‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 33 sur 453 · APO · texte numérisé non relu

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Apostrophe est un tcrnio de grammaire. On entend par la une petite manpic en forme de virgule ('), dont on se sert pour marquer l'élision a'une voyelle, ccst-à-dirc, sa suppression à la reneontre d'une autre voyelle.

Il y a dans la langue française trois lettres, «, c, i, qui, so trouvant a la fin d'un mot, se suppriment avant un autre mot qui commence par une voyelle ou un h non aspiré.

En français, l'e muet ou féminin est la seule voyelle qui s'élidc toujours devant une autre voyelle, au moins dans la prononciation ; car, dans l'écriture, on ne maniuc l'élision par l'apostrophe que dans les monosyllabes je, me, te, se, le, ce, qvc, de, ne, et dans jusque cl quoique: J'y cours, je m'y rendrai, je Vudmirc, il s'offense, elle V avoue, c'est cela, qu'est-ce qu'il a? d'après cela, n'y pensez plus, jusqu'alors, quoi qu'il arrive.

L'« ne doit être supprimé que dans l'article et dans le pronom Za .- l'âme, l'église , je l'entends, pour je la entends. On dit la onzième, ce qui est peut-être venu de ce que ce nom de nombre s'écrit souvent en chiffres.

L'i ne se perd que dans la conjonction si, devant les pronoms il, ils ; mais il se conserve devant ei/e, elles. S'il vient, s'ils viennent. Mais on dit si elle vient, si elles viennent.

Si, précédé de la conjonction et, s'emploie dans la conversation pour cependant, avec cela, néanmoins ; et alors il ne perd jamais sa voyelle, non pas même devant le pronom il ou Us: Il est brave et vaillant, et si il est doua! et facile.

L'e muet de grande s'élide quelquefois dans la prononciation et dans l'écriture, devant des substantifs qui commencent par une consonne. On dit et on écrit grand' mère , grand' tante y grand'rnesse , grand' chambre , grand' salle , grand' chère , grand' croix , grand' pitié. Cependant il n'y a que les mots grand'mère pour lesquels la règle t>oit générale ; car, dans bien des occasions, et en particulier quand le mot grande est précédé de quelque prépositif ou équivalent de l'article, l'e muet final ne souiFre pas d'élision, et l'on dit une grande chambre, la plus grande chère, la plus grande peine.

L'e muet de la préposition entre s'élide dans les verbes réciproques, s' entr' accorder, s'enlr'accompagner, s'enfr'accuser, s' enir' ouvrir, etc.

L'usage est partagé dans les cas suivants. Les uns écrivent entre elle, entre elles, entre eux, entre autres • et les autres entr'elle, entr'elles, entr'eux, entr'autres. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on écrit entre onze heures et midi, entre itri bon et un mauvais ami , entre amis. — Maintenant l'Académie ne met que entre eux, entre outres. Voyez Entre.

L'e final de jusque s'élide devant «, au, aux, ici : Jusqu'à Rome , jusqu'au ciel, jusqu'aux nues , jusqu'ici.

L'e de puisque et de quoique ne s'élide que quand les mots sont suivis de il, ils, elle, elles, on, un, une , ou d'un mot avec lequel ces conjonctions sont immédiatement liées : Puisqu'il le veut, quoi qu'on dise, puisqu'ainsi est. Mais on écritj puisque aider les malheureux est un devoir ; quoique étranger, etc.

L'e final de quelque ne s'élide que devant un, une : quelqu'un, que/qu'une, et dans quel qu'il soit, quelle qu'elle soif. Ou écrit quelque historien , quelque autre, quelque espoir.

L'e final de presque ne s'élide que dans presqu'île. On kcïii presque achevé, presque usé, etc.

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A et c ne s'élident pas d.ins le, lu, après lui impéiatif, ni dans U adverbe : Menez-le à Paris, ira-t-il là avec vous ?

^ et e ne s'élident |)as non plus dans de, le, lu, que, ce, avant les mots huit, huitaine, huitième, onze, onzième,' oui, un: Le huit du mois, dans la huitaine, le onze, le onzième, le oui, le un.

La finale de contre ne s'élide jamais : contre allée, contre-amiral, contre eux, etc.

La diphlhongue do moi et de toi, lors(iue ces mots sont placés après un impératif, s'élide devant en, et ne s'élide pas devant y : Donnezm'en, va-t'en. Mais on dit conduise z-y-inoi, cl non pas conduisez-m'y.

Apôtt.e. Subst. m. On écrivait autrefois rtpoitre ; on a sup[)rimé le s, et la syllabe est restée longue.

Apparaître. V. n. de la li' conj. Il se conjugue romxnc paraître, avec cette différence qu'ff/)/jaraître prend tantôt l'auxiliaire être , et tantôt l'auxiliaire avoir, cl que paraître ne jjrend (juc le dernier. Les grammairiens disent que ce verbe prend indifférenunent l'auxiliaire être ou l'auxili;iire avoir. Cela n'est |)as naturel. Il faut nécessairement que chacun de ces verbes indique une nuance différente, un jwinl de vue différent. — Je pense qu'il faut dire o apparu quand l'action d'apparaître n'est considérée (jne relativement au spectre même qui l'a faite, et non relativement à l'impression de l'apparition sur les [joi-sonnes. Quand je dis ce spectre a apparu trois fois pendant la nuit, je ne veux exprimer que l'action du sj)ectre, indéjKîndammo.u de tout effet, de louteimpression. Mais quand on veut marquer l'impression de l'apparition sur les personnes, il faut dire est apparu : Le spectre m'est apparu, nous est apparu :

Vous m'êtes, en dormant, un peu Iritle apparu.

(La Fontaikb, iiv. YllI, toile xi, 19.)

Si l'on me demande à quelle heure le spectre s'est rendu visible, je répondrai : il a apparu à minuit; maïs si l'on veut savoir de moi à quelle heure j'ai vu apparaître le spectre, je dirai : il m'est apparu à minuit. Le premier offre un sens actif, le second un sens passif. On ne peut jamais dire le spectre m'a apparu.

Il faut convenir cepenùant que a apparu forme un hiatus bien dur, et qu'on ferait bien de l'éviter.

Richelet, Jouberl, et le Dictùmnaire de Trévoux, prétendent que ce verbe peut être employé avec le pronom personnel. A la vérité, le P. Brumoi a dit : Minerve s'apparaît d eux ; mais aucun bon écrivain ne l'a imité.

Il se dit des choses qui ne paraissent que rarement et de loin en loin : // apparaît de temps en temps sur la surface de la terre des hommes rares et exquis qui brillent par leur vertu, et dont les qualités éminentes jettent un éclat prodigieux. (La Bruyère.)

■ Apparemment. Adv. On le met au commencemenl d'une phrase ou après le verbe : Apparemment qu'il viendra, ou il viendra apparemment.

Apparence. Subst. L Féraud re|)roche avec raison à l'Académie d'avoir dit sous apparence de l'amitié. Dans cette phrase, (piand apparence n'a point d'article, il n'en faut point mettre non plus devant le substantif qui le suit; il sulht de la préposition de : Sous apparence d'anntie. Mais quand apparence est précède d'un article, il laut

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en donner un nu substanlif suivant ; Sous l'appa- | rencc de l'a).\itié.

Api'Aiii;>T, Apparente. Adj. Quand il signilic qui n'a que l'apparence sans réalité, il pcul se mellic (icvaiil smii sul)Sl., en con^^ullanl l'oreille cl lanalogic : Un apparent et fhtix talent. Le monrcinenl apparent du soleil. Dans toutes les autres Bij^nilioations, il suit son sub>t.

AppAr.oin. Y. n. et dcfectif de la 3* conj 11 n'est usiu- qu'a l'infinitif avec le vorhe faire, et a la Iroisiénie personne sinçiiliore de l'inlinilif, où il fait appert, Cl OÙ il ne s'emploie qu'inipcrsonnellcnietu.

AppAitTENANT, APPARTENANTE. Adj. vcrbal tiré du V. appartenir. Les irrammairiens ne sont pas d'acconi sur l'emploi de cet adjci'iif vcrbal. Les uns veulent (pj'on dise une maison apparlcnanl à vn tel, avec le participe; les autres, vne maison appartenante n vn tel, avec l'adjeeiif verbal. Beau/.cc est du nombre des derniers, et l'Académie |)arlaL'e celle opinion. Elle dit : Une maison à lui appartenante, ^'ollaire *dil : Une ville appartenante aux Hollandais. Bartliélemy : Il apprit que quelques officiers de ses troupes, appartenants aux premières familles d'Jlhènes, méditaient une trahison en faveur des Partîtes.

Appartenir. Y. n. et irrégulier de la 2'' conj 11 se conjugue comme tenir. Yoycz Irrégvlier. — Quelquefois on emploie ce verbe impersonnellement, alors il régit a devant les personnes, cl de devant l'inlinilif: Il appartient aux pères de châtier leurs enfants.

* s'Appartenir. Ce mol n'est point usilé. Cependant on le trouve très-bien appliqué dans une réponse (juc fil un particulier à Henri lY. J qui appartenez-vous'^ lui demandait le roi. A vioi, répondit le particulier.

Appeau. Subsl. m. L'Académie le définit, sorte de sifflet, etc. Tous les appeaux ne sont pas (les siffleis. H y en a qu'on fait jouer avec la main. — L'Académie dit aussi que l'on appelle appeaux les oiseaux dont on se sert pour appeler les autres oiseaux. — Oui, excepté les femelles de perdrix, que l'on nomme chanterelles.

Appelant, Appelante. Adj. 11 ne se met qu'après son subst. : La partie appelante.

Appeler. \ . a. de la 1"^^ conj. On double la lellre/ dans les temps de ce verbe où celle lellre est suivie d'un e muet: J'appelle, j'appellerai, il appellera, il appellerait ; on ne met qu'un l lorsque celle lettre est suivie de toute autre lellre qu'un e muet: J'appelais, j'ai appelé, ils appelèrent.

Appellatif. Adj. On prononce les deux l. Kn grammaire on appelle noms appellatifs ou communs, les noms qui sont conmmns à des class(!s d'êtres, par opposition aux noms propres, qui n'expriment que des individus.

11 y a deux sortes de noms appellatifs: les uns qui conviennent à tous les individus ou êtres particuliers de différentes espèces; par exemple, arbre convient a tous les noyers, à tous les orangers, à tous les oliviers, etc. ; alors on dit que ces sortes de noms appellatifs sont des noms de genre. La seconde sorte de noms appellatifs ne convient qu'aux individus d'une es|)èce, tels sont noyer, olivier, oranger. Ainsi, animal est un nom de genre, parce qu'il convient à tous les individus de différentes espèces : car je puis dire ce chien est un animal, cet éléphant est un animal, etc. Chien, éléphant, lion, cheval, sont des noms d'espèces.

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Les noms de genre peuvent devenir noms d'espèces, si on les renferme sous des noms plus étendus , |)ar exemple si je dis «lue l'arbre est un être ou une substance, (jue l'animal est une substance. De même le nom d'espèce jmul devenir nom de genre, s'il peut être dii de diverses sortes d'individus subordonnés a ce nom. Par exemple, c/iM?H sera un nom d'espèce par rapjwrl à animal; mais chien deviendra un nom de genre par rapport aux différeiites espèces de chiens. Car il y a des chiens qu'on appelle dogues, d'autres limiers, d'aulrcs épagneuls, d'auli's braques, etc. ; iC sont là autant d'espèces différentes de chiens. Ainsi chien, qui comprend louics ces es|)èces, est alors un nom de genre par rapport a ces e>pèces particulières, quoiqu'il pui>se être en même temps nom d'espèce s'il est considéré relativement à un nom plus élendu, tel qu animal ou substance: ce qui fait voir (]ue ces mots genre, espèce, sonl des termes mélaphysi()ues qui ne se tirent que de la manière dont on les considère. (Dumarsais.) Voyez Nom.

Appellation. Subsl. f. On prononce les deux /. En termes de grammaire, il se dit de l'action de nommer chaque lellre de l'alphabet.

On distingue aujourdhui l'ancicnneappellalioii et la nouvelle. Autrefois les consonnes se prononçaient te, ce, dé, effe, gé, ache, elle, emme, ennc, pé, qu, erre, esse, té, vé, icse, zède. Aujourd'hui on ne nomme les consonnes que par le son propre qu'elles onl dans les syllabes où elles se Irouvcnl, en ajoulaiil sculemenla ce son propre celui de \'e muet, qui est l'effel de l'impulsion do l'air nécessaire pour faire entendre la consonne. Par exemple, on ap|)eile bo la lellre b, comme on la prononce dans la dernière syllabe de tombe, ou dans la première àcbesoin; de', Va lellre d, comme on rcnlend dans la dernière syllabe de ronde; fe, la lellre f, et ainsi des autres, qui n'ont qu'un seul son.

Quant aux lettres qui ont plusieurs sons, comme c, g, t, s, on les appelle par le son le plus naturel et le plus ordinaire. Ainsi c se nomme que; g, gue ; te, comme dans forte; s, se, comme dans bourse.

Suivant la nouvelle appcUalion, toutes les lettres de l'alphabet sont du genre masculin; suivant l'ancienne, les unes sont du genre masculin, les autres du féminin.

Appendice. Subsl. m. Prononcez û/)pa»iidicc.

On nomme ainsi, en lerme de liUèralure, une addition placée à la fin d'un ouvrage ou d'un écrit, destinée à l'éclaircissement de ce qui n'a pas été suffisamment expliqué, ou à tirer la conclusion de l'ouvrage.

Appendre. y. a. de la 4'' conj. Prononcez appandre.

Appentis. Subst. m. On prononce a/>an<i.

Appéter. y . a. de la l'^'' conj. Dans les temps de ce verbe, \'e de pe est ouvert quand la syllabe suivante finit par le son d une muet : J'appète, tu appelés. Il est fermé lorstjue celle syllaue finit partout autre fon : Nous appétons, vous appelez. — Mirabeau a employéce mol dans un sens figure : Tout en admirant la bravoure dans les autres, ce roi n'eut pas ce ferment de sang qui fait appeler la gloire.

Appétissant, Appétissante. Adj. qui suit toujours son subsl. : friande appétissante

Applaudir. V. a. cl n. de la 2'' conj. Applaudir une chose, une personne. Applaudir à une chose. Applaudir une chose, c'est témoigner pur

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des batlements de mains (jifon approuve une chose, (ju'on la trouve bien faite, bien exéculce. On a beaucoup applaudi, cette pièce. (}uand on dit applaudir à une chose, les nii|>laudisscmcnts ont pour objet une inaniêie parliculière d'agir ou d'exécuter: Onu beaucoup applaudi au jeu de cet acteur. — Dans le sens d'iippiobalion simple sans battements de niauis, applaudir à une personne, c'est la ft'licilor du succès des moyens qu'elle a choisis et cmi)iiiyOs pour faire une chose: Le peuple applaudissait au gouvernement quilui faisait avoir le pain à si bon marché. (Condillac.) Applaudir à une chose, c'est tcmoii^ner qu'on l.i trouve belle, juste, raisonnable et digne d'éloges. On applaudit à un acte de vertu, de générosité, de dévouement, de grandeur d'âme. On applaudit à la conduite de quelqu'un.

AppLADDissEMt;?iT. Subst. m. L'Académiele définit, grande approbation, nianpiée soit par des battements de mains, st)il par acclamation. L'applaudissement n'ai p.is une grande approbation, mais le signe d'une grande approbation. Ce mot signifie proprement baiicmeni de mains en signe de félicitation, de joie, d'ajjprobation, de faveur. — Figurcmcnt, c'est une api»robalion vive, manifestée par des éloges, par des louanges, par des marques d'estime. Cette conduite mérite les applaudissements de tous les honnêtes gens. BulTon a dit : Le souris est une marque de bienveillance, d'applaudissement et de satisfaction intérieure. {De l'homme, t. X, p. 'J'iO.) — Les applaudissements s'appliquent également aux choses et aux personnes. Les applaudissements partent de la sensibilité au plaisir (jue nous font les choses. Une simple acclamation, un battement de mains, suffisent pour les exprimer.

Applicable. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst, et régit la préposition à ; Cette amende est applicable aux pauvres. Ce passage n'est pas applicable à la question.

Appliquer. V. a. de la 1" conj. Dans le sens démettre une chose sur une autre, il régit .ywr.- Appliquer un emplâtre sur un mal. Appliquer des couleurs sur une toile. — Quand il signifie faire toucher une chose à une autre, il régit à : Il appliqua la coupe à ses lèvres. On dit aussi appliquer à la question, à la torture. Appliquer une science à une autre. Appliquer une loi a un cas particulier . Appliquer vu remède à une maladie, c'est en faire usage contre une maladie. Appliquer un passage d'u7i auteur à une personne, à une circonstance. Appliquer une somme à un usage. Appliquer son esprit à une science.

Appointé, ée; Désappointé, ée. Adj. Voyez Appointer.

Appointé-Contraire. Terme de droit que La Fontaine a transporté assez heureusement dans le style de la fable. Celle expression n'a rien de distingué, mais elle n'est pas essenlieilcmenl condamnable, et l'abbé Desfontaines, qui a blâmé im fabuliste de son temps de l'avoir employée, devait se rap[)eler peul-élre que celui-ci n'en avait point fait usage sans l'autorité de son modèle. (Ch. Nodici', Examen crit. des Dict.)

Appointer. V. a. de la i'' conj. Soit que ce mot, dit Voltaiie, vienne du latin punclum, ce qui est iros-vraiscmblable, soit (ju'il vienne de l'ancienne barbarie, (]ui se plaisait fort aux oins, soin, coin, loin, fouin, hardoin, poing, grouin, etc., il est certain que celte expression, bannie aujourd'hui mal à propos du langage, est très-nécessaire. Le naïf Amiot et l'énergique Montaigne

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s'en servent souvent; il n'est pas même possible, juscju'à [)résenl, d'en employer une autre — Ja lui appointai l'hôtel des Llrsins. A sept heures du soir, je m'y rendis, je fus désappointé. Comment e\pliqucre/.-vous en un seul uioi le manque de parole de celui qui devait venir a l'hùiel des T'rsins, ;i sept heures du soir, et rcmiuirras de celui qui est venu, et (jui ne trouve personne? A-l-il été trompé dans son atlrnlc? Cela est d'une longueur insupiiortable, et n'exprime pas précisément la chose II a été désappointé : voilà le mot. Servez-vous-en donc, vous ipii voidoz (|u'on vous entende vite. Vous savez ipn> li.'s circonlociUions sont la marque d'une lan^juc pauvre. Il ne faut pas dire f^ous me devez cinq pièces de douze sou.i, (juand vous pouvez dire f^ous me devez un écu.

Apposition. Subst. f. Figure de construction (pii consiste à mettre ensemble, sans conjonction, deux noms, dont l'im est un nom propre, et l'autre un nom aiipellatif, en soi le (jnece dernier est pris adjectivement, et est le qualificatif de l'autre; c'est ainsi qu'on a dit, Flandre, théâtre sanglant, c'est-à-dire , ipii est le théâtre sanglant. (Dumarsais.)

Appréciable. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'aiirèsson subst.

Apprfciatrur. Subst. m. Ona iMl appréciatrice au féminin : Heureux qu i possède cette philosophie appréciatrice de toutes choses. (Mercier.) Rien ne s'oppose à l'emploi de cette exiircssion.

Appréciatif, Appréciative. Adj. 11 ne se met qu'après son subst. : Elatappréciatifdemarchandises.

Apprécier. V. a. de la \" conj. L'Académie le définit, estimer, évaluer, fixer la valeur. — C'est proprement juger du prix courant des choses dans le commerce de la vente et de l'achat.

Appréhender. V. a. delà d" conj. Ce verbe exige toujours le subjonctif dans la pn>posilio n subordonnée: J'appré.hende qu'il ne vienne, je n'appréhende pus qu'il vienne. — I orstpi'on désire la chose, on appréhende (]u'clle n'arrive pas. Alors la proposition subordonnée d'appréhi-nder est toujours négative, cl la négation s'e\i)riine par 7ie pas, (\\ich\uc forme (jifait la proposition principale : J'appréhende qu'il n'arrive pus, je n'appréhende pus qu'il n'arrive pas , apprvhendezvous qu'il ji'arrive pas? — Lorsqu'on ne désire pas la chose, on l'appréhende. Alors la proposition subordonni'e prend ne sans pas, si appréhender n'esl ni négatif ni inlcrvo'znUf: J'appréhende qu'Une vienne. Si «;)jB/-t'/je/i'7(?r est accompagné de ne pas, la proposition subordonnée ne prend pas ne: Je n'appréhende pas qu'il arrive — 11 en est de même si appréhender est interiogatif, ou accompagné de quelques mots qui |troduisciit l'effet do la négation : /)otV-o72 appréhender qu'il arrive? On appréhende peu qu'il arrive. — Si appréhender est négalif cl inierrogalif en même temps, on doit metlrc ne: N'appréhendez-vous pus qu'il ne vienne? pour dire, il pourrait bien venir.

Apprendre. V. a. et irrégiilier de la 'i' conj 11 se conjugue comme prendre. Voyez ce mot.

Il faut doubler la loiirc n toutes les fois (pic celte leilre doit être suivie d'un e muet : Qur j'apprenne

Dans le sens d'acquérir des connaissances on dit Apprendre quelque chose de quelqu'un. On apprend de l'expérience. — Dans le sens d'cnseignci-, instruire, on apprend quelque chose a quelqu'un. — Dans les deux sens, il rcgit â devant les

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verbes : .-ipprcndrc ivlire, ;i écrire, à danser. Je lui ai appris à lire.

Apprenti. Subst. m. Apprkntie. Subst. f.

Aulrefois on écrivait et l'on pronon(;ail apprentif cl apprentive . On a dit aussi apprentissc.

Boilcau disait apprentie, quoique certaines éditions portent apprentive :

De livres et d'ccrils bourgeois admirateur, Yais-je épouser ici quelque apprentie auteur î (Sat. X, 463.)

Aujourd'hui on ne peut plus dire (xW apprentie au IV'ininin.

Appkèter. y. a. de lal^conj. Avant un verbe, il régit la proposition à: apprêter le dîner, apprêtera dîner.

Apprêts. Subst. m. pluriel. Préparatifs. L'Académie rindii|ue au siiigulicr, (juoiipi'il ne se dise qu'au pluriel. A la vérité, elle avertit qu'il ne se dit guère qu'au pluriel, mais elle ne donne aucun exemple de cette prétendue exception. — Dans toutes ses autres accepiions, ce mol ne se dit qu'au singulier, ce que l'Académie ne dit pas.

Approbatedr. 11 l'ait au féminin approbatrice

Approbatif, Approbative. Adj. qui suit toujours son subst. : Geste approbatif.

AppnocnANT, .approchante. Adj. verbal tiré du V. approcher. Deux couleurs approchantes l'une de l'mutre. W ne se met qu'après le subst.

Approche. Subst. f. L'approche de la nuit, Vapproche de l'ennemi. On le met au pluriel, en parlant de choses dont l'arrivée prochaine s'annonce par plusieurs effets : Les approches de la viort. On peut dire aussi Vapproche de la mort, lorsque l'on considère la mort abstraction faite des circonstances (jui indiquent son approche.

Approprier. Y. a. de la •I"'" conj. On dit, dans le Dictionnaire de l'Académie, ({Kl' approprier se dit dans le sens de mettre dans un état de propreté. 11 y a longtemps (ju'on ne l'emploie plus dans cette acception. On ne dit pas qu'wn appartement est bien approprié, pour dire qu'on l'a rendu bien propre.

Approximation. Subst. f. Dans le langage ordinaire, il se dit de l'action d'approcher de l'exactitude dans les idées, dans les jugements, etc. : Heureusejnent les homrnes n'ont besoin que d'une certaine analogie dans les idées, d'une certaine approximation dans le langage, pour satisfaire aux devoirs de la société. (Barthélémy.)

Appdi-main. Subst. m. On dit au pluriel des appui-main, sans .9. La pluralité tomljc sur le mot canne ou baguetlequicst sous-entendu. — M. I.emairecst d'avis(iu'il faut écrire des appuis-mains, parce qu'il s'agit de plusieurs appuis qui peuvent servir à plusieurs 7«a2'«s [Grammaire des Grammaires, p. 174.) — L'Académie ne se prononce pas.

Appuïer. V. a. delà 1" conj. Dans la conjugaison de ce verbe, on conserve toujours l'y qui se trouve dans l'infinitif, excepté avant le son de Ve muet. J'appuyais, j'appuyai ; j'appuie , tu appuies, il appuie, j'appuierai, j'appuierais. — On d\{. appuyer de, et appuyer pur : Il lui dnjinait des instructions qu'il appuyait de divers exemples. (Fénelon, Télémaquc.) Bien n'est moins selon Dieu et selon le monde que d'appuyer tout ce que l'on dit dans la conversation, jusqves aux choses les plus insignifiantes, par de longs et fastidieux serments. (La Biuyére, De la Société, 271 .)

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