‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 306 sur 453 · OBL · texte numérisé non relu

OBL

\ine chose propre à faire naître en nous l'obligation. Voilà pourquoi, comme dit Foraud, de est meilleur avec le iiassif, et à avec le pronom personnel : // est obligé de le faire; il s'oblige à le /'il ire.

Obliger, dans le sens de rendre service, faire plaisir, veut cHresuivi do la préposition rfe : f^ous m'obligerez beaucoup i\c faire cela.

Quand être obligé ne martpie (ju'un devoir moral, il se dit des personnes et jamais des choses. Ainsi, quoiqu'on dise o?i est obligé d'obéir aus lois divines et humaines ; on est obligé de travailler à réprimer ses passioyis; un ne dira pas, la Jeunesse est obligée A'avoir du respect pour les personnes âgées. Dans ce cas, on dit, la jeunesse doit avoir du respect, etc.; ou un jeune homme est obligé d'avoir du respect. De même, au lieu de dire, la critique est obligée d'être sévère, lorsqu'un livre contient des maximes contraires à la morale, dites : l.u critique doit être sévère , ou un critique est obligé d'être sévère.

Oblique. Adj. des deux genres : Ligne oblique ; — moyens obliques, voies obliques; louange oblique. 11 ne se met qu'après son subsl. ; et, si on pouvait le mellre avant, ce ne serait que dans le sens figure : Ces obliques moyens. "Voyez

Oblique est aussi un terme de grammaire. 11 est oppose à direct. On s'en sert pour caractériser certains cas dans les langues transpositives, et dans toutes pour distinguer certains modes et certaines propositions. On ne connaît point de cas obliques dans la langue française.

On distingue dans les verbes deux espèces générales de modes, les uns personnels et les autres impersonnels. Les premiers sont ceux qui servent a énoncer des propositions, et le verbe y reçoit des terminaisons par lesquelles il s'accorde en personne avec le sujet; les autres ne servent qu'à exprimer des idées partielles de la proposition, et non la proposition même; c'est pourquoi ils n'ont aucune terminaison relative aux personnes. C'est entre les modes personnels que les uns sont directs et les autres obliques. Les modes directs sont ceux dans lesi]ucls le verbe sert à énoncer une proposition principale, c'està-dire l'expression immédiate de la i)ensée qu'on veut manifester; tels sont l'indicaiil', l'impératif et le conditionnel, iiuc l'un appelle ;iussi suppositif. Les modes obliques sont ceux qui ne peuvent servir qu'à énoncer une [iroposilion incidente subordonnée à un antécédent qui n'est (ju'une partie de la proposition principale. Tels sont le subjonctif, qui existe dans presque toutes les langues, et l'optatif, ipii n'appartient ([u'aux Grecs.

Le verbe a été introduit dans le système de la parole pour énoncer l'existence intellectuelle des sujets sous leurs attributs, ce qui se fait par des propositions. Quand le verbe est donc à un mode où il sert piimilivement à cette destination, il va directement au but de son institution, le mode est direct. Mais si le mode est exclusivement destine à exprimer une énonciation subordonnée et partielle de la proposition primitive et principale, le verbe y va d'une manière moins direple à la fin pour laquelle il est institué, le mode est oblique.

On distingue pareillement des propositions directes et desproi)ositions obliques.

Une proposition directe est celle par laquelle on énonce directement l'existence intellectuelle d'un sujet, sous un attribut : Dieu est éternel;

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