OLI
nocturne, et des milliers de mots semblables.
«J'avouerai de bonne foi ([u'en thèse générale è n'est pas mieux représenté par m' (pic par ru"; mais examinons les circonstances parliculicres qui viennent affaiblir celte objection, et nous la verrons tomber d'elle-même. Si Yollaire et les réformateurs dont il eml)rasse l'opinion eussent proposé l'iniroduclion de ce signe dans notre langue à la place de la diphlhongue ni, nos adversaires auraient raison ; mais l'usage de la voyelle ai est si ancien, si fré(pient,(iue l'on reste stupéfait en voyant Dumarsais écrire que les réformateurs se sont régh's sur un petit nombre de mois pour réclamer ce changement. » Voyez A.
Oi\. Voyez Lungue fruiiçuise.
Oindre. Y. a. et irrégulier de la 4' conj. Voici comme il se conjugue :
Indicatif. — Présent. J'oins, lu oins, il oint; nous oignons, vous oignez, ils oignent. — /w- /^az/ûiV. J'oignais, lu oignais, il oignait; nous oignions, vous oigniez, ils oignaient. — Passé simple. J'oignis, tu oignis, il oignit; nous oignimes, vous oignîtes, ils oignirent. — FuUir. J'oindrai, tu oindras, il oindra; nous oindrons, vous oindrez, ils oindront.
Conditionnel. — Présent. J'oindrais, tu oindrais, il ointlrait; nous oindrions, vous oindriez, ils oindraient.
Impératif. — Présent. Oins, qu'il oigne, etc.
Subjonctif. — Présent. Que j'oigne, que tu oignes, qu'il oigne; que nous oignions, que vous oigniez, qu'ils oignent. — Imparfait. Que joignisse, que tu oignisses, qu'il oignit; que nous oignissions, que vous oignissiez, qu'ils oignissen».
Participe. — Présent. Oignant. — Passé. Oint, ointe.
Les temps composés se conjuguent avec le verbe auxiliaire avoir.
Oing. Subsl. m. On ne prononce point le g.
OiSEDX, Oiseuse. Adj. Il ne se met guère iju'aprés son subsl. : Des goûts oiseux, des disputes oiseuses, des considératinns oiseuses. — Une épithète oiseuse, des ornements oiseux. — Des paroles oiseuses. — Quoi(iue l'Académie dise des gens oiseux, il est certain que cet adjectif ne se dit plus des personnes.
Oisif, Oisive. Adj. : Un hornine oisif, une femme oisive. — On dit aussi une vie oisive, des talents oisifs. On peut le meitre avant son subst., en Consultant l'oreille et l'analogie : Cette oisive nonchalance , cette oisive indolence. A'oyez Adjectif. •
Oligarchiqde. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Etat oligarchique, gouvernement oligarchique.
Olivâtre. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Teint olivâtre, visage olivâtre.
Olive. Subst. f. Selon l'Académie, on dit quelquefois ««n/rneou d'olives, pour dire un rameau d'olivier. — On ne dit pas plus un rameau d'olives,qu'on ne dit vu rameau de poires, pour dire un rameau de poirier. Le peuple dit le jardin des Olives, pour dire le jardin des Oliviers; mais c'est une expression que l'on peut regarder comme consacrée. Cependant on dit au figuré Volive, pour dire un rameau d'olivier :
Le front calme et serein, Mahomet marche en maître et l'oîire à la main.
(,Yoi.T., llahom., act. II, se. li, 3t.)
ON
Olographe. Adj. m. qui n'e-st guère d'usage que dans celte phrase : testavient olographe.
OMBiiAGKu. A', a. de la 1'^' conj. Dans ce verbe, le g doit toujours se prononcer comme j ; et, pour lui conserver celle prononciation lorsqu'il est suivi d'un a ou d'un d, on met un e muet avant cet a ou cet o : j'ombrageai, j'ombrageais, et non \)di?.j'o7nbragai,j'ombragais.
Il ne faut pas confondre ombrager avec ombrer. Le premier se dit des corps qui font de l'ombre : Une grande quantité d'arbres ombragent la campagne. Le second ne se dil qu'en peinture, et signilie, faire les ombres dans un tableau, dans un dessin : Ce peintre ombre bien.
Ombrageux, O.mbrageuse. Adj. (|ui ne se met qu'après son subst. Il ne se dit au propre que des chevaux, desmidels, etc., (jui sont sujets a avoir peur, et à s'arrèier ou à se jeter subitement de côté (juand ils voient ou leur ombre, ou (pielque objet (jui les surprend : Cheval ombrageux. H se dit ligurément des hommes qui prennent trop légèrement des soupçons, de V ombrage, sur des choses qui les regardent, qui les intéressent : Un homme ombrageux, un esprit ombrageux.
Ombre. Subsl. f. Dans le sens de prétexte, il ne s'emploie qu'avec la préposition sous, et sans arlicle : // a trompé bien des gttis sous ombre d'amitié. — Dans le sens d'apparence, il s'emploie avec l'article ou sans article : Il iiy a pas ombre de doute, il n'y a pas l'ombre du doute.
Ombrer. Voy. Ombrager.
O-MBP.Eux, Ombreuse. Adj. Qui fait de l'ombre. 11 est usilé en poésie, et peut se meitre avant son subsl. : Les ombreuses forêts.
Dans la nuit ténébreuse.
Dont un bois vaste entoure une vallée ombreu$e.
(Delil., Enéide, VI, 183.)
Omettre. Y. a. et irrégulier do la 4' conj. Il se conjugue comme mettre. A'oyez ce mol.
On. Mot que les anciens grammairiens ont mis au nombre des pronoms indéfinis, et qui est un nom qui signifie homme. En effet, ce mol s'est formé, par abréviation ou par corruption, du mot homme. Ainsi, quand je dis o?i étudie, on joue, on 7/(a«yc, c'est comme si je disais. /iowwe étudie, homme joue, homme mange ; et c'est ainsi qu'on disait anciennement. On disait aussi l'homme étudie, l'homme joue, etc., avec l'article ; et on a conservé parmi nous cet article dans certains cas.
On ne se joint jamais qu'avec la troisième personne du singulier des verbes, mais il ne peut précéder ceux que l'on nomme impersonnels. Il est synonyme àliomme, et sert a indiquer ou l'espèce, on naît pour inourir , ou une partie vague des individus de l'espèce, sans aucune désignation individuelle, comme, on nous écoute.
Il suit de l'étymologic de ce mot, qu'il ne peut se dire que des" personnes. M. deWailly prétend qu'on ne peut le dire de Dieu ; et il a bien raison, puisque ce mot ne peut s'entendre d'un individu désigné. Mais il en conclut ([u'on ne peut pas dire, au jugement dernier, on ne nous demandera pas ce que nous avons lu, mais ce que nous avons fait; et qu'il faut dire. Dieu ne nous demandera pas, etc. En cela, je crois que ce grammairien s'est trompé. Dans, au jugement dernier, on ne nous demandera pas, etc., on ne se met pas au lieu de Dieu, mais il indique un être quelconque qui demandera compte : ce qui fait tomber l'idée principalesur les lectures et sur
ON
les actions, et non sur l'être qui doit en demnnder comiitc. En effet, il y a de la différence entre ces deux i)in-ases. Dans, au jugement dernier, on nous demandera ce qve nous avons fait, la conséquence de cette vérité, c'est, i)rcncz donc garde à ce que vous faites, veillez donc sur vos actions, puisque c'est de ces actions qu'on vous demandera compte. Ce que vous avez fait, ou vos actions, est ici la chose principal^ que l'un a en vue. Mais quand on dit, au jugement dernier. Dieu vous demandera ce que vous avez fuit, l'idée tombe principalement sur Dieu. La conséquence est, craignez ce juge suprême, mettezvous en étal de paraître devant lui, et de lui rendre compte de vos actions. 11 suflilqueces deux phrases expriment chacune une nuance différente, une vue particulière de l'esprit, pour qu'elles doivent être conservées.
On dit on et l'on ; mais on ne se sert du dernier que pour éviter quelque son désagréable qui résulterait de ce qui précède ou dece qui suit. Ainsi on ne dit pas, et on, si on, ou on; mais, et l'on, si l'on, eu l'on, afin d'éviter la rencontre désagréable des deux sons. De même on ne dit pas Von quand ce mot est suivi de le, la, les, lui, cl autres mots qui formeraient cacophonie. On*i sent combien est désagréable à l'oreille. Va?! le lui a dit, l'on le hiidira, je ne veux pas que l'on le iourîupnte; cette répétition du son produit par le l est insupportable. On est le mot primitif, Voji n'a été inventé que pour les cas particuliers dont nous avons parlé, et il ne faut l'employer que dans ces cas.
On, comme sujet d'un verbe, le précède, si ce n'est dans les inlerrogalions. On dit, on pense; dit-07i9 pense-t-on? Sur quoi il l<iut remarquer (jue, dans ce dernier cas, lorsque le verbe flnit par un a ou un e, on met entre 071 et le verbe un t euphonique, que l'on fait précéder et suivre d'un trait d'union : Que fera-t-on ? que demande-t-on9
On se joint à des noms féminins ou à des noms pluriels , lorsque les circonstances conduisent naturellement l'esprit à saisir ces rapports. Ainsi une femme dira, on n'est pas toujours jeune et jolie (Acad.), et l'on n'en sera i)oint choqué, parce qu'on sait que c'est une femme qui parle de son sexe, et que par là l'esprit est disposé à saisir le rapport de on avec le féminin. Molière a dit dans les Précieuses ridicules (se. X.) : C'est vn ad- )ii iruhle lieu que Paris ; il s'y passe tous les jours cent choses qu'on ignore, quelque spirituelle ç'/'on puisse être. Madame de Sévigné mettait liiMJours le féminin dans ces i)hrases": Un malheur continuel pique cl offense; on hait d'être houspillée /if/r la fortune.
Cependant, pour autoriser ce rapport, il ne suffit pas que ce suit une femme qui parle, mais :l faut qu'elle parle de son sexe. Si une femme, ai)rès avoir parlé d'un homme qui s'est venec d'une injure, l'excuse en disant, on n'aime pas à être méprisé, elle ne peut employer que le masculin. L'esprit est préoccupé d'un" substantif masculin, il rejetterait l'autre rapport. Mais si une femme ]);irlc d'une personne de son se.xe qui s'est retirée d'une société où elle n'était pas estimée, elle ne peut employer que le féminin, et l'espT-it, préoccupé d'un sulJslantif féminin, rejetterait le masculin. Elle dira donc, on n'aime pas a être méprisée.
RL Lévizac, imitant ici les anciens grammairiens, qui fondaient plutôt les règles sur les mots que sur les idées, prétend que l'usage d'emplover
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le féminin avec le mot on est un abus consacré par les écrivains, parce que l'origine de on annonce le masculin, auquel l'assujettit encore sa signifii-ation vague et indéterminée, et que rien d'indéterminé n'a ni ne peut avoir de genre.
On peut répondre que quiconque par son origine annonce le masculin, auquel l'assujettit encore sa signification vague et indéterminée, et que cependant il se met en rai)port avec un féminin , lorsque le discours ou les circonstances indiquent qu'il est question d'une femme. Voyez Quiconque.
On pourrait dire, pour sauver la règle, que, dans ces cas, les circonstances ou les expressions qui indiquent le féminin tirent en quelque sorte le mot de son indétermination, et le restreignent à une signification féminine
Il en est de même du pluriel. Les circonstances exigent quelquefois que l'on fasse rapporter on a un substantif de ce nombre. L'Académie donne pour exemple, on n'est pus des esclaves, pnvr essuyer de si mauvais traitements. Cette phrase est régulière, j)arce que les circonstances indiquent que l'on veut parler de plusieurs. C'est en effet comme si l'on disait, nous ne sommes pas des esclaves, ou les homjnes ne sont pas des esclaves. La Bruyère a dit : Le commencement et le déclin de V amour se font sentir par l'embarras oii Z'on est de se trouver seuls. (Ch. IV. Du Cœur, p. 281.) Et on lit dans Corneille (/*«hjcucte, act. I, se. m, 21) :
On n'a tous deux qu'un cœur qui sent mêmes traTeràes .
Voltaire, dans ses commentaires sur Corneille, dit que cette expression ne paraît pas d'abord française, mais qu'elle l'est en effet. Est-071 allé Zà< dit-il, on y est allé deux. C'est là un gallicisme qui ne s'emploie que dans le style trèsfamilier.
C'est aussi dans le style très-familier que l'on emploie on pour la première personne du singulier ou du pluriel. Ainsi, un homme (jui aura été longtemps sans en voir un autre, lui dini fort bien : Il y a longtemps qu'on ne vous a vu, c'csl-a-dire que je nevousai vu, ou que nous ne vous avons vu. Les auteurs se servent aussi quelquefois de cette expression, pour éviter de se désigner directement. On a dit plus haut, c'està-dire, j'ai dit plus haut.
On l'emploie aussi en ce sens dans le style comique :
Je liais la vanité, mais ce n'est point un vice De savoir se connaître et se rendre justice. On n'est pas s.ms esprit, en pluil, on a je crois. Aux petits cabinets l'air de l'auii du roi. Il faut bien s'avouer que l'on est fait à peindre ; On danse, on chante, on boit, on sait parler et feindre. (ToLT., f Indiscret, se. ir, 9.)
Il est assez indifférent pour le sens de dire on ou l'on, mais l'un doit être quelquefois préféré à l'autre, selon ce qui précède ou ce qui suit; c'est à l'oreille à décider. On est suivi dans la prononciation d'un n euphoiu'quc lorsqu'il précède une voyelle avec laquelle il doit se lier : (hi-n-a dit., on-n- estime, etc. — C'est pour cela que plusieurs personnes, accoutumées à lier le n final de on avec la voyelle suivante, suppriment le n qui doit caraetcriscr la négation que le sens de la phrase exige; par exemjile, au lieu d'écrire, on n'a rien à faire, ou n'est lui « ?-tc«, elles écrivent on a rien à faire, on est bon à rien. Mais
OPA
êias ces phrases, rien, sii;iiiliant néant, nulle chose, pas du tout, et ayant conséqucmmcnt un sens négatif, denuinde évKlemmcni la négative îie. {Grammaire des Grammaires, p. 31)8.)
0.\cTi;EUSE.'\!F.>r. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Ce livre est onctucuseinent écrit; il a prêché nnctueusement.
Onctueux, O.NCTLEUsE.Adj. : Du lois onctueux;
— w« prédicateur onctueux. On pourrait dire, cet onctueux prédicateur. Voyez Adjectif. Tér.uid prétend i\\\'onctveux ne se dit (juc des choses inalcriellcs, jjour exprimer ce (psi est d'une ^^ubstance grasse et huileuse, et ipfon ne dit l)oint un prédicateur onclucu.v. L'Académie le dit.
Onde. Subst. f. On l'emploie en [)oésic pour Veau en général : Le cristal de l'onde, l'onde fugitive.
Le cristal sur leurs mains verse une onde limpide. (Delil,, Ènéid., I, 966.)
Ondoyant, Ondoyante. Adj. verbal tiré du v. ondoyer. On peut en poésie le mettre avant son subst. en consultant l'oreille et l'analogie : l'aguos ondoyantes, plaines ondoyantes, fumée ondoyante. Les ondoyantes plaines.
Onéreux, OMÎr.EDSE. Adj. qui ne se met qu'ajn'ès son subst. : Charge onéreuse, coiidition onéreuse, voisinage onéreux.
Onomatopée. Subst. f. On appelle ainsi une figure de rhétorique par laquelle un mot imite le son naturel de ce qu'il signilio. On réduit sous cette ligure les mots formés par imitation du son; comme le glouglou de la bouteille, le cliquetis, c'est-à-dire le bruit que; font les boucliers, les épées, et les autres armes, en se choquant; le trictrac, sorte de jeu, nommé ainsi du bruit que font les dames et les dés en se cho(iuant. Cette figure n'est point un Iropc, puisque le mot se I)rend dans un sens jiropre. Voyez Figure, Trope.
— Ch. Kodier a fait un dictionnaire spécial des Onomatopées françaises.
Onze. Adj numéral des deux genres. Il se met ordinairement avant son subst. : Onze chevaux, mze francs, onze heures. — On dit : ils sont onze, ils étaient onze. L'Académie reman[ue que l)icn que ce mot commence par une voyelle, il arrive quelquefois, et surtout quand il est question de dates, qu'on prononce et qu'on écrit sansélision, l'article, la préposition, uu la particule (pii le précède : De onze enfants qu'ils étaient, il en est mort dix. De vingt, il n'en est resté que onze. Il faut aussi remarquer que ijuand onze est précédé d'un mot qui finit par une consonne, on ne prononce pas plus la consonne finale que s'il y avait une aspiration : F'ers les onze heures. — On dit aussi le onze du mois. Voyez Apostrophe.
0nz!è.me. Adj. des deux genres. Il se met avant son subst. ; et il suit, ])our la prononciation et l'orthographe, les mêmes règles que onze : Le onzième jour, le onzième vuds. IL vivait au onzième siècle. L'Académie remarque que certaines personnes disent encore l'onzième; mais l'usage le plus général est i)our le onzième. Voyez Apostrophe.
Onzièmement. Adv. Il se met après le verbe : Je lui ai fait observer onzièmement, et non pas je lui ni onzièmement fait observer.
Opaque. Adj. des deux genres. 11 ne se met qu'après son subst. : Corps opaque, matière opaque.
OPU
su
Opéra. Subst. m. Les meilleurs grammairiens ne lui donnent point de s au pluriel; en 1762 l'Académie était de cet avis. Mais dans les éditions de 1798 et de 1835 elle prétend (ju'il prend ce signe du pluriel. Ce qu'il y a de certain, c'est (pie Boileau, Voliaire, Condillac et plusieurs autres l'ont toujours écrit sans s.
Opéra. Terme de littérature. L'opéra est une espèce de poëme dramatique fait pour être mis en musique, et chanté sur le théâtre avec la symphonie, et toutes sortes de décorations en machines et en habits. La Bruyère dit que l'opéra doit tenir les yeux et les oreilles dans un égal enchantement. (Ch. I. Des Ouvrages de l'esprit, P.261.J
Opérateur. Subst. m. En parlant d'une femme, on dit opératrice.
Opiat. Subst. m. On fait sentir le t, et l'on I)rononce comme s'il y avait opiate.
Opiniâtre. Adj. des deux genres. On peut le meitre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un homme opiniâtre, un esprit opiniâtre, travail opiniâtre, silence opiniâtre. — Cette opiniâtre aversion, cet opiniâtre zèle. On ne dit ni U7i opiniâtre homme, ni un opiniâtre esprit. Voyez Adjectif.
Opiniâtrement. Adv. On peut quelquefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a défendu opiniâtrement cette place, OU il a opiniâtrement défendu cette place.
Opportun , Opportune. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Un temps opporlim, une occasion opportune .
Opposition. Subst. f. Terme de rhétorique; c'est une figure de rhétorique par laquelle on joint deux choses qui, en apparence, sont incompatibles, comme (juand Horace parle d'une folle sagesse, et qu'Anacréon dit que l'amour est une agréable folie. Cette figure, qui semble nier ce qu'elle établit et se contredire dans ses termes, est cependant ircs-élégante ; elle réveille plus que toute autre l'attention et l'admiration des lecteurs, et donne de la grâce aux (liscours quand elle n'est point recherchée et qu'elle est I)lacée à propos, ^'oulez-vous un exemple d'une opposition brillante, moins marquée dans les mots que dans la pensée; je n'en puis guère citer de plus heureuse que celle de ces beaux vers de la Henriado (ix, 300) :
Les Amours enfantins désarmaient ce héros,
L'un tenait sa cuirasse encor de sang trempée,
L'autre avait détaché sa redoutable épée,
Et riait en tenant dans ses débiles mains
Ce fer, l'appui du trône, et l'effroi des humains.
11 fallait dire, peut-être, Veffroi des eiinemis.
Oppresseur. Subst. m. Personne i\e nous apprend comment il faudrait dire en parlant d'une femme.
Oppression. Subst. f. Il n'a qu'un sens passif, et ne se dit que de ce qui est oppressé ou opprimé : Uiie oppression. L'oppression du peuple. —L'Académie dit qu'au figuré, il s'emiiloic aussi pour exprimer l'action d'opprimer ; Jamais on ne poussa l'oppression plus loin.
Opprimer. V. a. delal'^'conj. Voyez Accabler.
Optique. Adj. des deux genres. 11 ne se met qu'après son subst. : Apparence optique, illusion optique.
Opulent, Opulente, Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Homme opulent, ville opulente, cett* opulente ville.