MO?C
phrase. — Quand le pronom mus termine un membre de la période, il faut le faire suivre de Monseigneur : J'ai reçu de mus, Monseigneur ; il n'appartient qu'à vous, Monseigneur. On le place ordinairement après car, mais, au reste, du reste, après tmit, certes, certainement, c'est pourquoi, et autres semblables : Car, M n seigneur ; 7iiaij, Monseigneur, elc. — On évite de le meure après un verbe actif, parce qu'il en résulte ordinairement une sorte d'équivoque. On ne dira lionc pas, je ne t^eux pas acheter. Monseigneur ; il faut dire, je ne veux pas,
Monseigneur, acheter Il y a plusieui's autres
occasions où il faut éviter les é<juivo(iucs que le peuple trouve entre ce mot et celui qui le précède. Ainsi, il faut éviter de dire, c'est du veau, Miinseignei/r ; c'est une bête. Monseigneur. Ces équivoques ne sont pas fondées en raison; mais il sufllt que le vulgaire les voie pour ([u'il faille les éviier, — Il ne faut pas mettre ce mot entre un substanlif et son adjectif, si l'adjoclif est du même scnrc(\u(; Monseigneur, comme, c'est un procédé. Monseigneur, trèsinsolent. — On dit. Monseigneur, votre altesse; et non pas votre altesse , Monseigneur. Ces régies peuvent être appliquées aux mots mon- .^ieur et madame.
MoNSiECR. Subsl, m. En prose on ne prononce ni le n ni le r ; en poésie on prononce quelquefois le r.
Yous oubliez, Monsieur, Qu'Hortense est ma cousine et cbcrit son honneur. (YoLT., l'Indiscret., se. vi, 55.)
Le pluriel est messieurs, où l'on ne prononce ni le r, ni le s.
Le nom de monsieur ne doit se mettre que devant le nom des auteurs qui sont encore vivants, ou dont la mémoire est encore récente. On dit, Corneille, Jiucine, f^oltaire, Gresset ; et on dit quelquefois encore monsieur de La Harpe. On ne doit pas ajouter aux noms de juonsieur, madame, mademoiselle, \c nom propre de la personne à laquelle ou adresse la parole, à moins que, dans une compagnie, on ne puisse désigner autrement la persoiuie à qui l'on veut parler; mais on peut ajouter les noms de dignité ù ceux de monsieur, madame : Munsieur le comte, madame la comtesse, pourvu cependant iju'on le fasse rarement cl sans arieclation.
Nous ne nous servons point, dit Voltaire, des mots monsieur, madame, dan? les comédies tirées du grec. L'usage a i)ermis que nous appelions les Romains ei les Grecs seigneurs, et les Romaines madame; usage vicieux en soi, mais qui cesse de l'être, parce que le temps l'a autorisé. [Remarques sur la Bérénice de Racine.) Voyez Monseigneur.
Monstre. Subsl. m. Au propre et au figuré, il régit quelquefois la préposition de: C'est un monstre de laideur, vn monstre de nature. — Un monstre iï ingratitude, dc cruauté. L'Académie le délinit, animal ijui a une conformation contraire à l'ordre de la nature. On pourrait croire d'a[irès cela (pie le mot monstre ne peut se dire que des animaux. Il se dit de toutes les productions dc la nature qui ne sont pas conformes aux lois ordinaires. On donne ce nom en général à toute i>roduciion organisée dans laquelle la confurmalion , l'arrangemenl ou le nombre dequclipies-uncs des parties ne si'ivent pas les régies ordinaires. Il y a des monstres dans les fleurs, dans les fruits, etc.
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Monstrueux, Monstruelse. Adj. On peut le meure avaiil son subsl. , lorsque l'analosic cl i'hariiionie le pcrmeUenl : Un enfant monstrueux, un animal inonslnteux,un uwnstrucux animal. — Une ingratitude monstrueuse, une monstrueuse ingratitude.
Mont, Montagni;. L'Académie explique ces deux mots pai" la mciiie dùlinilion, sans indiquer précisémenl la difforcnce de leurs sii-MiiTR'atiuiis. Mont désigne une masse délaclu'C de loule autre masse i)areillc, soit j)liysii|iienicnt , soit idéalcmcni; viontugne ne forme qu'une appellation vague, sans aucune distinction inilividnc'lle; et on y joint la prcposilion de, pour l'iippliiiucr à des olijels indi\iducls : Les montagnes des Alpes, lus montagnes de Suisse. Le mont esl Opposé au val ou vallon; on court par monts et par vaux. La montagne est proprement opposée à la plaine ; on mène paitre un troupeau de la plaine sur la montagne. — (Juand on dit les monts, on entend ordinairement les Alpes, comme dans ces phrases, passer les monts, repasser les monts, au delà des monts, deçà les monts.
On dit le mo}it Caucase, le mont Etna, le mont Liban, \e7110nt Apennin, le Juont Olympe Il semble que le mol mont soit affcclé aux montagnes l'amcuscs par leur hauteur; cependant on dit les montagnes de la Lune, et les montagnes de lu Table, pour marquer celle monlagnc voisine du cap de Bonne-Espérance à la pointe méridionale de rArri(iiie, quoi(iue an rapport dos voyageurs ce soit une des plus haules du monde. Enfin, l'usMge a voulu tju'en parlant de certaines montagnes on se servit de leur nom loul simple : c'est ainsi qu'on dit les Alpes, les Andes, les Pyrénées, les Cévennes, le f^ésuve, le Slromboli, les Vosges, le Schwarzwanden, le Pic, l'Apennin. Voyez Genre.
Montagnakd, Mo^iTAGNAr.DE. Adj. qui ne se met qu'après son subsl. : Peuples montagnards, animaux montagnards. Voyez Montagneux.
Montagne. Subsl. f. Voyez Mont ei Genre. Mo.ntagneux, .Montag>euse. Adj. On jjcut le mettre avnnt son subsl., en consultant l'uroiUo et l'analogie: Pays montagneux , contrée montagneuse, cette montagneuse contrée. — Montagneux ne se dit que des pays où il y a beaucoup de monlagnes; cl montagnard se dit des hommes et des animaux qui habitent ces pays.
MoMÉE. Subsl. f. Il se dit, selon l'Académie, d'un petit escalier, dans une maison de pauvres gens. — Montée en ce sens est une expression vulgaire par hniuelle le bas peuple désigne l'escalier d'une maison quelconque, petite ou grande, riche ou pauvie.
Montre se dil [)roprenient de la iientc plus ou moins douce d'un escalier. On le dit aussi delà pente plus ou moins douce d'une montagne, d'une éminencc, d'uncoleau. Les anciens architectes disaient une viontée, pour dire une marche d'escalier.
Monter. V.n. et a. dela'l"conj. L'Académie donne des exemples où ce verbe prend lanlôl l'auxiliaire avoir, lanlôl l'auxiliaire p^re; mais elle ne dil pas dans quels cas il faut employer l'un ou l'autre. Noire-Seigneur est monté au ciel; il a inonté quatre fois à sa chambre pendant la journée; il eal monté dans sa chambre et y esl resté. — Féraud dil qu'il prend l'auxiliaire avoir quand il est actif et qu'il a un régime direct : J'ai monté les degrés; et qu'il preud l'auxiliaire être quand il est neutre. Mais
MON
celte règle n'est pas sufllsante, car elle ne pcul pas s'ap|)liqucr au sec(jnd exemple donné par l'.Acadéniie , qui cmiiloie avoir dans un sens neutre. — \'i>]v\ la ré^le (pi'il faut suivre pour ce verbe el pour ions les autres semblables, b: l'on veut exprimer l'action de monter, il faui employer l'auxiliaire avoir : Il a monté quatre fois à sa chambre pendant la journée; il n monté pendant trois heures au haut de la montagne ; il a monté les degrés; la rivière t. monté de six pouces depuis hier. Si, au contraire, on veut cxi)rimer l'étal tpii résulte de l'action d.monter, il faut employer l'auxiliaire être: Il esl monté dans sa chambre il n'y a qu'une lieure. f^otre père est-il monté dans sa chambre? — Oui, il y est monté. A quelle heure y a-t-il montéf C'est-à-dire, a-t-il l'ait l'action d'y monter? Il y a. monté à huit heures.
Le vers suivant de Voltaire offre un exemple contraire à celle règle [OEd., act. V, se. 1, 6) :
J'ai sauve cet empire en arrivant au trône; J'en descendrai du inoius comme j'y suis monté.
Mais je soutiens que, sans le mauvais son de j'y ai, VolUiirc aurait dit j'y ai monté. C'est une licence qu'un usage abusif autorise, mais qui ne doit point tirer à conscipience. Voyez Aspirer.
Ce verbe a un grand nombre d'acceptions. On dit monter à cheeal;la mer monte; monter une pendule; cet instrument est monté trop haut; ce mur monte au-dessus du voisin ; monter la garde; monter un vaisseau ; monter en graine; monter en couleur; monter une machine; la somme de ces nombres monte haut; les astres montent sur V horizon ; il est înonté sur le théâtre; le luxe est monté à un haut excès; la voix de Vtniwcence est montée au ciel; il esl monté de celte classe à une autre; le blé monte, etc. D'où l'on voit que d.ins presque toutes ses accop'.ions, il ex[)rime ou siinplcinenl ou figiirémenl l'action de passer d'une situation a une autre situalinn plus élevée.
Monter régit les prépositions à, sur, dans, en.
Monter à suppose un but que l'on veut atteindre, en allant de bas en haut : Monter u l'assaut ; monter à la brèche; monter au haut d'un arbre; monter à une tour, au haut d'une tour. .
Monter à un arbre inariiue le dessem d en atteindre une partie élevée, en quittant la terre cl s'allachant à l'arbre: Monter à un arbre pour prendre un nid d'oi.ieaux. On dit dans le même sens, monter à une échelle. Monter sur un arbre suppose le dessein de se placer parmi les branches, soit pour er. cueillir le fruit, soit pour éviter quehiue danger, soit pour mieux voir ce qui se passe aux environs : Le sanglier le poursuivait, il monta sur un arbre, el non pas à un arbre. Il faut monter sur cet arbre pour en cueillir les fruits. Il monta sur un arbre pour voir passer le cortège. On monte aussi sur un arbre pour Ic tailler, pour l'élaguer, pour l'émonder.
Monter à cheval suppose le dessem de partir, et a toujours quehiue rapport à l'art de manier un cheval, de surte <iue monter à ne se du pomt avec les noms des animaux qui ne rappellent pas directement l'idée de cet art. On ne dit pas monter à jument, monter à cavale, monter a mulet, montera âne, monter à chameau. Monter à cheval se dit même particulièrement de l'art de manier un cheval, de se tenir bien a
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cheval. Ce jeune homme monte bien à cheval. Il apprend à monter à cheval. Quand l'expression n'a aucun rappoil a ccl an, on dil monter sur : Il monta sur son cheral pour ne pas être pressé dans lu foule. Il monta sur son cheral pour viievx rnir la cérévumie.
On tlil monter sur, pour désigner simplcinenl unesupériorilé de position : Monter sur un citerai, sur un âne, sur une jument., sur un chameau ; vionter sur une chaise, sur tin escabeau, sur une table, sur un banc; monter sur une échelle, pour êlre dans une position commode pour atteindre ou pour faire quelque chose.
On monte à sa chambre, el on monte dans sa chambre. La première locution indi(|ue simplement laction de monter : En montant à ma chambre, je fis un faux pus. La seconde suppose l'inteniion de rester dans sa chambre, de s y renfermer. On monte à su chambre pour prendre son chapeau, sa canne, un livre, etc.; i)our en redescendre peu de temps après. On monte dans sa chambre pour s'y occuper, pour y travailler, pour s'y entretenir avec quelqu'un, pour y passer la soirée, pour se coucher.
On monte en voiture pour partir, en chaire pour prêcher; on monte dans une voilure par ch"ix, par préférence : Je ne veux pus monter dans cette mauvaise voiture. On monte dans une voiture, pour y arranger quelque chose, pour prendre ce qu'on y avait oublié, pour la raccommoder; en un mot, dansions les cas où il n'est pas directement question do dépurl. On Tiiiiîite dans une chaire pour la décorer, pour la réparer, pour y mettre ce dont le prédicateur a besoin; eu un mot, dans tous les cas où il n'est pas directement question de prêcher. On a fait dans une église une chaire neuve, le curé va la voir, y monte pour juger si elle est commode, d:ins \in lem[)s où le public n'est pas assemblé dans l'église; alors on dit qu'il morde dans la cl/aire, et non pas qu'il monte en chaire. Voyez Dans.
Monter au trône se dit d'un prince qui, par les lois du pays, a droit d'y monter ; Il monta au trône de son père, au trône de ses ancêtres. v' Monter sur un trône su[)posc que l'un y monte / autrement que par droit de succession : Les princes qui étaient autrefois élus pour régner en Pologne, montaient sur le trône de Pologiie. Darius, fils d'Hystaspe, né dans une condition privée, milita sur le trône de Perso.
* Montrable. Adj. des deux genres. Mol inusité que l'on peut employer dans queli]ues circonstances particulières. Voltaire écrit à madame du Deffant, qui était aveugle : Si vous aviez des yeux, vous ririez bien de ma figure de quatreringl-un ans; elle n'est ni transportuble, ni montrable.
MoMKER. V. a. de la 1" conj. Féraud dit que ce mol n'est pas du style noble. C'est une erreur : on le trouve dans nos meilleurs poètes:
Il faut montrer ici ton zèle cl la prudence.
(Rac, Iphig., »cl. I, se. 1, 12C.)
Qu'éloigné du mallieur qui m'opprime, Votre cœur aisément se »no>i(rc magnanime.
[Idem, act. I, se. m, 45.)
Le reste pour son Dieu montre un oubli fatal.
(lUc, Ath., act. I, se. I, 17.)
MoNTOEux, MONTUEUSE. Adj. Il ïic sc mct qu^après son substantif : Pays montueux