TAR
Vctr; Ironl le à MaUian n'a-l-il poinl trop parle ? (lUc, Àth., ad. m, se. Ti, 6.)
L'humanité vous parle ain^i que votre père.
(VoLT.,il».,act. I, se. 1, 109.)
L'iudulgente vertu parle par votre bouche.
{Idtm, art. I, ^c. l, 13S.)
Ce faog prit à couler parle à ses sens surpris.
(Volt., Orette, act. Y, se. ii, 14.)
Au conseil assemble L'cJiiril de Mahomet par ma bouche a parlé.
(Volt., iîahom., act. Il, se. il, 3.)
Tu hii paries du cœur, lu la cherches des yeux..
(Rac, Àndrom., act. lY, se. v, 103.)
Mais, soit qu'un vieux respect pour le sang de leurs maîtres Parlât encor pour moi dans le cœur de ces traîtres. (Volt., Hcnr., II, 33S.)
A quel dessein veut-il parler à moi?
\CoR>'., Héract., act. XI, se. IV, 3.)
Vollairc a dil au sujet de ce dernier vers, parler à moi ne se dil point. 11 faut, jne parler. On peut dire, en reproche, parlez à moi, oubliezvnus que vous parles à moi? [Remarques sur Corneille.)
Parler mal et mal parler ne sont pas synonymes. Le second loml)e sur les choses que l'on dit, et le premier sur la manière de les dire. Ck;Iui-ci est contre la grammaire, el l'autre contre la morale. Il ne faut ni 7iuil parler des absents, ni parler mal devant les savants. — Au reste, cette distinction n'a lieu ([u'à l'infinitif et dans les temps composés du verbe parler. On ne dirait pas, il mal parle, il mal parlait. Il faudrait prendre un autre tour, et dire, par exemple, il ose mal parler, il se donnait la lihertc de tuai parler, clc. (lioauzée.) Ajoutons (juc parler mal peut se dire dans les temps simples, ;K)ur mal parler. Il parle mal de tout le monde. ^lais ce qui ôte l'équivoque, c'est que quand il est question de langage,jDaj7er ma^s'emploiesansrégime; et quand ils'agii de censure et de médisance, iî régit la préposition de : Cet homme parle mal, il parle mal de vous.
Trouver à qui parler, et trouver avec gui parler, ont aussi des significations différentes. Le premier signifie que nous trouvons des gens qui nous répondent, qui nous rabattent le cacjuet ; le second, qu'un trouve des gens avec qui l'on peut s'cnlreienir. Le premier se prend plutôt en mal qu'en bien.
— On dit généralement parlant, et à parler généralement. Le premier est plus usité et se met ordinairement a la tète de la phrase. — Faire parler de soi, se prend ordinairement en mauvaise part : C'est un malheur pour une femme de faire parler d'elle.
Parleub. Subst. m. Kn parlant d'une femme, on dil parleuse. Voltaire dit en \hrhnld' y4rmide, dans l'opéra de Quinault (jui porie ce nom. Vautour parle en elle, et elle n'est point parleuse. [liciiiarques sur Corneille.) Il veut dire par la que, quand la passion domine en elle, elle ne disseric pas sur l'amour, elle ne débile pas des lieux communs, elle ne clierche point à discuter la difficulté de vaincre celte passion, à prouver que l'amour triomphe des cœurs les plus durs.
On appelle grand parleur, un homme qui parle trop, qui parle souvent mal à propos, ([ui parle en l'air, qui parle pour parler. On ne dit pas d'un
PAR
homme qui ne dit rien que île sensé , qui ne dit rien d'inutile, iju'il est un grand parleur, quoiqu'il jKU-le beaucoiq»; on ne le dirait pas même d'un homme qui, dans une on deux rencontres, aurait tenu do longs discours contre sa coutume, et se serait trouvé en humeur de parler plus qu'à l'ordinaire. Grand parleur marque une habitude, et il ne faut pas s'en servir dans les cas où il n'est (luesiion (]uc d'un aclc. — On n'exhorte guère les gens à n'être pas grands parleurs ; on les exhorte à ]);ulor pou ; du moins on ne dil ordinairement grand parleur que pour marquer un homme qui est sujet à parler beaucoup.
'*PAi;Lii':RE. Adj. f. Mot nouveau digne d'être adopté: Donnez-nous 2-ile votre œuvre des six jours ; vos pièces seules anl du mouvement et ac l'intérêt, et, ce qui vaut mieux que cela, de la philosophie, non pas de la philosophie froide et parliére, 7nais de la philosophie en action. CVoltaire.)
Parmi. Préposition. Corneille a dit dans Polyevcte (acl. I, se. m, 69) :
Parmi ce grand amour que j'avais pour Sévère, J'attendais un époux de la main de mon père.
Parmi ce grand amour, dit Voltaire, est un solécisme. Parmi demande toujours un pluriel, ou un nom collectif. [Remarques sur Corneille.) D'après cela, il y a aussi un solécisme dans ce vers de Racine [Britannicus, act. II, se. vi, 3) :
Mais parmi ce plaisir quel chagrin me dévore ?
Mais on peut dire parmi le peuple, vous avez mis du faux argent parmi de l'or (ici argent signifie 7nonnaie); parce que dans ces phrases parmi est suivi d'une expression collective.
Cependant, on ne saurait blâmer l'emploi de cette expression dans les vers suivants :
Que crois-tu qu'Alexandre, en ravageant la terre, Cherche parmi l'horreur, le tumulte et la guerre? (BoiL., Èpttrey, 45.)
Parmi ce bruit confus de plaintes, de clameurs, Henri, vous répandiez de véritables pleurs ;
(Volt., «enr., V, 342.)
Il y porta la flamme, et parmi le carnage. Parmi les trails, le feu, le trouble, le pillage . . .
(Volt., Mér., act. III, se. v, 33.1
parce que luut ce qui donne une idée de confusion, donne aussi une idée de muliitude.
Quoique parmi demande lonjours un pluriel, on ne peut pas dire parmi deux hommes, parmi trois hommes; il faut que le nombre soit indéfini, ou du moins qu'il présente l'idée d'une multitude, dont les individus ne peuvent pas se présenter en même temps individuellement à l'esprit. Pariai cent personnes, vous iCeii trouverez pas une qui. . .
Autrefois on employait joarm/ comme adverbe, et alors on ne lui donnait point de régime. La Fontaine a dit (liv. VIII, fable x, 17) :
Ces deux emplois sont beaux, mais je voudrais parmi Quelque doux et discret ami.
Aujourd'hui il n'est plus usité en ce sens.
Parodie. Subst. f. Terme de liiléralure. 11 se dit proprement d'une plaisanierie poétique qui consiste à appliquer certains vers d'un sujet à un autre, pour tourner ce dernier en ridicule, ou à travestir le sérieux en burlesque, en affeo-
PAR
tant de conserver amant qu'il est possible les mêmes rimes, les mémos mois et les mornes cadences. Le changement d'un seul mot suffit pour parodier un vers. Ainsi Corneille fait dire dans le CiJ, à un de ses personnages (act. I, se. VI, 7; :
Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes, Ils peuvent se tromper comme les autres hommes.
Un très-petit changement a fait de ces deux vers une maxime leçue dans tout l'empire des lettres :
Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes. Et se trompent en vers comme les autres hommes.
On appelle aussi parodie, l'application toute simple, mais maligne, de queliiues vers connus, ou d'une partie de ces vers, sans y rien changer. — Lne autre espèce de parodie consiste à faire des vers dans le goiit et dans le slyle de certains auteurs peu approuvés. Tels sont, dans notre langue, ceux où Boileau a imité la dureté des vers de la Pucelle (XI V= épit/ramme):
Maudit soit l'auteur dur dont l'âpre et rude verve, Son cerveau tenaillant, rima malgré Minerve, Et de son lourd marteau martelant le bon sens, X fait de méchants vers douze fois douze cents !
Enfin, la principale espèce de parodie est un ouvrage en vers composé sur une pièce entière, ou sur une partie considérable d'une pièce de poésie connue, qu'on détourne à un autre sujet et à un autre sens, par le changement de quelques expressions.
On appelle parmi nous parodie, une imitation ridicule d'un ouvrage sérieux; et le moyen le plus commup que le parodisle y emploie, est de substituer une action triviale à une action héroïque. Les sots prennent une parodie pour une critique ; mais la parodie peut être plais;nile, et la critique très-mauvaise. Souvent le sublime et le ridicule se touchent; plus sou vent encre, pour faire rire, il suffit d'appliquer le langage sérieux et noble à un sujet ridicule et bas. La parodie de (juclques scènes du (}id n'empêche [loint que ces scènes ne soient irùs-bellcs; et les mêmes choses dites sur la perruque de Chapelain et sur l'honneur de don Dièsçue, peuvent élre risibics dans la bouche d'un vieux rimeur, (luoiijue trèsnobles et trcs-loucli;mtos dans la bouche d'un guerrier vénérable et morlcUement offensé. Bime ou crève, à la place de meurs ou iue, est le sublime de la parodie, et le mot de don Diègue n'en est pas moins terrible dans la situation du Cid.
Tnc excellente parodie serait celle qui porterait avec elle une saine critique comme l'éloquence de Petit-Jean et de L'Intimé dans les Plaideurs. Alors on ne demanderait pas si la parodie est utile ou nuisible au goût d'une nation. Mais celli- qui ne fait (pie travestir les beautés sérieuses d'un ouvrage, dispose et accoutume les esprits à plaisanter de tout, ce qui fait pis que de les rendre faux.
La parodie et le burlesque sont des genres irès-dilTérenls, et le F'irgile travesti do Scarron l'.'est rien moins <iu'ui;e parodie àeVEncide. La hoane parodie est une [)l;iisanleric fine, capable d'amuser et d'instruire les esprits les plus sensés cl ios plus pulis; le burlesque csl une btuffonlicrie misérable qui ne peut plaire qu'à la popu-
PAR
sas
lace. (Extrait de Marmontel et àes Mémoires de V .-icadémif. des Belles- Lettres.)
PAnoissiAL, Paroissiaie. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Église paroissiale, viesse paroissiale.
Part. Snbst. f. le t final no se prononce jamais. — Selon Férauil, on dit indilféremmenl fie toute part, et de toutes parts; le premier est le meilleur. L'Académie dit de toutes parts et de toute part. Nous pensons quci/e toutes parts c^K j)référable,car cela veut dire do tous les endroits, de tous les côtés.
Et quand de toute» parts assemblés en ces lieux.
(Uac, Iphig., act. I, se. m, 35.)
A part. Façon de parler adverbiale qui se ir.et ordinairement ajjrésle verbe: Mettre à part; et quelquefois après un substantif : /'reVeH/ion à part, raillerie à part.
On dit fainiliôremenl, à part moi, à part soi. à part vous ; mais on ne dit pas, à part eux, a part elles.
On disait autrefois part au lieu de partie:
Une si belle part d'une
belle nuit.
(Corneille.
Une part de mes chiens se sépare Je l'autre.
On le disait aussi pour côté : Des deux parts, des deux côtés.
Et combien des dcuac parts l'amour et la fureur Etaleront ici de spectacles d'horreur!
(Corneille.)
Partager. V. a. de la !'° conj. Dans ce verbe, le g doit toujours se prononcer comme un /; et pour lui conserver cette prononciation, lorsqu'il est suivi d'un a ou d'un o, on met un e muet avant cet a ou cet o : Je partageais, partageons, et non pas, je partagais, partagons.
On dit partager avec, quand on retient pour soi une partie des choses que l'on partage; et partager entre, quand on ne retient rien : Il partageait son bien avec les pauvres, et n'en reservait qu'une très-petite partie. Il vendit tous ses biens et les partagea entre les pauvres.
Voltaire a dit dans la Hcnriade (IV, 144) :
Cent desseins portajeaicnf son âme irrésolue.
EtDelille(^«eVi.,VI,81J):
Ne me demandez pas les peines innombrables Que partage le ciel à tous ces misérables.
Parti. Subst. m. Prendre parti, et prendre son parti, ont des sens différents. Le premier signifie se déclarer dans une querelle pour l'un ou l'autre para' ; le second veut dire prendre une résolution :
Et sans compter sur moi prenez votre parti.
'Rac, Baj., act. II, se. m, S.)
Cette expression, prenez votre parti, est Irop familière pour le style noble. Voyez Faction.
Partial, Partiale. Adj. 11 ne se met qu'après son subst. : Un juge partial, un historien partial — Le pluriel partiaux est inusité. (Acad. 1S35.)
Partiale-ment. Adv. Il se met après le verbe : Il s'est conduit partialement dans cette affaire, et non pas, il s'est partialement conduit.
PAR
Paf.tic'pant, Participame. Adj. verbal lire du V. parliciper : Il en est participant. Ou ne le met <ju';i])rL'S son subst.
P.niTiciPE. Nous avons dit (voyez f^erbe) que les verbes adjectifs soiil des expressions iihregces, 'l'^uivideiites à deux éléinciils du discours, à un adjectif, et au verbe être, ^imercsl l'équivalent ii'ctre uiiuant ; lire, d'être lisant. Or, cet adjeclif, séparé du verbe être, reprend sa fonction première d'adjectif; mais il n'exprime pas exactement de la morne manière que les autres adjectifs, qui ne peuvent pas entrer dans la composition des verbes; il conserve un rapport à ces verbes; ce qui lui a fait donuor le nom de participe.
Le participe est un mol (|ui participe de la nature du verbe et de celle de l'adjectif ou du substantif.
On distinpiue deux sortes de participes ; le participe présent, qui est l'adjectif résultant de la décomposition d'un verbe adjectif, et le participe passé, qui est celui qui sert avec les verbes auxiliaires à former les temps composésdes verbes. Lorsque, décomposant le verbe adjectif aimer, je dis <?<;•« aimant, aimant est \e participe présent du verbe aimer; et quand je àh, fui aimé, je suis ve7iti, aimé et venu sont \&S participes passés des verbes aimer et venir.
Du participe présent. — Les participes présents se Icrminent tous en ant. Ils sont distingués des adjectifs simples, en ce qu'ils ont à un verbe un rapport (pie ces derniers n'ont |)as. Bon est un adjectif simple, parce qu'il ne peut i)as entrer dans la comp'jsitiou d'un verbe adjectif; marcha tit , jouant, sont des participes présents, parce qu'ils entrent dans la composition des verbes marcher, jouer, et qu'ils participent de la nature du verbe et de celle de l'adjectif. Quand je dis j'at vu un homme marchant, marchant est un adjectif qui modifie le substantif homme ; mais cet adjectif tient aussi delà nature du verbe, puisqu'il modifie le substantif avec uu ■apport de simultanéité à une époijuc (lueh-onque, et qu'il peut avoir aussi d'autres proprii'lés du verbe, comme dans cette phrase, une femme caressant son enfant, où l'on voit que le participe caressant a un réçinfc dire<t, de même que le verbe d'où il est tiré, létjime que ne peut jamais avoir un adjectif ^m/j/».
Anciennement , les participes présents prenaient, comme les adjectifs simples, les formes du genre et du nombre des substantifs qu'ils modifiaient, et l'on écrivait, une femme caressante son enfant, îles satyres portants m« panier de fleurs. Aujourd'hui ces participes sonl invariables, cl conservent toujours la forme du masculin et du singulier : Une femme caressant son enfant, des satyres portant un panier de fleurs.
Quelquefois les participes présents sont dépouillés de tout rapport avec le verbe, et ne sont employés qu'a sii,'nifier une (lualité, une situation, un état du substantif, abstraction faite de tout rapjKjrt aux temps et aux autres propriétés du verbe. Par exenq>le, dans une mère caressant son enfant, le rapport au verbe est bien marqué. Caressant modifie la femme avec; le rapport à l'action de caresser; mais si je veux désigner dans celte femme, non l'action de caresser, mais une qualité, une disposition naturelle (jui la porte à l'action de caiesser, je dirai qu'e//e est caressante, et alui s le mot caressante est semblable à un adjectif simple.
Ces sortes d'adjectifs, tirés des verbes, et que
PAR
l'on appelle adjectifs verbaux, n'étant plus des
participes présents, mais d<'S adjectifs simples, s'accordent en genre ei en nombre avec le substantif (ju'ils modifient, comme on vient de le voir dans l'exemple cité.
Il y a beaucoup de verbes dont le participe peut être changé ainsi en adjcilif verbal ; mais il n'est pastoujuursaisédedislinguerl'un de l'autre, et par consécpicnt de savoir s'il l";iul faire accorder ou non avec son substantif un adjectif terminé en ant.
Souvent les participes présents sont précédés de la préposition en , et alors ils restent participes présents, et no peuvent pas être confondus avec l'adjectif verbal. Quelques grammairiens les appellent gérondifs, mais il n'y a pas d'inconvénient à leur laisser le nom de participe. La prciwsilion en, mise avant le partici|)e présent, sert particulièrement à indiquer que le particif)ese ra|)porle au sujet du verbe dans les cas où, sans celte préposition, il pourrait se rapporter au sujet ou au régime. Par exemple, dans je l'ai rencontré allant à la campagne, allant peut se rapporter également au sujet ou au régime, et le sens peut être, je l'ai rencontré lorsque j'allais à la campagne, ou je l'ai rencontre qui allait à la cam— paf/ne. Mais on ôte l'équivoque en mettant la préposition en avant le participe; et je l'ai rencontré en allant à la campagne voudra dire, je l'ai rencontré lorsque f allais à la campagne , parce que la particule en détermine le participe à se ra[)porter au sujet.
Les verbesaciifs exprimant es.sentiellcmenl une action, leurs participes présents ne peuvent être changés en adjectifs verbaux modifiant le sujet qui l'ait l'action. Le changement ne peut avoir lieu que pour signifier dans le sujet lUie (lualité, une disposition, ou un état permanent relatif au sens exj)rimé par le verbe.
Je ne jieux pas dire qu'une personne est aimante, pour dire qu'elle aime actuellement; car aimer est une action, et n'esl ni une qualité, ni une disposition, ni uu état permanent. Mais si je veux dire (ju'une persoimc, par l'effet do la sensibilité <lc son cœur, a une «pialilé permanente qui la porte à se livrer au sentiment de l'amitié ou de l'amour, je dirai t]ue cette personne est aimante, indiquant jiar là, non (]u'elle fait lactiou d'aimer, mais «pi'elle a une (jualité permanente, habituelle, (pii la porte à aimer. On ne peut pas dire une femme parlante, parce que parlant exprime une action et non une ipialilé. Mais on dit une tête parlante en pai lan! d'un ouvrage de mécanique (jui a laijualité de parler, et qui par là est distinguée des autres têtes artificielles qui n'ont i)as la même qualité. Une personne n'esl \)^s chantante, parce qu'en chantant elle fait une action; mais un air est chantant parce (ju'il a <lcs «pialités qui le rendent propre à être chanté. Je ne dirai pas d'une personne qui m'outrage, que c'est une personne outrageante, parce qu'il ne s'agit que d'une action, et non d'une qualité; mais je dirai que les paroles qu'elle m'adresse sont outrageantes, parce que ces paroles ont une qualité (jui les rend telles. Une couleur changeante n'est pas une couleur qui change, mais une couleur dont la qualité, la propriété est de changer. Des instrumeiils tranchants ne sont pasdcs instruinonlsqui tranchent, mais des instruments qui ont la (lualiic, la propriété de trancher. Une personne a/fli/eant une autre personne, fait l'action d'aflbger; et sous ce rapjiort, je ne puis pas dire qu'elle est affti-
PAR
géante. Mais vite nnvreUe est affligeante 1 irsqu'ellc a dps(nialilés propres à aflliiicr.
Ce que l'on vient de ilin' des vcilirs actifs peut s'appliquer aux veri)es iieulrcsqui cx|iriment une aclidu. leur participe iircsont ne peut se chanper en adjectif verlial (|u'cn classant d'exprimer une action, jxiur exinimer une qualité mi un état On ne dit \m\'?.v ne personne riante, parce que rire est une action, et non une (pialilé ou un étal permanent. Maison dit m« air riant, une cainpofjne riante, parce iju'il s'agit ici de substantifs que l'on ne rei)réscntc pas comme laisanl une action, mais comme ayant des ijualitcs qvii les rendent ai.'réaiiles. Une personne sav-ffrant est une |)ersoime qui soulfie, c'est l'jiction de souffrir; c'est le participe présent. Si je dis d'une personne qu'elle est snvffrante, je ne la considère plus relativement à l'action de souffrir, mais relativement à l'état île souffrance où elle se trouve. On dira, je les ai vus mourant s}tr lu champ de bataille, je les ai vus mourant d'ii?ie mort glorieuse, parce (juil s'agit ici de l'action de mourir; njais si l'on veut expriuicr lélat de personnes (]ni meurent, on dira je les ai laissés mourants sur le champ de bataille, cette femme est mourante.
Il faut observer que les participes préseiits des verbes neutres (pii expriment des actions peuvent se changer en adjectifs verbaux, iurs(]ne ces actions sont en môme temps les (jualilés distinctives de rpsiiécedont on parle, .\insi, l'on dit des hommes pleurants, vne femie pleurante, des oiseaux volants, des chiens ahnyants, des tau~ reaux invgissants, des agneaux hèhnits, des chats 7nii!uhints, un lion rWjissa/il, une lv<nnr rugissante. Des animaux rampants, du lierre rampant, des arbres verdoyants, une campagne verdoyante. Des flots écuinanls. On dit des épis jaunissants, des 7noissons jaunissantes, parce qu'il est daiu. la nature propre des épis et des moissons de jiumr. Mais ou ne dirait pas d'un homme altaijui' de la jaunisse, q-j/'jY est jaunissant, iiarce qu'il ne s'agit ici que d'une chose accidentelle. On ne dit pas non plus des animaux sautants, marchants, mangeants, |)arce qu'il s'agit d'actions <iiii ne sont pas des caractères dislinctil's d'une espèce.
Quand les verbes neutres n'expriment pas une action, le chançement du participe présent en adjectif verbal est naturel, parceiiu'alors le verbe neutre exprime un état. On dit donc toutes les créatures existantes, les hiumes viva?its, les monuments subsislants. etc.
Toutes les fois (jue le participe présent est précédé du pronom se, il exnrime nécessairement une action, l't ne |)eiit par conséqiicnt être regardé comme un adjectif simple. Dans deux personnes saunant, des femmes se parant, des brutichcs s'agitan:, on voit clairement (jn'il ne peut être question ù'une qualité, mais qu'il s'agit d'une action do-.il se exprime l'objet. On ne dini donc pas, deux personnes s'aimanles, des femmes se parantes, des branches s'agitanles. .\ la véi'ité, Boileau, I.a Fontaine, Molière et Racine, ont donné quelquefois à cos participes la forme du pluriel ; mais, outre que les exemples puisés dans les poètes ne doivent pas toujours êlrc imités par les prosateurs, on peut penser que c'est un reste de l'usage <ini n'était pas encore entièrement aboli alors, de faire prendre aux i>arlicipes [irésents toutes lesforinesdes adjectifs simples. Cesauteurs mêmes paraissent n'avoir agi ainsi que lorsque ia rime les y invitait. Partout ailleurs ils ont
PAR
laissé au participe présent sa forme primiiiYC. Boileau a dit :
Kl pour lier des mois si mal a' entr' accordants. Prendre dans ce jardin la lune avec les dénis.
{Épttre, XI, 63.;
Et plus loin des laquais, l'un l'antre s'agaçants, Fonl aboyer les iliiens et jurer les passants.
(Sat.M, 57.)
Mais d a dit aussi {Sut. III, 220) :
Nos Ijravcs n'accrochant, se prennent aux chevaux.
On lit dans Racine [Idylle sur la paix, v. 40)
En leur fureur de nouveau a'oubliants.
Mais on y lit aussi {Athalie, act. I, se. i,
Les morts se ranimant à la voix d'ÉIisce.
T.a Fontaine a dit, à cause de la rime [Philé- T/!on et Baucis, 102) :
Moitié secours des dieux, moitié peur so hdtants.
Et,
Ces deux rivaux ensemble se jouants.
Mais lorsqu'il n'est point gêné par la rime, il dit(liv. IV, fab. xii, 73) :
Corsaires à corsaires L'un l'aiilro s'attaquant ne font pas leurs affaires.
Delille, qui vivait dans un temps où il n'était [)lus permis de faire des adjectifs simples de ces sortes de participes, ne tombe point dans cette faute :
Vois ces groupes d'enfants s» jouant sous l'ombrage. Des milliers d'ennenjis se pressant sous nos portes. Fondent sur nos remparts.
{Énéid., II, 438.1
Bossuet et Fénelon, qui écrivaient en prose, ont évité ces fanies que la gêne de la rime faisait faire (juclquefois aux poètes leurs contemporains : La mémoire de la création allait s'affaiblissant pe?/ à peu. (Bossuet.) En même temps j'aperçus l'enfant Cupidon, dont les petites ailes s'asitant, le faisaient v<lliger autour de sa mère. fFènel., Télém., liv. IV, t. i, p. 156.)
Ce que l'on vient de dire suffira, je pense, junir faire distinguer dans quel cas il faut em- ])loyer le participe présent ou l'adjectif simple; a[)pliquons à quelques autres exemples le résultat de nos observations.
.Nous avons dit que le participe présent ne peut se changer en adjectif verbal iju'en se dépouillant i!c tout rapport à une action. Ains' toutes les Ibis que je vois le participe accom[iacnè de quelque circonstance (pii inditiue un rapport au verbe, je dois en conclure «pi'il est participe, cl non adjectif. Dans j'ai vu cette dam» o!)liireanl ses amis, le mot obligeant fManl suivi du nk'ime ses amis, je reconnais dans ce mot une propriété du verbe, qui est d'avoir un régime direct, cl j'y vois par conséquent un participe présent. . ,
La mer mugissant ressemblait a une personne qui. (Fénelon.) Ici, je vois deux verbes inis en rapport. La mer, par son action de invgir, res-
PAR
semblait, etc. Mugissant a donc rapport m verbe, il est donc p;iriicii)e. Dans combien de pères, trciiihlaiil de déplaire à leurs cnfaiils, srni faibles, et se croient tendres, je reiii;iniiie <iuc tremblant a le rcgiiiic du verbe dont il lire son origine; j'en conclus qu'il exprime la niéiiie action (jue ce verbe, cl par conséquent qu'il est participe. Mais dans un père tremblunt se Jette à vos genoux, je ne vois (ju'un substanlil' cl un adjectif, père tremblant; rien ne m'avertit que tremblant signifie une action; tout me montre, au contraire, qu'il indique un étal; et, par cette raison, je dois le regarder comme un adjectif verbal. L> s autres hnmmes paraissent iremblanls à leurs pieds. (Fcnelon.) Je vois de même des adjectifs vcibaux dans les phrases suivantes : des feux dévorants, une eau dormante, des eaux jaillissantes, parce que je n'y aperçois aucune fonction du verbe; mais si celte fonction se fait remarquer de quelque manière que ce soit, je reconnaîtrai des participes présents. C'est ce qui a lieu dans une femme aimant ses devoirs, les eavx jaillissant du rocher; les éclairs sillonnant la wï'/?, etc. Par les uicmcs raisons, je reconnais des adjectifs verbaux ddi\)S des feux \o\i\ii\s, des étoiles volantes, des oiseaux volants ; et des participes présenlsdans(/e.y/roz<s volant dit haut des murs, des flèches volant de part et d'autre, des oiseaux volant vers le nord. Dans ces derniers exemples, du haut des murs, de part et d'autre, vers le nord, donnent au sens de volant le caractère d'une action. 11 en est de même des exemples suivants. J'ai trouvé vne femme tremblante, languissante, moiM-antc ; voilà évidemment des adcclifs, ils expriment un état. J'ai trouvé cette femme jouant, sortant de son Ut, allant et venant dans la maison, voilà évidemment des participes présents, puisqu'ils désignent des actions, soit par eux-mêmes, soil par les accessoires qui les accompagnent. Girard a dit des esprits bas et rampants ne s'élèvent jamais au sublime. Je ne puis m'empécher de voir dans bas et rampants deux qualités (lui m'indiquent des adjectifs. Mais quand je lis dans Fénelon, il entend les serpents, il croit les voir rampant autour de lui, le sens de la phrase me montre rampant comme e.xprimant une action ; c'est comme s'il y avait il croit les voir ramper. Dans ces vers de Boileau {Sat.lU,2i6):
L'assielle votant.
S'en ïa frapper le mur et rCTÎenl en roulant.
On remarque quatre actions dont l'assielle est le sujet. Elle vole, elle va frapper le viur ; elle rerient, elle roule ; volant, qui exprime une de ces allions, est donc un participe présent, et ne peut èlre un adjectif verbal.
Cliei les hommes ailleurs sous ton jnug gémissants. Vainement on cliercha la raison, le droit sens.
(BoiL., .Sat. XII, 143.)
Je les peins dans le meurtre \ l'enii triomphants, Rome entière noyée au sang de ses enfants.
(Corn., Cin., act. I, se. m, 54.)
L'autre, avec des yeui secs et presque indiffércnls.
Voit monrir ses deux fils par son ordre cxpir tntf.
(llAC, Bér6n., act. IV, se. V, 125.)
Selon quelques grammairiens, l'adjectif verbal n'est employé dans ces vers que parce que le régime indirect précède le participe; de sorte, ajoulcnt-ils, que, si l'on rélablissait l'ordre na-
PAR
turel, il faudrait conserver le participe, et dire les hommes gémissant s>us ton joug, triomphant à l'envi dans le meurtre, exi)irant par son ordre.
Je pense qu'il faut mettre ces exemples au nombre des licences (pie se permettaient encore les poètes du temps de {'."ineille, de Racine et de Boileau, pour éviter la conirainle de la rime. Dans ces exemples, les compléments sous ton joug, il Vcnvi, par son ordre, désignent des actions, et cela suffit p mr conserver le participe, soil qu'il y ait inversion ou non.
On lit dans \ Orphelin de la Chine (act. I, se. jii, i7) :
Tandis que leurs sujets tremblants de murmurer.
Voici, dit la Harpe, un exemple de cette règle que j'ai indiquée ailleurs, et qui défend de décliner le participe présent d'un verbe quand il en régit un autre au moyen de la particule de. Tremblant, tremblante, est un adjectif verbal qui ne peut régir un verbe. 11 fallait donc écrire, tremblant de murmurer, et non pas tremblants. Mais cette faute, devenue aujourd'hui si commune partout, par une suite de l'ignorance presque générale de la langue, ne peut éire attribuée ici qu'aux imprimeurs. Voltaire ne pouvait ignorer ni violer gratuitement une règle si essenlielle. {Cours de littérature.)
Du participe passé. — Le participe passé sert, comme nous l'avons dit, à former avec les verijes auxiliaires les temps composés. Jimé est le participe passé du verbe aimer, parce qu'il sert avec le verbe avoir à former les temps composés de ce verbe : J'ai aimé, j^ avais aimé; venu est le participe passé du verbe venir, parce qu'il sert avec le verbe être à former les temps composés du verbe venir.
Dans certains cas, ce participe reste invariable ; dans d'autres, il prend le genre et le nombre du nom auquel il se rapporte. la distinction de ces cas est un des points sur lesquels les grammairiens ont le plus écrit, sans [wuvoir s'accorder. Au lieu de nous mêler dans celte discussion, nous allons présenter le système de Condillac sur cette maiière, et lâcher d'y ramener toutes les difficultés.
On dit j'ai habillé mes troupes, mes troupes que j'ai habillées, mes troupes sont habillées ; voilà constamment l'usage. Or, on voit pourquoi, dans la dernière phrase, le participe se met au féminin et au pluriel, c'est qu'habillées est un adjectif qui modifie un substantif féminin et pluriel. On dit 7nes troupes sont habillées, comme on dirait ces marchandises sont bonnes.
Mais si, dans la seconde phrase, ce participe modifie également le substantif tivupes, il y devra prendre encore la terminaison qu'il a prise dans la troisième, cl U faudra dire mes troupes que j'ai habillées. Or, illc modifie. En effet, quel est l'objet du verbe avoir, lorsque je dis mes troupes que j'ai, ou, ce qui est la môme chose, 7>ies troupes, lesqtielles j'ai? Il est évident que c'est mes troupes. Si j'ajoute donc' habillées, co participe ne peut exprimer cpi'une des modifications du substantif troupes, il est donc encore adjectif.
Mais que sera-t-il dans la phrase où il ne prend ni le fiMiiinin, ni le pluriel , j'ai habillé vies troupes? Dumarsais a remarque le premier qu'en pareil cas le participe est toujours un substantif. Le participe passé est donc substantif ou adjectif suivant la manière dont on l'emploie.
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Le verbe avoir, dit ce célèbre grammairion, signifie proiireincnt poMet/er : j'ai une terre. On l'a eiisuiic clendii a d'autres usages, et on a dit j\n faim, fui soif; cAv, ciuoiqu'un n'ait pas faim comme on a une terre, et que, dans l'un comme dans l'aulro cas, avoir ne signitie pas absolument la mi'me ciiose que posséder, il y a cependant quelcjiie analogie entre j'ai une terre et j'ai faim. Oi', d'analogie en analogie, un mot liuit souvent i)ar èlnî pris dans une acception qui a à peine quelque rapport avec la première. C'est ce <pii est arrivé au verbe avoir; il a passe par une suite d'acceptions, dont les deux extrêmes sont j'at une terre, j'ai habilh' ; C[ ces deux extrêmes dilTcreiit en ce que l'un a pour accessoire un rapport au présent, et que l'accessoire de l'autre est un rapport au passe. Dans/'ai une terre, l'objet du verlie fljvu'r est vnc terre; habillé est donc également l'objet du verbe aroir <hus j'ai habillé. Or, un verbe ne peut avoir pour objet qu'une chose qui existe, on que nous considérons comme existante; c'est-à-dire qu'il ne peut avoir pour objet qu'une chose que nous désignons par un nom substantif. Habillé est donc, ainsi ([u'uite terre, un nom substantif.
Ces sortes de substantifs participent du verbe ; ils ont un objet quand le verbe en a un. Mes troupes, par exemple, est l'objet û'Iiabillé, dans j'ai habillé mes troupes. Ils n'ont point d'objet quand le verbe n'en a pas. Ainsi di\\i'^ j'aiparlé, parlé est un substantif qui n'a pas d'objet.
De même qu'on distingue dos verbes d'action et des verbes d'état, on pourrait distinguer deux espèces de particii)es substantifs : les uns sont des substantifs qui expriment une action, habillé, parlé; les autres sont des substantifs qui expriment un état, dormi, langui.
Tous ces substantifs diffèrent des autres, en ce qu'ils ne sont ni masculins, ni féminins, ni singuliers, ni pluriels. Leur terminaison ne varie donc jamais; et, par conséquent, les participes adjectifs sont seuls susceptil/les de genre et de nombre.
Dès (lue les participes substantifs sont invariables dans leur terminnison, il ne peut y avoir aucune diflicullé sur la manière de les employer. Passons donc aux particiiies adjectifs.
Les participes adjectifs peuvent se construire avec le \erbe être, ou avec le verbe avoir. Dans le premier cas, ou le verbe être conserve la signification qui lui est propre, ou il ne la conserve pas. S'il la conserve, le participe doit toujours s'accorder avec le sujet de la proposition, il est aimé, elle est aimée, ils sont aimés.
La vertu timide est souvent opprimée. (Mass., Petit Carènie. l^ices et vertus des grands, 2'' part.) La vertu obscure est souvent méprisée. (Idem.) Lesgensde. ;H<^ri7e étaient connu^parurilcsPerses, et ils n'épargnaient rien pour les gagner. (Boss. Disc, sur l'Iiist. univers., 3" part., ch. v, p. 446.) Les anciens Grecs étaient généralement persuadés «7«c l'âme est immortelle. (Barth.) Ils sont tombés, ils ont été châtiés, ces enfants tant aimés de leurs parents.
Si le verbe être ne conserve pas la signification qui lui est propre, il est employé à la place du verbe avoir, et on dira il s'est tué pour il a tué soi, et il s'est crevé les yeux , pour il a crevé les yeux à soi. Alors il y a encore une distinction a faire.
Ou l'action exprimée par le participe a pour objet le sujet même de la proposition, et vous direz il s'est tué, elle s'est tuée, ils se sojit tués; car, en pareil cas, le participe est un ad-
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jeclif qui doit prendre le genre et le nombre du nom qu'il modifie.
Ou l'action a jyour objet un nom différent du sujet de la proposition, et vous direz il s'est crevé les yeux, elle .^'est crevé les yeux, ils se sont crevé les yeux; car ici le participe ci-evé est un substantif. // .-t'est crevé est potir il a crevé à soi, où l'on voit que crevé est lulijet du verbe avoir, et (jue se pour à soi est le terme du rajil)ort. Dans il s'est tué, au contraire, at est l'objet du participe, qui, parcelle raison, s'accorde avec ce pronom
La règle que l'usage suit danstoutes les phrases où le verbe être est employé à la place du verbe avoir, est donc de regarder comme adjectif tout participe qui a pour objet le sujet mémo de la proposition, et de regarder comme substantif tout participe qui a un autre nom jwur ob;et. Dans le premier cas, le participe est susceptible de genre et de nombre ; dans le second, il ne lest i)as. Cette régie est constante, et ne sou lïre point d'exception. Exemples du premier cas: Cette femuie s'est voilée, a voilé elle. Elle s'est blessée ci la jambe, etc. Exemples du second cas. Elle s'est voilé la tête ; ce n'est pas elle cpii est l'objet de voilé, mais /« tête; c'est comme s'il y avait, elle avuilé la tête d elle. Cette personne s'e.st blessé la jambe, a Idessé la jambe à elle. Elle s'est imaginé que vous l'aimies. Elle n'a pas imaginé elle, mais elle a imaginé une chose, savoir, que vous l'aimez. Ils se sont dissimulé qu'on les a trompés, c'est-à-dire ils ont dissimulé à eux cette chose, savoir, qu'on les a trompés. Ils se sont arrogé plusieurs droits, c'est-à-dire (7* ont arrogé à eux, etc.
Quelquefois on ne voit pas clairement que le pronom soit l'objet du participe; mais il l'est réellement toutes les fois qu'd ne peut pas se tourner paru soi, en soi, à moi, à toi, etc. ; c'està-dire toutes les fois qu'on ne peut pas le regarder comme régime indirect. Par exemple, dans nous nous sommes abstenus, il semble «]ue nous ne soit pas l'objet d'abstenus, parce qu'abstenir est un verbe neutre qui n'admet pas de régime direct, et qu'on ne i)eutpas dire abstenir soi. A la vérité, le matériel de la langue ne permet pas de direqu'oM a abstenuquelqu'un ;ma\s\'cs\)vH, dans 710!/* «01/5 somynes abstenus, voit nous avons tenu nous loin de, car c'est là le véritable sens du verbe abstenir; et, selon ce sens, nous est l'objet du participe. Il en est de môme des verbes se moquer, se repentir, etc. ; et l'on doit dire, en faisant accorder le participe avec le pronom, elles se sont moquées de vous, ils se sont repentis, elles se sont prévalues, elle s'est repentie, elle s'e.st enfuie.
Lorque le participe est joint au verbe auxiliaire avoir, il est aisé de connaître s'il est sul)stantif, ou s'il est adjectiL II est suI)stanlirtoutes les fois qu'il est suivi de son objet, j'ai reçu les lettres; il est adjectif toutes les fois «pril en est précédé, les lettres que j'ai reçues. On dira donc. de deux filles qu'elle avait, elle en a fuit une religieuse, et non pas faite ; car rtne est l'objet du participe jait, et il ne vient qu'après. Le sens est, elle a fuit l'une d'elles religieuse. Par la même raison on dira, en faisant du iiarlicipe un substantif, les académies ont fait des objections : et, en faisant de ce même partici|)e un adjectif, j'iqnorelesohjections que les académies ont faites.
Pendant longtemps tous les grainmairiens on: prétendu (pie le participe passé d'im verbe actif. quoiQue précédé d'un régime direct, devait êtrf
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invariable lorsqu'il était suivi du sujet de la proposition. En conséquence, on devait dire, bclon eux, la justice que vous ont reudxi vos juges, la leçon que vous ont donné ro.v viaitrcs, les ouvrages qu'a écrit ce grand homme, les peines que m'a causé cet événement. Mais on a reconnu que cette raison est sans fondement, et personne aujourd'hui n'admet (?eltc exception; on dit la justice que vous ont rendue vos juges, la leçon que vous ont donnée vos maîtres, etc.
Mais une question sur laquelle les grammairiens ne sont jwint d'accord, c'est de savoir si le participe est variable dans sa terminaison lorsqu'il est suivi d'un verbe ou d'un adjectif. Faut-il dire, par exemple, elle s'est laissée mourir, ou elle s'est laissé mourir ; elle s'est rendue eathoJique, ou elle s'est rendu catholique? Commençons par examiner le participe lorstiu'il est suivi d'un verbe.
Ou dil elle s'est Unlpeindre, et non pas<'//e s'est 'hhc peit.tlrc, parce que ce n'est pas du participe fait que se est l'objet ; il l'est d'une idée qui est exprimée par ces deux mots fait peindre. De môme, quoiijuon dise une mai-ion que j'ai fuite, parce que l'adjectif conjonctif çwe est l'objet du participe /otie, on doit dire une maison que j'ai fcit faire, parce qu'alors le conjonctif, au lieu d'être l'objet du partiripc, devient l'objet de fuit faire.On dira aussi imitez lesvertusquevous arez entendu louer, et non pas entendues, parce que le conjonctif n'ol l'objet ni d'entendre, nide lover, pris séparément. iH'est de ces deux mots, réunion d'une idée qu'on exprime avec ces deux mots comme on pourrait l'exprimer avec un seul. Enfin on dira, terminez les affaires que vous avez pré- 'vu que vous auriez, G\ non Yi^s prévues, parce que le conjonctif est l'objet d'une seule idée exorimée ^»r ces mots, prévu que vous auriez.
' D'après ces exemples, on peut établir pour règle, que le participe est invariable dans sa terminaison, toutes les fois qu'on le joint à un verbe, pour exprimer avec deux mois une seule idée, comme nous l'exprimons avec un seul. Il ne s'agit donc plus, pour juger si le parlicijie suivi d'un verbe doit être ou n'être pas suscep ible do ccnre et de nomore, que de considérer suouojd snou is comme aeux laces séparées colle ou \erbe et celle (kl pariicipe, ou si, au contraire, nous sommes portés à les regarder comme une seule idée.
On doit dire elle a pris un remède qui l'a fait mourir, parce que le pronom la est l'objet d'une seule idée, fait mourir. Mais dira-t-on die a
Î*ris w?i remède qui l'a laissée mourir, ou quil'a aissé mourir"^ Quelques grammairiens veulent qu'on dise laissée. Ils .considèrent donc sép:uêment l'idée de laissé çt celle de inourir; et, parce (juc mourir no peut pas avoir un objoi, ils pensent que le pronom la est celui <lu |iarli(i|)e laissée. De même ils veulent qu'on dise elle s'est présentée (t la porte, je i'ui laissée passer, quoiqu'on doive iiiic, je l'ai fait passer. Pour rendre
mourir. Mais que veut dire j'«i laissé elle? Il semble que nous sommes portos à regarder laissé mourir ou laisser passer comme une seule idée, et que nous sommes clioqués de la voir partagée en deux par un pronom placé entre le participe et le verbe.
Autre exemple des momcs grammairiens : Aretvoms entendu chanter la nouvelle actrice? Je
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l'ai entendue chanter, c'est-à-dire j''ai entendu elle chanter. Aves-vous entendu chanter la nouvelle arieitrf Je l'ai entendu c/m/i <<>»•, c'est-àdire j'ai entendu chanter V ariette, ^uaiid il s'agit de l'ariette, ils considèrent donc entendu chanter comme une seule idée, parce qu", en effet, l'ariette ne peut être l'objet que de l'idée exprimée par ces deux mots réunis, entendu chanter. Or, il faut convenir <iu'à la rigueur, la nouvelle actrice pourrait cire l'objet (ïeniendu; ni;iis il ne s'agit pas seulemom de l'avoir entendue, il s'agit de l'avoir entendu clianler, et il semble qu'on ne peut pas considérer comme deux idées séparées celle du participe et celle du verbe; il faudrait donc dire, je l'ai entendu chanter, même de l'actrice.
Les grammairiens opposés au système de Condillac, que je viens d'exposer, distinguent le cas où l'infinitif (jui suit le participe est neutre, de celui ou il est actif. Dans le premier cas, disentils, le participe laissé doit être variable ; dans le second, il doit être invariable. En conséquence, ils veulent que l'on écrive avec accord, une personne s'est présentée et la porte, je l'ai laissée passer, parce que le pronom, régime direct, appartient au i)arii(i|)c, et non à passer, qui est un verbe neutre. J'ai laissé elle passer. Mais ils voudraient que l'on dit, sans accord, ellt^ s'est laissé conduire, elle s'est laissé gouverner, par la raison que conduire , gouverner , sont des verbes actifs, et qu'alors le pronom relatif n'est pas le régime de laisser, mais de ces deux verbes, elle a laissé conduire elle, elle a laissé gouverner elle.
Mais si l'on examine bien la nature du verbe laisser, suivi d'un infinitif, on verra qu'il ne peut être séparé de cet infinitif sans présenter un sens différent de celui que lui donne sa liaison avec cet infinitif. Je l'ai laissé, signifie, je l'ai quitté, je l'ai abandonné, je l'ai oublié; et c'est ce sens qu'aurait le verbe, si, en le séparant dcl'inlinilif, ondisaiij'wi laissé elle, ou je l'ai laissée; et si l'on ajoutait ensuite joA-sser, cet Infinitif ne serait plus lié à la phrase, il n'aurait Doint de régissant. Il ne pourrait être l'objet de laisse; car, '^'"i'^ ''o (-ac ce Dariicino en aurait déjà un; sivoir, eue, je Pat laissée, et l'on sait qu'un participe, non plus qu'un verbe actif, ne peut avoir deux objets ou deux n'-gimcs directs. Après avoir entendu jV l'ai laissée, l'esprii attacherait à ce verbe le sons qu'il a lorsqu'il est employé seul; et si l'on ajoutait passer, il faudrait (ju'il revint sur ses pas, et qu'il abandonnât ce sens, pour lui en donner un autre; ce qui est absolument contraire au génie de la langue, qui veut que chaque mot présente le plus tôt po-sible /e sens qu'il doit avoir, et qu'il n'y ait point d'intermédiaire entre un motel celui "U ceux qui doivent déterminer le sens dans lequel il doit être pris. Or, ici la terminaison du participe laissée marquerait un intermédiaire, puisqu'elle rappellerait le pronom la, comme régime de ce participe,
-Mais si ce participe pouvait être séparé de l'infinitif, et avoir son régime à part, pourquoi cela n'aurail-il pas lieu dans les cas où le substantif est exprimé? Or, on ne dit pas j'ai laissé ces dames passer, ce (ju'cn pourrait dire si ces dames étaient réellement le nigime do laissé. On dit, au contraire, j'ar laissé passer ces darnes, ce qui prouve que le régime appartient réellement aux deux verbes, qui ensemble éijuivalent à un verbe actif, et nun au oui \cThopasser, qui est un verbe neutre. On dit laisser tomber des it-
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rres, et non ^?is laisser des livres tomber ; or,
f)Ourqiioi, dans cette phrase, /e« livres seraient-ils e régime de laisser tomber, et ne seraient-ils (jne le régime de laissés, dans je les ai laissés toiuber?
Je lis dans un traité des i)arlicipes: Les livres qu'il a laissés tomber ; on laisse les livres tomber ; on ne les retient pas lorsqu'ils tombont; que est donc le régime de il a laissé cl non de tomber. Malgré celte assertion, je doute (jue l'auteur ait iainais dit à (]uelqu'un vous laissez , ou vous avez laissé votre livre tomber. On laisse tomber des livres, on fait t^imber des livres. Cl ordinairement on ne sépare point tes deux verbe-:.
On dit également, il faut laisser vtanger ces enfants, Ct il faut leur laisser vianger celte salade; d'où il suit qu'il Faut dire, en parlant des enfants, je les ai laissé manger , et on |»arlanl de la salade, Je l'ai laissé manger. Quoi<iue le verbe manger ait dans ces phrases des sens Irés-dinérenls, on ne saurait y cire trompé, parce qu'il y a toujours dans ce qui précède (juciquc circonstance qui détermine le sens dans lequel ce verbe doit être pris.
Mais, dira-t-on, si l'inlinilif est un verbe actif, et qu'il soit suivi lui-même d'un régime direct, on sera bien obligé de regarder le pronom couune le régime direct du participe, puisqu'on ne peut l'attribuer à rinfinilif, qui a lui-même son régime direct. Ainsi, il faudra dire je Zesat laissés tuer vies pigeons, je les ai laissés boire mon vin, sans quoi les verbes tuer et boire auraient deux régimes directs : eux et mes pigeons, dans la première phrase; eux et mo7i vin, dans la seconde.
Si l'on convient (juc laisser tuer équivaut à une seule expression (jui a le sens d'un verbe actif, cette expression ne peut pas plus qu'un verbe actif avoir deux régimes directs. On ne dira donc pas, laisser tuer eux vies pigeons; mais on dira, mettant le régime naturel le iiromicr, et faisant de 1 autre un régime indirect, laisser tuer mes pigeons à eux, ou par eux. On ne dira donc pas, /e les ai laissés tuer mes pigeons, mais Je leur ai laissé tuer mes pi/jeons. On dit laisses boire un coup à cet homme, et non pas laissez cet homme bi-ire un coup; et, par coDScquenl, on dira je leur ai laisse boire -mon vin, ce ([Ui signifiera j'ai laissé boire vion vin à eux. C'est ainsi qu'on dit je leur ai fait traverser le fleuve, ou je leur ai laissé traverser le fleuve ; et non pas je les ai fuit, je les ai laissés traverser le fleuve
Il n'y a peut-être qu'un cas où le verbe laisser puisse être séparé de l'infinitif qui le suit, i est lorsque cet ia.iaitif est un verbe pronominal , comme dans il faut laisser ces enfants se divertir. Encore pcut-un dire que, dans ce cas, iaisser n'est pas joint a l'infinitif, pour neformer, avec cet iniiaitif, qu'une seule idée, puisqu'il en est séparé par le pronom se, qui donne au \crbe divertir un caractère particulier, en formnnlson régime direct, indepcndam:nenl du \crbe laisser. On dira bien, dans ce cas, en parlant de plusieurs enfants, /« les ai laissés se divertir, et on ne peut pas dire autrement.
Je sais que quchiues grammairiens donnent jiour règle incontestable que, lorsque le participe est un verbe actif, et l'inlinitif un verbe neutre, il faut faire tomber le régime sur le parlicijKî et non sur le verbe; et (pi'ainsi il faut dire, je les ai laissés passer, je les ai laissés tomber, je les ai vus tomber, je les ai vus jnourir. Je sais qu'ils citent même à l'appui de cette règle quel-
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ques exemples tirés de nos meilleurs poêles : comme :
Allez, dis-je, et sachez quel lieu les a vus naître. (Volt., Oreite, acl. II, se. m, 18.)
Cette nuit je l'ai vue arriver en ces lieux.
(Rac, Britan., acl. II, se. Ii, 14.)
Lui-mime d'aussi loin qu'il nous a vus paraître.
(Uac, Daj., uct. Y, se. XI, 7.)
Mais il ne faut passe lasser de répéter (]ue des exemples pris dans les i)oëtcs, lorsqu'ils no sont pas d'accord avec les jjrincipes cl l'usage, [auvent n'être que des licences. 11 ne s'agil i)as ici de savoir si llacinc et Voltaire ont vu deux idées ilistinctos dans voir paraître, voir arriver, voir naître, mais s'il est dans l'esprit et le génie de la langue de voir ces deux idées. Or, il est certain (]u'il est plus naturel de dire j'ai vu pa raîlre cet astre, j'ai vu arriver cette priitcesse, j''aivu naître celte femme, que j'ai vu cet astre paraître, j'ai vu cette princesse arriver , j'ai vu cette femme naître. Donc, dans le langage ordinaire, les deux verbes sont regardés comme ne formant qu'une seule idée, susceptible d'un régime comme un vcrlieariif. llacinemêuie avait mis dans sa première édition :
Je l'ai vu cette nuit arriver en ces lieux.
Et c'est probablement pour éviter le son désagréable de celle nuit arriver, qu'il a changé ce vers. Il a sacrifié l'exactitude à l'harmonie; cette l'aule, n'ayant point été relevée, en a amené une autre de la même nature; enfin, dans la suite, un grammairien célèbre ayant tâché de la justifier, elle a trouvé des imitateurs.
Il faut convenir cependant qu'il y a des cas où le participe peut être séparé de l'infinitif; mais alors le sens de la phrase cl la construction naturelle indiquent et autorisent cette séparation. On dit, par exemple, j'ai vu celte dame peindre, ct celle i)hrase signifie j'ai vu cette dame gui peignait. Je dirai donc dans ce sens /e Ta t vue peindre. Si je disais /'«t vu peindre cette dame, cela signifierait évidemment j'ai vu queli/u'u?!. qui faisait le portrait de cette dame; ainsi je dirais, en ce sens, je l'ai vu peindre. On dit même, en ce sens,y<? les ai vus piller, en parlant de gens qui pillaient, c'csl-à-dire j'ai vu des hommes piller, occupés ii piller ; et je les ai vu piller., en parlant de gens que l'on pillait, c'est-àdire j'ai vu piller ces gens, etc.
11 ne nous reste plus qu'a considérer le participe lorsqu'il est suivi d'un adjectif, l-'aul-il dire elle s^est rendue maîtresse, elle s'est rendue catholique, OU elle s'est rendu maîti-esse, elle s'est rendu catholique'^ Pour résoudre celte question, il faut considérer si nous sommes |)ortés à séparer les idées, ou à les unir dans une seule. Or, il semble qu'on dit beaucoup mieux, le commerce a rendu riche cette ville, que le commerce a rendu cette ville riche. Ainsi, quolcjuc nous employions deux mots, nous ne paraissons avoir qu'une seule idée, comme si nous disions a enrichi. I/idéc scrail-ellc donc une lorsque nous nous servons d'une périphrase, comme lorsque nous la rendons en un seul mot ? Mais cette conclusion serait peut-être trop précipitée; car l'oreille est quelquefois la régie de nos constructions, autant au moins que notre manière do concevoir. En effet, on dira [ilulùt le vommerce a
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rendu cette ville opulente, que le commerce a rendu tipvlcnte cette ville; j'ai rendu cette personne maîtrossc do 711071 sort, que j'ai rendu 7iiuitresse de mon sort cette personne ; un dvcleur a rendu ce prolestant cathctique, <]ii'i/« docteur a rendu catholique ce protestant. Il scinhlc tioiic que nous soyons |)or(es à séparer l'iiléo du parlicipe (le celle de l'adjectif, el, par conséquenl, on peut dire elle s'est rendue catiidù/ue, elle s'est rendue luaitrcssc. Mais si nous scpar.ins plus Volontiers l'idée du participe de celle d'un adjeclil', c'csl qu'un adjectif présente une idée qui, étant plus délcrminée, se distingue davantage de toute autre. Celle d'un verbe à l'InGnilif, étant au Contraire indélerniinéc, est, par celte raison, plus proi)ie a se conl'oudre avec celle du partici|)e.
i.e participe passé est invariablodans les verbes impersonnels. On dit les chaleurs qu'il a fait, el non J)as les chaleurs qu'il a faites; la grande disette qu'il ij a eu, el non pas la grande disette qu'il y a eue.
A ces observations sur les participes nous joindrons quelques remarques de Voltaire et de La Harpe.
Là par un long récit de toutes les misères Que durant noire enfance ont enduré nos pères.
(Corn., Cin., act. I, se. m, 32.)
Ont enduré, dit Voltaire, parait une faute aux
grammairiens; ils voudraient les misères qu'ont endurées nos pères. Je ne suis point du tout dt^ leur avis. Il serait ridicule de dire les misères qu'on souffertes 710s pères, quoiqu'il faille dire les iniiéres que nos pères ont souffertes. [Remarques sur Corneille.)
Voltaire s'est souvent mis au-dessus de ces règles des participes; il a dit, en parlant d'une femme {Tancrède, act. IV, se. 11, 17) :
Et l'eussé-je aimé moins, comment l'abandonner?
Il fallait aimée, dit La Harpe. [Cours de littérature.) Voyez .Ibsolu.
Participkr. A', n. délai" conj. Il régit à et de. Participer à, c'est avoir part à quelque chose. Un associé participe à tous les droits d'une société. Lesdifjérentes classes desélèves assistent (111X repas sans participer. (Barthél., Anacharsis^ ch. XLviii, l. n , p. 136.) // les attirait parles charmes de la conversation, en s'associant à leurs plaisirs, sans participer à leurs excès. (Idem, ch. lxvii, t. V, p. 285.)
Participe à ma gloire au lieu de la souiller, Tlclie à l'en revêtir, non à m'en dépouiller.
iCoRN., Wor., act. IV, se. vil, 23.)
Participer de, c'est tenir de la nature de quelque chose : Un 7niné rai qui participe du vitriol. Le 7nulet, engendré d'un âne et d'une cavale, particii)e de la nature de l'un et de l'autre.
Déjà de Vespérus la douteuse lumière,
Qui participe ensemble et de l'ombre et du jour,
Éclairait à demi le céleste séjour.
(Delil., ParadiB perdu, IX, 50.)
Quelques grammairiensont conclu de ces exemples que participer est suivi de ù quand son sujet est un nom de ])crsonne, et (ju'il est suivi de la préposition de quand son sujet est un nom de choses.
Cette règle est fausse, car on pourrait fort bien
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dire d'un homme, né d'un blanc et d'un notre, il partici|)ait </c l'un et de l'autre; el en parlant d'une |)laiite, elle participait aua: soins que Con donnait à toutes les plante; de ce jardin.
Queltjues-uns disent participer pour prendre part : je participe u votre douleur. L'.\cadéinic dit qu'il s'emploie (luehjuefois en ce sens; elle aurait du dire (|ue le bon goût le rejette.
Pahticllk. Subst. f. Terme de grammaire. Ce mot est un diminutif de partie ;'i\ signifie une i>etite partie d'un tout. Les granimainens l'ont adopté en ce sens, pour designer par un nom unique toutes les parties d'oraison invariables, les prépositions, les adverbes, les conjonctions el les interjcviions. Il n'y aurait pas grand mal à celle dénomination, si, en effet, elle ne désignait que les espèces dojit le caractère commun est l'invariabilité. Mais, par un abus jjresque général chez les grannuairiens, on a a|)pelé particules, non-seulement les mois invariables, mais encore de petits mots extraits des espèces variables.il n'est i)as rare de trouver dans des livres élémentaires la particule se, les |)articules son, ses, ou leur, et on sait que la particule on y joue un rôle très-important. C'est un abus réel, parce qu'il n'est plus possible d'assigner un caractère qui soil commun à tous ces mois, et qui puisse fonder la dénomination commune par laquelle on les désigne.
Beauzéene regarde, avec raison, comme particules que les parties élémentaires qui entrent dans la composition de certains mois, pour ajouter à l'idée primitive du mol simple auquel on les adapte une idée accessoire dont ces éléments sont les signes. Il appelle particules prépositives celles qui se mettent à la tète du mot, el particules poslpositives celles qui se meltent à la lin.
Nous avons parlé à leur rang ali)habélique des principales particules prépositives. A'oyez A ou Ad; Âb ou Ahs ; Anti ; Co, Corn, Col, Cor, Con; Contre; Dé; Dés; Di; Dis; E OU Ex; En; In; Mé ou Mes; Par ou Fer; Be ou Ré.
Nous avons encore plusieurs autres particules qui viennent ou de nos prépositions , ou des prépositions latines, ou de quelques i)articules latines; elles en conservent le sens dans nos mots composés, et n'ont pas grand besoin d'être expliquées ici. En voici quelques exemples : Entreprendre, interrompre, introduii-e, pourvoir, prévoir, produire, rétrograder, subveni/ . subdélégué, soumettre, sourire, survenir, truduire, transposer.
Le nombre de nos particules poslposilivis n'est pas grand ; nous n'en avons que trois, ci, lu , et du. Voyez ces mots.
Particulier, Particulière. Adj. qui ne se met qu'après son subsl. : Un Tnotif particulier, une raison particulière. — Un cas particulier, une aventure particulière, un talent particulier. — Une chambre particulière, une maison particulière. — Un hom7ne particulier, un esprit particulier.
Particulier est opposé à général, dans il j^aut sacrifier V intérêt particulier « Vintérêt général; à public, dans il est doux, après avoir vécu dans le tumulte des affaires, de retourner à la vie particulière ; à universel, iiaiasl'Eglise admet un jugement particulier; à l'idée de collet tion. dans un particulier de cet endroit a fait une belle action; à commun, dans, dans cette maison chacun a sa chambre particulière. Dans cette phrase, les assemblées particulières sont illicites, il est corrélatif de publiques. Dans U faut
PAU
connaître les circonstances particulières d'une i affaire pour en décider, il est opposé à ordinaires et ^communes. Quand il se ijit d'une liaison, il en | marque rtH<»mt7< ; d'un officier, il en marque la sulordinutiin ; d'un événement, il en marque la rareté; d'un goût, il en marque la vivacité; etc.
Ce mot s'emploie aussi substantivement. On dit le particulier d'une affaire, pour dire ce qu'il y a de plus particulier dans une aiïairc, le détail et les circonstances d'une affaire.
On dit aussi un particulier, pour dire une l)orsonne privée, par opi>osiiiou à une société, à une communauté, à luie collection : // avait établi le plus grand commerce qu'un particulier de l'Europe pût jamais embrasser. (\ oll.)
En particulier. Expression adverbiale. A part ; séparément des autres : f^oir, prendre quelqu'un en particulier. — On dit être en son particulier, pour dire, être retiré dans son cabinet, dans sa chambre, dans son appartement. — On dit aussi en mon particulier, pour dire, pour ce qui est de moi.
PARTicuLn:nEJiENT. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : On ni a recommandé ■particulièrement cette affiiire, ou o« vi'a particulièrement recommandé cette affaire.
Partie. Subst. f. Parties du discours. Voyez Nom, Substantif, Adjectif, Pronom , f^erbe. Préposition, Adverbe, Conjonction, et Interjection.
Parties des animaux. On dit le pied d'un cheval, d'un bœuf, d'un cerf, d'un chameau, d'un éléphant, d'un mouton, d'un veau, d'une chèvre, cl des autres animaux dont cette partie est de corne. On dit la patte d'un chien, d'un chat, d'un lièvre, d'un lapin, d'un loup, d'un ours, d'un singe, d'un rat, et des autres animaux chez qui celte partie n'est pas de corne. — On dit les ongles d'un lion, les griffes d'un chat, d'uîi tigre, etc.; les serres d'7/n aigle, d'un vautour ; les serres OM les /nains d'un épervier. — On dit la bouche d'un cheral, d'un chameau, d'un âne, d'un vudet, d'un éléphant, et en général des bêtes de somme et de trait. — La gueule d'un bœuf, d'un chien, d'un brochet, d'un lion, d'un loup, d'un crocodile, etc. On nomme de même cette partie dans la plupart des animaux à (luatre pieds, et dans les poissons. -- On dit le groin d'un cochon, le mufle d'un cerf, d'un bœuf, d'un lion, d'un léopard, d'un tigre, — le museau d'un chien, d'un renard, pour désigner cette partie de la tête qui comprend la gueule et le nez. — On appelle les défenses, ou les broches du sanglier, les doux grosses dents crochues et effilées qui sortent de sa gueule. — Ou dit la hure d'un sanglier, d'un saumon, pour dire la téic.
Les termes les plus bas deviennent quelquefois les plus nobles, soit par la i)lace où ils sont mis, soit par le secours d'une épithète heureuse. Corneille dit dans son Héraclius (act. II, se. 11, 40) :
Il semble que de Dieu la main appesantie, Se faisant du tyran l'effroyable partie, Venille avancer par là son juste châtiment.
Terme de chicane. La main de Dieu appesantie, qui devient l'effroyable partie du tyran, est une idée terrible. [\o\Im-Q..)
Parties d'oraison. Voyez Oraison.
PânxiEL, Partielle. Adj. Il ne se metqu'af)rés lM>n subst. : Les sommes partielles.