‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 327 sur 453 · FAR · texte numérisé non relu

FAR

PARTin. V. n. irrégulier de Ja 2* conj. Il se conjugue comme sentir. \'oyez Irrrgvlier.

Si l'on voulait s'en rapporter aux grammairiens plutôt qu'à la raison, on se trouverait embarrassé pour décider si le \bvhc partir prend toujours hi verbe auxiliaire être, ou s'il prend taniùi le verbe être, tantôl le verbe avoir. Fcraud nous dit, dans son dictionnaire, (jue quelques-uns, parignorance, ou par inadvertance, disent, j'ai parti, au lieu de je suis parti; et il ajoute (]uo le verbe partir prend toujours être pour auxiliaire dans ses temps composés.

D'un aulrc côté, je trouve dans la Grammaire des Grammaires (p. 473), que partir, comme 7.-ionter, descendre, et plusieurs autres verbes, ['ix-nd tantôt l'auxiliaire être, et tantôt l'auxilir,v^ <\^!oir; et je lis dans le Dictionnaire de i'A'- .'..»£ îa phrase suivante ; Le fusil a parti tout '. . foup.

\.9 1 .ehcsso d'une langue consiste surtout dans la quantité (les moyens (lu'elle offre jiour exprimer les différentes vues do l'esprit, et les nuances qui les distinguent. Ce serait appauvrir une langue que de rejetcrquclques-uî.sdeces moyens, sans dcmonti'er (pi'il en existe d'éijuivalents.

Dans lasignifii-ation du mol partir, il y a deux vues bien distinctes : la ]);cmiérc, (jui représente l'action du sujet, lors du départ, avoir parti; la seconde, qui montre l'étal du sujet après le départ, être parti. Or, si le verbe partir no pouvait prendre que l'auxiliaire être, \\ n'existerait pas d'expression dans la langue pour distinguer les nuances de ces deux idées, et l'on dirait également le lièvre est parti, et pour marcpicr l'action du départ, et pour siirnilier l'étal du lièvre relativement à celte action, après ([u'elle est faite J'arrive prés d'un chasseur une demi-heure après qu'un lièvre a parti, il me dit le lièvre est parti; et j'entends par là qu'il s'en est allé, qu'il a quitté le lieu où il était, qu'il n'y est plus. Mais si je lui demande, quand a-t-il partie et qu'il me réponde, il est parti il y a une demilieurc ; \o\\ii il est parti employé pour signifier cl l'action que le lièvre a faite en partant, et l'élat du lièvre relativement à cette action depuis le moment de son départ. Je conçois bien que le lièvre est parti depuis le moment de son départ ; mais je ne compremls pas comment il est parti, lorsqu'il partait.

Disons donc que le verbe /jarAn- prend l'auxiliaire avoir (juand on veut exprimer l'action de partir, et qu'il prend l'auxiliaire être quand on veut marquer l'élat du sujvjt reiativemenl a celte action finie. Il y a la même diffi'rence entre il a parti el il est parti, ({n'entre il a passé et il est passé.

Partisan. Su])St. m. Qui est attaché au parti de quelqu'un, qui soutient son i)arli. Quelques auteurs ont dit partisane au fi'ininin. N'ollairc dit dans une lettre à madame du Boccagc (2U" lettre, 12 octobre 1749) : Elle vous rendait bien justice, vous n'aviez point de partisane plus sincère. Ce mot est peu usité.

PAnTiTiF, Partitive. Adj. Ce terme est usité pour caractériser les adjectifs (jui désignent ane partie des individus compris dans l'étendue de la signification des noms aux(iuels ils sont joints, comme quelques, plusieurs, etc. Les grammairiens regardent encore comme partitifs les adjectifs ccjmparatifs et superlatifs, les adjectifs numéraux, soitcardinaux, comme un, deux, soit ordinaux, comme premier, second, troisièms, etc., parce qu'en effet tous ces mois désigaenî

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des objets extraits de la lolalilt-, au moyen de la qualilication comparative, superlative ou numéri(|ue, désignée par un adjectif : J'ivsieurs de nos anciens auteurs; il iic s'aiiil pas ici de tous nos anciens auteurs, mais d'une partie indéterminée tjui est désignée par ratijectif plusieurs, qui, par cette raison, est partitif. J)eus de vies aniis ; il s'agit ici non de la lotaliit^ de mes amis, mais d'une partie précise déterminée numériquement par l'adjeciif cardinal ou coilcctilc/ef/x, tiui est partitif, t^iueiques grauimairions ont admis un article partitif, et il est vrai ipi'il y a partition dans les phrases où ils prétendent voir cet arlirle, comme du pain, de l'eau, de l'honneur; mais ces locutions ont déjà été appréciées et analystes ailleurs. Voyez Adjectif et Article. Ce qu'elles ont do réellement p;irtiiif, c'est la préposition de qui est extraclive. (Bcauzée.)

Partition. Subst. f. Le premier ii conserve sa prononciation naturelle, le second se prononce comme ci.

Parvenir. V. n. et irrégulier de la 2« Ounj. 11 se conjugue comme venir et prend l'auxiliaire être. Etre allé, être arrivi'. être décédé, être mort, être né, être tombé, être venu, être parvenu, etc., ne signifient point une action, mais un état qui résulte d'une action. Celui qui est allé, est dans l'étal d'un homme (jui s'est niù pour se rendre en quelque endroit, et il en est de môme lorsque l'iiCtion d'aller est déterminée. On dit d'un homme qui, est à Rome depuis six ans, il est allé à Home. Être arrivé, c'est être au but do son voyage, c'est un étal, etc.

Pas, Point. Expressions qui se joignent ordinairement <i la négative ne. Elles se mettent après le verbe, dans les temps simples: Je ne l'aime pas, je n'en veux point. DiuiS les temps composés, on les met entre 1 auxiliaire et le participe : Je n'ai pas dormi, il n'est point renu. Ordinairement on les met devant l'infinitif : Il faut ne le pas montrer. Quelquefois on peut les mettre après , comme dans cet exemple de Fléchier : Platon ne laissait atix femmes, pour toute gloire, que celle de n'en avoir point.

Voltaire a dit dans la IJenriade (VTIT, 323) :

Amitié que les rois, ces illustres ingrats. Sont assez mallieurcux, pour ne connaître pas.

On peut supporter cette inversion; mais celle-ci, de Molière, est trop dure a l'oreille (Tartufe, act. V, se. III, 58) :

Aux menaces du fourbe on ne doit dormir point.

Pas et point peuvent cire regardés comme les compléments de la négation à la<iuelle ils sont joints; car sans eux le sens est moins nég;itif, et ils servent a l'achever, à le préeiser, a le compléter. Je ne puis, nie moins <]UCje 7ie puis pas ou je ne puis point. Ces mots ne sont point négatifs par eux-iiiémes; cet usage leur vient, selon toute api)aroncc, de ce que, dans l'ordre des choses qu'ils expriment, ils sont la limite, le ncc plus vltrà des dimensions ou soustractions qu'on peut y faire. De la vient (lu'avcc point, la négation est plus forte qu'avec pas, pane que, dansTordic des distances, le point est une limite plus éloignée que le pas. '

On supprime pas et point devant ni, rien, jamais, plus, aucun, parce que ces mots suni autant de compléments de la négation ne: Je ne Paime ni ne l'estime; il ne vaut rien; je ne le

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verrai jamais; je ne lui pardonnerai plus ; û n'en a aucun. On les supjjrime aussi devant autre : Je ne veux d'autre récompense i/ue votre amitié. — On les retranche aussi après les adjao tifs conjonctifs suivis du suhjonctff : Est-il quelqu'un qui ne le sache? devant que signiliant seulement, ^e ne ferai que ce qu'il voudra; apréS que signifiant pourquoi ne, que ne parle z-rousf après si, à moins que, et les autres conjoneiions qui ont le même sens, si vous ne l'ordonnez, à 7noinsque V(jiis ne le souhaitiez. Après les verbes oser, pouvoir, cesser, on peut omettre ou ein|)loyer pas ou point, selon que l'on vent nier plus ou moins fortement ; /e n'ose, nie moins fortement que je n'osa pas ; je 71 ose pas, que je n'ose point. Lorstiue ces trois verbes, employés dans le sens négatif, n'ont pas pour complément un infinitif, ou lors<ju'ils sont employés sans complément, ils sont presque toujours suivis de pas : Dieu ne peut pas l'impossible, il 71e cesse pas, vous n'osez pas. — Avec les noms de nombre joints a la proposition de, ou à la conjonction que, on retranche JJU5 nupint: Je ne le i-errot de dix jours, il y a dix jours que je ne l'ai vu. Observons cependant à l'égard du second exemple, qu'il ne faut supprimer pas ou point après il j a, que lorsque le verbe qui suit cette expression est au passé; car, s'il était à tout autre temps, on mettrait pas ou point : Il y a un an que je ne lui parle pas, il y avait un an que je 7ie lui parlais point

Pas énonce simplement la négative, point l'exprime avec beaucoup plus de force. Le premier, souvent, ne nie la chose qu'en partie, ou avec une modification; le second la nie toujours absolument, totalement et sans réserve. On dira vous 7ie croyez pas une chose qu'en 71e peut vous persuader, y ous 71e croyez point celle que votre esprit rejette entièrement. Dans Ic premier cas, il peut vous rester quelque doute; dans le second, vous êtes décidé. On dira aussi, il n'a pas ce qu'il faudrait d'esprit pour une telle place; parce que cela suppose qu'il n'est pas réellement sans esprit; mais si l'on dit il 71'a point d'esprit, cela signifie ([u'il en est entièrement dépour\'u.

Par cette raison, pas vaut mieux que point avant les mots qui servent à marquer le degré de •lualilé et de quantité, tels que moins, plus, beaucoup, si, fort, et autres semblables : Cicénm 7i'est pas 7noins véhément que Deiaosthètics ; Démcsthèncs n'est pas si abondant que Cicéron;lcs riches ne sont pas toujours plus heureux que les pauvres. Assez ordinaireme7it, il n'y a pas beaucoup d'argent chez les gens de lettres.

P<ir la même raison, pas est préférable avant .les noms de nombre: Qui 71'a pas un soti à dépenser, n'a pas un grain de 7nérite à faire paraître.

De même, pas convient mieux à quelque chose de passager et d'acciilcntel ; point à (juelquc chose de permanent et d'Iiabituel. // 71e lit pas, c'est-à-dire présentement ; il ne lit point, c'est-à-dire jamnis, dans aucun temps. On dira également d'un homme qu'il ne dort point, pour faire entendre qu'il a une insomnie habituelle; et qu'il 7te dort pas, pour manpier qu'actuellement il est éveillé.

Par la même raison encore, pas, après tout, marque une exclusion partielle, ai point une exclusion totale. Tous ceux qu'on accusait 71'ont pas été convaincus; c'est-à-dirc (iucl(|ues-uns de ceux qu'on accusait 71'otit pas été convai/icus

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Toui ceux qtCon accusait n'ont point été convaincvs, c'esl-à-dire aucun de ceux ou'on accusait n'a été convaincu.

Quand pas ou point cuire dans l'inlenogalion, c'est avec des sens un peu différents. Si ma question est accompagnée de ([uelciue doute, je dtni: N'ui-ez-vo'is point été hi? N'est-ce point vous qui me trahissez ? Maissi j'en suis persuadé, je dirai par iiumière de rcpioctie, n'urez-vous pas été!à9 n'est-ce pas roi^i' qui m'avez trahi?

De même lorsiiu'oii dit n'avcz-vnus point vu un telf c'est une question simple, et lorsqu'on dit n'avez-vous pas ra un tel? on veut marquer par là qu'on croit que celui qu'on interroge a vu celui dont on parle. Xovez Point.

Pascal, Pascale. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : L'agneau pascal, cierge pascal. On dit au masculin pluriel des cierges pascals, et non pas pascaux. — L'Académie dit qu'il fait pascaux, maisclleajoulc (luoccplurielcsl inusité.

Passaple. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Du vin passable, des vers passables.

Passablement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il s'est acquitté passablement de sa commission, OU il s'est passablement acquitté de sa commission.

Passagi:p., Passagère. Adj. 11 ne se dit que des choses, et on jiout le metire avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Plaisirs passagers , douleur passagère , cette beauté passagère, cette passagère beauté ; des oiseaux passagers. — Il faut se garder de le confondre avec l'adjectif passant, passante. Voyez ce mot.

PASSAGÈnE.MENT. .\dv. Il uc sc met qu'après le verbe : // a occupé passagèrement ce poste.

Passant, Passa^ite. Adj. verbal tiré du v. passer. Quoique cet adjectif ait la terminaison active, il a le sens passif. Il ne se dit pas de celui qui passe, mais de l'endroit oii l'on passe fréquemment : Un chemin passant, une ville passante. Il se met ordinairement après son subst.

Passe-Droit. Subst. m. On doit dire au pluriel des passe-droit sans s. Le mol passe est verbe, et ne peut prendre un 5 au pluriel; ci il ne s'agit point de passer des droits, mais de passer le droit. Des passe-droit sont des grâces ([ui passent le droit. La pluralité tombe sur grâces, qui est sous-entendu .- On m'a fait un grand nombre de passe-droit. — L'Académie écrit des passedroits.

Passe-Parole. Subst. m. On dit au pluriel des passe-parole, sans s. La i)luralité ne peut tomber ni sur passe, qui est un verbe, ni sur le substantif parole ; car il ne s'agit que de passer par la parole et non de passer des paroles. La pluralité tombe sur c)7rt;//a/iafewe«/, qui est sous-entendu. Des passe-parole sont des commandements qui passent par la parole.

Passe-Partodt. Subst. m. On dit au pluriel des passe-partout sans s; la pluralité tombe sur le mot clef; des passe-partout sont des clefs (jui ouvrent toutes les portes d'une maison.

Passe-Port. Subs. m. On dit au pluriel des passe-ports.

Passer. Y. a. et n. de la 1" conj. Ce verbe prend l'auxiliaire avoir (juand il signifie l'action de passer : Il a passé en .Amérique en tel temps; nous avons passé par la Champagne après avoir passe la Aleuse. L'empire des Assyriens ? passéaux Mèdcs ; Charles-Quint a passé l'Euphrate. (De Wailly.) La procession ^ passé sous

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mes fenêtres. (Condillac.) Mais on emploie l'auxiliaire être lorscju'on veut exprimer l'état qui résulte de cette action .- Il est passé en Amérv/ue depuis tel temps. Ce temps csi passé, et il a passé bien vite. Cette mode est passée, cette fleur esl passée. La procession est passée.

Et comment savez-vous

. . .Si leur sînR tout pur, ain.«i que leur noblesse, Ett patte jusqu'à ïous de Lucrèce en Lucrèce,

(BoiL., Sat. V, 83.)

Boiieau aurait pu mettre a passé, s'il avait voulu exprimer l'action par laquelle le sang et la noblesse passent; mais comme il a voulu exprimer particulièrement l'effet résultant de cette action, l'existence réelle du sang et do la noblesse après le passage, il a dû dire est passé. C'est donc à tort ([ue rabb(' d'Olivet a prétendu que Boiieau aurait dû divc a passé.

Se pas.ier à, se passer de, sont deux locutions absolument différentes. Se passer à signifie se conlenler de ce qu'on a ; se passer de signifie soutenir le besoin de ce qu'on n'a pas : // a quatre attelages, on peut se passer à moins, f'^ous avez cent mille écus de rente, et je m'en passe. (Volt., Remarques sur le Menteur, \ic\.. I, se. V, 75.)

Ce verbe est relatif au mouvement d'un lieu dans un autre, sans aucun égard ni .à celui d'où le mouvement se fait, ni à celui oii il est dirigé, mais seulement à l'endroit où il se fait, ou bien a celui qui le voit et en juge. Il a une infinité d'acceptions qui se reconnaissent par les phrases où il esl employé. Le cerf a passé par cet endroit. Ils ont passé debout ou sans s'arrêter. Passer Au papier sur le feu pour le sécher. Ce malade ne passera pas l'hiver. Ce manteau m'a passé deux années. Il passe mal son temps. Les plaisirs pa«sent vile. La \\e se passe. La beauté et la jeunesse se passent. Cette étoffe se passera. Ces sortes de couleurs paiie/ji. Riennejoaise comme les modes. Ces fruits, ce vin, ce fromage, ces mets, sont joa.s5ei. Des raisins passés. Ces rs\i^ins passent, on n'en voit plus guère. Il vous passe de toute la tète. Il était homme de bien, je ne sais comment il a commis cette action ; cela me passe. Le madrigal ne passe guère dix à douze vers. Elle a passé sa chemise par-dessus sa tête. Il y a des i)hysicicns qui ont prétendu que la poussière dont l'air est rempli passait à travers le verre. La vertu ne passe pas toujours des pères aux enfants. Le nom de qucliiucs hommes de ce siècle passera à la i)ostéritc. Ses succès ont pa.tsé mes espérances. Queli|ucs opinions des anciens qu'on regardait comme des erreurs , passent maintenant pour des vérités constantes. Il ne peut pas se passer de vin, je me passe de peu. Il faut en passer par !à. Il y a des considérations audessus destiuelles je ne saurais passer, elles m'arrêtent tout court. Passes le préambule, allez à la chose. Vous me trouverez intraitable, je ne vous passerai rien. Racontez les clioses comme elles se ^onl passées ; tous ces traits d'imagination qui embellissent un récit, sont autant de petits mensonges. Cette monnaie ne passe pas. Je vous passerai cette pièce pour vmgl francs.

Passer par les mains. Passer par les armes. Passer sur le ventre à quelipi'un. Cela a passé tout d'une voix dans le conseil. Passer un acte. Passer d'un objet à un autre. Passer au feu, à la calandre, à la filière, à la claie, en blanc, en carton, au tamis, à la chausse, au filtre, au chamois, à l'alambic. Pa^er maître. Passer licence.

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Passer In plume par le bec. Passer l'éponçe. Passer If liut.

Passe-tesips. Subst. m. Racine a dit dans Jthalù 'W.. II, se. VII, 61) :

Hé quoi : fous n'aïei point de pattc-tempi plus doux?

On a remarqué avec raison que passe-temps ne pcul s'employer dans la poésie notiie. — Nous pensons que "celle expression est irés-bien placée ici.

Passe-volant. Subsl. ni. On dil au pluriel des pusse-volants.

Passible. Adj. des deux genres, qui se met .iprcs son suhsl. : Un corps passible.

Passif, Passive. Adj. que l'on prend aussi .><ii()Slanli\ emcnl. Il ne se mcl qu'après son subst. : Un être passif, vn rôle passif.

Un termes de grammaire, on à\i verbe passif, rnix passive, sens passif , signification passive . C.i; mol est forme de passum, supin du verbe /^(//i, soulïrir, être affecté. Le passif est opposé à laclif.

le verbe passif est un verbe qui contient un altrii)Ut dans lequel l'action est considérée comme souH'crle par le sujet. Je suis aimé est un verbe passif. — Le verbe passif se conjugue, dans tous ses temps, avec l'auxiliaire être, ainsi qu'il suit :

Indicatif. — Je suis loué ou louée; j'étais loué ou louée; je fus loué ou louée; j'ai été loué ou luuéc ; j'eus été loué ou louée; j'avais été loué ou louée; je serai loué ou louée ; j'aurais été loué ou louée.

Conditionnel. — Je serais loué ou louée; j'aurais été loué ou louée /j'eusse été loué om louée.

Impératif. — Sois loué ou louée.

Subjonctif. — Que je sois loué ou louée; que je fusse loué om louée; que j'aie été loué ou louée; rjuc j'eusse été loué nu louée.

Infinitif. — Être loué ou louée.

Participe. — Présent. Etant loué ou louée. — Passé. Ayiuit été loué ou louée.

Il y a des verbes (jui ont le sens passif sans avoir la forme passive, comme périr. Il y en a au contraire (jui ont la forme passive sans avoir le sens passif, (;ommeye suis entré. — Quebjucfois nous employons le tour actif avec le jironom réfléchi, pour exprimer le sens passif, au lieu de faire usage de la forme passive. Ainsi on dit cette marchandise se débitera, quoique la marchandise soit évidemment le sujet passif du débit, et qu'on eût pu dire sera débitée, s'il avait plu à l'usage d'autoriser celle piirase d;,ns ce sens; je dis dans ce sens, car dans un autre on dit très-bien quand cette marchandise sera débitée, j'en achèterai d'autres. La différence de ces deux phrases est dans le temps : cette marchoîidise se débitera, est au futur, et l'on dirait dans le sens actif, je débiterai celte marchandise ; quand celle marchandise sera dubilée, est un futur com|)osc, et l'on dirait dans le sens actif, quand f aurai débité cette marchandise. (Beauzée.) Voyez Sens, Conjugaison.

Passio>s. Subst. f. plur. Terme de rhétori(iue cl de poésie. On appelle ainsi tout uiouvemenl de la volonté qui, causé par la recherche d'un bien ou par l'appréhension d'un mal, apjiorte un tel changement dans l'esprit, qu'il en résulte une différence notable dans les jugements qu'il porte en cet état, et que ces mouveinenls influent même sur le corps. Telles sont la pitié, la crainte, la colère, etc.

L'élofiuencc, non-seulement admet les passions,

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mais encore elle les exige nécessairement. «On sait, dit llollin, que les passions sont l'àme du discours, (|ue c'est ce qui lui donne une impétuosité et une véhémence qui emportent et entraînent tout, et ([uc l'orateur exerce par là sur ses auditeurs un emi)ire absolu, cl leur inspire tels seiitimenis (|u il lui phiii; (juclquefois en i)rufilaiit adroilemeiil de la penio et de la disposition favorable qu'il trouve dans les esprits, mais d'autres fois en surmontant loute leur résistanca par la force victorieuse du discours, et les obligeant de se rendre comme malgré eux. La péroraison, ajoute-t-il, est, i\ proprement parler, le lieu des passions; c'est la que l'orateur, pour achever d'abattre les esprits et puur enlever leur consenteuient, emploie sans ménagement, selon l'importance et la nature des affaires, toui ce que l'éloquence a de plus fort, de plus tendre et de plus alfeclueux. »

Les rhéteurs donnent des préceptes fort étendus sur la manière d'e.xciter les jtassions, et ils peuvent être utiles jusqu'à un certain point; mais ils sont tous f«rces d'en revenir à ce principe, que, pour loucher les autres, il faut être louché soi-même.

On sent assez que des mouvements forts et paliiétiqucs seraient mal rendus par un discours brillant et fleuri, et qu'il ne doit s'agir de rien moins que d'amuser l'espril (juand on veut triom- I»her du cœur. De même dans les fiassions plus douces, tout doit se faire d'une manière simple et naturelle, sans étude et sans affectation ; l'air, l'extérieur, les gestes, le ton, le style, tout doit respirer je ne sais quoi de doux et de tendre qui parle du cœur et qui aille droit au cœur.

On entend par joaMw/fs, en poésie, les sentiments, les mouvements, les actions passionnées que le poëte donne à ses |)ersonnages.

happassions simt, pour ainsi dire, la vie et l'espril des poëmes un peu longs. Tout le monde en connaît la nécessité dans la tragédie et dans la comédie; l'épopée ne peut pas subsister sans elles.

Passionnément. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il aime passionnément cette femme ; il est passionnément aimé de cette femme.

Passionnes (se). \. pronom, de la \" conj. Ce verbe n'est point usité à l'actif. Quelques persoiuies ont A\\. passionner son chant, passionner sa déclamation, mais ces locutions n'ont pas été sanctionnées par l'usage. — En 1835, l'Académie les admet.

Se passionner, c'est se préoccuper fortement et aveuglément. Les gens à imagination se passionnent facUemenl. Il est dillicili! de ne pas se passionner pour une chose, lorsiju'on y prend un grand intérêt. Unauleura dit assez heureusement: J'ai su jouer une de ces langueurs qui touchent, et j'ai vu quelquefois qu'on se passionnait à mim rôle. — On dit adjectivement : Un amant passionné, un style passionné, un regard passionné, un ton passionné. — On est passionné pour la musique, pour la danse, pour la peinture. — Je ne crois pas qu'on dise, comme on le prétend dans V Encyclopédie, être passionné des richesses, être passionné d'une femme. — On dit quelquefois absolument, c'est un homme passionné.

Passivement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Ce verbe se prend passivement.

Pastobal, Pastorale. Adj. (pii ne se met qu'après son subst. : Chant pastoral, habit pastoral, vie pastorale, poésies pastorales. — Lettre pas'

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