‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 32 sur 453 · APO · texte numérisé non relu

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cl je m'appuie sur l'autorité ûo l'Académie cllemèiiie, qui, au mot accourdr, dit que les jours s'accourcisscnt. Ln effet , ils deviennent plus courts, cl ils ne deviennent pas plus petits. On dit au mois de décembre (\vc les jours sont courts ; mais on ne dit pas (ju'iZi sont petits. Un petit jour est un jour (]ui commence, qui n'est pas encore^ dans son éclat : Il ne faisait encore ] que petit jour. Par la même raison, on ne dit pas comme l'Académie, qu'une étoffe s' apetisse a l'eau, mais bien qu'elle s'y retire, comme on le voit dans le même Dictionnaire de V Académie, au mol Retirer.

Aphorisme. Subst. m. L'Académie a oublie de dire que ce mot est particulièrement consacré à la médecine et à la jurisprudence. On ne dit point des aphorismes de morale, des aphorisnies depolitùjtie, àmoinsquece ne soit en plaisanterie.

Aplanir. V. a. de la 2' conj. Féraud demande avec raison pounjuoi l'Académie écrit aplanir, aplanissement avec un p, tandis qu'elle écrit avec deux p applaudir, applaudissement, appliquer, etc.

Apocope. Subst. f. Figure de diction qui a lien lorsqu'on retranche quelque lellre ou quehpie syllabe à la fin d'un mol : encor pour encore, grand'messe pour grande messe, sont des apocopes.

Apocryphe. Adj. des deux genres. Il suit toujours son subst.: Auteur apocryphe, livre apocryphe.

Apologétiqoe Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Discours apologétique, lettre apologétique.

Apologue. Subst. m. Petit récit qui couvre une vérité du voile de l'allégorie. L'apologue fait parler les dieux, les esprits, les hommes, les animaux, les choses inanimées; c'est le genre. La fable ne fait parler que les animaux et les choses inanimées; c'est l'ospèce.

Apostat. Ce mot se prend au figuré dans lesens de déserteur, transfuge ; mais alors il est déterminé par un complément ;

Apostats eiïronlés ilti goût et du bon sens.

(Gilbert, Le Dix-Huitiime Siècle, sal. I, 450.) [Grammaire des Grammaire», p. 1077.)

Apostolique. Adj. des deux genres. Il ne se met guère qu'après son subst.: Doctrine apostolique, érudition apostolique, mission apostoliqiie, vie apostolique.

Apostoliquement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Il a prêché apostoliquement.

APOSTRoruE. Subst. f. Figure de rhétorique dans la(]uelle l'orateur inlerrouipl le discours qu'il tenait à l'auditoire, pour s'adresser direclement et nommément à (îuehjue personne^ soit aux dieux, soit aux hommes, aux vivants ou aux morts, ou à quelque être, même aux choses inanimées, ou à des êtres métaphysiques, et qu'on est en usage de personnifier. C'est ainsi que Bossuet a dit" dans son oraison funèbre de la duchesse d'Orléans (p. C2) : O mort! éloigne-loi de ma pensée, etc.

L'apostrophe peut iiroduirc un grand effet dans un discours oratoire; mais il faut qu'elle y soit [ilacée à propos, et bien amenée par la circonstance. L'usage fréquent de celle figure ferait un Ircs-mauvais effet. L'auditeur n'aime pa& (in'on le perde tron souvent de vue.

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