribuées; et on peut aussi, lorsque le plan est bien arrêté, passer indiricreminent du commencement à la fin, ou au milieu ; et, an heu de s'assujettir à aucun ordre, ne consulter que l'attrait (jui fait saisir le moment où l'on est plus propre à traiter une iiartie qu'une autre. Il y a dans cette conduite une manière libre qui ressemble au désordre, &'ins en être un. Elle délasse l'esprit en lui présentant des objets toujours différents, et elle lui laisse la liLerlc de se livret