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Pliaht, Pliante. Adj. verbal tiré du v. plier. H ne se met qu'après son subsl. : L'osier est pliant, vu sit'tjc pliant. — Caractère pliant, humeur plianle, esprit pliant.
Féraud dit que pliable et pliant ont à peu près le même sens. — La difféieiice de ce? doux niDls est sensible. Ce qui est pliable est susceptible d'être plié, quoique peut-cire il n'ait jamais èiè plié. Ce qui estp/in//<esl re (ju'oii |)lie, et re nui en effet a Ole plié. On ne dit pas un siège pliable, mais un sii'ge pliant. Un cnraclère pliable est un caiactèrc (jui n'a pas encore Ole plié, mais qui peut l'cire; vn caractère pliant est un caractère qui plie facilemert.
Plier. V. a. et n. de la 4" conj. Il s'emploie souvent au figuré : Plier .■son esprit, plier soji humeur, plier son caractère.
Tu dois à ton état plier ton caractère
(Volt., AU., act. I, se. ly, 7.)
L'Académie ne donne à ce verbe, dans le sens actif, qtie des personnes pour sujet ; et cependant ii se dit aussi des choses :
La coutume, la loi, plia mes premiers ans K la religion des lieureux musulmans.
(Volt., Zaïre, act. I, se. i, 103.)
Plier, ployer. L'Académie confond complètement ces deux verbes. Ainsi elle dit : Plies votre serviette, ployez votre serviette ; plier des branches d'arbres, ployer le penvu en marchant, etc. Cependant elle ajoute : « Ployer s'emploie comme « actif, comme neutre, et avec le pronom per- « sonnel, dans presque tontes les acceptions du «verl)C plier, mais seulement en poésie et dans • le style élevé. Dans le langage ordinaire on se « sert déplier.»
Pour se convaincre de l'inexactitude de ces décisions, il suffira de lire la différence de ces deux mots, telle qu'elle est expliquée dans notre Nouveati Dictionnaire de la Imigue française. » Au propre, plier, c'e>t mettre en double, par plis, de manière qu'une partie de la chose se rabatte sur l'autre ;p/('y^r, c'est mettre en forme de boule ou d'arc, de manière que les deux bouts de la chose se rapprochent plus ou moins. On plie à plat, on ploie en rond. Ainsi plier et ployer différent comme lepZide la courbure. Le papier que vous plissez, vous le pliez ; le papier que vous ployez, vous le roulez. — Plier se dit particulièrement des corps minces et îîasiiues, ou du moins fort souples, qui se plissent facilement et gardent leurs plis. Ployer se dit p;n-iiculièremeut des corps roideset élastiques qui Uw'hissent sous l'effort, et tendent à se rétablir dans leur premier état. On plia de la mousseline, et on ploie une branche d'arbre. Plier et pZoyer s'emploient quelquefois l'un et l'autr" dans le sens de courber, fléchir, céder; mais alors plier indique un effet plus grand, plus marqué, plus approchant du pli rigoureux. En marchant, vous jo/oyes le genou ; dans une irènuflexion profonde, vous le plies. Pour manpier qu'une personne />/oîc beaucoup le corps sans pouvoir sr- relever, on dira qu'elle est pliée en deux. Si vous voulez en effet qu'une épéc jD^ie, quoi qu elle ne fasse en effet que ployer, ce sera lorsqu'elle pliera, comme on dit, jusqu'à la garde. Sous le tardeauqui {sl\\. ployer un homme fort, l'homme faible plie. Une armée ne fait que ployer, tant qu'elle résiste et s'efforce de reprendre sa place; sinon elle plie, elle s'enfonce, il ne lui reste (lue la retraite. — Ainsi, au figuré, il faut
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fléchir, faiblir, mollir, pour /)/(ycr; on p/te <iuand on ne fait plus que i-cder, obéir, succomber.
« Plier et ployer emportent quelquefois une idée secondaire d'arrangement avec une fin ou une destination parliculfère. I.e marchand plie sa marchandise ])o\ir en diminuer l'étendue, car en la dépliant, il l'étend ; il ploie sa marchandise pour la soustraire à la vue, car en la dciiloyant. il l'élalc. On plie, du lince afin de le placer commodément et (le le conserver pro|ire; on \c ploie P')ur le mettre à part et à couvert. — En fait d'arrangeiuont et d'ordre, on ne doit dire plier que des choses «lui se mettent en ]dis, ou bien par lits et par couches semblables à des lits, telles que des nippes, des toiles, des vêtements, des étoffes; p/oyer convient mieux à ce qui se met en paquet , en bloc , en peloton ; à ce qui se roule, s'envelopi'e, sans avoir besoin de jilis. Un marchand de draps plie sa marchandise ; un marchand de porcelaine ploie la sienne, n
(les explications, fondées sur des usages que personne ne peut contester, prouvent assez contre l'Accdèmie que !e verbe ployer est d'usag*ailleurs que dans la poésie et le haut style, et quep/i'erse dit très-souvent au ligure.
Plomb. Suhst. m. On ne prononce point le 6. L'Académie dit bien que plomb se prend quelquefois pour les balles des fusils et des autres sortes d'armes à feu, mais elle n'indique pas l'emploi que les poètes font de cette expression.
Le Ticuï Montmorency, près du tombeau des rois. D'un p(om6 mortel atteint par une main guerrière, De cent ans de travaux termina la carrière.
(Volt., Henr., II, 84.)
Plongeant, Plongeante. Adj. verbal tire du v. plonger. Il ne se met qu'après son subst. : Feu plongeant, vue plongeante.
Plonger. V. a. de la \" conj. Dans ce verbe, le g doit toujours se prononcer comme un j ; et pour lui conserver cette prononciaiion lorsqu'il est suivi d'un a ou d'un o, on met un e muet avant cet a ou cet o: Je plongeai, plongeons, et non pas je plongax, plongons. Les poètes emploient figurèment ce mot en plusieurs manières que r.\cadémie n'indique point :
J'ai fait, jusqu'au moment qui me plonge au cercueil. Gémir l'humanité Ju poids de mon orgueil.
(Volt., ^(j., act. V, se. vu, 15.)
Son cœur en ces horreurs n'est pas tonjoDrs plongé. (Volt., Semir., act. I, se. i, 51.)
Delille dit, en parlant d'un chêne :
Et plonge sa racine au gouffre des enfers.. .
(Dblil., Énéii., IV, 670.)
L'œil plonge avec effroi sous sa profonde Toût*.
(/dem, VI, 308.! »
Et quels cœurs si plongé» dans un lâche sommeil. (Rac, Ath., act. IV, se. m, 45.)
Le sérail est plongé dans un profond silence
(Volt., Zaïre, act. \, se. viii, 15.)
Si dans les différends où l'Europe se plonge.
(Volt., Henr., II, ».)
Le fer étincelant se plongea dans son sein.
\Idem, VI«, 588.)
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Mais, sur la foi d'un- songe, Dans le sang d'un enfant touIci-tous qu'on se plonge 7 (Ric, Ath., ici. Il, se. V, lOO.j
Plupart (la). On écrivait autrefois lapluxpart. Il se joint toujours avec rariicle la. 11 signifie la plus grande partie. Quand il est suivi de la prci)Osition Je avec un substantif, il ivgil le verbe au singidicr, silesuhstantif est àcenumbre, et au pluriel, si le substantif est au pluriel: La plupart du monde pense; la plupart des hommes pensent. Quand il est sans régime, le verbe doit être au phuiel" La plupart pensent.
Pldrif.l. Adj. et subsl. m. Terme de grammaire. Nos pères écrivaient ce mot avec un r, plurier, par analogie avec singulier, qui a la même terminaison," mais Vaugclas, sur de très-mauvaises raisons, a prétendu qu'il fallait écrire pluriel avec un l.
« Je mets toujours pluriel avec un /, dit-il dans sa 4'r2e remarque, quoique tous les grammairiens aient toujours écrit pluricr avec r La raison sur laquelle je me fonde, est quo venant du latin phirc'is, oh il y a un l en dernière syllabe, il faut nccnssaircment qu'il la retienne en français, (le qui a trompe nos grammairiens, c'est sans doute jiarce qu'un dit singulier avec un r à la fin, et alors ils ont cru qu'il fallait écrire plurier également avec un r, ne songeant pas que singulier vient de singularis, qui a un r à la fin. «
C'est comme si quelqu'un venait nous dire aujourd'hui (ju'on a tort d'écrire alouette avec deux t, parce qu'il vient û'alavdu, qui a un d à la fin, et qu'il faut dcv'we aloucde. Celle pédantesque innovation prévalut, malgré l'opposition de Ménage, de Bouhours, de Thomas Corneille et des écrivains de Purl-Ruyal. L'Académie la consacra en observant que l'usage général s'était entièrement déclaré pour pluriel, et que c'était ainsi qu'il fallait parler et écrire. Mais si l'usage autorise à écrire pluriel, depuis la remarque de Vaugelas et la décision de l'Académie, ])ourquoi ce même usage, qui auparavant faisait écrire plurier, n'a-t-il pas fait rejeter et la remarque et la décision? cl pourquoi ne revient-on pas aujourd'hui à cet ancien usage défendu par do bons écrivains, et (]ui parait raisonnable? En effet, n'est-il p;is ridicule d'écrire de deux manières différentes, deux mots comme singulier c[ pluriel, qui ont entre eux une analogie si élroiie? Mais si le changement s'est opéré dans l'orthographe, on ne l'a point adopté dans la prononciation, et quoique Moliéreait dit {Femmes savantes, act. II, se. VI, 62) :
Ton esprit, je l'avoue, est bien matériel ; J» n'est qu'un singulier, avom est pluriel.
Le public insoumis s'obstine aujourd'hui à prononcer plurier. Écrivons donc pluriel, puisque Vaugclas et l'Académie le veulent ; mais csi)érons qu'on fera disparaître quelque jour cette choquante contradiction. — En 1835, l'Académie dit que quelques-uns écrivent plurier et que la plupart prononcent plurté.
jNous avons donné, à l'article Forma/ton, les règles qui indiquent la manière de former les pluriels des substantifs et des adjectifs. Voyez aussi Nom, Adjectif c\. Nombre. Il n'y a rien à remarquer sur les terminaisons plurielles des temps des verbes français, parce que cela s'apprend dans les conjugaisons. A'oyez ce mot. Nous nous bornerons à placer ici quelques remarques
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de Beauzée, de La Harpe et de Voltaire, soi l'emploi du pluriel.
Dans toutes les langues, dit Beauzée, il arrive souvent qu'on emploie lui nom singulier pour un nom pluriel, comme, ni la colère, ni la joie du soldat, ne sont jamais vindt'rées ; le paysan se sauva dans les bois; le bmu'geuis prit les armes. C'est, dit-on, une synecdoque; mais parler ainsi, c'est donner un nom siieniifique à la phrase, sans en faire connaître le fondement. Le voici : Cette manière de parler n'a lieu qu'à l'égard des noms apjjellatifs qui pré>eiilent à l'esprit des êtres déterminés par l'idée d'une nature commune à plusieurs. Celte idée commune a une compréhension et une étendue; et cette étendue peut se ri'slreindre à un nombre plus ou moins grand d'individus. Le propre de l'article est de déterminer l'étendue de manière que, si aucune autre circonstance du discours ne sert à la restreindre, il faut entendre alors l'espèce; si l'article est au singulier, il annonce que le sens du nom est appli(]uè à l'espèce sans (icsignalion d'individus; si l'article est au pldriel, il indique que le sens du nom est appliiiuc distributivemenl à tous les individus de ^c^pèce. Ainsi, l'horreur de ces lieux étonna lo soldat, veut faire entendre ce (jui arriva à l'espèce en général, sans vouloir y comjjrcndre chacun des individus; et si l'on disait, l'horreur de ces lieux étonna les soldats, on marquerait plus positivement les individus de l'esiiôce. Un écrivain correct et précis ne sera pas toujours indifférent sur le choix de ces deux expressions.
Voltaire a dit dans Mérope (act. II, se. ii, 2) :
Celle de qui la gloire et l'infortune affreuse Retentit jusqu'à moi, etc.
La Harpe a dit, au sujet de ces vers : Il faut absolument le pluriel, ont retenti vers moi. Quand la conjonctive et se trouve outre deux substantifs, ils exigent le pluriel du verbe dont ils sont les nominalifs (les sujets), à moins ([u'il n'y ait entre eux une certaine conformité d'idées qui ressemble à l'idenlilé; et la gloire et l'infortune n'ont rien de commun. {Cours de littérature.)
En aucune langue, dit Voltaire, les métaux, les minéraux, les aromates, n'ont jamais de pluriel. Ain.^i, chez toutes les nations, an offre de l'oj; de Vciicens, de la myrrhe, et non des ors, des encens, des myrrhes. [Remarque.^ sur Corneille.) Les mots cpii expriment un étal del'àme, comme félicité , tranquillité, sagesse, repos, n'ont point de pluriel. Voyez J, Adjectif, Formation.
Pi,us. Adv. On prononce plu devant une consonne, el pluz devant une voyelle. Cet adverbe demande tantôt un de, tantôt un que après l'adjectif qu'il modifie. 11 demande un que lorsqu'il fait terme de comparaison, c'est-à-dire lorsqu'on compare la qualité d'une personne ou d'une chose à une autre, et encore faut il «pie l'adverbe soit au simple degré comparatif : // est plus savant que son frère ; vous êtes plus heureux que moi. — Si l'adverbe est au superlatif, alors c'est la préjjosilion de (jui unit les deux termes de la comparaison : Démosthénes fut l'orateur le plus éloquent de la Grèce. — Plus demande encor* de avant le substantif qu'il modifie, lorsqu'il est adverbe de quantité, et non adverbe de comparaison, c'est-à-dire lorsque le terme de comparaison énonce aiirès l'adverbe de quantité inorquc
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quoique mesure précise et positive de celle (juanlité : Cela est plus long d'uu quart; cela lie vaut pus plus d'un écu ; cela n'a pas plus de trente pieds; il est plus grand de toute la tête.
Mais doil-oii dii'e il est plus d'à demi mort; ou, il est plus i/u'à demi mort? il a été plus d'à demi conraincu ; ini, il a été plus qu'à demi co/n-uj/iCM? Les L'r;uniii;iirieiis ne soin p;is d'iu;cord sur ces sortes de loculioiis. Girard cl de Wailly sont pour de, \ii\vcc (]ue, dit le premier, ces expressions Je mesure (jui suivent l'adverbe plus, servent moins a inin; terme de comiiaiaison qu'à spécifier la iiuantilc dirrérenliellc entre les choses com|)aréos, et ([ue par conséquenl elles doivent avoir la préposition de, et non pas la conjonction r/ue, qui ne s'emploie que dans ce derniercas. De ÂVailiy, en adoplîmlcc principe, critique ce vers de jkacan {Sla/ices sur la retraite, 2) :
La course de nos jours est plus ^u'ù demi faite,
et prétend qu'il fallait dire, est plus d'à demi faite. 3.-3. Rousseau parait, avoir été du même avis, puisqu'il dit, dans Emile (liv. III, l. vi, j). 315), son apprentissage est déjà pJus d'à ■Moitié fait. EuÛn, l'Académie parait avoir décidé indirectement en faveur de Girard, car elle ne donne point d'exemple où que soit placé dans ces sortes de phrases.
Dumergue cl queUiues autres grammairiens modernes pensent, au contraire, que le que est indispensable dans ces sortes de phrases, et que la décomi)osilion de la i)hrase de l'ncan ne saurait amener de, paice (\ne son véritable sens est, la course de nos jours est faite supérieurement à ceci, à demi. — Les raisons dcDomergue nous paraissent bien faibles; et il nous seml>le qu'il faut forcer le sens de celte phrase pour y trouver une comparaison. Nous croyons en conséquence devoir nous ranger à l'avis de Girard, de Wadly et de J -.1. Rousseau. — lin 1835, l'Académie donne au mol demi les exemples suivants : Cela est plus d'à demi fait, cela est plus qu'à demi fait.
Si l'adverbe comparatif pZ»i est suivi d'un que et d'un verbe à l'infinitif, on répète devant cet iidinitif la préposition que dem;mde l'adjectif : // n'y a rien de plus agréable que de l'entendre; nous sommes plus portés a nous excuser qu'il reconnaître nos torts.
Enlin lorsque plus est suivi de deux infinitifs, il faut mettre de avant le second : Il est plus beau de vaincre ses passions que de triompher de ses ennemis.
Plus d'un, terme collectif partitif, ou adverbe de quantité, régit le verbe qui le suit, au singulier : Plus d'un auteur i\d'\i; plus d'un lecteur pensera; plus d'un témoin a déjwsé. — 11 faut excepter le cas où le verbe serait réciproque; car celle esjjéce de verbe exprim;mt l'action de deux ou de plusieurs sujets, exige le pluriel : ^4 Paris, fin voit plus d'un fripon qui se dupent i'un /,'a«^e. (Marmontel, Incas, chd\). XLV.)
Plus se répète (]uaiid il y a plusieurs adjectifs, l)lusieurs verbes dans la phrase, et se met devant l'hacun d'eux : Plus on réfléchit, plus on étudie, et plus on sent la faiblesse de l'esprit humain. Plus on est sage, plus on est heureux.
Quelques granmiairiens veulent que l'on joigne toujours ces phrases par la conjonction et, et que l'on dise, par exemple : Plus on est sage et plus
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on est heureux. D'Olivcl n'est point de cet avis, et voici sur (]uoi il appuie son opinion. Dans cette phrase, plus on lit Racine, plus on l'admire, il y a (leu;{ projiosilions ^implcs : On lit lîucine, ou l'admire, les(|uellcs, prises séparément, n'ont point encore île ra|i|)orl ensendjle; l)our les unir et n'en faire qu'une phrase, je n'ai qu'à dire, on lit Racine et on l'admire ; m;iis si je veux faire entendre (pic l'une est à l'autre ce (ju'est la cause a l'effet, alors il ne s'a:;it plus de les unir, il faut marquer le rapjjort (fu'elles ont ensemble. Or, c'est à (juoi nous servent les adverbes couiiJaratil's plus, moins, elc, donl l'un est toujoiu-s nécessaire à la tète de cliaipie proposition, sans pouvoir céder sa place, ni pouvoir souffrir un autre mot avant lui. Conséipiennnent on doit dire: Plus notre discernement se perfectionne, plus les classes se inultiplient ; et non i)as, et plus les classes se multipliejit.
Je pense que cette règle n'est j);is sans exception. P;u- exemple, dans/^/wA- on réfléchit, plus on étudie, et plus on sent la faiblesse de l'esprit humain, il nous semble (jue ef est nécessaire dans le second membre. Quand on a dlipUison réfléchit, plus on étudie, le second plus, «pii est de la même nature (jue le premier, et ((ui, comme le iiremier, a rapport à une cause, ne fait jtas attendre naturellement le plus du second membre de la phrase : au contraire, il semble faire attendre un troisième jdus dans le même ordre. On pourrail dire plus on réfléchit, plus on étudie, plus 071 raison ne, c[c. Il est donc nécessaire de rompre cette série sendilable de plus \)i\r un mot qui annonce que le troisième ;oZ(/s n'est p.is du même ordre, et qu'il a rapport à unelTet. On peut appliquer celle observation aux adverbes autant, aussi et moins.
Plus et mieux, dit M. Sicard , ne sont pas synonymes. Le premier ne s'emploie que quand il s'agit d'extension, el le second quand il s'acit fie perfection. Exemple : L'abbe Prévôt a plus écrit que Fénelnn; mais Fénelon a mieux écrit que l'abbé Pré L-àt. Plus, dans la première phrase, lombe sur le nombre des volumes; cl mieux. dans la seconde, a pour objet la perfection dû style. Ne dites donc pas comme quel(]ues-uns, j'ai gagné mieux de cent francs ; cidte terre vaut mieux décent mille francs ; maisj'(;i gagné l>lus rfe cent francs; cette terre vaut plus de cent mille francs.
Dans les c.onq)aralifs d'inégalité caractérises par plus, si le premier membre est atlirmatif. le second, qui suil que, doit être négatif et prendre ne : Il est plus riche qu'il n'était; je suis plus heureux que vous ne pensez. Il y a donc une faute dans ces vers de Voltaire:
Accourez de l'enfer en ces horribles lieux.
En ces lieux plus cruels et plue remplis da crimes
Que ros gouffres profonds regorgent de victimes.
Il fallait ne regorgent.
(,)uand plus est adverbe de coinparaison, il se met toujours après le verl)e dans les tem[is simples ; devant ou après le participe dans les temps composés; devanl ou aiirès l'infiniiif : Il m'en coûte plus qu'à vous ; il m'en a I)lus entité; ou il m'en a coiité plus qu'à vous; il devrait vous en plus coûter, ou vous en coûter plus qu'à 7noi.
Quand plus est emi)loyé comme adverbe, sans qu'il y ail comparaison, il senqiloie avec la négative, 61 se place toujours après le verbe, dans
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les tenip<; simples : Jo ne veux i)lus, je ne le verrais |iliis. Dans los lcm|)s coin|ios«.'s, il se mel entre laiixiliaire et le parlici()e : Je 71e l'ai plus rtvu. On peut, selon les circonstances, le mettre avant ou ;iprés rinlinitif : Je ne puis plus me taire; je ne puis lu' accoutumer à ne le voir plus. (Sévigné.)
Racine à dit dans Bajazet (act. JII, se. iv, 68): J K . .
J'irai, bien plut content et d« «nus et de moi, Détrumper son amour d'une feinte forcée, Çu* je n'allais lantit déguiser ma pensée.
Le comparatif plus, dit La Harpe, est séparé du relatif que, de manière que la phrase n'est plus française. la conslruclion exacte et naturelle demandait (|ue la phrase fût disposée ainsi : J'irai détromper son amour d'une feinte forcée, bien plus content de vous et de moi, que je n allais tantôt déguiser ma pensée. [Cours de littérature.)
La plitspart. "\'oyez Plupart.
Plus tôt, Plus tard. Phrases adverbiales de temps et de lieu. Pius tôt dans le sens de plus vite , cl plus tard opposé à plus tôt, doivent s'écrire m deux mots : Sortez au plus tôt de cette ville, de peur que vous 71e corrompiez ses habitants. (Bar(hélemy.)
Pliit6t ^cvi (jucliiuerols à marquer le choix que l'on fail d'une chose par préféreuce à une autre ; et c'est alors qu'il s'écrit en un seul mot, comme nous l'écrivons ici : Plutôt perdra tout que de rien faire contre sa conscience. — Plutôt suivi de la coujonclion que doit toujours être suivi de la préposition de : Ceux qui nuisent à la réputation oti à la fortune des autres, plutôt que de perdre va bon mot, méritent une peine infamante, (la Bruyère, ch. VIII, De la Cour, p. 319.) Que les dieux me fassent périr, plutôt que de souffrir que la mollesse et la volupté s'emparent de mon cœur. { Fénel. , Télém. , liv. 1, 1. 1, p. 72.)
^ Plusieurs. Adj. plur. des deux genres qui s'emploie aussi substantivement. Il se dit des personnes et des choses, et précède toujours ic subst, qu'il modifie: Plusieurs personnes, plusieurs choses, plusieurs avantages. Il tient lieu de l'article. Quel<iuefois il régit la préposition de ■ Plusieurs de vos amis, plusieurs de vos lirics. — 11 s'emploie quelquefois substantivement, mais par ellipse, et ne peut être modifié par un adjectif: Plusieurs disent, c'est-à-dire plusieurs personnes disent. On peut dire qu'en ce sens il resle réellement adjectif.
Plusieurs a rapport à la quantitéqui se compte, et beauc(,vp a la quantité qui se mesure. Plusieurs houimes , beaucoup d'eau. L'opposé de plusieurs est un; l'opposé de beaucoup esi peu. Voyez Maint.
Plus-quk-parfait. On prononce le s i\c plus. Terme do grammaire. On a désigné par ce mol un temps des verlips qui exprime l'antériorité de l'existence, à l'égard d'une époque antérieure elle-même à l'acte de la parole : J'avais soupe lorsque...
Celle dénomination, dit Beauzée, a tous les vices les plus propres à la faire proscrire. 1° File ne donne aucune idée de la nature du temps qu'elle désigne, puis(pi'ellc n'indique rien de raniérioriié île l'existence, à l'égard d'une époiiue anlèrieme rllc-méme au moment où l'on parle; 2" elle implique conJ-«idiciion, par.'e qu'elle sup-