OBS
soyez sage ; il faut que la volonté de Dieu se fasse; nous serions ineptes à tout sans le concours de Dieu, ctc Le verbe d'une proposition directe est à l'im des trois modes directs, l'indicatif, l'impératif ou le conditionnel.
Une proposition oblique est celle i)ar laquelle on énonce l'existence d'un sujet sous un attribut, de manière à présenter cette énonciation comme subordonnée à une autre dont elle dépend, et à l'intégrité de laquelle elle est nécessaire : Il faut que la volonté de Dieu soit faite ; quoi que vous fassiez, faites-le au nom du Seigneur, etc. Le verbe d'une proposition oblique est en français un siibjcncliL
Toute pruposilion oblique est nécessairement incidente, puisqu'elle est nécessaire à l'intégrité d'une autre proposition dont elle dépend : Il faut que la volonté de Dieu soit faite ; la pruposition oblique que la volonté de Dieu suit faite, est une proposition incidente ijui tombe sur le sujet il, dunt elle restreint l'étendue; i7 (cette chose) que la volonté de Dieu soit faite, est nécessaire ; quoi que vous fassiez est une proposition incidente qui tombesur le complément objectif le du verbe faites, et en restreint l'étendue; c'est pour dire, faites au nom du Seigneur le quoique vous fassiez.
Mais toute proposition incidente n'est pas oblique, parce que le mode de toute pruposition incidente n'est pas \\x\-mémc oblique, ce qui est nécessaire à l'obliquité, si on peut le dire de la proposition. .Ainsi, (juand on dit, les savants, qui sont plus instruits que le commun des hnuivies, devraient aussi les surpasser en sagesse, la proposition incidente, qui sont plus instruits que le commun des hommes, n'est point oblique, mais directe, parce que le verbe sont est à l'indicatif, tjui est un mode direct.
La i)roposition opposée à Vincidcntc, c'est la principale; la proposition opposée a V oblique, c'est la directe. L'incidente peut être ou n'être lias nécessaire à l'intégrité de la principale selon qu'elle est explicative ou déterminative; mais l'oblique est à rintésrité de la principale d'une nécessité indiciuéepar le mode du verbe; h principale peut être ou directe ou oblique, et la (/z;ec^e peut être ou incidente ou principale, selon l'occurence. (Beauzée.)
Obliquement. Adv. 11 ne se met qu'après le verbe : lia tiré obliquement cette ligne, ou il a tiré cette ligne obliquement; mais non pas, il a obliquement tiré cette ligne.
L'Académie dit qu'il signifie aussi indirectement : Louer, blâmer obliq^icment. — Nous pensons qu'il faut \)vé[ivcv indirectement.
Oblong, Oblo.ngue. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Un jardin oblong, une place oblougue, un livre oblong.
Obscène. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst. , lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent .• Mot obscène, paroles obscènes, chanson obscène ; ces obsc'enes peintures, ces obscènes dis cours, ces obscènes images. Obscur, Obscure. Adj. 11 se met avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Lieu obscur, prison obscure, une obscarn prison; retraite obscure, obscure retraite ; naissance obscure, obscure naissance; une vieillesse obscure, une obscure vieillesse.
Voudrais-je, de la terre inutile fardeau. Attendre chez mon père une ofcscure Tieillesseî
(RiC, Ifhig., act. I, se. II, 92.)
Obsccrémejtt. Adv. Il se nicl aiircs le vcibo : // a reçu obscurément, et non pas, il a obscurément vécu.
Obscdrité. SiibsL f. Terme de liiliTaturc. C'est la dénomination d'imc chose obscure. Vobscurité peut être ou dans la perception, ou dans la dirociii>n.
L'obscurité dans la perception vient principalement de ce qu'on ne conçoit pas les choses comme elles sont, ou comme un trouve qu'elles sont, mais comme on juge qu'elles doivent êlre avant de les avoir connues ; de sorte (jue noire jugement précède alors noire connaissance, et devient la réi'le de nos conceptions : au lieu (jue la nature et la raison nous disent que les ciioses ne doivent être jugées que comme elles sont connues, et que nous les connaissons, non comme elles sont en elles-mêmes, mais telles qu'il a plu à Dieu de nousles l'aire connaître.
L'obscurité dnns la diction peut venir en premier lieu de rambiguïlc du sens des mots; secondement, des figures ou ornements de rhétorique; troisièmement, de la nouveauté ou de l'ancienneté surannée des mots. Xoye?. Style.
Obsécration. Subst. f. Figure de rhétorique, par laquelle l'orateur implore l'assistance de Dieu ou de ([ueUiuc homme.
Obséder. V. a. de la 1" conj. Voltaire l'a employé dans une acception que n'indique point l'Académie :
Soufcnt Je ses erreurs notre âme est obtcdée.
(Volt., Se'mtr., act. I, se. v, 62.)
Obséquieux, Obséquieuse. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Un homme obséquieux, une satisfaction obséquieuse.
Observateur. Subst. m. En parlant d'une femme, on dit observatrice
On l'emploie aussi adjectivement, et il ne se met qu'après son subst, : Un esprit observateur.
Observation. Subst. f. Voyez Observer. Faire une observation, c'est observer. Or, si l'on ne doit pas dire observer à quelqu'un, il ne faut donc pas dire, faire une ibservation à quelqu'un^ je vous fais cette observatiim ; il faut dire faire part de son obserratinn à quelqu'un , je vous fais faire cette observation.
Observer. V. a. et n. delà l'* conj. Dans ce mol, la prononciation du b approche un peu de celle du p. On nctrouve point dans le Dictionnaire de l'Académie d'exemple analogue à la manière dont ce verbe est employé dans les vers suivants :
Je Terrai le témoin de ma flamme adultère Observer da que! front j'ose aborder son père.
(Rac, Phéd., act III, se. III, 17.)
Lorsque ce verbe signifie épier, remarquer iCs actions, les gestes, les discours d'une personne, il est actif et prend un régime direct : Je vous observe, c'est-à-direj'oijcrre vous. — Mais lorsqu'il signilie faire une remaniue, remar(]uer, il est neutre. Alors, quand on veut l'employer dans ce sens, il ne faut ni qu'il soit précédé d'un pronom personnel régime, ni suivi d'un nom avec ou sans préposition. Ainsi il ne faut pas dire je vous observe que, je lui ai- observé que, je vous observe ^une chose à laquelle vous n'avez pas pensé, j'observe à l'assemblée que : car, comme on ne considère pas une chose à quclpt'un, counne on ne la lui remaniue pas, on ne doit pas non
occ
plus la lui observer; mais on doit la lui faire remaniuer, la lui faire considérer, la lui faire observer. Tour parler lorreclement, il faut donc dire, observez bien que, je lui ai fait observer que, je mus fais ibscrver, je vous prie d'observer vne chose à laquelle vous n'avez pas pensé; je prie l'assemblée d'observer que, ou l'assemblée voudra bien observer que. Faites-leur même observer que rien ne contribue plus à l'économie et à lu propreté, que de tenir chaque chose en sa place. {F^nal., Education des fdles, ch. XI.) Lt juste défense de moi-même m'oblige seulemem a vous faire observer qu'en peignant les misèrci humaines, etc. (J.-J. Rousseau.) Je me bon r \ faire ol)server à un enfant ce qu'il fait coutinuclleiiient. (Condillac.)
Obstinément. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a soutenu obstinévient ce mensonge, ou il a obstinément soutenu ce mensonge.
Obstiner (s'). V. pronom. Ce verbe régit la préposition à devant un infinitif : // s'ob.stinc à i/ie persécuter.
Obtenir. V. a. et irrég. de la 2' conj. 11 se conjugue comme tenir. Voyez Irrégulier. Dans ce mot, la prononciation du b approche un peu de celle du p: Obtenir quelque chose de que/qu'un. Il a obtenu de partir ; il a obtenu que je partisse On met de quand la chose obtenue a élé accordée à la personne qui est le sujet de la proposition ; on met que quand la chose obtenue a été accordée à une autre personne.
Obtus. Obtuse. Adj. ijui ne se met qu'après son subsl. : Un angle obtus. — Un esprit obtus.
Occasion. Subst. f. On à\\. prendre occasion, sans article. Monlesquieu a dit, mettre en tccasion : Je demeurais quelquefois une heure dans une compagnie sans qu'on m'eût regardé, et qu'on m'eût mis en occasion d'ouvrir la bouche. (XXX' lettre persane.) Celle expression nouvelle parait nécessaire ici ; fournir l'occasion ne signifierait pas la même chose.
Occasionnei,, Occasionnelle. Adj. qui ne se met (]u'aprés son subst. : Cause occasionnelle.
OccAsioNNELLE.MENT. Adv. 11 sc mel aprés le verbe : Je suis venu occasionnellement, et non pas je suis occasionnclleynentvenu.
Occidental, Occidentale. Adj. : Pag s cecidental, peuples occidentaux, les Indes occidentales. — On dit empire d'Occident, éi/lise d'Occident, et non pas, empire occidental, église occidentale.
Occiput. Subst. m. On prononccle t.
Occulte. Adj. des deux genres. 11 ne se met qu'aprc'sson subsl. : Cause occulte, vertu occulte, faculté occulte, qualité occulte, propriété occulte, maladie occulte; les sciences occullcs.
Occupation. Subst. f. Figure de riiéîorique qui consiste à [)révenir une objection (pie l'on prévoit, en se la faisant à soi-même, et en y répondant. Fléchicr a mis celle figure en usage dans cel endroit ùcV Oraison funèbre de. Turenne (jt. 110) : « Quoi donc, n'y a-t-il point de valeur et de générosité chrétienne? L'Ecriture , qui commande de se sanctifier , ne nous apprend-elle pas que la pitié n'est point incompatible avec les armes?... Je sais, messieurs, que ce n'est point en vain que les princes portent l'épée ; que la force peut agir quand elle se trouve jointe avec l'équité; que le Dieu des armées préside à cette redoutable justice que les souverains se fon eux-mêmes; que le droit des armes est néces-