‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 335 sur 453 · PIT · texte numérisé non relu

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PiEE. Adj. des deux genres. C'est l'oppobé d meilleur, el le comparatif de mauvais ; au superlatif on dil le pire. 11 signilîe |)lus mauvais, de plus méchante (lualilé, plus nuisible : Les hommes seraient peut-être pires, s'ils venaient à manquer de censeurs. (La Biuyère.) La condition des hommes serait pireque celle des bêtes, si la Solide philosophie et la religion ne les soutenaient. (Fénelon.) Quand il forme une comparaison, il est suivi de la conjonction que : Ce vinlà est pire que le premier; cl ([uand il est superlatif, il rcgil la préposition de: C'est le pire de tous. Voyez Pis.

Pis. Adv. comparatif. C'est rop[X)Sé de mieux. Il signilie jilus mal , plus désavantageusement : Ils sont pis que jamais ensemble. Il en a dit pis que pendre.

Quchjucs personnes ont cru que pis est adjectif dans les phrases suivantes : Il n'y a rien qui suit pis que cela; ce que j'y trouve de pis; il ne saurait rien arriver de pis. Mais pis est adverbe dans ces phrases, comme mieux dans celles-ci : Il n'y a rien qui soit mieux que cela; ce que j'y trouve de mieux, etc. Pis, l'opposé de mieux, se place dans les mêmes cas, comme adverbe; pire, l'opposé de meilleur, s'emploie de même seul, comme ailjectiL

Pis, dans aucun cas, ne peut être regardé comme adjectif; s'il pouvait Têlre, on lui connaîtrait un féminin , car ce mot ne saurait être de deux genres. Serait-ce pire? Mais/)t/e est un adjectif des deux genres, et il est ridicule de supposer qu'un adjectif qui est masculin et féminin ait encore , on ne saurait pourquoi, un autre masculin. Pire esl le latin pejnr, des deux genres, comme meilleur est melior; pis est i'ad- \e,vhQ. pejus, coiiiuic mieux esi melius.

Il n'est point de cas où pis ne puisse être reconnu pour adverbe comme mieux, et pire pour adjectif comme meilleur; il n'y a que le peuple qui dise tant pire, de mal en pire, etc.

Enfin, si pis était adjectif, il serait du moins queliiuefois joint à un substantif, puisque c'est là loflice [iropre d'un adjcclif. Or, il ne l'est jamais. On ne dira certainement pas, il n'y a pis eau que l'eau qui dort, il n'y a pis étal que celui d^ un homme dont la conscience n'est pas pure. C'est toujours pire (jue vous joignez a un substantif. (Roubaud.) Pistil. Subst. m. On ne mouille pas le /. PiTEDSEMEivT. Adv. On pcut le mettre entre l'auxiliaire el le participe : Il s'était lamenté piteusement, ou il s'était piteusement lamenté. Piteux, Piteuse. Adj. Il esl familier, ne se dit (juc des choses, et .le se mel guère qu'avant son subst. : // est dans un pileux état. Faire une piteuse mine, faire piteuse chère.

Pitoyable. Adj. des deux genres. L'Académie le dit pour enclin à la pitié; il n'est plus usité en ce sens :

C'est 2tre arnbassadenr et tendre et pitoyable.

(Corn., ISicom., acl. III, se. m, 14.)

Le mol pitoyable, dit A'ollaire, signifiait alors compatissant, aussi bien que digne de pitié. [Remarques sur Corneille.) — Il signifie digne de pilié, ou méprisable, mauvais dans son genre; et on ()eui le nieitie avant son subsi., en consullanl l'oreille et l'analogie : Un état pitoyable, un pitoyable état; il es cris pitoyables, de pitoyables cris, — Un stylo pitoyable, un pitoyable style; m« ouvrage pitoyable, un pitoyable ouvrage.

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Pitoyablement. Adv On peul le mettre entre l'auxiliaire et le participe: Il est affligé pitoyabiement, ou // est pitoyablement affligé.

PiTTORESQrE. Ailj. (les deux peines. On pro- Doncc les deux t. 11 ne se met (in';iprcs son SUb^t. : Site pittoresque, description pittoresque.

— Attitude pittoresque, sujet pittoresque. PnTORESQLE)iF.>T. Adv. OU i)ronuiKe les dcux

t On peut le mettre entre l'iiuxiluiirc et le partici|)e : Il a piltmesquement décrit ce voyage.

PiTciTKcx, PiTLiTEtSE. Adj. Il nc se met qa'a|)rés son subst. : Humeur pituiteuse, temvérament pituiteux.

* Pi.Af.ABLE. Adj. des deux genres. Nousavons, dit Voltaire, desarcliilraves, et point de traves ; des arrliivoltes, et point de voiles, en architecture. On ts\. impote ut, on n'est \>o\ni paient ; il y a des cens implacables, et pas un ae placoble. On ne linirail pas si on voulait exposer tous les besoins lie notre langue; c'est une gueuse lièrc, et à qui il faut faire laumôme malgré elle. Il est bien étrange qu'on dise implacable, et non pas placubir ; âme inaltérable, el non pas altérable ; héros indomptable, et non béros domptable.

A'oliaire a osé braver l'usage, en employant le xaoi placable . Il n'est pas surprenarit, dit-il, que les hommes aient imaginé une infinité de moyens différents d'apaiser la colère de VEtre suprême; mais tous dépendent du même principe, de Vidée d'un Dieu i)lacablc.

Place. Subst. f. Racine a dit dans Mithridate (act. II, se. m, 5) :

Pompée a saisi l'avantage rj'une nuit qui laissait peu de place au courage.

Peu de place pour peu de ressources, n'est pas français.

Placet. Subst. m. Le i ne se prononce point.

— Quoique ce mot soit lire d'un verbe latin à la 3» personne du singulier, l'Académie lui donne le signe du pluriel : Des plucets.

Plafond. Subst. m. Le ûJ ne se prononce point.

Plaidant, Plaidante. Adj. verbal tiré du v. plaider. Il se met toujours cprès son subst. : I^s parties plaidantes. — Un avocat plaidant.

Plaider. \. a. de la i" conj. On (V\\ plaider une cause, mais on ne dit pas plaider unprocès.

L'Académie prétend qu'on dit plaider quelqu'un; et elle donne ])0ur exem])le .- Il a été obligé de plaider son tuteur pour lui faire rendre compte. On jiarlail ainsi autrefois. Aujourd'hui OD ail plaider contre quelqu'un.

Boileau a dit dans^j Zu/rx/j (III, 119) :

Le moindre d'entre nous, sans argent, sans appoi, Vtl plaidé le prélat et le chantre avec lui.

Plaignant, Plaignante. Adj. verbal tiré du V. plaindre. C'est un terme de pratique. Il ne se met jamais qu'après le subst. -. La partie plaignante.

Plain, Plaine. Adj. Quand il signifie uni , plat, ilse met avant son su.^bt. -.En plain champ, en plaine campagne. — Ijuand il se dit des étoffes, pour signifier qu'elles sont sans ligures, sans façons, il se rnel après son subst. : Du velours plain, du satin pluin, dxi linge plain.

Plaindre. Y. a. de la 4° conj. Racine a dit dans Phèdre (act. II, se. il, 12) :

J« rétoque des lois dont j'ai p{ain( la rigueur.

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On a remarqué avec raison qu'on se plaint de lu rigueur d'une loi, mais (pi'on ne jwut pas dire en plaindre la rigueur.

Se plaindre de ce que, se plaindre que. On lit dans la Grammaire des Granunaires (p 1218), que lursipie le verbe de la proposition subordonnée est à l'indicatif, ces deux locutions s'emploient indifféieiiimeiit 1 une pour l'autre ; et que lorsqu'il est au subjonctif, se plaindre que est la seule qui soit autorisée. Il ne faut |)rcs'iue jamais croire que, d:uis une langue lixée, deux expressions dificrenles puissent éire <Miii)loyées iiidifforcmment ; et si le cas existait, il faudrait rejeter l'une ou l'autre de ces expressions. Examinons donc la première partie de cette règle de la Grammaire des Grammaires.

•,)uand on dit se plaindre de quelque chose, la pré[)osition de indique un rapport direct entre la cliose dont on se plaint, et la personne qui s'en plaint. Dans on se plaint de ce que, de indique de même un rai)port direct, po>itir, entre le sujet du verbe et la chose qui cause la plainte: Je me plains de ce que vous m'urcz inst/llé, de ce que vous m'avez frappé, de ce que vous n'avez pas rempli vos obligations envers moi; votre frère se plaint de ce que vous n'avez point d'amitié pour lui; je vie plains de ce que j'ai éprouvé une injustice. Dans toutes ces phrases, se plaindre siiîulfîc proprement faire des plaintes, des reproches relativement à une chose dont on a reçu queUiue tort, quelque dommage.

Mais 5e plaindre signifie aussi blâmer, trouver mauvais, sans rapport direct et positif de la chos avec le sujet; et alors il me semble qu'il fauv employer que: On se plaint (\u' il y a de la partialité dans les tnluîiaux. C'est une plainte générale, el où la chose n'a pas un rapport direct avec le sujet. Un homme qui se croirait lésé par un jugement dirait : Je me plains de ce qu'il y a eu de la partialité dans le tribunal. On se plaignait que l'indiscipline était dans l'armée. Combien de fois ne s'est-on pas plaint que les affaires n'avaient ni règle ni fin! (Boss. , Oraison funèbre de Le Tellier, p. 254.) Je dirai , je me plains qu'o« met trop de précipitation dans les affaires, si je parle en général des affaires, sans rapport à moi; et je jue plains de ce (pi'o/i a mis trop de précipitation dans mon a/faire, parce qu'il s'a^'il d'une affaire qui m'est personnelle : Les gens de mer se plaignent que j'ai favorisé tes gens de la campagne. (Marinontel. Trépied d'Hélène.) La plainte ne tombe pas directement sur le désavantage de ceux ijui se plaignent, mais sur la faveur accordée aux gens delà campagne.

Parlez; Phèdre se plaint que je suis outragé.

iRac, Phid., act. III, se. T, 59.)

Permettez que mon amitié se plaigne que voua avez hasardé dans votre préface des choses sur lesquelles vous deviez auparavant me^ consulter. (Voltaire.) Ils se plaignaient peut-être avec justice que les nobles et les patriciens ne travaillaient qii'éi se rendre seuls maîtres du gouvernement. (Vertot.) Que l'on essaie de substituer dans toutes ces phrases de ce que à que, cl l'on, seniira que ce régime n'y peut être admis. Il me parait donc clair qu'on nc dit pas iiuliffi'reinmenl se plaindre de ce que et «e plaindre que.

Il est vrai, comme le dit la Grammaire des Grammaires, fjue lorsque le verbe de la phrase

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subonlunnôc est an subjonctif, il faut noccssairenient mettre se plaindre qiM, Cette réi'lc conflrme ce que nous venons d'clablir. Le subjonctif marque doute, inccriitnde, et repousse par conséquent de ce que, qui indique toujours quelque chose de dctoruiiné, de positif: Quelques-uns ont pris Vintt'rèt de Norcisfe., et se simt plaints que j'en eusse fuit un très-inèchunt h rnuie. (Rac, Préface de Britan.) Je m'i/ifcrvierni si elles se plaignaient qu'on les eût ennuyées. (Idem.) f'ous-.jic/iie, monsieur, pourezvous vous plaindre qu'on n'ait pas rendu justice à vi'tre Dialogue de l'Ainour et de l'Amitié? (Boil., Lettre à Ch. Perrault.) Pauvre comme Je croyais l'être, je n'avais pas droit de me plaindre que l'on voulût me rendre ména'tère du peu d'urgent qu^on me donnait. ( Marmoiilel.)

Plaintif, Plaintive. Adj. Il se dit ordinairement des choses (jui ont rapport aux personnes : Ton plaintif, rois plaintive. — Ou dit cependant familièrement (|u'?/w homme est plaintif pour dire qu'il se plaint toujours.

Cet adjectif se met ordinairement après son subst. On j)eut <iueiqucfois le mettre avant. C'est ce qui arrive en poésie: Dn plaintifs accents, la plaintive tourterelle.

Plaintivement. Adv. On peut quelquefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // a chanté plaintivement celle romance, ouil aplaintivement chanté cette romance.

Plaii-.e. y. n. et irrég. de la 4' conj. Voyez Irrégulicr.

Plaire à quelqu'un, cet ouvrage plaît, plaît à tout le monde.

Plaire dcMinl un verbe à l'infinitif régit à ou de. Il régit de quand il est employé impersonnellement : // jne plaît, il ne me plaît pas de vous obéir, you s plaît-il de in'écovterf Quand le verbe régi ne se rapporte pas au sujet du verbe, on emploie que : Fous plaît-il que je vie retire^ Ailleurs, il régit à : Cela plaît à mo7i frère. Cela ne plaît pas à tout le monde.

Il y a de la dilfércnce entre ce qui le plaît ot ce qu'il te plaît, i.e premier signifie ce qui t'est agréable; et le second ce que tu veux. Ainsi Racine, au lieu de dire dans les Plaideurs {acA. II, se. XIII, 6) :

Tu prétends faire ici de moi ce qui te platt,

aurait dii dire: Tu prétends faire ici de moi ce qu'il le plaît, c'est-à-dire le que tu veux.

Celle faute se rencontre fréquemment, même chez de bons auteurs. J.-J. Rousseau dit toujours ce qui pour ce qu'il. Si l'on demande à qucl<iu'un qui est à table, que voulez-vous que je vous serve ? et qu'il réponde, ce qui vous plaira, cela signifiera servez-moi ce que vous trouvez, ce que vous jugez bon. Mais s'il répond, ce qu'il vous plaira, cela vomira dire, ce qu'il vous plaira me donner. 11 y a ellipse.

Je fais ce qui me plaît, signifie, je fais ce qui m'est agréable; et je fais ce qu'il me plaît, veut dire, je fais ma volonté. Les hommes seront toujours ce qu'il plaira aux femmes, Sous-entendu qw'ils s'iicnt. (.1 -J. Rousseau.) Choisissez, et prenez ce qui vous plaira, ce qui vous sera agréable, ce que vous trouverez de voire goût.

Se plaire régit à avec l'infinitif: Se plaire à mal/aire. Racine a dit dans Esther:

Helevez le? superbes portiques Do (cmple cù notre Dieu se plait d'élre adoré.

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D'Olivel remarque que Racine aurait dit se plaît a être adoré, si l'lii:ilus l'avait permis

Se plaire se joint aux noms par la préposition à ou la l)répositi<>n dans. Se plaire d quelque chose, suppo.'^e toujours une action exprimée ou sous-entendue : // se plaît à lire, à écrire; if se plaît (I la lecture, à la chasse ; il se plaît à la ville, Il la campagne, c'csl-ù-dire à vivre à lu ville, à la campagne. Mais (piand il s'agit d'un état, on se sert de dans: Il se plaît d'ms les fêles, dans les plaisirs, dans la douleur, dans les larmes, dans la puurrcié , dans la solitude.

Faul-il dire, ils se sont plus « me tourmenter, ou ils se sont plu à me tourmenter? Il parait certain qu'il faut dire ils se sont plu. Plaire est un vcibc cssenliclleincnt neutre ; son participe ne peut donc pas èiie susce[)tible d'un régime direct. Elle s'est plu ne signifie pas elle a plu soi, mais elle a plu à soi; ils se sont plu à me tourmenter signifie il a plu à eux de me tourmenter- Ainsi, il faut dire, ils se sont plu à me tourmenter. (Acad., Jls se sont plu à me persuader. (Idem.) Insectes invisibles que la main du Créateur s'est plu éi faire naître dans l'abîme de Vinfîniment petit. (\'olt., Micromègas, ch. VI ) Les poêles i piques se sont toujours \)\n à décrire des batailles. (Dell., Préface de l'Enéide, \). 63.)

A Dieu ne plaise régit que avec le subjonctif: J Dieu ne plaise que je me plaigne de lui.' — Pliît à Dieu régit pareillement que avec le subjonctif : Pliit d Dieu qu'tV s'en allât ! Plût à Dieu se met aussi seul comme réponse à une phrase qui précède : Je crois que mus vous êtes trompé. Plût à Dieu! c'est-à-dire je le souhaite fort, cela me ferait beaucoup de plaisir.

Plaisamment. Adv. On prononce plaisament. On peut le mettre entre l'auxiliaire cl le participe: Il a plaisamment raconté cette aventure. ou il a raconté plaisamment cette aventure. — Elle était plaii^aviment coiffée.

Plaisant, Plaisante. Adj. verbal tiré du v plaire. Il se disait autrefois pour agréable, surtout en vers :

Plaiiant séjour des 5mes affligées, Vieilles forêts de trois sièctes âgées.

(RlCAH.'l

Vallons, fleuves, rocliers, plaisante solitude, Si TOUS fuies témoins de mon inquiétude. Soyez-le désormais de mon contentement'.

(Mem.)

Aujourd'hui, il ne se prend pl'is en ce sens. II signifie qui récrée, qui divertit, qui fait rire ;'et, dans ce sens, oi. peut le mettre avant son subst., en consultant l'analogie et l'harmonie : Un conte plaisant, une aventure plaisante, une plaisante aventure. — Il se dit aussi pour signifier impertinent, ridicule ; et alors il se met toujours avant son subst. : C'est unplaisant homme, un plaisant personnage, un plaisant visage, un plaisant conte.

Oti ! le plaisant projet d'un poêle ignorant!

(Boil., ^. P.. Itl, 241.)

Plaisant. Adj. et subst. m. Tenue de littérature. Tout ce qui est risible n'est pas i-idicule; tout ce qui est plaisant n'est pas comique: lOUt ce<iuiest comique n'est \y,\s plaisant. Une maladresse est risible; une prétention manqiiée est ridicule; une situation qui expose le vice au

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mépris est comique ; un bon mot cs.1 plaisant. — Le coviiqve est le ridicule i|ui lésulic de la faiblesse, de l'erreur, des travers de l'esprit ou des vices du caraclcre. — I.ep/awa«/ est l'effet de i;i surprise rt?joiiiss;mtc (]ue nous cause un contraste fra|)paiil, singulier et nouveau, aperçu entre deux objets, ou entre un objet et l'idce disparate qu'il a fait nailre. C est une rencontre imprévue qui, par des rapports inexplicables, excite en nous la douce convu^ion du rire. — La bniiffonneric est une exaacratioii du cotniiiue et du plaisant. L'Avare et le Tartufe sont deux personnages comiques; Crispin, dans le Légataire, est un personnage plaisant ; Jodelet, un personnage hovffiin. 11 arrive naturellement que le bon comique est idaisant. Ce vers,

Oui, mon frère, je suis un méchant, un coupable, (Mol., Tartufe, acl. III, se. vi, 2.)

a l'un et l'autre caractère dans la bouche de Tartufe. 11 est plaisant par l'opposition de la vérité que dit Tartufe avec l'effet qu'elle produit, et par la singularité piquante de ce contraste; il est comi(iue, parce qu'il exprime le plus vivement qu'il est possible l'adresse du fourbe qui trompe, et (ju'il va faire sentir de même la crédule prévention de l'homme simple qui est trompé.

Mais le plaisant n'est pas toujours comique, parce que le contraste qu'il présente peut n'être qu'une singularité de rapports entre deux idées qu'on ne croyait |ias faites pour se lier ensemble ; comme si, par exemple, un valet imagine de prendre la place de son maître au lit de la mort, de dicter son testament, et d'oser, après, lui soutenir qu'il l'a fait lui-même, et que sa léthargie le lui a fait oublier. Il n'y a rien là de ridicule dans lesmœtu-s n, dans les caractères ; mais il y a une contrariété d'idées si imprévue, et il en résulte une suri)rise si naturelle et si amu'^ante, que le vrai comique ne l'est pas davantage. Cependant si, dans cet exemple, on ne voit pas le comique de caractère, on croit y voir du moins le comique de situation, dans l'embarras où s'est mis le fourbe; mais comme il se dégage de ses propres filets, et que ce n'est pas à ses dépens ipie Ton rit, comme l'on rit aux dépens de Tartufe lorsqu'il se voit pris sur le fait, il est facile de reconnaître que la situation de Crispin n'est que plaisante, et que celle de Tartufe est comique. (Extrait de Marmontel.)

l'iAisANTERiE. Subst. f. On dit adverbialement, plaisunlerie à part, pour dire, |)arlant sérieusement. Il se met ordmairement au commencement de la phrase, et en manière d'incise : Plaisanterie à part, c'est vraiment uni: belle action.

Plaisir. Subst. m.Féraud dit qu'avec le verbe cire, on met a près piowir la préposition de;cehi est vrai. Soîi plaisir at de faire du bien. Mais il ajoute qu'avec le verbe avoir., il faut mettre la préposition ù ; cl cela n'est pas exact, car on dit également bien, j'aurai le plaisir de vous voir, et J ai du plaisir à le voir, à l'entendre. Le premier indique un sentiment qui naîtra dans l'àme, sans un but marqué auquel elle tendra

Eour l'aire naître ce sentiment; le second indique ors de l'àme un but duquel naîtra le plaisir. J'ai du plaisir ù le voir, à l'entendre, signifie que l'attention que je donne à le voir, à l'entendre, me procure du plaisir, .l'aurai le plaisir de vous voir signifie seulement j'éprouverai du plaisir (juand je vous verrai : J'ai eu le plaisir de

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