‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 316 sur 453 · OU · texte numérisé non relu

OU

onl une langue raisonncc. La prcposilion Je, que l'on a iiiiioiiuile dans ces sorics de locutions, ne i)cui élre reçardée comme euphonique; c'est un terme né de l'ignorance; l'usage Va sanctionné en quelque snric ; mais la raison, |ilus forte que l'usage, veut enlin qu'on le proscrive.

Vous direz, par exemple, duquel des deux a-t-on le plus honorablement parlé, de mon père ou de vion - ncle'f parce que la proposition sousentendue est celle-ci : A-t-on parlé plus honorablement de mon oncle que de mon pèrcf Ainsi, de ce que, dans celte secon'de' phrase, duquel des deux a-t-on, etc., la préposition do n'est employée (pie p;nce (pie le ternie interrogatif duquel desdfux csi lui-même précédé de la préposition de, on doit conrhire (juc, dans la première locution, lequel des deux fut le plus intrépide, etc., on ne doit jias employer la préposition de, parce que le terme interrogatif, lequel des deux, n'en est pas précédé. »

La Grammaire des Grammaires remarque avec raison (]ue l'usage 7i'a point sanctionné la locution que l'on condamne ici, cl les observations qu'on vient de lire paniissenl d'autant plus justes, qu'elles se trouvent confirmées par des exem|)les tirés de nos meilleurs écrivains; Ils ne savaient lequel ils devaient admirer darantage , OU un roi de Suède qui, à l'âge de vingt-deux ans, donnait la couronne de Pologne, ou le prince qui la refusait. (Volt., Hist de Charles XIT, liv. II, année 1704.) Lequel des deux a tort, ou celui qui cesse d'aimer, ou celui qui cesse de plaire? (Marmontel.)

Lamoignon, nous irons, libres d'inquiétude,

Chercher

Quel chemin le plus droit à la gloire nous gjiide. Ou la vaste science ou la vertu tolide ?

(Boit., ^pttre VI, 153.}

Je ne sais, dans son funeste sort, Qui m'afflige le plus, ou sa vie, ou sa mort.

(CORX., Rodog., ad. V, se. T, 7.)

OÙ. Adv. de lieu et de temps. Dans les phrases interrogatives, il se met avant le verbe : Où allez-vous? oit sont-ils?

On disait autrefois indifféremment, dans le temps que j'étais jeune, ou dans le ternps où j'étais jeune. On dit aujourd'hui dans le temps OÙ j'étais jeune. Boileau a dit {Lutrin, II, 123):

Hélas : qu'est devenu ce temps, cet heureux temps, Où les rois s'honoraient du nom de fainéants?

Il y aurait donc aujourd'hui quelque chose à reprenàio dans ce vers de Racine [Britannicus, act. I, se. 1, 'Jl) :

Non, non, le temps n'est plus 7U« Néron, jeune encore, Me renvoyait les vœux d'une cour qui l'adore.

On dit bien oii pour dans lequel, auquel, dans laquelle, à laquelle, dans lesquels, auxfiucls, dans lesquelles, auxquelles, mais seulement quand il s'agit de tenqisou de lieu. Le lieu où je suis, la maison où je demeure, le siècle où il vivait. Mais on ne dira p;is le bonheur, la félicité où ï! aspire; ce sont des affaires où je suis intéressé; il faut dire, le bonheur auquel j'aspire, la félicité à laquelle j'aspire. C'est par celle raison

Page 1