‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 343 sur 453 · SC · texte numérisé non relu

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.ODDRF.t'x, Poudreuse. Adj. qui ne se mot qu après son subst. Il signifie couvert dépoussière, comme on dit en piose; ou couvert de poudre, comme on dit en vers : Un habit poudreux, un char poudreux , des chevaux pottdreus.

Fouilles. Subst. f. qui n'a point de singulier: Il lui a chanté pouilles, il lui a dit mille pouilles ; il lui a dit toutes les pouilles imaginables. — 'N'ollaire a dit, écrire des pouilles : Un peu de maladie m'a privé de la consolatùm de vous écrire des pouilles. {Correspondance .) On mouille les deux l.

PorrLLK, POUILLER, PoUILLEUX, PùULAILLEl

Dans ces quatre mots on mouille les l.

Poils. Subst. m. On ne prononce point le l. Le s se prononce devant une voyelle.

Pour. Préposition. Pour ne doit régir l'infinitif que lorsque cet inliniiif se rapporte au sujet du verbe précédent ; autreinenl il faut se servir de que avec le sutij^nctif : // a été chassé pour avoir trop parlé ; il est malade pour avoir trop mangé ; je vous écris [)0ur7i/e vous veniez à won secours. Racine a péciié contre celte règle quand il a dit [Alex., act. IV, se. ii, 75) :

Qu'ai-je fait pour venir accabler en ces lieux...

Il y a dans cette phrase une équivoque sensible. On croit que ces mois, pour venir, regardent la personne qui dit, qu'ai-je fait? et dans la pensée de l'auteur, ils regardent une autre personne. Qu'ai-j'e fait, dit Axiane,/>owr que vous veniez, vous Alexandre, accabler, etc. Racine le lils dit sur cette remarque, qui est de l'abbé d'Olivet, que pour venir est une ellipse, et qu'on doit approuver en vers tout ce qui contribue à la vi vaciié, sans nuire à la clarté — Oui, mais ici l'expression nuit à la clarté, puisqu'il y a équivoque.

Le Créateur se fait sentir à l'intelliqence humaine, pour lui rendre hommage. (Millot.) Il semble ici que c'est le Créateur qui veuille rendre hommage à sa créature. Il fallait dire, pour qu'elle lui rende hommage.

Quand pour régit l'infinitif, il ne doit pas en être trop si'paré. On sent cette faute dans ce vers de CoiueiUe [D. Sancke, act. I, se. m, 125) :

Mais pour en quelque .<;orle obéir à vos loi».

Vaugelas était d'avis qu'on ne répétât pas les prépositions devant les mots synonymes , ou d'une signification à peu prés semblable, et que l'on dit, par exemple, pour le bien et l'honneur de son maître. Hors de la, il voulait (pic la préposition fût répétée devant clia(|ue complément, et que l'on dit, pour le bien et pour le vial de son maître. L'Académie prétend au conti'aire qu'on doit toujours répéter la préposition, même quand les compléments ont une signification presque semblable. On peut donc dire (|u'll est plus correct de répéter les prépositions devant chaque complément, et (ju'il n'y a que des raisons d'euphonie qui puissent, dans certains cas, en autoriser la sui)pression.

Si la phrase renferme une comparaison, la répétition de la préposition est indispensable. On ne peut donc pas dire, il n'y a point de cnpi' tnine parmi les Romains pour qui j'aie plus d'estime que César. Il faut nécessairement dire, que pour César. — Il faut dire de même. Dieu souffre qu'il y ait des malheureux pour pxercer

POU

!our patience, et pour donner lieu aux riches Je pratiquer la libéralité.

Pour se disait aulrefuis au lieu de quel-

qUS.

Pour grands que soient les r.'li, ils sont ce que nous sommes. (Cork., Cid, acl. I, se. iv, 7; Éd. de Volt.)

Celle phrase, dil Yollaitc, a vieilli; on dirait aujourd'hui, Tout grands que soient les rois, quelque arands que soient les rois. {Rcuiarques sur Corneille.)

Pour que exige (juc le verbe de la proiwsilion SubordcMUiée soil au subjonctif : Fous viares rendu tnp de services Jiour que je puisse jamais douter de vntre aiuitié.

PouRpr.E. Siibst. 11 esl masculin quand il signifie une couleur : Un drap d'un beau pnurpi-e ; et quand il signifie la maladie a laquelle on donne ce nom. — 11 esl féminin quand il se dii de la couleur que les anciens liraient d'un coquillage; et au figuré, de la dignilé royale : La pourpre de Tyr, la pourpre royale.

Tous deux sont revêtus de la pourpre romaine.

(Volt., Uenr., TU, 350.)

PounQuor. Conjonction. Il sert ordinairement à demander la raison d'une chose : Pourquoi étes-rous 7-enu si tard? — On s'en sert aussi, dans cerlaines occasions, pour confirmer ou pour justifier ce (ju'on avait dit auiiaravant, et alors il esl ordinairemcnl précédé de la préposition aussi: Aussi pourq\ioi se mclc-i-il de ce qui ne le regarde pas? — On l'emploie aussi sans interrogation avec des verbes qui marquent connaissance ou isînorance, et il régit l'indicatif, même lorsijue la phrase est négative : Je sais pourquoi il est puni, j'ignore jujurquoi il est venu; je ne sais pas pourquoi il me boude. — Si la négative se trouve a\irès pourquoi, elle doit toujours être complétée \)nr pas. On ne dit [as, potirqwi ne vieui-il? il faut dire, pourquoi ne viciU-il pas? — (^)uclquefois pourquoi G^^i suivi de l'infinitif, au lieu de l'indicatif: Pourquoi être venu si lard? — Quelquefois aussi il e>t suivi d'un nom sans verbe : Pourquoi ce mystère? pourquoi tant de bruit? alors il y a ellipse. — Voltaire dil dans ses Remarques sur Corneille, Vous ne trouverez jamais dans le style noble, il m'a dit pourquoi, je sais pourquoi.

Pourquoi se change quelquefois en que au commencement d'une phrase, et alors on supprime 750.9; Que n'avez-vous dit cela plus tôt?

PocRsuivRE. V. a. de la 4' conj. Voici iiuel-

3ues enq)lois de ce luot qu'on ne trouve point ans le Diclionnaire de l'Académie :

Il veut Toler à Troie, et pounuivre sa roule.

(Rac, Iphig., act. I, se. m, 2.)

L'Académie ne dit (\\ie poursuivre son chemin.

Il pourtuit seulement eei amourfux projeti.

(Rac, ÀndroïK., acl. V, se 11, 23.)

Des en«erais cruels ont poursuivi mes jours.

(Volt., Oreate, act. III, se. yi, 20.)

A ces mots je m'éloigne, en retournant les yeux Vers ces murs fraternels, cette terre chérie, F.l Tais sur l'onde encor pour«u>iTe une patrie. ^DatiL., Énéid., III, 674.)

PoDRTi.NT. Adv. On ne le met point au com-

OU

mencement d'une pi.rase; on le place immédiatement après le verbe dans les temps simples, ou entre l'auxiliaire et le participe dans les temps coinpo>és : Je voudrais pourtant vous parler ; quoiqu'il S'it habile, il a pourtant fait une grande faute.

Pour.voiii. V. n. et irrég. de la 3' conj. Il se conjugue comme voir, excepié au.t temps suivants.

Passé simple. Je pourvus; futur, je pourvoirai; conditionnel, jc pourvoirais; imparfait du subji nctif, que je pourvusse, elc.

Pourvu. Adv. qui est toujours suivi médiatement ou immédiatement de que, et qui régii le subjonctif : Pourvu que vous y veniez.

PoDssER. V. a. delà 1" conj. Voici quelques exemples de l'emploi de ce mot en vers :

Les Juifs partout de joie en poussèrent des cris. (Rac, Eslh., act. V, se. i, 67.)

Et de mes froids soupirs ses regards offensés Verraient trop que mon cœur ne les a point poussé». (Rac, Baj., act. II, se v, 83.)

Et que cliacun enfin, d'un même esprit pou«<e. Garde en mourant le poste où je l'aurai placé.

(Uac, .ith., act. IV, se. V, 30.)

Peut-être animé aurait-il été mieux placé

Honteux d'avoir pousse tant de vœux ^uperQus.

(Rac, Androm., act. I, se. 1, 55.)

On dit bien pousser des soupirs, mais non pas pousser des vœux.

Et le peuple accablé poussant de vains soupirs, Gémissait de leor luxe et payait leurs plaisirs.

(Volt., Benr., III, 6t.

Je vais tenter mon sort, Et pousser la vertu jusqu'au dernier effort; Je veux voir.! quel point mie femme hardi» Pourra de son coté pousser la per&die.

(Volt., Zaïre, act. IV, se. T, 62.)

Poussière. Subst. f. Ce mot se dit en poésie de même qyicpoudre, qui signifie la luéme chose.

Son casque auprès de lui roule sur lapoussi^r^. (Volt., Hcnr., VIII, 258 )

Là le fils de Thétis, sous les murs d'Ilion, Avait traîné trois fois Hector dans la pou»«i»re.

(Dblil., Énéid., l, 660.)

Et figurément :

Sixte au trône élevé du sein de la pousiiVr;.

(Volt., Henr., Ht, 4Ù3.)

Voyez Poudre.

Pouvoir. V. a. irrégulier et défectueux de la 3* conj. Voici comment il se conjugue

Indicatif. — Présent. Jc puis ou je peux, tu I peux, il i)eut; nous pouvons, vous pouvez, ils peuvent. — Imparfait. Je pouvais, tu pouvais, il pouvait; nous pouvions, vous pouviez, ils pouvaient. — Passé si?uple. Je pus, tu pus, il put; nous piunes, vous pûtes, ils purent. — /w/ï/r. Je pourrai, tu pourras, il pourra ; nous pourrons, vous [wurrez, ils pourront.

Conditionnel. Ae'.se/;/. Je pourrais, tu pourrais, il pourrait; nous pourrions, vous potu-riez ils pourraient. — Point d'impératif.

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