‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 330 sur 453 · PEI · texte numérisé non relu

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entre l'auxiliaire et le participe : // a-disserté pédantesquement, ou il a pédantesquement disserté.

Pédestrement. Adv. 11 ne se met qu'après le verbe : // est venu pédestre/nent, et non pas il est pédestrement venu.

Peindre. V. a., n. et irrégulier de la 4° conj. Pour connaître la manière dont ce verbe se conjugue, voyez Irrégulier.

Les temps composés se forment avec l'auxiliaire avoir.

Peindre une personne, un animal, une bouteille. — Peindre sur bois, sur toile. — Peindre à l'huile, à fresque, en détrempe, en miniature. — Peindre les passions.

l'iiiRE. Subst. f. — On dit adverbialement, à peine: Télémaque suivait à peine, regardant toujours derrière lui. (Fénel., Télém., liv. VU, t. i, p. 248.) On le met quelquefois à la léte de la phrase, et alors le pronom sujet se mel après le verbe. A peine nous eut-\\ quittés. Il est essentiel de bien i)lacer cet adverbe, et il faut qu'il soit rapproché des mois auxquels il a rapport. C'est avec raison que l'abbé d'Olivet a critiqué, sous ce rapport, les vers suivants de Kacine [Britannicus, act. IV, se. ii,S3):

Du fruit de tant de soins, à peine jouissant. En avez-vous six mois paru reconnaissant?

Qui ne croirait qu'à peine doit se lier avec jomwsant, comme si Néron ne faisait (]ue commencer à jouir? et cependant à peine doit se lier avec le vers suivant : A peine en avez-vous, etc. A peine se place après le verbe dans les temps simples : On trouvait à peine de Veau, pourboire. Dans les temps compo^és, il se met entre l'auxiliaire et le participe : On eut à peine trouvé cet homme.

Peintre. Subst. m. et f. On dit une femme peintre, comme on dit une femme auteur : Elle est peintre.

Peinture. Subst. f. Terme de rhétorique et de poésie. Voyez Description, Image.

On appelle double peinture, celle qui consiste à présenter deux images opposées, qui, jointes ensemble, se relèvent muluellcment. C'est ainsi que Virgile fail dire à Ënée, lorsqu'il voit Hector en songe (Enéide, 11, 363) :

. . . Qu'Hector ressemblait peu A ce terrible Hector qui, dans leur ûotte en feu. Poussait des ennemis les cohortes tremblantes. Ou d'Achille emportait les dépouilles fumante*! Sa barbe hérissée, et se5 babils [joudreui. Le sang noir et glacé qui collait ses cheyeui. Ses pieds qu'avaient gonflés par l'excès des tortures. Les liens dont le cuir traversait leurs blessures. Son sein encor percé des honorables coups Qu'il reçut sous nos murs en cumbaltant pour nous. Tout, do ses longs malheurs m'offrait ici l'image.

C'est aussi en usant d'une double peinture que Corneille, dans le récit du rôle de Pauline, lui fait dire, en parlant de Sévère {PoUjeucte, act. I, se. m, yy) :

Il n'était point couvert de c«s tristes lambeaux Qu'une ombre dé.^olée emporte des tombeaux; Il n'était point perce de ces coups pleins de gloire Qui, retranchant sa vie, assurent sa uicmuirc ; Il semblait triomphant, et tel que sur son char, Victorieux dans Home, entre notre César, etc.

La double peinture est d'un effet merveilleux pour le pailiétique; mais comme celle adresse est une des plus grandes du poète et de l'orateur.

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il faut' la savoir niénascr, l'employer sobrement 5t a propos. {Encyclopédie.)

* Pkjokatif, Péjorativk. Adj. On nomme ainsi une oxprcssion, et p;irliculiéreinem une terminaison qui ravale le sens. — H ."'y a poinl un mol français sous la leltrine pej, et on ne sait pourquoi péjoratif n'y est puinl. Cela vienl peutêtre (le la vieille erreur (|u'il n'y a poinl do péjoralif en français. — Nous avons pris aux Italiens leur prjoralif en accio, et nous l'employons à tout moment. Dans bravache, dans rit/ace, la dernière syllabe est pi'-joratù-e, — Il en est de même de lios diminutils en oite, cl d'une foule d'autres; ce qui iJrnuve (pi'il y a beaucoup de péjorutifn IVainnis, '\\m\k\uc jujoralif wa le soit pas. (Ch. Nodier', Exnmen ait. des Dict.)

Pêle-mêle. Adv. 11 ne se mel qu'après le verbfi: Ils entrèrent pêle-mêle dans la ville avec les ennemis.

Pénal, Pénale. Adj. qui ne se met qu'après son subsl. : Code pénal, loi pénale.

Penaud, Pe^i.aode. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : // est penaud, elle est penaude.

Penchant, PENcnA^TE. Adj. verbal tiré du v. pencher. Il ne se mel qu'après son subst. : Une muraille penchante.

PEjiCHANT. Subsl. m. Penchant n'a un pluriel que lorsiju'il se dit absolument et sans régime : Il faut résister à ses penchants. Quand il régit à. ou pour, il se mel toujours au singulier. On dil il a un grand penchant a lu vanité, et non pas^e grands penchants

Pendable. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subsl. : Un homme pendable, va cas pendable.

Pendant. Préposition. Elle exige un régime direct : Pendant Vorage.

Pendant que, conjonction, régit l'indicatif: Tous les bergers, oubliant leurs cubajies et leurs troupeaux, ttaient suspendus et immobiles pendant que je leur donnais des leco7is. (Fcnel., Télém., liv. 11,1. I, p. 108)

Pendant que uKinpie la simultanéité de deux événements, de deux choses : Pendant que vous étiez en Espagne, j'étais en Italie. Tandis que marque non pas la siinullaiièilé de deux cvénemenls, de deux choses, mais une opposition, soit entre le teinpsque celle conjonction indique, et un autre temps exprime ou sous-entendu , soil entre deux actions qui se font simultanôinenl : Jouissez des plaisirs tandis <.\\icvous êtes riche, vous ne le serez peut-être pas toujours. P^ous faites fort bien , tandis que vous ête.t encore jeune, d'enrichir votre ménioire par la connaissance des langues. { Volt, à M. le marquis d'Argens, \AV lettre, 22 juin 1737.) Quand vous serex vieux, il ne ^era plus lomps de les étudier. Dans ces phrases, il y a opposition cuire un lemps îxprimé et un antre temps (}ui n'est que vaguetieul indiqué. Tiuidisque vous vuus divertissez, ^e me consume dans te chagrin. Ici on ne veut pas marquer précisément la simultanéité de deux choses, mais l'opposition de deux choses qui sont simultanées.

Dans ces vers de La Fontaine (Liv. VII, fable xviii, 1) :

Pendant gu'un philosophe assure Que toujours par leurs sens les hommes sont dupés.

Un autre philosoplie jure

Qu'ils ne nous ont jamais trompes.

Il n"y a pas expression de la simultanéité de deux (ivénements, mais opposition enUe deux événe-

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ments simultanés. 11 me semble donc oue noire

fabuliste aurait dû dire :

Tandis qu'un philosophe a.'î.^ure, de.

Les exemples suivants sont conformes à l'explication que nous venons de donner :

Ces Juifs dont vous voulez délivrer la nature,

Que vous croyez, seigneur, le rebut des humains,

D'une riche contrée autrefois souverains,

l'endanl qu'ils n'adoraient que le dieu de leurs pères.

Ont vu bénir le cours de leurs destins prospères.

(Rac, Esth., act. V, se. I, 30.',

C'est l'asile du juste, et la simple innocence Y trouve son repos; tandis que la licence N'y trouve qu'un sujet d'effroi.

(J.-B. Rouss., liv. I, Ode sur la Providence divine, 47.)

Et que me servira que la Grèce m'admire, Tandiê que je serai la fable de l'Ëpire?

(Rac, Androm., act. III, se. I, 61.)

Un astrolojrue un jour se laissa choir Au fond d'un puits. On lui dit : Pauvre bête. Tandis qu'.\ peine à tes pieds tu peux voir, Penses-tu lire au-dessus de ta tète?

(La Font., liv. II, fabl. xiii, t.)

Pendant, Pendante. Adj. verbal tiré du v. pendre. Il ne se met qu'après son subst. : Fruits pendants, oreille pendante.

Penddle. Subst. Il est féminin quand il signifie une horloge à poids ou à ressort, une belle pendule; et masculin quand il signifie un poids attaché à une verge, à un fil de fer ou de soie, qui, par ses vibrations, règle les mouvements d'une horloge, et a divers autres usages.

Pénétrant, Pénétrante. Adj. verbal tiré du V. pénétrer : Liqueur pénétrante, odeur pénétrante ; esprit pénétrant. Il suit ordinairement son subst.

Pénétrer. V. a. de la 1''' conj. Pénétrer, avec le régime direct, signifie percer, passer à travers, entrer bien avant : L'hui/e pénètre les étoffes, la pluie a pénétré mes habits. — Buffon a pénétré les secrets de la nature.

Pénétrer dans se dil des lieux où l'on entre avec quelque difficulté : Malgré les gardes, il a pénétré dans la prison. — On pénètre les corps, on pénètre dans les lieux. (Doinergue.)

FÉiNiBLE. Adj. des deux genres. Il se met souvent avant son subst. : Un ouvrage pénible, un travail pénible, un pénible travail ; une entreprise pénible, une pénible entreprise ; un effort pénible, un pénible effort. — Une situation pénible, une pénible situation ; un doute pénible, un pénible doute. Voyez Adjectif.

Quelquefois cet adjectif régit la préposition à devant un infinitif (Boil., A. P., I, 45) :

Tout doit tendre au bon sens; mais, pour y parvenir, Le chemin est glissant et pénible à tenir.

Avec le verbe être employé impersonnellement, il régit la préposition de : Il est pénible de quitter un trône.

PÉNinLE.nENT. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le parlicii)C : Il a travaillé péniblement, ou il a péniblement travaillé.

Pénitent, Pénitente. Adj. qui se mot toujours après son subst. : Un pécheur pénitent, une femme pénitente.

PÉNITENTIAUX, PENIlENTlELLES.Adj.il o'a poillt

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de singulier : Psaximes pénitcntiaux , œuvres pénite'ntielhs. Ou ne peut pas le mcUre avant son sul)S(.

Pensant, Pensante. Adj. verbal lire du v. penser.

Pensée. Subsi. f. La ]>cnséc, en général, est la représenlalion de quelque chose dans l'esprit; et l'expression est la représentation de la pensée par la parole.

Les pensées doivent être considérées dans l'art oratoire coniinc ayant deux sortes de qualités : les unes sont appelées logiques, parce que c'est la raison cl le ht m sens (]ui les exigent; les autres .-.ont dos qualités de goùl, parce que c'est le gnùl ipii en deciile. Celles-là sont la substance du discours, celles-ci en sont l'assaisonnement.

La première qualité logique de h pensée, c'est qu'elle suit vraie, c'esl-a-dire qu'elle représente la chose telle qu'elle est. A celle première qualité lient la justesse. Une pensée parfailcment vraie est juste. Cependant l'usage met quelque dilTérenee cuire la vériié cl la justesse de la pensée. LaceVz^ii signifie plus précisément la conformité de la pensée avec l'objet ; hjw^lessc marijuc plus expressément l'étendue. La p^'usée esl donc vraie quand elle rei)résenle l'objet, et elle est juste quand elle n'a ni plus ni moins d'étendue que lui.

La seconde qualité est la clarté. Peut-être même est-ce la [)remiére; car une pensée (|ui n'est pas claire n'est pas proprement une pensée. La clarté consiste dans la vue nette cl dislincie de l'objet qu'on se représente, et qu'on voit sans nuage, sans obscurité : c'est ce qui rend la pensée nette. On le voit séparé de tous les autres objets qui l'environnent; c'est ce qui la rend dislincie.

La première chose qu'on doit faire, quand il s'agit de rendre une pensée, c'est donc de la bien reconnaître, de la démêler d'avec tout ce qui n'est point elle, d'en saisir les contours et les parties. C'est à quoi se réduisent les qualités logiques des pensées; mais pour plaire, ce n'est pas assez d'être sans défaut, il faut avoir des grâces; et c'est le goût qui les donne. Ainsi, tout ce que les pensées peuvent avoir d'agrément dans un discours vient «le leur choix et de leur arrangement. Toutes les régies de l'élocution se réduisent à ces deux points, choisircl arranger. [Encyclop.)

Penser. V. n. et a. de la \" conj. Dans le sens de faire réflexion, faire attenlion, avoii' dessein, il régit la préposition à, parce «ju'il s'agit d'un but vers lequel l'esprit s'est porté : Je pense à cette affaire, pensez à vous, Je pense à vous répondre, à vous surprendre — (Juand il signifie avoir une idée ou une opinion dans l'esprit, il régit un complémenj direct, ou la conjonction que : f^oilù ce Que je pense, jn pense que vous avez tort, f^oi/à ce que je pense, signifie, voilà l'idée, l'opinion que j'ai dans l'esprit; voilà à quoi je pense, veut dire, voila l'objet auquel mon esprit est appliiiué, comme à un point, comme a un terme. — Penser, dans le sens de croire, régit, comme ce verbe, la conjonction 71/e, de la même manière, c'esl -à-dire avec l'indicatif dans la phrase affirmative, et avec le subjonctif dans la jihrase négative ou interrogativc : Je pense 7!/'i/pCut arriver aujourd'hui ; il ne pense pas que cela puisse réussir; pensez-vous que j'obéisse uveug/éinent? Penser, dans le sensd'étrc sur le point de, ne régit point de jiréposition : J*aipensé mourir.

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Je pris certain aulcur autrefois pour mon maître; /( pcnta me gSler.

(La Font., Epttre à l'évéque d'Avranchcê tn tui donnant un Quintilien, 46.)

Penser. Subst. m. L'Académie dit qu'il n'a guère d'usage que dans la poésie. Féraud dit qu'il est vieux et qu'il ne s'enqiloie plus, même en jwésie. Yollairc l'a cnq)luyé heureuMjincnl dans la phrase suivante : Quel est Vhonnne sur lu terre qui peut assurer, sans une impiété absurde, qu'il est impossible à Dieu de donner à la matière le sentiment et le penser? {Diction- 7iaire Philosophique.) Penser ne signifie pas ici pensée, mais la faculté de penser. J.-J. Rousseau a dit, le penser des âmes fortes leur donne un idiome particulier, et les âmes couniuines n'ont pas même lu grammaire de cette langue.

Peuçant, Pior.çANTE. Adj. verbal lire du v. percer. Il ne se mel cpi'ajjrès son subst. : Un poinçon perçant, une alêne perçante, un froid perçant, un vent perçant, des cris perçants, une voix perçante, des yeux perçants, vn esprit perçant.

PEiiCER. V. a. et n. de la 1" conj L'Académie ne donne pas un nombre suffisant d'exemples de l'emploi de ce verbe au figuré. En voici quelques-uns (jui paraîtront utiles :

Mais on ne peut tromper l'œil rigilant des dieux; Ses plus obscurs complots il perce les abîmes.

(Volt., Sémir., acl. I, se. m, 44.)

Nous avons tous cru voir Agamemnon lui-même Qui, perçant du tombeau les gouffres éternels...

(YoLT., Oreste, acl. V, se. vu, 20.)

Vous seule avez percé ce mystère odieux.

(Rac, Phèd., act. V, se. i, 15.)

Déjà de l'avenir perçant la nuit profonde, Les oracles sacres le promettent au monde.

(Delil., Énéid., VI, 1079.)

Perclus, Percluse. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Il est perdus, elle est percluse. Il est perclus d'un Iras.

Pei'.daele. Adj. qui ne se met qu'après son subst. ; Un procès perdiihle.

Perdre. V. a. de la 4^ conj. Fléchier, dit Féraud, voulait qu'on dit perdé-je ; et Vaugelas, perds-je; il ajoute q>ie l'usage a décidé pour le dernier, que celte décision est raisonnable et suivant l'analogie, et qu'on ne peut imaginer sur quoi Fléchier appuyait son opinion. — C'était sans doute sur la dureté de la |)rononcialion éic perdsje. Je pense, au contraire, que l'usage a adopté l'opinion de Fléchier, et que l'on dit perdé-je. Au mot personnel, Fcraud dit exi»rcsséincnt, si je après le verbe fait un son dur ou équivoque, l'usage le condamne. 11 ne faut point dire coursje, perds-je, mens-je, etc. ; mais il faut prendre un autre tour, et dire : Est-ce que je cours? est-ce que je mens? Il ajoute que perdé-je est tout à fait mauvais.

Pè;re. Subst. m. L'Académie ne donne point d'exemple du mot père, pris dans le sens suivant :

Le travail est souvent le père du plaisir.

(Vot.T., 4e dise. sur l'homme, 115.)

Perfectible. Adj. des deux genres qui ne se mel qu'après son subst. : Un être perfectible.

Perfide. Adj. des deux genres. 11 se met souvent avant son subst. : Un homme perfide, une

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femne perfide, un amant pej-fide, un perfide amant; un umi perfide, un perfide ami; un éclat perfide, un perfide éclat; des serments perfides, de perfides serments. Voyez Adjectif.

Perfidemkm-. Adv. On peut le mellre entre l'auxiliaire et le participe: Il l'a livré perfidement, ou il l'a perfidement livré à ses ennemis.

PÉr.iL. Subst. m. Voyez Eminent. Corneille a dit dans Polyeucte (act. IV, se. m, 66):

Il m'ote des périls que j'aurais pu courir.

On n'ôle point des périls, on vous sauve d'un péril, on détourne un péril, on vous arrache à un péril. (\o\\... Remarques sur Corneille.)

Périllkusement. Adv. 11 ne se met (ju'aprés le verbe : // a marché périllcu sèment entre deux précipices, et non pas, il a périlleusement marché.

Périllf.u.\, Périllecse. Adj. On {)eulle mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Occasion périlleuse, poste périlleux, situation périlleuse, périlleuse situation ; entreprise périllcise , périlleuse entreprise. Saut périlleva:. \o\. Adjectif.

Période. Subst. H est féminin quand il signilie : l" une révolution qui se renouvelle régulièrement, comme la période solaire, la période lunaire; 2" une phrase composée de plusieurs membres; 3" un espace de temps qui s'écoule entre deux époques. Il est masculin quand il signifie le i>lus haut point où une chose puisse arriver : Il est au plus haut période de la gloire. Il est encore masculin lorsqu'on veut exprimer un espace de temps vague, comme dans le dernier période de sa rie.

Période, en grammaire, se dit d'un assemblage de phrases et de propositions qui, liées entre elles, forment un sens total, par le rapport qu'elles ont les unes avec les autres. On distingue la iiériode simple, qui n'a qu'un membre, et la (lériode composée, qui en a plusieurs ; mais la première n'est autre chose que ce (ju'on appelle proposition; et une période proprement dite doit avoir au moins deux membres.

Nous ne pouvons rien donner de meilleur sur cette matière que ce qu'en a dit Condillac dans son Art d'écrire.

Dans une période, dit-il, plusieurs propositions de différentes espèces concourent au déveloj)pement d'une seule pensée. Elles forment un discours dont les principales parties, sans avoir un sens fini, sont distinguées par des repos plus marqués. Or, ces différentes parties sont ce qu'on appelle 7nembres, et le discours entier est ce qu'on nomme période. Il y a bien des phénomènes gui embarrassent les philosophes ; et les plus communs ne sont pas ceux qui les embarrassent le moins. Voila une période. Elle renferme deux phrases que l'on appelle membres. Il y a bien des phénomènes qui embarrassent les philosophes, c'est le premier membre; et les plus communs ne sont pus ceux qui les embarrassent le moins, c'est le second.

Une période peut avoir un plus grand nombre de membres, trois, par exemple, ijualre ou davantage; ni;iis il est inutile de les compter. Il suffit de bien lier les idées ; et il serait ridicule de s'occuper du nombre des phrases ou des mots.

Cmnme donc, en considérant une carte universelle, vous sortez du pays où vous êtes né,

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et du lieu qui vous renferme, pour parcourir toute la terre habitable, que vous embrassez par la pensce avec toutes les mers et tous les pays ; ainsi, en considérant l'abrégé chronologique, vous sortez des bornes étroitesde votre tige, etvous vous étendez dans tous les siècles.

Mais de viéme que, pour aider sa mémoire dans la connaissance des lieux, on retient certaines villes principales, autour desquelles on place les autres, chacune selon va distance; ainsi dans l'ordre des siècles, il faut avoir certains temps marqués par quelque grand événement, auquel on rapporte tout le reste. (Boss., Avant-propos du Disc, siirl'hist. univers., p. 7.)

Tout est lié dans cette période ; en voici une où il y a (piehjues petits défauts.

C'est la suite de lu religion et des empires quevous devez imprimer dans votre mémoire ; et. comme la religion et le gouvernement politique sont deux points sur lesquels roulent les choses humaines, voir ce qui regarde ces choses t'enferme dans un abrégé, et en découvrir par ce moyen tout l'ordre et toute la suite, c'est comprendre dans sa pensée tout ce qu'il y a de grand parmi les hommes, et tenir, pour ainsi dire, le fil de toutes les affaires de l'univers. (Idem.)

J'aimerais mieux voir dans un abrégé, que voir ce qui regarde ces choses renfermé dans un ain'</e'. Je retrancherais encore joar ce moyen, comme inutile.

11 y a deux inconvénients a craindre dans les longues périodes : l'un, de tomber dans des équivoques pour éviter les constructions forcées ; l'autre, de faire violence aux constructions pour éviter les équivoques. Ce n'est pas assez qu'une transposition prévienne les doubles sens, il faut encore que les idées se lient également dans l'ordre renversé comme dans l'ordre direct. Voici une longue période qui est fort bien faite.

Quel témoignage n'est-ce pas de la vérité, de voir que dans les temps où. les histoires profanes n'ont à nous conter que des fables, ou tout au plus des faits confus ou à demi oubliés, l'Écriture, c'est-à-dire, sans contestation, le plus ancien livre qui soit au monde, nous ramène par tant d'événements précis, et par la suite même des choses, à leurs véritables principes , c'est-à-dire à Dieuqui u tout faitietnous marque si distinctement la création de l'univers, celle de l'homme en particulier, le bonJieur de son premier état, les causes de ses ?nisères et de ses faiblesses, la corruption du. monde et le déluge, Vorigine des arts et celle des nations, la distribution des terres, enfin la propagation du genre humain, et d'autres faits de même importance, dont les histoires humaines ne parlent qu'en confusion, et nous obligent à chercher ailleurs les sources certaines? (Boss , Disc, sur l'iiist. univers.,'2'pM-\..,ch. I, p. 147.)

On voit que dans une période, tous les membres doivent être distincts, et liés les uns aux autres. Quand ces conditions ne sont pas remplies, ce n'est qu'un assemblage confus de plusieurs phrases. En voici un exemple :

Comme les arcs triomphaux des Romains ne se dressaient que pour éterniser la mernoire d'un triomphe réel, les ornements tirés des dépouilles qui avaient paru dans un triomphe, et qui étaient propres pour orner l'arc qu'on dressait, afin d'en perpétuer la mémoire, n'iUaienl point propres pour embellir l'arc qu'on élevait en mémoire d'un autre iriompJie , principalement sila victoire avait été remportée sur un autre

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peuple que celui sur qui avait été remportée la vitttiire, laquelle avait ao/iné lieu au premier triomphe, comme au premier arc. (Dubos, 7î- flexions sur la poésie et sur lu peinture, 2' part. , Seol. XIII', 2' Jiépea:.)

Bossuel conçoit neltcinont sa ponsOc, et ses idées s'arrangoiit naliirellcmenl; rDoispluslablié Dubos fait d'efforts, plus il s'embarrasse. 11 est obscur par les (>récaulions qu'il prend pour se faire cnleiuire. On dc'inéle (ju'il veut dire ([ue les arcs iriuinphaux étant ornés des dépouilles des ennemis, on ne pouvait pas faire servir les mêmes dans des occasions où la victoire avait été remportée sur des peu|>lcs différents.

Quand ou accumule les idées sans ordre, on s'embarrasse tl.uis sa jiropre pensée, et un ne sait plus iiar où linir. Ou sent qu'on est obscur, et on le devient davantage , parce qu'on veut cesser de rètre. On pourrait dire :

J{ie/t n'est plus propre à lums faire connaître ce que peuvent sur tous les hommes, et principalement sur les enfants, les qualités propres à l'air d'un certain pays, que de considérer le pouvoir des simples ricissitudes ou altérations passagères de l'air sur les organes qui ont acquis toute leur consistance.

L'abbé Dubus exprime celte même pensée avec beaucoup de désordre et de superfluité.

Hien n'est plus propre à nous donner vne juste idée du pouvoir que doivent avoir sur tous les hommes, tl principalement sur les enfants, les qualités qui sont pr près à l'air d^un certain pays, en vertu de sa composition, lesquelles on pourrait appeler ses qualités permanentes ; que de rappeler lu connaissance que nous avo?is du pouvoir que les simples vicissitudes ou les altérations passagères de l'air ont même sur les hommes, dont les organes ont acquis la consistance dont ils sont susceptibles. (Dubos, Jiéflexions sur la poésie et sur lapeinture, 2'' part., sect. XIV.)

Les fautes de la période suivante sont sensibles.

7h>it persuadé que je suis que ceux que l'on choisit pour de différents emplois, chacun selon son génie et sa profession, font bien; je me hasarde de dire qu'il se peut faire qu'il y ait au monde plusieurs personnes, connues ou inconnues^ que l'on n'emploie pas , qui feraient trèsbien. (La Bruyère, ch. il, Du mérite personnel, p. 265 )

En lisant La Bruyère, on trouve souvent des constructions dans ce goùt-là.

Si l'on étudie les périodes bien faites, on remarquera que les idées princiiialcs des différents aieinbrcs tendent toutes au même but, et que les modifications qui les accompagnent, les développent et lesarrangçnt avec ordre autour d'une idée, (jui est comme un centre commun. C'est pourquoi une période bien faite est apiHîlée une période arrondie.

Celui qui met un freia à la fureur des nota, Sait aussi des méchants arrêter les com[ilols ; Soumis avec respect à sa Tolunté sainte, Je crains Dieu, cher Abner, et n'ai point d'autre crainte. (Rac, Àth., acl. I, se. I, 61.)

Je ne crains que Dieu, voilà à quoi toute la période se raiiporte. Cette idée est en même temps l;i principale du second ipembre; elle est naturellement liée à la principale du premier, et les propositions subordonnées la dévelojjpent cl l'ancadissent. Voici un passage où Massillon lie parfaitement ses idées dans une suite de périodes.

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L'idée principale, à laquelle toutes les autres se rapportent, est qu'ow n'oserait dire la vérité aux princes.

GûIl-s parles louanges, on n'oserait pas leur parler le langage de la vérité. Eux seuls ignorent dans leur Etat ce qu'eux seuls devraient connaître ; ils envoient des mi ni.it res pour être informés de ce qui se passe de plus secret dans les cours et dans les royaumes les plus éloignés, et personne it'userait leur apprendre ce qui se passe dans leur royaume propre; les discours flatteurs assiègent leur trône, s'emparent de toutes les avenues, et ne laissent plus daccès a la vérité. Ainsi, le souverain est seul étranger au milieu de ses peuples; il croit manier les ressorts les plus secrets de l'empire, et il en ijnnre les événements les plus publics ; on lui cache ses pertes, on grossit ses avantages, on lui diminue tes misères publiques, on le joue à f'vce de le respecter ; il ne voit plus rien tel qu'il est, tout luiparail tel qu'il le souhaite {Petit Carême, Des tentations des grands, 2» part., 1. 1, p. 562.)

Voici une période (jui n'est pas si bien faite, parce qu'il y a trop de propositions incidentes dans le premier membre. Elle est encore de Massillon.

Souvenes-vous de ce jeune roi de Judu, qui, pour avoir préfère les avis d'uîie jeunesse in~ considérée à la suges.sc et à la maturité de ceux aux conseils desquels Sulovion son père était redevable de la gloire et de lu prospérité de son règne, et qui lui conseillaient d'affermir les commencements du sien par le soulagement de ses peuples, vit un nouveau royaume se former des débris de celui deJuda, et qui, pour avoir voulu exiger de ses sujets au delà de ce qu'ils lui devaient, perdit leur amour et leur fidélité qui luiétaientdus. [Petit Carême, Des tentations des grands, 2"^ part., t. 1, p. 562.)

La liaison des idées est ralentie, parce que Massillon s'arrête sur un nom de la [)reinière proposition incidente, pour le modifier par deux autres propositions assez, longues : Aux conseil.^ desquels, etc., et qui lui conseillaient, etc. Or, l'esprit n'aime pas à être retardé de la sorte.

Si des propositions do cette espèce, jetées dans le piemier membre, raleulissent le discours, elles rendent la période Irainanle lorsqu'elles sont ajoutées au dernier. Fénelon écrit ainsi à madame de Maintenon :

Comme le roi se conduit bien moins par des maximes suivies que par l'iinpressioji des gens qui l'environnent, et au.cqiiels il a confie son autorité, le capital est de ne perdre aucune occasion pour l'obséder pur des gens surs, qui agissent de concert avec vous, pour lui faire accomplir dans leur vraie étendue ses devoirs, dont il n'a aucune idée.

C'est au dernier pour que la période devient languissante.

L'ne préposition ne peut être répétée qu'autant qu'elle exprime le même rapport, et qu'elle subordonne deux propositions à une même proposition principale.

Ce ne serait pas faire une période, ce serait écrire une suite de phrases mal liées, que de dire avec Pascal ;

1» Qu'est-ce donc que nous crie cette avidité (d'acquérir des connaissances), sinon qu'il y a eu autrefois en l'homme un véritable bonheur dont il ne lui reste maintenant que la marque et la trace toute vide; 2*^ qu'il essaie de remplir de

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tO'.tt ce qui l'environne ; S'en cherchant dans les choses absentes le secours quil n'obtient pus des présentes, et que les unes et les autres sont incapables de lui donner ; ^i" parce que ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini etimviuablc. (Pensées, 2' pari., art. Y, § 3.)

Les phrases sont disiiiiiiuces par des chiffres. On vuil que la seconde nioiiilie le dernier nom de la première, que la troisième modifie la seconde, et que la (jualriLiiic modifie la dernière parlie de la Iroisicme. Ce n'est ccrlainement pas là une période arrondie

L'ennui dévore les grands, et ils ont bien de la peine à remplir leur journée. Voilà une idée principale que madame de Maintcnon développe dans une suite de phrases bien faites et bien lices :

Que ne puis-je vous donner toute mon expérience ! que ne puis-je vous faire voir l'ennui qui dévore les grands, cl la peine qu'ils ont à remplir leur journée ! AV voyez-vous pas que je meurs de tristesse dans une fortune qu'on aurait eu peine à imaginer, et qu'il n'y a que le secours de Dieu qui vi empêche d'y succomber'^ J'ai été jeune et jolie ; j'ai goûté des plaisirs; j'ai été aimée partout. Dans vn âge plus avancé, j'ai passé des années dans le coiumercc de l'esprit ; je suis venue à la faveur; et je vous proteste que tous les états laissent un vide affreux, une inquiétude, une lassitude, une envie de connaître autre chose, parce qu'en tout cela nen ne satisfait entièrement [A viadame de la Maisonfort, i6'j6.)\0Yez Coupe, Narration .

Pébiodique. Adj. des deux genres, qui ne se met qu'après son subst. : Mouvement périodique, révolution périodique, fièvre périodique. — Ouvrage périodique. — Style périodique, discours périodique. "N'oyez Narration.

Périodiquement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Les astres se meuvent périodiquement.

Péripétie. Subst. f. Péripétie, en terme de littérature, est dans le poëmc dramatique ce qu'on appelle ordinairement dénoùment. La péripétie est proprement le changement de condition, soil heureuse, soit malheureuse, qui arrive au princiiial persoimage d'un drame, et qui résulte de quelque reconnaissance ou autre incident qui donne un nouveau tour à l'action. Ainsi la périi)élie est la même chose que la catastrophe, à moins qu'on ne dise que celle-ci dépend de l'autre, comme un effet dépend de sa cause ou de s^n occasion.

Les qualités que doit avoir la péripétie sont d'être probable et nécessaire; pour cela, elle doit être une suite naturelle, ou au moins l'effet des actions précédentes, et encore mieux, naître du sujet même de la pièce, et, par conséquent, ne point venir d'une cause étrangère, et pour ainsi dire collatérale.

Périphrase. Subst. t. La périphrase est une circonlocution, un circuit de paroles. Ainsi ce tour sera vicieux s'il n'est pas employé à propos. Quand on prononce le nom d'une cliose, l'esprit ne se porte pas plus sur une qualité que sur une autre; il les embrasse toutes confusément. Il voit la chose, mais il n'y aperçoit point encore de caractère déterminé. Au contraire, il démêle quelques-unes des qualités qui la distinguent, lorsiju'au nom on substitue une circonlocution. En un mot, le nom montre la chose dans un éloianement où on la recon-

PÉR

nail ; mais on l'aperçoit imparfaitement, elles détails échappent. La périiiiirase, au contraire, la rapproche, et en rend les traits plus distincts et plus sensibles, l.e nom de Dieu, \k\v exemple, ne réveille pas l'idée de tel i>u tel attribut; mais la jjériphrase, celui qui a créé le ciel et lu terre, représente la Divinité avec toute sm intelligence cl toute sa puissance. Cette môme idée peut è!re caractérisée par autantdc périphrasesqu'il y a d'attributs dans Dieu ; mais le choix des carnctcres n'est jamais indifférent.

Celui qui règne dans les deux, de qui relèvent tous les empires, à qui seul appartient la gloire, la majesté, l'indépendance, est aussi celui qui fait la loi aux rois, et qui leur donne, quand il lui plaît, de grandes et de terribles leçons. (Bossuct.)

Celui qui met un frein à la fureur de.s flots, Sait aussi des méchants arrêter les complots.

(Rac, Ath., acl. I, se. l, 61.)

Dans ces deux exemples. Dieu est caractérisé bien différemment. Mais essayons de changer les périphrases de l'un à l'autre, et disons :

Celui qui met un frein à la fureur des flots, est aussi celui qui fait la loi aux rois, et qui leur donne, quand il lui plaît, de grandes et de terribles leçons.

Celui qui règne dans les deux, de qui relèvent tous les empires, à qui seul appnrtient la gloire, la majesté, l'indépendance, sait arrêter les complots des méchants.

Ces périphrases n'ont plus la mênie grâce; elles paraissent froides, déplacées, et l'on en voit la raison. C'est que le caractère donné à Dieu n'a plus assez de rapport avec l'action de cet être; l'attribut n'est plus assez lié avec le sujet de la proposition

Les orateurs médiocres se perdent souvent dans le vague de ces sortes de périphrases. Ils craignent de nommer les choses, et ils croient trouver du sublime dans des circonlocutions prises au hasard. Quelquefois aussi le besoin de quelques syllabes fait tomber dans ce défaut jusqu'aux meilleurs poètes; mais rien n'est plus capable de rendre le discours froid, pesant ou ridicule. Quand donc les périphrases ne contribuent pas à lier les idées, il faut se borner à nommer les choses.

Rien n'est plus lié aux propositions que nous formons, que les sentiments dont nous sommes alors affectés. Aussi les ]K'riphrascs ne sont-elles jamais plus élégantes que lorsque, caractérisant une pensée, elles expriment encore des sentiments.

Au lieu d'expliquer la métempsycose en disant qu'elle fait sans cesse passer les âmes par différents cori)-, liossuet emploie des périphrases qui font voir toute l'absurdité qu'il trouve dans cette opinion. Il s'explique ainsi :

Que dirai-je de ceux qui croyaient la transmigration des âmes, qui les faisaient rouler des deux à la terre, et puis de la terre aux cteus; des animaux dans les hommes, et des fiomnies dans les aniouiu.r; de la félicité à la misère, et delà misère ù la félicite, sans que ces révolutions eussent jamais ni de terme, m d ordre certaine ,

On peut, après une périphrase, en ajouter une seconde, une troisième, et cela sera fort bien, pourvu qu'ellesexprimenlchacunedesaccessoires qui renchérissejit les uns sur les autres, et qui

HéA

PÉR

soient t.iiisri'l.Tiifsn In clidçcel aux circonstances oùl'onenparle; les idées, par ce moyen, se lieront de plus en plus. Mais, au cuiilraire, la liaison s'affaiblira , ci le style deviendra lâche, si les dernières périphrases ont moins de force que les premières. Despréaux a dit {Sat. I, 29) :

Tandis que, libre encor. . .

Mon corps n'est point courbé sous le faix des années, Qu'on ne voit point mes pas sous l'âge cbanceler, lit qu'il reste à la Parque encor de quoi liler.

Voilà trois périphrases pour dire, tandis que

je ne iui.-i pas I iciix. La |)rciiiiore est lioinie, parce qu'elle fait image; la seconde est une peinture plus faible; la troisième ne peint rion, et n'est pas même exacte; car on peut être vieux, quoiqu'ir reste à la Parque de (luoi liler. D'ailleurs, qu'on ne roit point mes pus chanceler CSl un tour làclie ; il eût été mieux de dire, que je ne chancelle pas. Enfin, sous l'âge est une faible répétition de sous le faix des années.

La règle est donc que, quand on veut exprimer une mémo chose par [)lusieurs périphrases, il faut que les images soient dans une certaine gradation; qu'elles ajoutent successivement les unes aux autres, etciuc tout ce qu'elles expriment convienne également, non-seulement à la chose dont on parle, mais encore à ce qu'on en dit.

Il faut encore consulter le caractère de l'ouvrage où l'on veut faire entrer les images. Dans un poëine, par exemiile, on exprimera ainsi la pointe du jour (Volt., Henriade, VII, 475) :

L'aurore cependant, au visage vermeil,

Ouvrait dans l'Orient le palais du soleil.

La nuit en d'autres lieux portait ses voiles sombres.

Les songes voltigeants fuyaient avec les ombres.

Ce langage serait froid et ridicule partout ailleurs.

Comme on se sert d'une périphrase pour ajouter dos accessoires, on s'en sert aussi pour écarter des idées désagréables, basses ou peu honnêtes. Mais il faut bien se garder d'éviter des termes, uniquement parce qu'ils sont dans la bouche de tout le monde. Lorsque le langage couimun convient au sentiment (ju'on éprouve et aux circonstances où l'on est, il ne faut préférer une périphrase qu'autant ([u'elle convient encore davantage. Il est, par exeinple, tout naturel (ju'un père dise, ma fille devrait pleurer mu mort, et c'est moi qui pleure la sienne. Je ne vois |)as pounjuoi il craindrait de se servir du mot pleurer. Ce|)endant le père Bouhours loue ces vers que Maynard a faits sur ce sujet (Ode IX, 49) :

Hâte ma fin que la rigueur diffère, Je hais le monde et n'y prétends plus rien. Sur mon tombeau ma bile devrait faire Ce que je fais maintenant sur le sien.

Ce père tendre parait se faire un petit plaisir de doimer à deviner s'il répand des larmes. La périphrase ne doit pas être employée [wur écarter l'idée du sentiment, et pour y substituer une énigme. Ces vers de Maynard sont donc d'un mauvais goût; et n'y prétends plus rien est une phrase qui n'est là que. pour achever le vers.

Les délinitions et les analyses sont proprement des périphrases, dont le propre est d'expliiiuer une chose. Dieu est la cause première, voilà une déùnilion ; car de là naissent tous les attributs de

PER

la Divinité. Vous ferez une analyse si vous dites. Dieu est la cause première indépendante, souverainement intell igent(',toute-puissante,Q\.C, Vous pouvez donc substituer au nom de Dieu sa définition ou son analyse Mais alors votre dessein est uniquement de faire connaître l'idée que vous vous faites, et vous rom|)lissez votre objet si vous vous expliquez clairement. Quant aux périphrases qui ne sont ni définitions, ni analyses, vous n'en devez faire usage qu'autant qu'elles caractérisent les choses, soit par rapport aux circonstances où vous les considérez, soit par rapport aux sentiments dont vous êtes affecté. Si vous les employez toujours avec ce discernement, vous ne devez pas craindre de les trop multiplier. (Condiliac, Art d! écrire.)

Périr. V. n. de la 2" «onj. Périr, avec l'auxiliaire avoir, exprime l'action ipii a fait périr. // a péri ce jour-léi; ce jour-là, l'action qui l'a fait litrir a eu lieu. Il a péri dans le combat. Périr, avec l'auxiliaire être, indique l'état (jui résulte de l'action de périr : Ils sont péris, ils n'existent plus.

Lorsque Càlypso, voulant retenir Télémaque daûB son ile, lui peint le naufrage d'Ulysse, elle ne doit pas vouloir lui représenter l'action par laquelle il a péri, mais l'eiat (pii est résulté de cette action, c'est-à-dire la mort d'Ulysse. Fénelon ne se serait donc pas aussi bien exiirimé qu'il l'a fait s'il eût dit, elle voulut faire entendre qu'il avaii péri dans le naufrage; aussi, dit-il, elle voulut faire entendre qu'il était ^trt dans le naufrage (Télém., liv. 1, t. i, p. 7fi). c'est-à-dire que sa mort en avait été la suite. - On dira donc également bien, il a péri dans l.. combat, ou il est péri dans le coJubat, suivant qu'on voudra fixer l'esprit ou sur l'action qui a donné la mort, ou sur la mort même (jui a été l'effet de l'action. — L'Académie, qui donnait autrefois à ce verbe l'auxiliaire e<;e ou l'auxiliaire avoir, a retranché dans la dernière édiliiiu de son dictionnaire les exemples où il était accompagné du premier. Mais elle indique le lurlicipe pén, périe ; ce qui doit faire supposer qu'elle autorise dans certains cas l'usage de l'auxiliaire être.

Corneille a dit [Cinna, act. ÏII, se. :, 71) :

Je conserve ce sang qu'elle veut voir périr.

Périr un sang, dit Voltaire, est un barbarisme. [Remarques sur Corneille.)

Périssable. Adj. des deux genres, qui ne se met qu'après son subst. : Des biens périssables .

* Pkrissologie. Subst. f. Terme de grammaire. Voyez Pléonasme.

Permanent, Permanente. Adj. qui ne se met qu'ajirès son subst : Un bonheur permanent.

Permettre. V. a., n. et irrégul. de la 4' conj. Il se conjugue comme mettre. Voyez ce mol.

Quand ce verbe a un régime indirect, il demande de et l'infinitif : On vous permet de sortir. Dans le cas contraire, il demande que et le sudjonctif : f^otre père a permis que vous sortissiez.

Permciecsement. Adv. Il se met entre l'auxiliaire et le participe: Cela est pernicieusement inventé.

Perniciecx, Pernicieuse. Adj On le met souvent avant son subst. : Conseil pernicieux, pernicieux conseil; maxime pernicieuse , pernicieuse maxime; invention pernicieuse, perni-

PER

exemple. \ oyez MJeciif. ^ nxcxexix

PKBor.AjsoN. Subsl. /. Terme de rhétorimie On .ppolle a.ns, la conclusion ou la Je ïœ partie du discours, dans laquelle l'oralcur rj! sumc en peu de mois les I.rincipaux c£ ,n 'il a tra, ,s avec étendue d.ns le c'orps de p "o et tache d émouvoir les passions de ses an if'

Scr'5S:fï'ïr-^'=^''='^^'"''-i^'-'l '

SSêst;^e^jï;;--^.--t--;M;-s

non, çie j.iie, d cmnlalion, qu'on se nronoso

ineune, c est la liaiiie, le mépr s, rindi-nuinn la col.Te, clc Dans un discours du genre de ' bcratif, ou s-cfforce do faire naître Te péra .ce" ou la con l.ance, d'inspirer la crainte, ou de c er le trouble dans les .cvurs. La péroraison doil^S re véhémente el pleine de passion, mais en nén o emps courte. 11 ne faut 'pas laisser a l'âuS?e temps de respirer, pour ainsi dire, picc qui

Quand on dit que la péroraison doit émonvni,-

tepiible; car iien ne serait plus ridicnlP ,, ,r. f

tp-mmer par des traits P^theS Se sûnï ca se o'

1 "c s agirait qued'un intérêt 1 •■seroid'un obi,w

foK peu important. {E noydopédie) ' •"'

PEr.PE10EL P.hPÉi CELLE. Adj.Il nc sc ino.

Priipri-vp Ail; An., A

PER

Perplexe. Adj. des deux genres qui ne se m^i qu après son subst. : Cas vervle^n fu^ perplexe. peipieae, situation

Persécdta'.t, Persécutante. Adi verbal iir,i

su"bsl--^£t"'"-- " "^ "^ ""'' 'l"Vés4on

re^:rSï"S^.S;..;;- ^" P--'-' d'une .■aS£^^l^-;-;;^:^^--^--re

:^;s:"sS:^^"^^'^^'^™'"-^^«'S:!i^ï

PEBSÉïÉiiANT, Persévérante. Adj. verbal tiré ,1,, yrersevérer. Ilnese melqu'aprèsionsubst 'A"

'pTsif Subi";'' î^'" f-''''-P--é:é?anie'^'' PERSIL. Subst. m. On ne prononce pas le /

hovune ne l'a dit, ni Pierre ni Paul îu T Puisque ridée û'hovuue est a prindn.ie dân^ l-i signification du mol ;«.«<,..., '.^^S'eslTonî u" nom comme h.mn.e. Not'is disons en S r>emo: personne ne, et il est éviden oue c'el^ une contraction de ne homo, où l'on ?".' sen X""iL"'' '7T ^'""^d'«-s°enfraiSs mémemor 1?" '^î'' ^^'' "•ès-ovidemmen le 'riiu^ '.^ ''"'^'"'"' '^"^n^ a" matériel, /Sl27'^''r'"''''"''^^' l'«n di^'-'il

a(i.?au'il's2'nr "?'" ™I''''J'<^ ««"^ P-'^Posiiif -;.1;h3 la plupart des g,.a,;u.;:i,SL'^'&^J

Quelcpics grammairiens ont MiV.i^n,),,

Ion n'apDu e sur nii,-,,n .. • *-=''^' *^ "^

"i^j'un, siii aucun raisoiineriiKiii . t.- 1»

es langues qu'un mot pu.sse-élre présent 'dns

a .neinc phrase sous deux .enres dif Se,, e

SI 1 usage avait établi une exception po,i le ,'n

P^f^^mio, In raison devrait Tabolir. C'e î e

<^iois, ce qui est arrivé depuis VauKelaser i^

est di,ne d'a,.ouroVJe)i J^^^^^^

aussi heureux <j,œ vous! ' ^'"°""' " "^'^

Peraonue. Terme de grammaire 71 v -, i,. relations générales que peut avoir'-, '-^ , \ ? parole le sujet de la^.ySio "' a- 'ou 1 1' nonce lui-mc.nela prdpo.'ition duù i èsUe sue' ou la parole lui est adressée par u i ufu e ou I et simplement sujet sans prononcer le d^scmn et sans ère apostrophé. I)!,ns cette ,'ropisitir je SUIS h sei,jneur ton Dieu c'esi ^,"''"^^"!""' est le sujet, et à qui il ef^ a l-iiHéd^ét'e 1 !''''' gncurDieud;isracl; mais en némeienn c'est' lui qui produ t 'acte de la n-iml,. ,,,• ' "' cediscJurs.Danscel^c^i'S::^,'';;-'-

parle;c;estaluiqJei:.p.SJLXS.'ïulln' dans celle-ci, Z^,V„ a créé i;ko,u^t ,;^fl

a /au a son imago. Dieu est encore c smV.

na>s 11 ne pai e i.oint, et le discours ne 1 Fès'i

o:.^ppoi.cpreiè,érepl;i;;Li^ïéii^;,î*^:r^ nrteir:;n^3r^;e;-';ïè

£=^;^-anfli:^--^^ Jiigaison, Accord. ^••")C/Cott

PensoANEL, Phiiso^«Ei.LE. Adj. qui ne se ma q i après son subst. : Mérite pUonnel, f,Su-

t^/Zt","r^' *"' ''""'^ de grammaire, signifiée-; e^l iclatif aux personnes, ou qui reçoit é. m"" flexions relatives aux personnel. On applique "

PEU

mot aux pronoms, aiix terminaisons Je certains modes des verbes, a ces modes des verbes, cl aux verbes mêmes.

On appelle pronmns personnels ceux qui présenieni a lespril des êtres déterminés par lidée prise de l'une des trois personnes. Les pronoms personnels, dans le système ordinaire des grammairiens, ne sont (lu'unc espèce particulière, et l'on y ajoute les pronoms dêmonslratifs, les possessifs, les relatifs, etc. Mais il n'y a de véritables pronoms que ceux tjue l'on nomme personnels; et les autres prétendus pronoms sont ou des noms ou des adjectifs, ou même des adverbes. Voyez Adjectif, Pronom.

Pf.rsoisnellkment. Adv. On peut le mettre entre rau\ili;iire cl le participe : Il m'a offensé personnellement, ou il m'a personnellement offensé.

PEF.soNMFirR. V. a. de la 1" conj. Prêter un corps, une âme, un visage, un esprit ù des êtres purement intellectuels ou moraux, auxquels on attribue aussi un langage, un caractère, des sentiments et des actions.

Ainsi les poêles personnifient les passions ou d'antres êtres métaiihysiqucs dont ils ont fait des divinités, et que les païens adoraient ou craienaienl, tels ipie l'Envie, la Discoïde, la Fann, la lortune, la Victoire. A leur imitation, les modernes ont aussi i^ersoni.ilîê des êtres semblables; telle est la M«jllesse dans le Lutrin de Boilcau; le Fanatisme, la Discorde, la Politique, l'Ainour, dans la Hennade de Voltaire.

Peusuadé. Part, et adj. Voltaire en a fait un subst. : Le frère Rigvlet avait toute la simplicité et tout l'enthousiasme d'un persuadé.

Persuader. V. a. do la l'« conj. On lit dans le Dictionnaire de l'Académie de 179S, Us s'étaient liersuadês qu'on n'oserait les contredire. Plusieurs i-Taiiiiiiaii ions ont prétendu que l'Académie avait où tort de faite accorder le participe avec le i)roiiom5e, et de mettre /)erst/«tfe.ï au pluriel. Ils se fondent sur ce que le pronom se, signilianl ici à soi,cs\. un régime indirect; car se persuader quelque chuse, c'est persuader quelque chose à soi. — Mais ces grammairiens n ont pas observé iju'on dit aussi, persuader quelqu'un de quelque chose, et »}ue par LH)iiséquent ils s'étaient persuadés que personne n'oserait les contredire, peut se tourner par ils avaient persuade eux, que personne n'oserait les contredire; où l'on voit que le pronom se est le régime direct du participe. Voilà pouniuoi 1' usage s'est établi de faire accorder le régimedanscessurtesde phrases: //* se sont persuadés que cela seul suffit. (Buff., manière de traiter l'histoire naturelle, i.. I,p.42.) Cependant comme on peut dire également persxiader quelqu'un de quelque ch"se, et persuader quelque chose à quelqu'un, on peut a Sun gré regarder le pronom se comme un régime direct, ou" comme un régime indirect, et l'aire accorder ^u non le participe avec ce prunuin, suivant 'idée qu'on a dans l'esprit. — Nous devons faire emarquer que dans l'édition de l&io, l'Académie .•crit ainsi la phrase (lui a donné lieu à cet article: Us s'étaient persuadé qxCon n'oserait les contredire.

Persdasif, Perscasive. adj. qui ne se met qu'après son subst. : Raison persuasive, orateur persuasif.

Pertinemment. Adv. 11 ne se met qu'après le verbe : // en a parlé pertineiumen, il en a discouru pertinemment.

Perturbateur. Subst. m. En pariant d'une femme, on dit perturbatrice.

PÉT

Pervers, Perverse. Adj. On peut le mettre avant son subst. : Un naturel pervers, un kotnme pervers, une doctrine perverse, cette perverse doctrine.

Pesamment. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // était pesamment armé.

Pesant, Pesante. Adj. On peut le mellrc avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Style pesant, charge pesante, pesante charge, un fardeau pesant, un pesant fardeau.

PÈsK-LiQUEuii. Sulist. m. On écrit au pluriel des pèse-liqueur sans s. La pluralité ne peut tomber ni sur pèse, qui est un verbe, ni sur liqueur; elle tombe sur instrument, qui esl suuenlendii : Des pèse-liqueur sont des instrmnonls avec lesquels on pèse la liqueur ou les liqueurs Pestifj-.re. Adj. des deux genres. 11 ne se met qu'après son subst. : Uti air pestiféré, une vapeur pestiféré, v ne odeur pestiféré. 11 est (tcu usité.

Pestiféré, Pestiférée. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Un lieu pestiféré, des m arc/i a ndises pestiférées.

Pestile>t, Pestilente. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Une fièvre pestilente, un air pestilent.

Pestilentiel, Pestilentielle. Adj. <iui ne se met qu'après son subst. : Air pestilentiel, maladie pestilentielle.

Pétillant, Petilunte. Adj. On mouille les /. On ne le met qu'après son subst. . Du vin pétillant, des yeux pétillants, un sang pétillant.

Pétillement, Pétiller. Dans ces deux mots, les /sont mouillés.

Petit, Petite. Adj. Petit, joint aux mots homme ou /e/«7/îe, n'exprime ordinairement qu'une petite taille : Un petit homme, U7ie petite femme. Oa dit de même un petit cheval, un petit chien. .Mis avant d'autres noms, il signifie quelquefois de peu d'importance, de peu de valeur : Un petit prince, un petit génie, des petites gens. Une petite affaire. Une petite circonstance. — Quand cet adj. n'est pas modifié par un adveibe de (luanlité, il se met avant son subst. : Un petit homme, une petite femme. Quand il esl joint à UD adverbe de quantité, il se met avant ou après: Un homme fort petit, une femme bien petite; un fort petithomme, une bien petite femjne.

Petit esl (]Up|qiicfois un terme d'affection et de tendresse, comme dans ce vers de madame Deshouliêres [Les moutons, idylle 4) :

Ilélas! peliU moulon?, que tous êtes beureui!

Petit n'est pas ici un adjectif qui marque directement le volume et la petitesse des moulons. Voyez Comparatif.

Petitement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a toujours vécu petitement, ou U a toujours petitement vécu.

* Petitissihe. Voltaire s'est servi de ce mot en parlant de la pe'.ite république de Genève : La philosophie, dit-il, a fait de merreilleiis progrès depuis quelque temps, Tnais cette philosophie n a pourtant pas empêché qu'on ait ùicendié le livre de Jean-lacques dans la petitissiine répuhrique. Ce mot est un terme de circonstance, qui ne lait point partie de la langue.

Pétrifiant, Pétrifiante. Adj. verbal qui ne se met ([u'après son subst. : Sucs pétrifiants, fontaine pétrifiante.

Pétbir. V. a de la 2* conj. L'Académie na

PEU

pas indiqué exactement l'emploi (lue l'on peut nure de ce mot au ligure :

A mon jiFaisir j'ai pétri sa jeune âme.

Volt., Enf. prod., ad. I, se. 1, HO.)

Ces ramas de larcins maroliques, Mo. lie français et moitié germaniques, Petria d'erreur el de haine cl d'ennui.

(Volt., épttrc XXXV, 157.)

«v^fi'!""''' .^"'^^^'^TE. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consuiianl loreilie el l'analogie : Un wwme pétulant, un enfant pétulant, i^elte pctida nie jeunesse.

Peu. Adv. H est oi)posc à beaucoup; et, joint arH/i/"i"''"]'''^' '' '■'^=il la préposition rf^ sans article : Fe,, d argent, peu de bois, peu d-hommes

^^."ii^f.r"'\P" '"^ '"^^ "''•'"' l*^^ adjectifs qu 1 modi le : Peu aimable, peu con.plaisant. U pieccdc les adverbes qu'il modifie, peu aaréablement, et suit ceux (jui le modifient, fort peu bien peu. - Joint au x'crbe, il se met apiésdan.s les temps smq.les, il boit peu; et dans les temps composes entre l'auxiliaire et le participe, il a peu bu. S il est modifié par quelque autre adverbe, on peut le mettre ou avant ou après le parlicii.e : II, n'a coûté fort peu, ou // J'a fort peu coûte. '

Je n'ose m'éblouir d'un peu de nom fameux.

(CoBN., ScTtor., acl. II, se. ii, 74.)

Voltaire dit au sujet de ce vers : Le mot de peu

ne convient pas au nom : Un peu de gloire; un peu de renommée, de réputation, de puissance, se du dans toutes les langues, et un peu de nom ne se dit d.nis aucune. 11 y a une grammair» commune a toutes les nations qui ne permet ras cttanf ^""T ^^"'•'"'ile «e joisPnentlSS cuoses qui il un pas de .luantité. On peut avoir plus ou moins de gloire et de puissance, mais

Cor J,'iy\ """ "'°'"^ '^'^ "'"°' (^''""''•?«^* "^r .-.if/"1''.''l'f-^'-^'"^"^"' ^'"" ''^"fre. Aussi Vol-

El malgré tout le peu que le ciel m'a failnailre.

rSeïle^^"' "*"'''' '"''"''^™« "«e contradiction Quelques personnes disent un petit peu pour dire une petite quantité. Cette locution est vicieuse. Peu signifie seul une peliic quantité

subsiantif, Il I est aussi dans le peu, de peu, à peu, pour peu. ^ ■*, «

...S" ■î"f"' ^ !^ préposition de. et suivi d'un substantif singulier, régit le verbe au singulier: / eu de monde a .y,/ ,««« arrivée: inais oeu ré^it

ïam['ni';ïi ';'"';'''.'""■"''' ''' suiïi'dCsSb-

Si-ÏÏLÏÏ;. ""^-^^P^rsonnessaventse suffire C'était peu.

PEU

v.nîlc^-.,f 'i'"' "''^ ^•^'■s 'es remarques sui- ^antes. Celle longue période, commençant par ces mois, r était peu, (pij annoncent une progression d idée, la dément à la fin. Ou se se.'l de ce te tournure quand ce qui précède est moins loit que ce qui suit, comme dans Alhalie (acl. I,

C'ct pm que le front ceinl d'une milre étrangère, Ce lévite a Baal prête son ministère; Ca temple l'imporlune, et son impiété Voudrait anéantir le dieu qu'il a quitté.

Ici la phrase va en croissant. Ouitter le Dieu d Israël pour Baal est une impiété; c'en est une plus grande de vouloir anéantir le temple et le culte d'un dieu qu'on a (|uitté. Mais riiymen (1 Itis est certainement beaucoup moins horrible pour Electre que le meurtre de son père assassine par sa mère. {Cours de littérature )

Celte règle est jiarfaiiement bien observée dans les vers suivants de Racine {lphi.énie,iic[. III se. VI, 26) : ^ r ^ , i.,

C'ett peu de TÏoler l'arailié, la nature ;

C'est peu que de vouloir, sous un couteau mortel,

Me montrer votre cœur fumant sur un autel ;

D'un appareil d'hymen couvrant ce sacrilice, '

Il veut que ce soit moi qui vous mène au supplice :

Uue ma crédule main conduise le couteau !

Qu'au lieu de votre époux, je sois votre bourreau !

Il faut seulement remarquer que c'est peu devant un infinitif ne doit pas être suivi de que; du moins c est la décision des grammairiens. Racine (levait donc dire, c'est peu de vouloir, el non pas. c est peu que de voi loir.

Il nous semble, dit la Grammaire des Grammaires (Éd. de 18l'J, p. 844), que de même -lu'un au. Il s en faut de beaucoup, lorsqu'il s'agit de quantité, de même on doit dire, il s'en faut de peu; et comme on dit, lorsqu'il est question de ilillerence, xl s en faut beaucoup, on doit éiïalement dire, il s'en fautpeu.

Si ces observations sont justes, nous sommes loiule a en conclure que ce serait s'exprimer mcoirccternent que de dire, il s'en faut peu que ce vase ne soit plein, nu lieu do, il s'en faut de peu que ce vase ne soit plein; et il s'en fau' de peu qu'il n'ait achevé son ouvrage, au lieu de il s en faut peu cin'il n'ait achevé son ouvrage' Voyez Beaucoup, Falloir, Guère.

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c étatt peu que les liens altérés de ton sane dussent osé porler le couteau dam ton flanc • yu a la face des dieux le meurtre de mon père Fût pour comble dhorreur le crime de ma mère • c. «« peu qu'en d'autres main, la perlide ail remis ^e sceptre qu après toi devait porter ton fils, Btque dans mes malheurs Égisie qui me brave,

pTur'.^'r' m'"" P'"^' '^""-^ Electre en esclave; Pour m accabler encore, son (ils audacieux, IlM, jusqu'à ta fille ose lever les yeux.

(CnÉBiLLOff, Electre, act. I, se. i, 19.)

lEun. Su .st. f. On dit crainte d'accident mais on ne dit pus peur d'accident. On dit toujours de peur, et jamais peur de: De peur des voleurs, de peur qu'on ne vous critique. On le flit même devant un verbe à l'infinitif, ipioique la repctitii.n de la préposition paraisse blesser 1 oreille : /l s'abstient de manger, par la craitite délre empoisonné, et se laisse mourir de faim de peur do mourir.

Lors(|u'aprcs de peur il y a une phrase subordonnée, il faut meure ne au verbe de celte phrase . Il se retira, de peur qu'on ne l'obligeât a repondre, cl non pas, qu'on l'obligeât d répondre.

PEUiiECx, Peureuse. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme peureux, une femme peureuse, un animal peureux.

Pect-êtkk. .\dv. dubitatif. On joint toujours ces deux mois jku- un lire;, el ils sont souvent suivis de qoe : Peut-être que oui, peut-être que non, peut-être qu'il viendra. — On peut dire iu^s\, peut-être viendra-t-il. — On jteut le placer avant ou après le verbe , el dans les temps coiu

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poses, ou après l'auxiliaire, ou après le parlicipi": Peut-être le ferat-il, il le fera peut-être ; ilia peut-être fuit, il l'a fait peut-être. — Quand peut-être est au coiiiiiieiiccniciil Je la plirasc, il faul inetire le pronom sujel du verhe a|)iés le vcrhe: Peu t-c Ire iro/is-/iuus. ^lais quand il csl ku milieu de la phrase, le pronom conserve sa place nalurelle : Tels sont les conseils auxquels peut-être nous snuinu's redevables de notre tranquillité, f't non pas, auxquels peut-être somuiesnous redcruhles de notre tranquillité. — C'est une ni'gliijence de mellre le verbe pouvoir ^\cc veut être, parce ijuc ce mot, exprimant doute, ^cerliludo. ne saurait modifier un verbe qui 'exprime ci;alement. — « l.e verbe pouvoir em- ( pioyt' avec il est possible, forme un i)léonasnic. Allais a\ec le mol peut-être, qui n"est plus pour v( nous ([u'un simple odverbe dubilalif, la cpies- » tion est dilTcrcnlc. Si Bossuet eût supprimé le a mvl peut-être dans la phrase suivante: Mais '< peut-être au défaut de la fortune, les qualités ■- de Vesprit, les grands desseins, les vastes "pensées pourront 7ious distinguer du reste des i'ho-nï/ies, il eût affirmé ce pouvoir; ccqui serait « contraire à sa pensée, puisiiu'il n'a voulu faire «qu'une objection dubitative. « (A. Lemaire. Grammaire des Grammaires, p. 881.^:

Peut-être se prend dans un autre sens qui n'est point indiqué dans le Dictionnaire de l'Académie. Dans le sens dont je parle, au lieu d'être dubitatif il est réellement aflirinalif. En voici un exemple : J ^i mon champ à labourer, je «'irai peut-être pasemph.yervion temps à terminer vos différends, et à travaiiler à vos affaires, tandis que je négligerai les miennes. (.Montesquieu, XI*^ lettre pei-sane.) Peut-être pas veut dire ici sûrement pas.

PiiÉEus. Subst. m. On prononce le s final. En littérature, on entend par ce mot une pensée tïiviale revêtue d'une image pompeuse ou brillante Aoyez Image., Galimatias.

PuÉMx. Subst. m. On \)Vononce Phénixe.

Philologie. Subst. f. Espèce de science compojée de grammaire, de poétique, d'antiquités, d'histoire, de philosophie, quelquefois même de mathématiques, de médecine, de jurisprudence, sans traiter d'aucune de ces matières à fond, ni séparément, mais les effleurant toutes ou en partie. La philologie est une espèce de littérature universelle, tpii traite de toutes les sciences, de leur origine, de leurs progrès, des auteurs (jui les ont cultivées, etc. C'est ce que nous appelons en Erance les belles-lettres, et ce qu'on nomme dans les universités les humanités. — OnaiipcUc philologues, ceux qui ont embrassé cette science universelle.

raiLOLOGiQDE. Adj. dcs deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Recherches philologiques, i.ielanges philologiques.

*PniLo.soruAiLLE. Subst. f. Terme de mépris inventé pai- Fréron, répété par 1. inguet, et recueilli parFéraud. On l'emploie, dit ce dernier, en parlant de la tourbe des prétendus philosophes modernes. Et dans celte tourbe il comprend Voltaire. — Le mot philosophaille a été inventé contre les philosophes, comme le mot prêtraille contre les |irèties. Ce dernier a pris, et se trouve dans tous les dictionnaires; le premier csl tombé, cl n'a éié ramassé (;ue par l'abbé Fcraud. Cela tient a l'esprit du siècle.

Pnii.osoi'UALE. Adj. f. qui ne se dit que dans celte phrase : Pierre philosophale. On ne le met point avant son subst.

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