‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 325 sur 453 · A. P., III · texte numérisé non relu

A. P., III

Quoique mo7i fils ne soit pas paresseux d'écrire. Je nai jamais de lettre comme les autres. (Sévigné.) Je sui.v que vous êtes un peu paresseux d'écrire; mais vous ne Vêles ni de penser ni de rendre service. (Voltaire.)

PAnFAip.i:. V. a. et défectueux de la A"" conj. Il n'est usiléqu'à rinnnitif,/)«r/<'/ïr,cl au })articioe oassé, parfait, et prend l'auxiliaire avoir.

PAR

rARFAiT, Parfaite. Adj. On peut le mettre avant son stibst., lorsque l'harmonie et l'analogie le permettent : Une beauté par frite, urte parfaite lienulé ; un parfait accord, un parfait courtisan. ^'||ycz Adjectif.

Parfait honnête homme, ("cite loculion est dans la bouche de tout le monde. Cependant il y ;i beaucoup de grammairiens (jui pensent qu'elle est incorrecte, parce ipie, disent-ils, deux adjectifs ne doivent pas être joints à un nom sans conjonction, et que parfait cXlwnnête, i|ui précèdent le mot Itomme, présentent cette faute. — Les grammairiens se tionipent. Ici le mot honnête n'est pas précisément un adjectif, c'est un mot joint au mot homme, pour n'exprimer avec lui qu'un seul substantif. Il n'y a donc réellement qu'un adjectif Voltaire a dit [Éducation d'un prince, v. 33) : Ce pauvre honnête homme ; Colardeau (Perfidies à la 7node,itcl. \, se. ix, 101) : Ce sérère honnête homme. Kaeine,dans une lettre à son lils [la Sfi' du recueil, 21 jiiillel) : Je veuxvie flatter que faisantvotre possible pour devenir un |);iifait honnête homme, voks concevrez qu'on ne peut l'être sans rendre à Dieu ce qu'on lui doit.

Faire une chose au parfait, est une expression qui s'est introduite dans la langue par abus. ^ Oyez Langue française.

Parfait est un mol absolu. Il rejette toute modification en plus ou en moins. On ne i)eui dire ni/i/(/5 parfait, ni moins parfait.

Parfait. Subst. m. Terme de grammaire Voyez 2\inps.

Paf,i^\iti:jif,nt. Adv. On peut quelquefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : lia fait parfaitement sa commission, il a parfaitemenr bien fait sa commission.

Parier. Y. a. de la 1" conj. Quand ce verbe est employé sans négation, il faut mettre à l'indicatif la phrase qui lui est subordonnée : Je parie qu'il a dit cela ; il faut au contraire la mellre au subjonctif quand il est accompagné d'une négatiiiii : Je ne parie pas qu'il ait dit cela.

I'arlace. Subst. m. qui n'est pas fort ancien dans la langue. C'est une expression familière dont on se sert quelquefois pour désigner une abondance de paroles inutiles ou dépourvues de sens : A quoi bon tout ce parlage^ — 11 se dit aussi des discours apprêtés (juc l'on lient dans le dessein de tromper : Se laisser surprendre au pjirlage d'un fiurbe.

Paislanï, Parlante. Adj. verbal tiré du v. parler. Il ne se met qu'après son subst. : Un portrait parlant, une tête parlante.

Parléi;. Adj. f. Il ne se dit (ju'avec langue. On dislingue la lanrjue parlée de la langue écrite.

PARLEH.V.n. et quelquefois actif delà l^^conj. Ce mot s'emploie figurémeiildansun grand nombre de cas. L'Académie dit, les yeux, le risage d'une personne, parlent ; son silence parle ;son mérite, ses services parlent ; les murailles parlent. Voici d'autres exemitles qui ne sonl pas moins utiles que ceux de l'Académie :

Calclias qui l'attend en ces lieux, Fera taire nos pleurs, fera parler les dieux.

(Rac, Iphig., act. I, se. i, 135.)

L'honneur rorîf, il suffit, ce sonl là nos oracles.

[Idem, act. I, se. il, 98.)

Est-ce donc votre cœnr qui vient de ziofis parler? [Jdem, act. ., se, m, 8.)

au

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