‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 331 sur 453 · PUR · texte numérisé non relu

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Philosophe. Subsl. m. que l'on prend quelquefois adjcclivcment. Dans cette dcTiiière signlficalion, il ne se met qu'après son subsl. : Un roi philosophe. C'est celte épllre que les beaux esprits n'entendent peut-être pas, car ils sont peu philosophes, (^'ollairc, Correspondance.) L'abl.é Fcraud veut nous faire croue <jue ce mot est presque toujours pris en mauvaise pari.

Philosophe se dil aussi des femmes : f/ne femme philosophe. Nous somvtesuu temps où une femme peut être hardiment philosophe. (Voltaire.)

*PniLosopHERiK, * Philosophesque, *PhilosopHJSEii, * PuiLosopnisTE. Mots barbares inventés ])ar Fréron, répétés par Linguei, et recueillis parFéraud. Ces mots nouveaux, dil ce dernier, commencent à s'accréditer.» L'indignation (pi'onl excitée dans les bons esprits les horribles écarts de certains philosophes modernes, a fait inventer ces mots assez singuliers. « — Ces mots ne commençaient point à's'accrcdiier du temps de Féraud, et ils ne sont pas plus en honneur aujourd'hui (]uc les noms de Fréron et do 1. inguet.

Ph/losopherie. Subst. f. Selon Féraud, il se dil en plaisantant pour philosophie. — Ainsi l'on pourrait dire en plaisantant, la philosopherie de Socrate. Cette décision de Féraud n'a pas fait fortune.

Philcsophesque. Adj. des deux genres. Il se dit pour ridiculiser le travers d'esjjril de Voltaire, do J.-J. Rousseau, de d'Aleinbert, de Diderot, de Buffon, de Mannontel, de Dumarsais, afin de faire mieux ressortir le génie de Frér.)n, de Nonotte, de l'abbé Gcoffroi et de l'abbé Féraud. Du moins, c'est l'avis de ce dernier.

Philosophiser, v. n., a le iiiêine sens que philosopher pris en mauvais jiart. C'est raisonner comme les auteurs que je viens de nommer dans l'article précédent.

Philosophisie. Subsl. m. Faux philosophe, tel que Voltaire, J.-J. Rousseau, d'Alembert, Diderot, Buffon, Mannontel, etc., etc.

Tous ces mots ne se trouvent point dans le Dictionnaire de l'Académie, ce qui prouve qu'ils n'ont pas fait fortune; ils ne sont guère usités que dans les sacristies.

Philosophique. Adj. des deux genres. 11 ne se met qu'a[)rès son subst. : Raisonnement philosophique, discours philosophique, matière philosophique. — E.iprit philosophique,

Puilosophiqlemest. Adv. Il ne se inet qu'après le verbe : f^ivre philosophiquement. Il a toujours vécu philosophiquement.

PnriASE. Subsl. f. Terme de grammaire. 11 se dil particulièrement d'une façon de parler, d'un tour d'expression, en tant ([ue les mots y sont construitsct assembles d'une manière particulière. Par exemple, on dit est une jihrase française; hoc dicitur, une phrase latine ; si dice, une phrase italienne; luan sagt, une phrase allemande. A'^oila autant de manières différentes d'analyser et de rendre la pensée. Il ne faut pas confondre la phrase avec la pioposiiion. Une proposition peut être rendue de diverses manières, et elle est toujours la même, quoique les phrases qui l'oxpriinenl d'une manière différente soient différentes. Aussi les (jualiiés bonnes ou mauvaises de la phrase sont-elles bien différentes de celles de la prop'isition. Une phrase est bonne ou mauvaise .selon que les mots dont elle résulte sont assemblés, termines el construits d'après ou contre les règles établies par l'usage de la langue. Une proposition, au contraire, est bonne ou mauvaise, selon qu'elle

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