ODE
taire pour la conservation de la société, et que les guerres sont permises pour assurer la paix, pour protéger l'innocence, pour arrêter la malice qui se déborde, et pour retenir la cupidité dans les bo'nes de la justice. «
On nomme ainsi celte (igurc, du mot latin occupare, occuper, s'empjror, [inrce qu'elle sert à s'emparer, pour ainsi dire, de l'esprit de l'auditeur. On l'appelle autrement, préoccupation. (Encijclop.)
Occuper. V. a. de la l"' conj. On dit s'occuper à, et s'occuper de. Le premier se met avec les verbes, le second avec les adjectifs : On s'occupe de son a //'aire, on s'occupe à le tourmenter.
Hier au soir, de pleurs loule trempée, De ce dessein étiez-vous occupée?
(YOLT., Ifan., acl. II, se. m, 11.)
Tandis que tout s'occupe âme persécuter.
(Rac, 3Iithr., act. III, se. i, 7b.)
L'Académie dit s'occuper de son jardin, et s'occuper à son jardin. Le second exemple ne peut être bon iiue comme phrase elliptique ; s'occuper à son jardin, c'est-à-dire s'(.ceuper à travailler à son jardin. On peut s'occuper de .wn jardin, sans s'cccuperà .'son jardin. — L'Académie admet les deux prépositions devant un infinitif, selon le sens de s'occuper; ainsi on dira il s'occupe de détruire les abus; il y songe, il en cherche les moyens; et il s'occupe à détruire les abus, il y travaille. Il en est de même avec les substantifs.
S'occuper se dit aussi absolument : f^ous vous ennuyez, il faut vous occuper.
Souffrez one mon courage ose enfin s'occuper.
(Rac, Phéd., act. III, se. V, 27.)
OccuRRE>T, OcccRHENTE. Adj. qui nc se met qu'après son subst. : Les cas occurrents, les affaires occurrentes.
OcÉiiN. Subst. m. Voltaire a donne, par extension, au lac de Genève le nom d'Océan. {Épttre LXXVI, 17) :
D'un tranquille Océan l'eau pure et transparente Baigne les bords fleuris de ces champs fortunés.
Delille a dit Yocéan de Vair{Énèid., YI, 24);
Il t' élève un beau temple, ô Dieu de la lumière ! Et t'offre, heureux nocher d'une nouvelle mer. L'aile dont il vogua dans l'océan de l'air.
0CT0GÉN.4IRE. Adj. dcs dcux çcnrcs qui s'emploie aussi substantivement. Commeadjectif, ilne se met qu'après son subst. : yieillard octogénaire.
Octogone. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Figure octogo?ie.
OccLMRE. Adj. des deux genres. Une se met qu'après son subst. : Témoin oculaire.
Ode. Sulist. f. Terme de littérature. Dans la poésie grecque et latine, l'ode est une pièce de vers qui se chantait, et dont la lyre accompagnait le chant. Le mol ode signifie chant, chanson, hymne, cantique.
Dans la poésie française, l'ode est un poërae lyrique composé d'un nombre égal de rimes plates ou croisées, et qui se dislingue par des strophes qui doivent être égales entre elles, et dont la
première fixe la mesure des autres. Boiieau parle ainsi de l'ode (^. P., Il, 58) :
L'ode avec plus d'éclat et non moins d'onorgie, Elevant jusqu'au ciel son vol ambitieux. Entretient dans ses vers commerce avec les dieux.
(".hante un vainqueur poudreux au bout de la carrière; Mène .\clillle sanglant au bord du Simols, Ou fait fléchir l'Escaut sous le joug de Louis.
Son style impétueux souvent marche au hasard : Chez elle, un beau désordre estun elfet de l'art.
Comme l'oJe est une poésie faite pour inspirer les sentiments les plus passionnés, elle admet l'enthousiasme, le sublime lyrique, la hardiesse des débuts, les écarts, les digressions, enfin le désordre poétique.
On distingue l'ode sacrée, qui s'adresse à Dieu, et que l'on nomme aussi hymne ou cantique; l'ode héroïque, consacrée à la gloire des héros; l'ode morale ou philosophi(iue, où le poète chante les charmes de la vertu ou la laideur du vice; l'ode anacréonlique, (lui célèbre les plaisirs.
Lecaraclère de l'ode, de (juelque espèce qu'elle soil , ce qui la distingue de tous les autres poèmes, consiste dans leplus haut degré de pensée et de sentiment dont l'esprit et Te cœur de l'homme soient capables. L'ode choisit ce qu'il y a de plus grand dans la religion, de plus surprenaiil dans les merveilles de la nature, de plus admirable dans les belles actions des héros, de plus aimable dans les vertus, de plus condamnable dans les vices, de plus vif dans les plaisirs de Bacchus, de plus tendre dans ceux de l'Amour. Elle ne doii pas seulement plaire, étonner; elle doit ravir et transporter. {Encyclopédie, extrait de l'article Ode par le chevalier de Jaucourt.)
OdiecseiMent. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il s'est comporté odieusement, ou il s'est odieusement comporté dans cette affaire.
Odiecx, Odieuse. Adj. Il régit quelquefois la préposition à .• C'est vn homme odieux à sa famille. Employé sans régime, on peut le mettre avant son subst., enconsultanl l'oreille et l'analogie. On ne dit pas un odieux homme, un odieux prince, un odieux crime ; mais on peut dire ?(«e odieuse entreprise, vn odieux attentat, etc.
Odorant, Odorante. Adj. Il est surtout usité en poésie, et peut se mettre avant son subst., lorsque l'oreille et l'analogie le permettent : Bois odorant, fleurs odorantes, ces odorantes fleurs. Voyez Adjectif.
Odoeat. Subst. f. Ce mot n'a point de pluriel.
Odoriférant, Odoriférante. Adj. H signifie la même chose qu'odorant, mais '1 s'emploie surtout en prose. Il ne se met qu'après son subst. : Parfums odoriférants , aromates odoriférants.
OEiL. Subst. m. Le pluriel est yeux, dans le sens propre, et œils dans le sens analogique : // a mal aux yeux , des œils de bœuf. — Cependant on dit les yev.v du pain, du fromage, du bouillon. (Acad. lS3o.) Voyez Formation.
3'eTi reponds sur ma tête et j'aurai l'œil à tout.
(Corn., Héracl.,àct. III, se. iv, 52.)
Voltaire remarque sur ce vers, qvicj'artrai l'œil à tout est une expression de comédie.
On dit entre quatre yeux, pour dite tête à tète. Voyez Quatre.
OEuF."Subst. m. On prononce euf. Le /"se
nos
fait sentir au singulier, non au pluriel : U/i œuf, des œufs. T v ononcdz des eu.
OEivBi:. Subst. Il csl onlinaireincnl féininin : L'œnrrc Je la création fut achcvi'C en six jours; l'œuvre de la rédemption fut accninpUe sur la croix; faire une bonne œuvre. Ceiiciidant, dans le style soutenu, il est quelnuefois masculin au singulier : Un œuvre de génie, ce saint œuvre.
Sans cela toute fable est un œuvre imparfait.
(La FoNTiiNE, lit. XII, fable ii, 32.)
— OEuvre, lieu et banc destinés dans une paroisse pour les marguiiiiers, est féminin : Il y a une belle œuvre dans cette église. — OEuvre, production do l'csiirit, pièce qu'un auteur a composée, soit en prose, soit en vers, n'est usité (ju'au pluriel et au léuiinin : On a fait un recueil de toutes ses œuvres. — OEuvre, dans le sens d'action morale, est féminin : Qiucun sera jugé selon ses bonnes ou mauvaises œuvres. (Acad ) OEuvre, employé pour signilier la pierre philosoiihalc, ne se dit qu'au singulier et au masculm, et seulement avec le mot gra?id : Le grand œuvre. — OEuvre, employé pour signifier un recueil de tontes les estauijjes d'un môme graveur, est masculin : L'œuvre de CuHot, d'Albert Durer, etc. — En parlant des ouvrages de musique, œ!a-/esedit de certaines compositions des auteurs, auxquelles ils donnent ce titre, et il est masculin : Le premier et le second œuvre de ce musicien sont fort recherchés.
Offensant, Offensante. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Discours offensant, paroles off^ensantes; cette offensante repartie. A'oyez Adjectif.
Offknsif. Offensive. Adj. qui ne se met qu'après son sust. : Guerre offensive, armées offensives, liyue offensive et défensive.
OFFENSivr.Mr.NT. Adv. Il se met après le verbe: Il a agi offensivement, et non pas, il a offensivement agi.
Office. Subst. m. Corneille, en employant ce mol dans le sens de service, a dit {Rodognne, act. I, se. II, 1) :
Vous pouvez comme lui me rendre un ion office.
Voltaire dit à cette occasion : Jamais ce mot familier, bon office, ne doit entrer dans le style tragique. [Remarques -lur Corneille.)
Office est féminin lors(]u'il signifie le lieu où l'on iirépare tout ce qu'on sert sur la table pour le dessert : Une belle office. — C'est l'avis de l'Académie ; mais elle remarque qu'en parlant de la classe de domcsli(iuos ipii miingo à l'olfice il s'empl<;ieau niascnlin : Dansccttc7naison,\'oiiicc est très-nombreux. La Gnumnaire des Grammaires dit au contraire (ju'il est féminin dans ce dernier sens.
Officiel, Officielle. Adj. il ne se met qu'après son subst. : Lettre officielle, déclaration officielle , réponse officielle.
Officiki.levent. Adv. 11 se met après le verbe : // a agi officiellement dans cette affaire, Ct non pas, il a officiellement agi.
Officieusement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // s'est offert à moi officieusement, ou il s'est officieusement offert à moi.
Officieux, Officieuse. Adv. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille ci l'analogie : Une personne officieuse. — Cet officieux
ami. — Un mensonge officieux. Voyez Adjectif.
11 régit quelquefois la préposition envers. Flécbier a dit, il est officieux à ceux qui sont au-dcssuus de lui. L'usage n'a pas adopté ce régime.
Offre. Subst. f. Racine a dit dans Bajazet (act. III, se. vu, 27) :
.\li 1 si d'une autre cliame il n'était point lié, L'offre de mon hymen l'eûl-il tant effrayé, L'cût-il ^cfasé même aux dépens de sa »ie ?
Geoffroi a prétendu que, dans ce vers, Racine avait fait off're masculin. Mais peut-être Racine a-t-il voulu, par une elli[)se hardie, rapporter le participe refusé à liymen. Ce rapport n'est point forcé, ct parait assez naturel : L'offre de mon hymen Veût-il tant effrayé? et eûi-il refusé cet hymen, même aux dépens de sa vie ?
Offrir. V. a. et inégulier de la 2' conj. 11 Sfe conjugue comme ouvrir. Voyez Irrégulier. Offrir une chose, offrir quelque chose à quelqu'un. Offrir à quelqu'un une chose à faire. Je lui offris une bonne œuvre ci faire. Devant les verbes, il régit de : Il m'offrait de le reprendre. — S'offrir régit Cl : C'à.tt le premier objet qui s'offrit à mes yeux. — Offrir un prix de quelque chose. Je lui en ai offert deu.v cent mille francs.
Offusquei!. V. a. de la 1'" conj. Voltaire a dit {Epitre à M. Falkener, en tète de Zaïre) :
Des larmes même ont offusque' Plus d'un œil que j'ai remarqué Pleurer de l'air le plus aimable.
Ognon. Subst. m. On mouille le ^n. On écrit
aussi oignon, mais on prononce ognon.
Oi. On a introduit la diphtbongiie oculaire ai à la place de la diplithongue oculaire oi, dans les mois français, j'avois, etc., comme si ai était plus propre (ju'oi à représenter le son de i'c ou de l'e. Si l'on avait à rèfoi'iner oi dans les mots où il se prononce c ou c, il faudrait y substituer è ou é, autrement, c'est réformer un abus par un plus grand, c'est pécher contre l'analogie. Si l'on a écrit français, j'avais, c'est que nos péres prononçaient ainsi; mais on n'a jamais prononcé français en faisant entendre l'a et \'i. En un mot, si l'on voulait une réforme, il fallait plutôt la tirer de procès, succès, très, auprès, dès, etc., que de se régler sur un petit nombre tle mots pareils qu'on écrit par ai, par la raison de l'élymolo^lo palais, pcilatium,c\. parce que telle était la prononciation de nos pères, i)rononciation qui se conserve encore non-sculcincnt dans lesautres langues vulgaiies, mais même dans quelquesunes de nos provinces. — Telles sont les objections qucDumarsais a faites dans l'Encyclopédie (au mot Diplithongue) contre l'orthographe de Voltaire. Ailleurs il ajoute que ce changement renverse toutes les analogies pareilles à celles ([u il y a entre notion ct connoUre, apparoir cl paraître, a7igloisel anglomane, etc.
M. Dessiaux a répondu à ces objections de la manière suivante dans \e journal grammatical: u Ici, à la vérité, l'analogie est altérée dans une lettre, mais elle n'est pas détruite pour cela; dans une foule d'expressions il y a des mutations, des suppressions, dos inétaplasmosciui divisenlles mots de la même famille, quand la iirononciation est contraire à l'uniformité de leur orthographe. Ainsi nous avons barbe et imberbe, inaptitude et inepte, foin et faner, vert et verdure, nuit et