‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 285 sur 453 · ET · texte numérisé non relu

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à toute sa vivacité. Cependant la subordination des j)arties lixc des points de vue ijui préviunuenl ou toni^eiil des écurts, et (]ui laménent sans cesse à l'olijct prin(i|)al. On doii d inc mettre son adresse à régler l'esprit ^ans lui oler la liheric. Quelque ordre que les gens à talents mettent dans leurs dinra^^es, il est raie tju'ils s'y assujciiissenl lors(pi'irs travaillent. (Extrait dcl'ylit u't'crire, de LondiUac.)

MtTiioDiQLi:. Adj. des deux genres. En parlant des personnes, il signilie (pji a de la régie, de la mclliudc : Un humnie méthodique,'ti7i esprit mct/ioJiqiie. En parlant des choses, il signifie, (pii est fait avec mciliodc : Discours méthodique , imité viélUodique. Dans l'un et dans l'auiie sens, il ne se met qu'après son subst.

Méthodiqlemkivt. Adv. : Il a parlé méthodiquement. On peut quelquefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a méthodiquement truite cette affaire.

Métuodistk. Subst. m. C'est le nom que Buffon donne aux auteurs qui ont suivi diver.'-es méthodes en bolaniiiue. — On le dit aussi des médechis i\\\\ suivent la méthode et les règles l)rescrilcs en médecine, par o]iposition aux ëml)iri(iues (lui ne suivent qu'une aveugle pratique. L'Académie n'admet ce mot que pour désigner une secte religieuse qui a pris naissance en Angleterre.

Métier. Subst. m. Ce mot, qui est bas au propre, se dit ligurcinent des professions les i)lus nobles. Selon Balzac, les peintres s'en offcnseni, et les généraux d'armées s'en font honneur, et les uns et les autres ont raison. Telle est la bizarrerie de l'usage. On dit le métier des armes, le métier de la guerre. Cet officier aime son métier, il a le cœur au métier. Cet avocat, ce 7nédecin suit son métier. Le métier de ceux qui commandent est le pUis difficile de tous. On dit aussi en paiiant des ouvrages : Il n'y a que les aens du mctier qui en soient bans juges. fBouhours.) Quelquefois pourtant, métier au liuuré se prend en mauvaise pan : Le devoir des juges, dit i.a Bruyère, est de rendre la justice, et leur métier est de la différer : quelques-uns savent leur devoir, et fmt leur métier. (Ch. XI^^ De quelques usages.)

Le mol métier, dit Voltaire, ne peut être admis dans le style noltle qu'avec une expression qui le fortilio, coinme le métier des armes. Il est beureusemenl employé par Racine dans le sens le plus bas. Alhalie dit a Joas tact. IL se. vu. 78): V , ,

Laissez là cel Iiabit, quillez ce vil métier.

On ne peut exprimer plus fortement le mépris de cette reine pour le sacerdoce des Juifs, (^emarques sur Aicomède, act. III, se. i, 23.)

Métis, Métisse. Ailj. On prononce le « final de niétis : Un espagml mctis, une indienne métisse. 11 ne se met qu'après son subst.

Métony.'mie. Subst. f. Figure de rhétori(pic. Le mot de métoni/mie signilie Iranspcsilion, ou changement de nom; un nom pour un autre. En ce sens, cette ligure comiirend tous les autres Iropes; car, dans tous les iropes, un mot n'étant pas pris dans le sens qui lui est jn-opre, réveille une idée qui pourrait être expriiiuepar un autre mol. iNous remarquerons au mol Synecdoque, ce qui dislingue proprement la métonymie des autres trojiés. Les maîtres de l'art

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restreignent la métonymie aux usages suivants :

i° La cause pour rel'fet. Par exemple, rirre de son travail, c'est-à-dire vivre de ce qu'on gagne en travaillant. C'est prendre la cause pour l'effet, que de donner le nom de l'auteur à ses ouvrages : lia lu Cicéron, Horace, f^irgilc, etc., e'csl-à-dire les ouvrages de Cicéron, d'Horace, de Virgile, etc. On donne souvent le nom de l'ouvrier à l'ouvrage. On dit d'un drap que c'est un van-rahais, un rousseau, un pagnon, c'eilà-dire, un drap de la manufacture de 'N'an-Robais, ou de celle de Ilousscau, etc. C'est ainsi (|u'on donne le nom du peintre au tableau; on dit j'ai vu un beau reinbrandt, pour dire, j'ai vu un beau tableau fait par Reinbrandt. On dil d'un curieux en estampes, qu'ï^ a un grand 7iombre de culids, c'est-à-dire un grand nombre d'estampes gravées par Callol.

Au lieu du nom de l'effet, on se sert souvent du nom de la cause instrumentale (pii sert à le reproduire. Ainsi pour dire que quebiu'un écrit bien, c'est à-dire qu'il forme bien les caractères de l'écriture, on dit (]u'i7 a une belle 7nain. La plume est aussi une cause instrumentale de l'écriture, et par conséquent de la composition; ;\\n'~.\ plume se dil par métonymie de la manière de former les car.'ictères de l'écriture, et de la manière de composer. Plume se prend aussi [jour l'auteur même : C'est une bonne plume, c'est-à-dire c'est un auteur (jui écrit bien; c'est une de nos meilleures plumes, c'est-à-dire un de nos meilleurs auteurs. Pinceau se dit aussi par métonymie comme p/î/"(e. On dil d'un habile peintre, (|iic c'est un savant pinceau.

2" L'effet pour la cause. Ainsi les poètes disent la pdle /II' ri, les pâles maladies. La mort, la maladie, ne sont point pâles, mais elles produisent la pâleur. Ainsi on donne à la cause une éj)itliète qui ne convient qu'à l'effet.

3" le conliMiant pour le contenu , comme quand on dil il aime lu bouteille, c'est-à-dire il aime le vin. Le ciel se prend souvent pour Dieu même : Implorer le secours du ciel, grâce au ciel, pécher contre le ciel. La terre se tut devant Alcarandre, c'est-à-dire les peuples de la terre se soumirent à lui. Rome désapprouva la conduite d' Appius, c'est-à-dire les Romains désapprouvèrent.

i\° Le nom du lieu où une chose se fait, pour la chose même. On dit un candebec, au lieu de dire un chapeau fait à ("audebec, ville de iNonnaiidie ; un damas, au lieu de dire un sabre ou un couteau fait à Damas.

5» Le signe pour la chose signifiée :

Dans ma vieillesse languissante, Le sceptre que je liens, pèse à ma main tremblante. (QuiNAULT, Phaéton, acl. II, se. v.)

c'est-à-dire je ne suis plus dans un âge couve nable pour me bien acciuittcr des soins que demande la royauté. Ainsi, le sceptre se prend pour l'autorité royale, le bâton de maréchal de France, pour la dignité de maréchal de France. L'épée se prend jjour la profession militaiie, /a nbe pour la magistrature et pour l'élat de ceux qui suivent le barreau.

A la fin j'ai quille la robe fOUT l'épée

(Conn., Menteur, acl. I, se. i, 1 )

La palme était autrefois le symbole de la vicloire. On dit d'un saint qu'ila remporté lapalnit du martyre. Il y a dans cette expression une

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mélonymic. Palme se prend pour victoire, el de plus , l'expression est mclaphorique; la victoire dont on veut parler est une victoire spirituelle.

60 Le nom abstrait pour le concret. Voyez Sens. Blancheur est un terme abstrait; mais (juand je dis Ce papier est blanc, blanc est alors un terme concret.

7° Les parties du corps qui sont regardées comme le siège des passions et des sentiments intérieurs, se prennent pour les sentiments mêmes. C'est ainsi qu'on dit il a du cœur, c'est-à-dire du courage. La cervelle se prend aussi pour l'esprit; on dit d'un étourdi que c'est vne tète sans cervelle. Quand on dit c'est un homme de tête, c'est vne benne tête, on veut dire que celui dont on parle est un homme habile, un homme de jugement. La tête lui a tovmé, c'est-à dire il a perdu le bon sens , la présence d'esprit. Avoir de la tclc se dit aussi figurémenl d'un opiniâtre ; tête de fer se dit d'un homme appliqué sans re'.àche, et encore d'un eiiiclé. La langue, qui est le principal organe de la parole, se prend pour la parole ; c'est vne méchante langue, c'est-à-dire c'est un médisant. Aroir la langue bien pendue, c'est avoir le talent de la parole, c'est iiarlcr facilenieiil.

8° On donne aux pièces de monnaie le nom du souverain dont elles portent l'empreinte. Nous disons un louis d'or.

Voilà les jirincipales espèces de métonymies. Quelques-uns y ajoutent la mélonjTnie par laquelle on nonune ce qui jiréccde pour ce qui suit, ou ce qui suit pour ce qui précède. C'est ce qu'on appelle l'antécédent pour le conséquent, ou le conséc]uent pour lantécédent. On en trouvera des exemples dans la métalepse, qui n'est ([u'unc espèce do mélonymic à laquelle on a donné un nom particulier. Voyez Métalepse, Au lieu qu'à l'égard des autres "espèces de métonymies, on se contente de dire métonymie de la cause pour l'effet, métonymie du contenant pour le contenu, métonymie du signe, etc.

Mettable. Adj. des deux genres (jui ne se met qu'après son subst., et ordinairement avec la négative ; Cet habit n'est pas mettable. — On dit cet habit est encore mettable.

Metthe. V. a. et irrég. de la 4'" conj. Voici comment on le conjugue :

Indicatif. — Présent. Je mets, tu mets, il met; nous mettons, vous mettez, ils mettent. — Imparfait. Je mettais, lu mettais, il mettait; nous mettions, vous mettiez, ils mettaient. — Passé simple. Je mis, tu mis, il mit ; nous mimes, vous mites, ils mirent. — Futur. Je mettrai, tu mettras, il mettra, nous mettrons, vous mettrez, ils mettront.

Conditionnel. — Présent. Je mettrais, tu mettrais, il mettrait; nous mettrions, vous mettriez, ils mettraient.

Impératif. — Présent. Mets, qu'il mette; mettons, mettez, qu'ils mettent.

Subjonctif. — Présent. Que je mette, que tu mettes, qu'il mette; que nous mettions, que vous mettiez, qu'ils mettent. — Imparfait. Que je misse, que tu misses, qu'il mil; que nous missions, que vous missiez, qu'ils missent.

Participe. —Présent. Mettant. — Passé. Mis, mise.

11 forme ses temps composés avec l'auxiliaire avoir. j

Dans ce verbe, le t se double toujours, suivi j ou non suivi d'un e muet, excejite cependant

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aux trois personnes du singulier du présent ie l'indicatif, et à la seconde personne du singulier de l'in'pératif.

Ce verbe s'unit avec toutes sortes de prépositions, comme dans, sur, arec, auprès, dedans, dehors, etc. Avec certains noms, il régit d et l'inllnitif : .^lettre sa gloire à obéir, snn plaisir à faire du bien. — Se itieltrc a plusieurs significations. Au propre, c'est se placer ; mettezvous à côté de moi; il s'est mis à la première place. Au figuré, il signifie tantôt commencer, tantôt s'habiller : Se mettre à travailler, se mettre à crier. — Il se met bien, il se met mal.

Mettre s'emploie très-bien dans le style noble :

Sfcttons !e sceptre aux mains dignes de le porter. (Rac, Phèd., acl. II, se. Tl, 23.)

Je puis dans tout son jour mettre la vérité.

(RiC, Ath., acl. II, se. VI, t.)

Après mettre sa confiance, on emploie ordinairement la préposition eîi, lorsqu'il s'agit de personnes, et en ou dans, lorsqu'il s'agit de choses ; // met une grande confiance en ses amis. On dit mettre sa confiance en ses richesses, et mettre su confiance dans ses richesses. La différence entre ces deux locutions, c'est que la première exprime une opposition avec toute autre chose en quoi on pouirait mettre sa confiance; il met sa confiance en ses richesses, au lieu de la mettre en ses amis, etc. ; et que la seconde a plus de rapport au service, au secours que l'on peut tirer dos choses dans lesquelles on a mis sa confiance : Dans cette malheureuse affaire, il viet sa confiance dans ses richesses, il croit que ses richesses pourront le sauver.

Mi^cBLE. Subst. m. Il ne faut pas confondre meuble et ustensile. On les dislingue bien dans une cuisine. Les tables, les chaises, etc., sont \es meubles ; les casseroles, les poêlons, etc., sont les ustensiles.

Mr.ur.TniER, Meurtrière. Adj. L'Académie ne le dit (pie des choses : Des armes meurtrières , guerre meurtrière. — Poétiiiucment : Le glaive meurtrier, la dent meurtrière du sanglier.

Racine l'a dit des personnes :

Bicnlôl de Jézabel la fille meurtrière.

Instruite que Joas voit encor la lumière.

[Ath., act. IV, se. m, 23.)

Il ne se met guère qu'après son subst. Meurtrir. V. a. de la 2" conj. On le disait autrefois pour tuer, égorger :

.\Ilez, sacrés vengeurs de vos princes meurtris.

(Rac, Ath., acl. V, se. vi, 49.)

Il ne signifie plus aujourd'hui que faire une contusion.

MÉVENDRE. V. a. de la 4' conj L'Académie le définit, vendre une chose moins qu'elle ne vaut. — Ce n'est pas là la signilication de ce mot. Il veut dire vendre à perte, vendre une marchandise à moindre prix qu'elle ne coi'iie. Celui <pii vend une marchandise moins (pi'clle ne vaut, peut y gagner, et alors il ne mévend pas, il vend a bon marché.

Mkzzo-termine. Subst. m. C'est un mol emprunté de l'italien, qui signifie, parti moyen qu'on prend pour terminer une affaire embar

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